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L’Université d’été de Renaissance Catholique

Le 11 juin 2010 @ 9 h 34 min dans flash infos

L’université d’été de Renaissance Catholqiue.

Il faut y aller. Le sujet en vaut la peine, les conférenciers aussi.

Entretien avec  Michel De Jaeghere sur l’identité nationale
Texte à paraître dans le numéro 112 de la revue La Renaissance Catholique

Pourquoi avoir choisi ce thème de l’identité nationale pour l’université d’été ?

Michel De Jaeghere : Le thème nous a été imposé par l’actualité. Le gouvernement a voulu en effet mettre sur le tapis la question de l’identité nationale en organisant un débat dont nous n’avons bien vu ni la portée ni même les objectif,s dans la mesure où il a consisté à inviter la population à se réunir dans les préfectures pour que chacun puisse donner librement son opinion. Cela a débouché sur un savoureux mélange de logorrhée et de vacuité, ponctué par les déclarations de plus en plus ahurissantes d’Éric Besson, dont le souci semble désormais de prouver à ses anciens amis que l’on peut avoir accepté d’être ministre de l’Identité nationale et garder pour seul horizon l’avènement d’une société métissée, sans racines et sans histoire, qui fasse de la France le microcosme et le reflet de l’utopie mondialiste.Il est bien vrai cependant que le débat sur l’identité nationale est crucial. Notre pays est aujourd’hui le théâtre d’une immigration de peuplement qui s’apparente à une sorte d’invasion pacifique de notre territoire par de nouvelles populations, étrangères à nos mœurs, à notre histoire, à notre culture et à la religion autour de laquelle s’est constituée, depuis quinze siècles, l’identité française. Chacun sent, chacun sait que cette immigration de peuplement est en train de changer, d’une manière qui sera bientôt irrémédiable, le visage de la France. Les problèmes qu’elle pose vont donc bien au-delà du désordre et de la violence qui règnent aujourd’hui dans les banlieues, qui ne sont eux même qu’une préfiguration de l’anarchie à laquelle risque d’être livrée la société française si rien n’est fait pour inverser, très vite, le cours des évènements.

Mais la réaction ne sera possible que si elle est portée par l’assentiment des Français, la mobilisation des élites. La première étape consiste donc à leur faire prendre la mesure de ce qui se joue sous leurs yeux. De les secouer de la torpeur trompeuse qui les conduit à se contenter de l’idée que le confort sans précédent dans lequel ils ont la chance de vivre durera bien aussi longtemps qu’eux. Qu’ils ont le devoir de faire ce qui est en leur pouvoir pour transmettre, au moins, l’immense capital intellectuel, moral, spirituel, matériel, artistique dont ils sont héritiers.

Cette prise de conscience passe à nos yeux, d’abord par une réflexion sur ce qui nous a fait, nous Français, ce que nous sommes. Cette question, contrairement à ce qu’a été la démarche du gouvernement français, nous pensons que ce n’est pas à tout un chacun qu’il faut la poser mais aux historiens qui ont scruté l’histoire de France, aux démographes qui ont analysé les évolutions de la population française, aux essayistes qui ont étudié l’histoire de ses idées, aux hommes politiques qui se sont affrontés avec la dure réalité de l’immigration et se sont efforcés de maintenir la souveraineté de la France. Les historiens tenteront de nous dire et de nous montrer comment, dans le passé, s’est formée l’identité française. Quelles sont ses caractéristiques, et parmi celles-ci, celles qui se sont révélées décisives, celles qui ont été accidentelles au contraire. Qu’est-ce qui à travers la transformation inévitable des mœurs, des comportements, des idées au fil du temps, constitue l’élément de pérennité, de permanence qui permet d’identifier ce qu’est la France ? Car telle est l’immense question à laquelle nous allons tenter de donner des réponses. Non pas comme le ministre de l’Immigration en faisant confiance à la spontanéité collective pour faire répépier par l’homme de la rue les slogans de la pensée dominante mais en demandant à un certain nombre de chercheurs qui ont, pendant des années, étudié notre histoire, notre passé, notre patrimoine intellectuel, culturel, spirituel de nous aider à dégager les invariants qui nous permettront de dessiner le véritable visage de la France.

Ce n’est qu’ensuite que nous pourrons, sereinement éclairés par la doctrine de l’Église, et la philosophie politique réaliste héritée d’Aristote et de saint Thomas d’Aquin, essayer de trouver avec ceux qui depuis des années, y travaillent, les solutions qui pourront nous permettre de maintenir vivant l’héritage dont nous sommes les dépositaires.

Que pensez-vous apporter de plus par rapport à tout ce qui a déjà été dit sur le sujet ?

MDJ : Nous rassemblons des auteurs et des acteurs venant d’univers et de disciplines différents. Nous faisons parler côte à côte l’historien des idées et celui de la vie de l’Église, le démographe, le philosophe, le responsable politique, l’historien de l’Antiquité et celui du Moyen Age ou celui des Temps modernes. La confrontation de leurs points de vue permettra, je l’espère, de réaliser une synthèse exceptionnellement éclairante sur cette question. Il est vrai que beaucoup de choses ont été dites et écrites mais je ne crois pas que nous disposions d’une synthèse qui soit à la fois accessible et convaincante.

Ne vous intéressez-vous qu’à l’aspect intellectuel de ce sujet, traité dans le cadre de conférences, ou y a-t-il d’autres dimensions à cette Université ?
MDJ : Il n’y aura bien entendu pas seulement des conférences puisque la conception de l’identité nationale que nous allons défendre durant cette Université est une conception incarnée. Nous avons donc voulu qu’en marge du corpus de conférences consacrées à la réflexion sur le thème de l’Université d’été, soient données un certain nombre d’illustrations de ce qui a fait la richesse de notre patrimoine français, occidental et chrétien non pas seulement dans une vue intellectuelle des choses mais en éprouvant concrètement les beautés et les profondeurs de ce patrimoine. C’est pourquoi nous avons demandé à Marie-Françoise Ousset d’animer la soirée du 12 avec une causerie accompagnée d’une projection de photos qui nous emmènera à la découverte de l’âme de la France à travers les beautés de son patrimoine artistique et culturel. De la même façon nous avons demandé à une jeune artiste coréenne, Mi-Young Lee, de venir comme l’an dernier, donner un concert de piano le mardi 13 juillet au soir.

J’animerai moi-même la soirée du 11 consacrée à la désinformation autour de l’identité nationale grâce au décryptage interactif d’une émission de télévision.

Nous organiserons une visite-guidée de la ville de Tours ainsi que du château de Langeais.

La dimension spirituelle ne sera pas négligée, puisque nous aurons la chance d’avoir parmi nous un certain nombre de prêtres qui célèbreront chaque jour la messe et que nous nous rendrons en pèlerinage sur la tombe de l’un des fondateurs de l’identité française, saint Martin.

Que voudriez-vous dire à ceux qui hésitent encore ?

MDJ : Si au lieu de recevoir cette revue, ils recevaient aujourd’hui une lettre disant que nous interrompons définitivement nos Universités d’été, j’ai la faiblesse de croire qu’un grand nombre d’entre- eux dirait : « Comme c’est dommage, j’ai toujours eu envie d’y aller, mais j’ai toujours remis cela à l’année prochaine ! » Si nous leur écrivions qu’elle a été interdite par les autorités, les mêmes seraient indignés, prêts à manifester à nos côtés. C’est sympathique, mais brouillon. Si tous ceux qui pensent que ce serait dommage que nous arrêtions, venaient, nous ne ferions pas seulement salle comble : nous serions obligés de refuser du monde. L’enfer est aussi pavé de ces bonnes intentions qu’on ne trouve pas le courage, l’énergie de mettre en pratique. On a toujours de bonnes raisons pour rester chez soi à ne rien faire, garder les bras croisés. Je n’ai donc qu’une chose à dire aux hésitants : « N’attendez pas que nous soyons découragés. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour réfléchir, pour venir nous retrouver pour ces quatre jours à la fois d’amitié, d’approfondissement historique et doctrinal, de tourisme culturel, de rencontres et de prière. » Ces universités d’été représentent évidemment pour chacun de nous un sacrifice financier. Elles demandent qu’ont ampute de deux ou trois jours son précieux capital de vacances : songeons que nous en avons plus que n’en ont jamais eu nos parents, que n’en auront probablement dans quelques années nos enfants, et que l’avarice peut se nicher là où l’on ne s’avise pas de la chercher. Nos Universités ne sont certes pas une panacée. Elles donnent l’occasion de se former. Beaucoup d’entre nous croient sans doute l’être déjà assez. J’admire leur assurance. Qu’il s’agisse de jeunes gens qui ne savent pas encore –ils le découvriront plus tard- qu’ils ont tout à apprendre, ou d’hommes et de femmes parvenus à la maturité.

Les jeunes ont besoin de connaître les raisons profondes pour lesquelles ils pensent ce qu’ils pensent. Ils sont trop souvent animés par une simple réaction de bon sens, de bon sang contre le mensonge, la laideur, l’oppression de la pensée dominante, sans que leur comportement soit fondé sur une réflexion approfondie. Leurs convictions sont donc fragiles. Nous nous proposons de leur donner la solidité qui leur manque, de les rendre capables de les défendre et donc de convaincre leur entourage, de disposer des arguments nécessaires pour faire rayonner la vérité dont ils ont reçu le dépôt.

Les moins jeunes ont des amis, des enfants, des petits-enfants à qui il leur revient de transmettre ce qu’ils ont reçu. Sont-ils assurés d’avoir toujours en tête l’arsenal intellectuel nécessaire pour les aider à combattre la désinformation multiforme à laquelle ceux-ci sont exposés ? Il est vain de se lamenter sur les malheurs des temps, de déplorer l’hégémonie intellectuelle de nos adversaires si l’on ne fait pas ce qui est en son pouvoir pour y remédier.

Nos Universités offrent en outre aux uns et aux autres l’occasion de découvrir la France, de visiter une région qu’ils n’ont pas forcément eu l’occasion de parcourir, de rencontrer des conférenciers qui leur donneront des aperçus auxquels ils n’auraient pas pensé, d’éclairer des questions sur lesquelles ils n’ont pas pris le temps de se pencher, de se faire des amis partageant leurs combats et leurs espérances. Elles ont permis à certains de rencontrer tout simplement un prêtre. Nous savons que cela a parfois changé toute leur vie.

Propos recueillis par François Vincent publiés dans la revue Renaissance catholique n°112 (On peut se la procurer en cliquant ici)

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