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Entraide et Tradition

Sine dominico, non possumus

publié dans couvent saint-paul le 15 novembre 2020


Sine dominico, non possumus

(6ème dimanche après l’Epiphanie) (reporté)

 

MBCF,

Heureuse communauté de Thessalonique complimentée par saint Paul. Il les complimente de leur foi, de leurs œuvres, « des travaux de leur charité, de la fermeté de leur espérance en NSJC », de leur attention à la parole évangélique annoncée, avec conviction par Saint Paul qui se réjouit de l’estime qu’ils lui portent en raison de son apostolat au milieu d’eux. Ils se convertirent à Dieu abandonnant leurs idoles pour « servir le Dieu vivant et vrai et pour attendre du ciel son Fils qu’Il a ressuscité des morts, Jésus qui nous a délivrés de la colère à venir ».

Il me semble qu’on ne peut pas dresser meilleur tableau d’une communauté chrétienne.

Cette communauté vit des vertus théologale, de la foi, de l’espérance et de la charité. Elle reçoit et vit de l’Evangile. Elle s’est tournée vers le Seigneur, le Dieu vivant et vrai. Elle le sert dans la joie avec empressement. Comment rêver d’une plus fervente communauté ! Cette communauté de Thessalonique est à imiter.

Aussi permettrez-moi de vous exhorter sur ce que saint Paul appelle « le service de Dieu », « Servir le Dieu vivant et vrai ».

Quel est ce service de Dieu ? Pourquoi « servir le Dieu vivant et vrai » ? Voilà les questions que nous vous proposerons.

« Servir Dieu » : qu’est-ce à dire ?

« Servir Dieu », c’est le louer. C’est le glorifier. C’est, comme le dit le catéchisme du Concile de Trente, « servir les intérêts de sa Gloire ». C’est se souvenir de sa clémence à notre égard. De sa clémence à notre égard. Là, il nous faut nous souvenir de l’histoire sainte, de l’histoire du peuple hébreu, de sa délivrance de l’esclavage égyptien sous la conduite de Moïse après les plaies envoyées par Dieu au Pharaon pour l’obliger à le laisser partir. Il faut se souvenir du passage miraculeux de la Mer Rouge, des miracles de la Manne, du Rocher frappé du bâton de Moïse d’où jaillit une eau en torrent abreuvant et le peuple et les troupeaux. Devant la puissance divine, le peuple ne pouvait pas ne pas chanter au Seigneur un chant nouveau tout imprégné de l’acclamation, de la miséricorde du Seigneur.

Voilà ce qu’est servir Dieu. C’est chanter le Seigneur, le louer pour sa bonté :

« Nations, louez toutes, le Seigneur. « Peuples, célébrez le tous « Car sa bonté pour nous est grande. « Oui sa miséricorde est éternelle. »

Et ce service divin se fait, s’accomplit principalement le dimanche, lors de la messe dominicale. C’est à la Sainte Messe que l’on peut le mieux chanter sa gloire, sa clémence, sa miséricorde. C’est notre très beau « Gloria in excelsis Deo ». Aussi nous ne pensons pas seulement au peuple hébreu, libre de l’esclavage de l’Egypte, nous pensons surtout à notre propre délivrance du péché par la Passion de NSJC par son sang. Et nous l’acclamons, nous le louons, nous voulons le servir, l’aimer  par reconnaissance.

« Nous vous louons, Seigneur-Dieu, l’Agneau de Dieu, le Fils du Père » ; « Nous vous adorons vous qui effacez les péchés du monde » « Vous qui êtes assis à la droite de Dieu » « Vous qui êtes le seul Seigneur, le seul Très haut »

Voici ce qu’est  « servir de Dieu » : assurer la louange de Dieu. Il faut que monte du cœur humain cette louange, ce service, cette confession de la bonté de Dieu. C’est une obligation de justice. Nous sommes créatures. Nous avons un Maître, « une Seigneur et Maître ». Nous devons Lui servir, lui donner  nos louanges.

Non point que Dieu soit grandi de ce chant de louange, non point que Dieu ait besoin de cette gloire émanant de notre cœur, pour être heureux. Il est en Lui-même toute gloire, toute majesté. Notre louange ne peut rien lui ajouter…Mais Il attend, cependant, de nous, notre louange, notre chant de gloire, ce service glorieux,  pour nous-mêmes, pour notre bien. C’est l’homme qui se grandit lui-même par cette louange. Par cette louange à Dieu, par ce service, le fidèle  atteint sa raison d’être. Il est ce qu’il doit être. Et par ce moyen, il s’ennoblit. « L’homme n’est grand qu’à genou » disait Henri Massis dans son livre « De l’homme à Dieu ». C’est dans cette attitude d’humilité et de louange que l’homme réalise son être, ce qu’il est et accomplit toute justice. Et c’est dans cette justice accomplie qu’il se grandit. Et saint Paul ne craint pas d’écrire qu’ « esclaves de la justice, – esclaves c’est-à-dire serviteurs de la justice et non plus du péché, nous servions Dieu en marchant devant Lui tous les jours de notre vie dans la sainteté et la justice ».

Oui la pensée des bienfaits de Dieu nous excite à l’honorer davantage et augmente dans nos cœurs le feu de l’amour que nous avons pour Lui. Il n’y a pas de culte sans amour. C’est ce qui fait notre grandeur!

Mais servir Dieu c’est aussi accomplir, observer les commandements divins. Il est Maître. Il est Législateur. Nous sommes ses serviteurs et comme le dit Jésus au Démon lors de sa seconde tentation : « Arrière Satan. Il est écrit : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul ».Or le serviteur doit accomplir la volonté de son Maître. C’est sa définition, sa raison d’être. Il est là pour cela, pour accomplir l’ordre, ici, l’ordre divin. Et l’ordre divin ce sont les commandements et parmi les commandements divins, il y a ceux de la première table qui ont pour objet Dieu et son culte et ceux de la seconde table qui ont traits à nos relations sociales et familiales. Je me permets de vous les rappeler :

« Tu n’auras pas d’autre Dieu en ma présence »« Tu ne diras pas en vain le nom de Dieu »« Rappelles-toi de sanctifier les fêtes du Seigneur» « Honores-ton Père et ta mère » « Tu ne tueras pas » « Tu ne feras pas d’impureté » « Tu ne voleras pas » « Tu ne diras pas de faux témoignage » « Tu ne désireras pas la femme d’autrui » « Tu ne désireras pas le bien d’autrui ».

« Rappels-toi de sanctifier les fêtes du Seigneur »

La sanctification dominicale fait partie des ordres divins. C’est « servir Dieu » que de penser à « sanctifier le jour du Seigneur ». C’est plus qu’un ordre à observer. C’est une vie, un principe vital. Le dimanche c’est l’âme de ma vie.

« Sine dominico non possumus! ». Sans le Jour du Seigneur, nous ne pouvons pas vivre: c’est ainsi que répondirent, en l’an 304, plusieurs chrétiens d’Abitène, dans l’actuelle Tunisie, lorsque, surpris au cours du Sacrifice  eucharistique dominicale qui était interdit, ils furent conduits devant le juge et on leur demanda pourquoi ils avaient célébré le Dimanche la fonction religieuse chrétienne, alors qu’ils savaient bien que cela était puni par la mort. « Sine dominico non possumus » vivere. Sans le Seigneur Eucharistie, nous ne pouvons pas vivre. Nous avons besoin de cette rencontre, de son Sacrifice plein d’amour, pour nourrir notre amour. Et c’est  de cette façon, que le sacrifice, que l’Eucharistie s’inscrivent  dans mon  existence concrète, physique et communautaire, Le précepte dominical n’est pas seulement un précepte, mais c’est pour moi une vie.  Elle donne à ma vie, un centre, un ordre intérieur. Sans Celui qui soutient ma vie, la vie elle-même est vide. Abandonner ou trahir ce centre ôterait à la vie elle-même son fondement, sa dignité intérieure et sa beauté.

Voilà ce que veulent dire aujourd’hui ces nombreux chrétiens sur les parvis des cathédrales, et plus nombreux encore demain. Nous avons besoin du sacrifice du Christ qui nous soutient et donne une orientation et un contenu à notre vie. Nous avons besoin du contact avec le Ressuscité, qui nous soutient jusqu’au-delà de la mort. Nous avons besoin de cette rencontre qui nous réunit, qui nous donne un espace de liberté, qui nous fait regarder au-delà de l’activisme de la vie quotidienne vers l’amour créateur de Dieu, dont nous provenons et vers lequel nous sommes en marche.

« Sine dominico non possumus! » est fondamentale pour une vie chrétienne. Nous avons besoin de cette rencontre avec Celui qui est notre origine et notre but. Nous pourrions dire : « Donne à l’âme son Dimanche, donne au Dimanche son âme ».

« Sine Dominico non possumus » : Souvenez-vous de ce merveilleux cri des chrétiens des Iers siècles de l’Eglise. Ne leur soyez pas infidèles. Amen.

 

 

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