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Création d’un 21e dicastère romain

Création d’un 21e dicastère romain

publié dans nouvelles de chrétienté le 15 juillet 2010


Création d’un 21e dicastère romain
Les nations apostates
à ré-évangéliser

 

 Benoît XVI annonçait mardi la création d’un conseil pontifical pour une nouvelle évangélisation des anciennes nations chrétiennes. Le nouveau conseil vient s’ajouter aux neuf congrégations et aux onze conseils constituant la curie romaine. Cette annonce a immédiatement provoqué une inquiétude suspicieuse parmi quelques Importants, clercs ou laïcs, moniteurs en France ou à Rome de l’opinion catholique.

 L’envoyé spécial permanent à Rome de La Croix, Frédéric Mounier,
s’est fait l’écho de cette inquiétude dès 12 h 50 mardi, en exprimant
la crainte que ce nouveau dicastère soit « un instrument au service d’un catholicisme intégral de contre-culture, dénonciateur inflexible, affirmant son identité ». L’ennemi en l’occurrence n’est donc plus seulement un intégrisme caricatural et extrémiste, mais bien le catholicisme intégral en tant que tel. Le contraire d’« intégral », voyez le Robert, c’est « incomplet
», c’est « partiel ». Mounier se fait le porte-parole d’un catholicisme
incomplet ?

 Cependant, non moins immédiatement, les Importants ont changé de stratégie, La Croix de mercredi annonçait au contraire « une bonne nouvelle » en éditorial de première page et la détaillait en assurant qu’« appartenir à la communauté des disciples du Christ » ne sera plus une « question de convenance sociale » mais, par l’action (magique ?) du nouveau conseil pontifical, ce sera « désormais un choix d’hommes et de femmes libres ». Tiens donc.

 Isabelle de Gaulmyn, que l’on a connue beaucoup moins mal inspirée (ou alors elle le cachait bien) veut elle aussi nous faire voir dans la création de ce 21e dicastère l’assurance de « la fin d’un certain modèle de chrétienté (…), celui où l’appartenance religieuse, en l’occurrence chrétienne, se faisait par simple filiation : on devenait chrétien parce que ses parents l’étaient ». Ce n’est plus le cas : « aujourd’hui on ne naît plus chrétien » ; « l’initiation chrétienne ne passe plus par la transmission classique, à savoir les familles ». A l’appui de quoi Isabelle de Gaulmyn nous donner à méditer l’appréciation d’un « sociologue des religions » qui nous montre « l’aspect positif » de la sécularisation (c’està- dire de la déchristianisation) : « L’adhésion au christianisme n’est plus, comme dans la société de chrétienté, un conformisme social, quelque chose que l’on reçoit à la naissance et que l’on ne soumet pas à sa propre réflexion. »

 Il s’agit là d’une tentative d’annexion médiatique du nouveau conseil pontifical, qui aurait pour mission, selon Isabelle de Gaulmyn, d’« inviter l’Eglise du Vieux Continent à une révolution copernicienne ». Voilà bien une « instrumentalisation », comme dirait Frédéric Mounier, tentée par notre vieille connaissance, cette religion MK héritée de Michel Kubler, qui se résume dans l’aphorisme impérieux : « Passer d’une foi héritée à une foi choisie. » Qu’il me soit permis, concernant cette religion MK dont j’ai beaucoup parlé, de renvoyer le lecteur à mes Chroniques sous Benoît XVI, en se reportant dans l’index des noms, page 421 à « MK », et page 419 à « Kubler Michel ».

 Choisir ! En adulte, on choisit d’être franc-maçon, d’être communiste, d’être démocrate-chrétien, on choisit son chapeau ou son menu, et par son vote on choisit ou plutôt on essaie de choisir son député. Ni enfant ni adulte on ne choisit d’être chrétien. La foi est un don surnaturel. On l’accepte, on l’approfondit, on le refuse ; on ne peut pas le choisir ; quand on l’imagine, c’est autre chose que l’on a choisi.

 Je ne sais si l’éditorialiste Guillaume Goubert, si Isabelle de Gaulmyn, si son sociologue des religions comprennent bien ce qu’ils disent, s’ils comprennent bien ce qu’implique ce qu’ils disent. A les entendre vouloir passer d’une foi héritée dès l’enfance à une foi choisie à l’âge adulte, il faudrait supprimer le baptême à la naissance et la première communion vers la septième année ; ou alors tenir ces deux sacrements pour un décorum conventionnel. Lorsqu’elle parle de devenir chrétien « par simple filiation », Isabelle de Gaulmyn oublie, ou omet de préciser, que cela veut dire par le baptême des enfants. Ceux qui professent qu’appartenir à la communauté des disciples du Christ est désormais un choix, manifestent qu’en cela du moins, désormais comme jadis et comme toujours, ils ne sont pas chrétiens. A ses disciples, Jésus a dit le contraire (Jn XV, 16) : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis. »

Jean Madiran  dans Présent du 2 juillet 2010

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