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Il criera vers moi et je l’exaucerai

publié dans paroisse saint michel le 12 mars 2011


Premier dimanche de Carême

« Parce qu’il a espéré en moi, je le délivrerai ; je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom. Il criera vers moi et je l’exaucerai ; je suis avec lui dans la tribulation ; je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut »

Ce sont, MBCF, les derniers versets du Psaume 90 qui est par excellence le psaume du temps de Carême puisque Jésus l’utilisa contre Satan à l’issue de ses quarante jours de jeune dans le désert avant d’accomplir son ministère public.
Aussi n’est-il pas inutile de le méditer particulièrement pendant ce Carême que l’Eglise nous propose une fois encore pour notre sanctification.

Attention !

Ne méprisons pas les grâces du Seigneur, ne les négligeons pas. Il adviendra un jour que ce Carême sera pour nous le dernier…Et fasse le Ciel que nous n’entendions pas de la bouche du Seigneur cette terrible sentence : « Qu’as-tu fait des institutions que l’Esprit Saint suggéra à l’Eglise pour ta propre sanctification. Tu les as méprisées. Tu n’en a pas tenu suffisamment compte. Tu as négligé en cette période de te convertir, de te tourner vers le Seigneur pour purifier ton cœur des attaches trop fréquentes aux poussières de ce monde terrestre. Eloignes toi de moi… A Dieu ne plaise, MBCF. J’éprouve pour vous, pour chacun de vous un amour sincère, « une jalousie divine », un désir de bien. La Providence vous a mis sur mon chemin. Il me faut vous montrer le chemin du Ciel. Si je faillis à ma tache, si le plus petit d’entre vous s’éloigne du troupeau du Seigneur, de la bergerie, j’en devrai rendre compte à Dieu. Et je risque d’entendre des reproches : « tu as mal assuré ton pastorat, Ils étaient en ta « bergerie », ils manquèrent par ta faute, de zèle, d’amour du Bon Dieu. Le Carême, qu’ils faisaient d’année en année n’était pas digne d’un baptisé, n’était pas digne de ce que souhaitait l’Eglise et qu’exprimait pourtant si fortement les textes de l’Ecriture Sainte qui composent toutes les messes de ce saint Temps…Va au feu éternel ». Ah MBCF, épargnez moi cette sentence. Appliquez vous en ce nouveau Carême. Soutenez-vous en famille, que l’épouse, que la mère de famille soit pour les siens l’âme de ce Carême, que chacun des frères et sœurs s’entraident pour faire pénitence et purifier leur cœur selon la loi du Seigneur. Soutenons-nous en paroisse. Je reviens du séminaire de Courtalain où j’exerce quelques directions spirituelles et j’ai senti de la part de séminaristes un réel désir de voir leur séminaire grandir en sainteté par l’application discrète d’un chacun à un plus grand amour de Jésus-Christ. Je m’en suis réjoui. Qu’il en soit de même ici à Rolleboise, sous ce clocher. Que cette église soit un lieu de sainteté où l’on mène fièrement ce Carême.

Mais en quoi consiste le Carême, ce temps de pénitence ?

Il me semble que le psaume 90 nous permet de le bien comprendre, il me semble qu’il résume bien tout l’enseignement des différents textes de ces messes auxquelles vous pourriez plus fréquemment assister en ce temps béni.

Le Carême doit être pour nous un temps où nous méditons plus fréquemment la vertu d’humilité qui est au principe de la sainteté.

C’est le sens de l’austère cérémonie des cendres.

« Dieu tout puissant, avons-nous dit : « pardonnez aux pécheurs repentants…Que ces cendres soient un remède salutaire pour tous ceux qui invoquent humblement votre saint nom, pour ceux qui se reconnaissent coupables, s’accusent de leurs péchés en présence de votre divine clémence et implorent en suppliant votre très douce miséricorde ».
« O Dieu prenez en pitié la faiblesse de la nature humaine….Daignez bénir ces cendres que nous voulons mettre sur nos têtes pour nous humilier et mériter votre pardon ». « O Dieu que l’humilité fléchit et que la pénitence apaise, daignez prêter l’oreille à ma prière ».

Oui, MBCF, nous devons nous revêtir d’humilité en ce saint temps. L’humilité doit être notre vêtement. Il nous est demandé de changer de vêtement « Changeons de vêtements », disions nous dans l’antienne alors que nous bénissions ces cendres. Déposons le vêtement de l’orgueil pour revêtir celui de l’humilité et rappelons-nous la phrase du prêtre alors qu’il nous imposait les cendres : « Souviens-toi, o homme, que tu es poussière et que tu retournera s en poussière ». Il n’y a vraiment pas de quoi s’enorgueillir. Et si nous ajoutons le souvenir de nos péchés, nous ne pouvons que vivre dans la supplication : supplier la miséricorde du Seigneur. « Ayez pitié de moi, Seigneur, ayez pitié de moi…Mon âme a confiance en vous ». « Epargnez Seigneur, épargnez votre peuple ».

Humilité. Supplication, i.e. appel ardent à la miséricorde de Dieu et confiance en cette miséricorde, voilà trois dispositions de l’âme propre au temps du Carême. Comme le dit le psalmiste : « Il criera vers moi et je l’exaucerai ». « Ayez pitié de moi ayez pitié de moi, car mon âme a confiance en vous. Il a envoyé du ciel son secours et il m’a délivré, il a couvert d’opprobre ceux qui me foulaient aux pieds ».

D’autre part si nous faisons pénitence, qu’il n’y ait en notre cœur aucune ostentation. On ne jeune pas pour être remarqué… Le Seigneur est formel : « Mais toi, lorsque tu jeunes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas faire voir aux hommes que tu jeunes, mais à ton Père, qui est présent dans le secret, et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra »
Et soyez généreux dans ce jeune, NSJC nous y encourage par un argument fort : « Amassez-vous des trésors dans le ciel où ni la rouille ni les vers ne détruisent et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi est ton coeur ». Qui ne voudrait engranger des biens dans un tel lieu ?

Le temps de Carême c’est aussi un temps d’une plus grande prière, d’une prière plus fervent. C’est alors que l’Eglise met sous notre regard dès le jeudi après le Carême le bel exemple d’Ezéchias. Il est malade jusqu’à la mort. Il va mourir, le prophète Isaïe vient, en quelque sorte confirmer le verdict du médecin, de la nature. Il lui donne le dernier conseil du sage : « Mets ordre aux affaires de ta maison ; car tu mourras et tu ne vivras plus ». Alors Ezechias pria le Seigneur ardemment, il versa des larmes abondantes. Alors Dieu, de nouveau lui envoie Isaïe lui dire : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu de David ton Père : « J’ai entendu ta prière et j’ai vu tes larmes ; j’ajouterai encore quinze années à tes jours ». C’est un exemple entre mille. Mais c’est surtout le bel exemple de la foi du Centurion qui vient supplier le Seigneur de guérir son serviteur qui est à la mort, souffrant beaucoup. Jésus lui dit qu’il va venir. Mais le Centurion, vous connaissez l’histoire, se sentant indigne de recevoir le Seigneur, lui demande qu’il exerce son pouvoir divin à distance, comme lui donne des ordres à ces soldats. Je dis à l’un va et il va, à l’autre fais cela et il le fait ? Jésus admiratif d’une telle supplique, fruit d’une foi très grande en sa divine toute puissance obtient miséricorde de la part du Seigneur. Et nous, n’aurions nous pas besoin de supplier le Seigneur pour qu’il nous libère des œuvres qui tuent notre âme et fragilisent notre corps. Serions nous exempts du danger de mort ? Serions nous exempts du péché ? Ne devons-nous pas supplier ? Ne craindrions nous pas ces paroles du Seigneur au centurion : «Je vous le dis beaucoup viendront de l’Orient et de l’Occident, et auront place au festin avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux, mais les enfants du royaume – nous le sommes par notre baptême si ne le sommes pas par race – mais les enfants du royaume seront jetés dans les ténèbres extérieurs. Là il y aura des pleurs et des grincements de dents ». Ces paroles ont bien de quoi nous donner quelques ardeurs à la prière, à une fervente supplique. Oui ! Seigneur, « vers vous j’élève mon âme ».

Le temps de Carême c’est aussi le temps du jeune. Mais pour que ce jeune soit regardé par le Seigneur, il faut qu’il procède d’un cœur sincère, d’un cœur loyal et non d’un coeur orgueilleux et hautain.
« Le jeune que j’approuve est celui-ci : « détaches les chaînes de l’impiété » i.e. que ce jeune doit procéder d’un cœur aimant sincèrement son Seigneur, d’un cœur pieux, d’un cœur religieux, d’un cœur qui fait de Dieu son tout, son bien, un bien excellent…
« Le jeune que j’approuve est celui-ci : « Décharge les fardeaux accablants, renvoie libres ceux qui sont opprimés et brise tout fardeau ; partage ton pain avec celui qui a faim et fais entrer dans ta maison les pauvres et ceux qui n’ont pas d’asile ; lorsque tu verras un homme nu, couvre-le et ne méprise pas ta propre chair ». C’est dire que le jeune doit procéder d’un bon cœur, d’un cœur charitable, d’un cœur attentif au prochain, oublieux de soi-même. Il ne pense pas d’abord à son bien propre. Et pourquoi ne pas citer ici ce beau testament spirituel de Shahbaz Bhatti, ce ministre pakistanais assassiné tout dernièrement, tellement édifiant:
« De hautes responsabilités au gouvernement m’ont été proposées et on m’a demandé d’abandonner ma bataille, mais j’ai toujours refusé, même si je sais que je risque ma vie. Ma réponse a toujours été la même : « Non, moi je veux servir Jésus en tant qu’homme du peuple ».
Cette dévotion me rend heureux. Je ne cherche pas la popularité, je ne veux pas de positions de pouvoir. Je veux seulement une place aux pieds de Jésus. Je veux que ma vie, mon caractère, mes actions parlent pour moi et disent que je suis en train de suivre Jésus-Christ. Ce désir est si fort en moi que je me considérerai comme un privilégié si – dans mon effort et dans cette bataille qui est la mienne pour aider les nécessiteux, les pauvres, les chrétiens persécutés du Pakistan – Jésus voulait accepter le sacrifice de ma vie. Je veux vivre pour le Christ et pour Lui je veux mourir. Je ne ressens aucune peur dans ce pays.
À de nombreuses reprises, les extrémistes ont tenté de me tuer et de m’emprisonner ; ils m’ont menacé, poursuivi et ont terrorisé ma famille. Les extrémistes, il y a quelques années, ont même demandé à mes parents, à ma mère et à mon père, de me dissuader de continuer ma mission d’aide aux chrétiens et aux nécessiteux, autrement ils m’auraient perdu. Mais mon père m’a toujours encouragé. Moi, je dis que tant que je vivrai, jusqu’à mon dernier soupir, je continuerai à servir Jésus et cette pauvre humanité souffrante, les chrétiens, les nécessiteux, les pauvres.
Je veux vous dire que je trouve beaucoup d’inspiration dans la Bible et dans la vie de Jésus-Christ. Plus je lis le Nouveau et l’Ancien Testament, les versets de la Bible et la parole du Seigneur et plus ma force et ma détermination sont renforcées. Lorsque je réfléchis sur le fait que Jésus a tout sacrifié, que Dieu a envoyé Son Fils pour notre rédemption et notre salut, je me demande comment je pourrais suivre le chemin du Calvaire. Notre Seigneur a dit : « Prends ta croix et suis-moi ». Les passages que j’aime le plus dans la Bible sont ceux qui disent : « J’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi ! ». Ainsi, lorsque je vois des personnes pauvres et dans le besoin, je pense que c’est Jésus qui vient à ma rencontre sous leurs traits.Pour cette raison, j’essaie toujours avec mes collègues d’aider et d’assister ceux qui en ont besoin, les affamés, les assoiffés ».
N’est-ce pas un beau témoignage. Il nous vient d’Orient. Ce testament comme son sacrifice sont une semence de chrétienté. L’Occident pendant ce temps se goinfre dans ses plaisirs… il en crèvera…

Et Jésus-Christ nous encourage à pratiquer cette charité à l’égard du prochain lui qui nous dit : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux vous haïssent et priez pour ceux qui vous persécutent et vous calomnient, afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux qui fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants et qui fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Car si vous aimez ceux qui vous aiment quelle récompense aurez-vous ? Les publicains ne le font-ils pas aussi ? Et si vous saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens n’en font-ils pas autant ? »

« Et toi quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ne sache point ce que fait ta main droite, afin que ton aumône soit dans le secret et ton Père qui voit dans le secret, te le rendra ».

Mais c’est quoi encore le Carême ? dirait l’enfant.
C’est un temps de plus grande application à la volonté de Dieu. C’est un temps d’adoration plus grande. On se souvient de la réplique de Jésus contre Satan : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le servira lui seul ».C’est un temps où l’on fait de la loi de Dieu, de la connaissance des mystères de Dieu, ses délices. C’est un temps où l’on peut approfondir les mirabilia Dei. On se souvient la aussi des paroles du Seigneur : «l’homme ne vit pas seulement de pains, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Et de cette contemplation, l’âme peut en retirer mille profits. Paroles du Seigneur : « si tu l’honores en ne suivant pas tes voies, en ne faisant pas ta volonté et en ne disant pas de paroles vaines, alors tu te réjouiras dans le Seigneur. Je t’élèverai, dit le Seigneur, au dessus des hauteurs de la terre et je te donnerai pour nourriture l’héritage de Jacob ton père ; car la bouche du Seigneur a parlé »

Oui « je le protégerai, parce qu’il a connu mon nom. Je le sauverai et je le glorifierai. Je le comblerai de jours et je lui ferai voir mon salut ».
Allez courage ! Au travail ! Et bon carême.

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