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L’idéologie du « Genre » (The Gender)

publié dans regards sur le monde le 30 mai 2011


Lu dans « Liberté politique »

A- Le Conseil de l’Europe définit le « genre »
20 Mai 2011  par Élizabeth Montfort

NB: Il faut suivre cette question qui va avoir des conséquences formidables même dans l’enseignement scolaire des enfants dès la classe de Première et dès cette nouvelle année scolaire.

Le Conseil de l’Europe qui compte 47 Etats membres vient d’adopter à Istanbul, le 11 mai 2011, une nouvelle Convention sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique.

Le rapport explicatif rappelle que « la violence à l’égard des femmes, y compris la violence domestique, représente en Europe l’une des plus graves violations des droits de la personne fondées sur le genre. »

Dans son préambule, la Convention précise que :

« la réalisation de jure et de facto de l’égalité entre les femmes et les hommes est un élément-clé dans la prévention de la violence à l’égard des femmes; la violence à l’égard des femmes est une manifestation des rapports de force historiquement inégaux entre les femmes et les hommes ayant conduit à la domination et à la discrimination des femmes par les hommes, privant ainsi les femmes de leur pleine émancipation. Enfin, la nature structurelle de la violence à l’égard des femmes est fondée sur le genre, et que la violence à l’égard des femmes est un des mécanismes sociaux cruciaux par lesquels les femmes sont maintenues dans une position de subordination par rapport aux hommes. »

C’est bien à partir de l’égalité de « genre » que le texte a été rédigé. Pour la première fois, un texte supra-national d’une portée juridique contraignante, définit le « genre ». Dans son article 3c la Convention stipule :

« Le terme « genre » désigne les rôles, les comportements, les activités et les attributions socialement construits, qu’une société donnée considère comme appropriés pour les femmes et les hommes. »

Dans le rapport explicatif, les rédacteurs précisent les raisons de définir le « genre ».

« Etant donné que la convention place l’obligation de prévenir et de combattre la violence à l’égard des femmes dans le cadre plus large de la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes, les rédacteurs ont jugé important de définir le terme « genre ». Dans le contexte de la présente convention, le terme « genre », fondé sur les deux sexes, masculin et féminin, explique qu’il existe également des rôles, des comportements, des activités et des attributs socialement construits, considérés comme étant appropriés pour les femmes et les hommes par une société donnée. La recherche a montré que certains rôles ou stéréotypes reproduisent des pratiques non désirées et dommageables, et contribuent à présenter la violence à l’égard des femmes comme acceptable. Pour dépasser ces rôles attribués aux femmes et aux hommes, l’article 12 (1) définit l’éradication des préjugés, des coutumes, des traditions et des autres pratiques, qui sont fondés sur l’idée de l’infériorité de la femme ou sur un rôle stéréotypé des genres, comme une obligation générale aux fins de prévenir la violence à l’égard des femmes. Dans d’autres sections, la convention appelle à comprendre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, en tenant dûment compte des différences entre les femmes et les hommes, pour orienter dans ce sens toutes les mesures de protection et de soutien des victimes. Cela signifie que ces formes de violence doivent être considérées à la lumière de l’inégalité courante entre les femmes et les hommes, des stéréotypes existants, des rôles associés aux sexes et de la discrimination à l’égard des femmes, afin d’embrasser correctement la complexité du phénomène. En vertu de cette définition, le terme « genre » n’est pas conçu pour remplacer les termes « femmes » et « hommes » utilisés dans la convention. » (43)

Cette définition rejoint celle de Judith Butler sur la Théorie du Gender [1]. Elle avait été avancée par les organisateurs du Sommet Mondial de Pékin en 1995 sur la Femme, mais sans succès car plusieurs Etats, dont le Saint Siège, s’y étaient opposés et s’en tenaient à la définition classique : le genre correspond au sexe, genre féminin-sexe féminin, genre masculin-sexe masculin.

La volonté de dissocier sexe et genre a pour but de lutter contre les stéréotypes et les rôles construits de l’homme et la femme. Or, ni la femme ni l’homme ne peuvent se réduire à un stéréotype, il faut chercher ailleurs ce qui les différencie et ce qui les rapproche.

La première différence évidente est d’ordre corporel – la personne EST son corps. Le donné biologique de l’homme et de la femme n’est pas construit socialement ou culturellement : c’est un donné de nature. Si bien qu’à la naissance, le nouveau né n’est pas neutre, mais il est une fille ou un garçon. Ce donné de nature ne prédispose pas automatiquement à un rôle préétabli par la société sur le plan social ou professionnel. Mais, il prédispose la femme à être mère, c’est-à-dire à porter l’enfant, et l’homme à être père.

Si la différence biologique n’est pas suffisante pour déterminer que toutes les femmes sont douces et intuitives et que les hommes sont rationnels et à coup sûr des guerriers, elle laisse une marque indélébile sur l’identité de l’homme et de la femme tout en s’enrichissant de caractéristiques d’ordre psychologique, intellectuel ou culturel qui façonneront tout au long de la vie la personnalité de chacun.

Réduire l’homme et la femme à un stéréotype ou leur imposer un rôle social et culturel est inacceptable. Mais, proposer le concept de genre indéterminé comme réponse à la quête d’égalité auquel aspire la Convention est inadapté.

Cette quête d’égalité est légitime et a donné lieu à plusieurs propositions des mouvements féministes sans jamais définir le fondement de l’égalité Homme/Femme. L’égalitarisme s’est attaché à ce qui est commun au mépris des spécificités. Le différentialisme a revendiqué les droits de la femme et son autonomisation. Cependant, ces deux courants prennent en compte une société de parité, c’est-à-dire composée d’hommes et de femmes.

Des féministes radicales, notamment la composante lesbienne de ces mouvements, rejettent à la fois l’égalité et la différence jusqu’à déclarer « Les femmes ne seraient pas opprimées s’il n’existait pas un concept de femme. En finir avec le genre, c’est en finir avec le patriarcat » (Gender Outlaw p 117).

C’est ainsi que La théorie du gender est définie par Judith Butler comme un féminisme subversif. Elle affirme vouloir penser ensemble « le féminisme et la subversion de l’identité ». En d’autres termes, elle entreprend de définir une politique féministe qui ne soit pas fondée sur l’identité féminine. Dans son introduction, elle précise que le but à atteindre est défini par une volonté de déstabiliser « l’hétérosexualité obligatoire ». Il s’agit pour elle de repenser l’organisation sociale selon les modèles homosexuels et transsexuels.

Un nombre croissant d’Universités, de Grandes Ecoles et d’IUFM, ont décidé d’enseigner à leurs étudiants les études de genre, ayant pour objet les rapports sociaux de sexe. Cette approche inclut les diverses théories féministes, dont celle dite du Gender, fondée sur le déni de la différence entre l’homme et la femme et sur le paradigme de leur interchangeabilité.

Si les études sur le genre sont intéressantes pour explorer l’évolution des rapports entre les sexes, la place respective des hommes et des femmes dans l’organisation sociale, professionnelle et politique, il en va tout autrement de la théorie du Gender.

Car cette idéologie prétend réorganiser les rapports entre hommes et femmes proscrivant toute référence à leur identité sexuée respective.

Au mépris d’une réalité anthropologique, tant biologique que culturelle, riche des spécificités conjuguées de l’expérience masculine et féminine, les idéologues du Gender, projettent de construire un homme nouveau, conforme à leurs fantasmes.

Cette théorie se veut subversive. Il s’agit de déconstruire toutes les normes symboliques et fonctionnelles renvoyant à la complémentarité des sexes.

Loin de se présenter comme une doctrine parmi d’autres, légitimement proposée au regard critique et à l’évaluation comparative, la théorie du Gender s’impose de plus en plus comme l’ »horizon indépassable » des questions de genre. Elle prétend aujourd’hui formater toutes les approches des rapports entre les sexes, qu’il s’agisse de leur connaissance et de leur interprétation ou de leur aménagement social.

Nous jugeons qu’une telle hégémonie idéologique est contraire aux exigences de pluralisme de la démocratie. Cette théorie anti-humaniste, dans sa phobie de la différence, de l’identité et de l’altérité sexuées, est de plus en plus inculquée comme philosophie officielle et admise comme vision structurante pour les politiques d’égalité homme/femme.

B-Le Gender s’inscrit dans nos manuels  | 

Avertie la semaine dernière par le lycée saint Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint-Esprit) qui venait de recevoir les nouveaux manuels de SVT des classes de 1ere L et ES issus de cette réforme (NathanBordas et Belin), la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements opérés par le ministère de l’Education nationale par rapport aux précédents programmes. De même, la direction diocésaine de l’enseignement catholique a été immédiatement alertée.

Défaire la « matrice hétérosexuelle » de la société

D’une manière générale, les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle, largement inspirée de la théorie du « gender » (cf article d’Elizabeth Montfort sur le sujet), rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des sexes. « Dans ce nivelage, la différence corporelle, appelée sexe, est minimisée, tandis que la dimension purement culturelle, appelée genre, est soulignée au maximum et considérée comme primordiale (…) Selon cette perspective anthropologique, la nature humaine n’aurait pas en elle-même des caractéristiques qui s’imposeraient de manière absolue : chaque personne pourrait se déterminer selon son bon vouloir, dès lors qu’elle serait libre de toute prédétermination liée à sa constitution essentielle » [1].

Pour les tenants de la théorie du gender en effet, l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination. A l’appui de cette thèse, Nathan cite ce texte hautement contestable : « Les sociétés forgent des modèles et des normes associés au féminin et au masculin. Dès le plus jeune âge, chacun va inconsciemment être imprégné par un schéma identitaire auquel il doit se conformer pour être accepté et reconnu par le groupe social. Ces attitudes sont tellement intériorisées que nous reproduisons les stéréotypes sans nous en rendre compte » (p.190). La formulation est ambiguë. Nul ne nie qu’il existe un comportement social masculin et féminin et que la valorisation de certains stéréotypes peut conduire à des abus. Mais la théorie du gender promeut une anthropologie alternative refusant que la différence sexuelle inscrite dans le corps possède naturellement un caractère identifiant pour la personne.

Bordas fait lui aussi dépendre la prédominance de l’hétérosexualité du contexte culturel et social dans lequel nous baignons : « Si dans un groupe social il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels » (p. 182).

Pour illustrer leur démonstration, les manuels citent l’existence d’autres espaces culturels de « troisièmes genres », « ni homme ni femme », comme les Hijras en Inde (Belin, p. 145) ou les Mahu en Polynésie (Bordas, p. 176).

Une fois inculquée aux élèves cette idée que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle vers l’autre sexe. Ne s’agit-il pas de dissocier la société de sa matrice hétérosexuelle comme le préconise Judith Butler dans l’ouvrage qu’elle a publié aux Etats-Unis en 1990 : « Gender trouble : féminism and the subversion of identity » ?

Le gender dissocie identité sexuelle et orientation sexuelle

Conséquence logique du raisonnement, l’orientation sexuelle est clairement déconnectée de l’identité sexuelle, l’homosexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus. L’hétérosexualité n’a en aucun cas le privilège de l’universalité : « Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir 100% un homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes » (Belin, p. 133).

Bordas fait état d’« une étude récente qui montre bien l’influence du contexte culturel et social : à Hambourg en 1970, dans les années de la révolution sexuelle, 18% des adolescents avaient des activités homosexuelles alors qu’en 1990, avec le SIDA et les changements culturels, ils n’étaient plus que 2% » (p. 182). L’homosexualité serait donc choisie d’autant plus facilement que la société l’accueillera « sans discrimination » (Nathan, p. 181).

Les bases biologiques du plaisir sexuel

D’une manière générale, c’est la sexualité humaine qui est totalement « désacralisée » au fil des pages. La masturbation, martèle Belin, jadis encouragée dans l’Antiquité, n’est devenue un « péché » qu’avec « l’avènement du monothéisme en Occident ». Heureusement, depuis les années 70 elle est à nouveau considérée « comme une activité sexuelle normale » (p. 139). Le même éditeur fait d’ailleurs de cette pratique un critère de puberté ou indicateur de maturité sexuelle (p. 132).

Mais surtout, les nouveaux programmes font dépendre l’activité sexuelle de l’activation du « système de récompense » présent dans le cortex cérébral des primates hominoïdes (chimpanzé, bonobo, homme). Contrairement aux autres mammifères (mouton, rat,…) dont le comportement sexuel est contrôlé essentiellement par les hormones, la sexualité humaine est la résultante d’un circuit de récompense commandé par des aires cérébrales selon le schéma suivant : désir – action – satisfaction.

L’évolution chez l’animal a abouti à une diminution de la dépendance hormonale au profit d’un contrôle cérébral devenu prépondérant chez l’homme. Pour Nathan, « le système de récompense fournit la motivation à notre comportement dans l’attente d’une gratification. Le comportement sexuel est ainsi guidé par la recherche du plaisir attendu » (p. 195). Son collègue Belin cite les propos d’un chercheur en neurosciences et sexologie : « Au cours de l’évolution, l’influence des hormones et des phéromones diminue tandis que l’influence de la cognition et du système de récompense cérébral augmente. Libérées des contraintes hormonales, les activités sexuelles peuvent exister dans de nombreuses situations qui n’ont plus aucun rapport avec la reproduction. Les récompenses cérébrales, perçues comme sensations érotiques intenses, deviendraient le principal facteur à l’origine des activités sexuelles » (p. 137). Pour ce chercheur, le système de récompense présent dans notre cerveau permet un comportement érotique essentiellement fondé sur « la maximalisation du plaisir ».

Dissocier sexualité et procréation

Ce modèle d’explication induit deux conséquences majeures sur le plan anthropologique.

Premièrement, le cortex cérébral étant le support des fonctions cognitives de l’être humain (Nathan, p. 197), elles-mêmes modelées par le contexte culturel et éducatif de la société, l’idéologie du gender est « validée » sur le plan scientifique dans un raccourci saisissant. Nous adoptons certains comportements stéréotypés parce que notre cerveau a été stimulé depuis la plus petite enfance par des messages véhiculés par la société. Scientifiquement, l’hétérosexualité n’est pas une réalité fondatrice des relations humaines mais la conséquence de l’imprégnation du milieu social sur la composante cognitive de notre cortex.

Les primates hominoïdes et singulièrement l’homme ayant dissocié leur comportement sexuel de la fonction de reproduction, la « maîtrise technique de la procréation » est en quelque sorte un « produit culturel » qui s’inscrit nécessairement dans le cadre explicatif de la théorie de l’évolution. La procréation doit être radicalement désolidarisée de la sexualité. Les droits à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle sont bien les nouveaux impératifs catégoriques de la (r)évolution culturelle en cours, ceux qui permettront aux individus d’exercer un pouvoir effectif sur leurs corps sans lequel il n’y a pas de remise en cause possible des « valeurs traditionnelles ». N’est-ce pas les « féministes du gender » qui ont forgé dans les années 90 le concept de « santé reproductive » ? Aussi les trois manuels que nous avons pu étudier insistent-ils tous sur l’IVG médicamenteuse et la contraception d’urgence –  dont la nouvelle pilule du lendemain EllaOne occupe déjà une place de choix –, qui sont autant de moyens de contrôler chimiquement la fonction de reproduction (cf. Nathan, p. 178).

On l’a compris, la théorie du gender comme toute idéologie est particulièrement difficile à . réfuter dés lors que l’on en accepte l’axiome de départ. Vous aurez beau accumuler des arguments fondés sur la nature et la raison, vos adversaires vous rétorqueront qu’ils ne sont que la résultante de facteurs culturels, et qu’ils vous semblent d’autant plus évidents qu’ils ont une position hégémonique dans la société.

Le langage de l’amour vrai

Experte en humanité, l’Eglise a pris la mesure depuis la Conférence de Pékin de la désintégration de l’ordre éthique et politique véhiculé par cette doctrine. Dans un document remarquable signé par celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, elle nous rappelle que « le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création [2]», qu’il existe des « valeurs masculines » et un « génie féminin » sur lesquels s’appuyer pour bâtir la civilisation de l’amour.

Au cours de son allocution du 13 mai devant les membres de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, Benoît XVI a proposé de « conjuguer la théologie du corps avec celle de l’amour » pour redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de la sexualité conjugale. Le Pape a en effet rappelé qu’il y a dans le corps de l’homme et de la femme « un langage qu’ils n’ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. (…). La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s’ouvre : la beauté intégrale, l’univers de l’autre personne et du « nous » qui naît dans l’union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l’amour ouvre vers Dieu, source de l’amour. L’union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, jusqu’à ce que l’homme et la femme deviennent également un seul esprit (…). Dans cette lumière, ajoute le Saint-Père, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n’est pas un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l’amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d’engendrer la vie et d’accueillir généreusement la vie nouvelle naissante ». Un discours à dix mille lieues de l’idéologie du gender, mais surtout capable de proposer de manière convaincante aux jeunes qui nous sont confiés le dessein originel de Dieu et la vocation à laquelle ils sont appelés à répondre pour réaliser leur vraie nature d’homme ou de femme.

Vers une objection de conscience ?

Les promoteurs de la théorie du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. L’importance des changements opérés dans les classes de 1ère est telle qu’on peut parler sans exagérer d’une « zapatérisation » des programmes de l’Education nationale. Or, si l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées, on s’aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur le gender du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France ?

 

C-  Relayez notre action !

27 Mai 2011 | Thierry Boutet

 

Notre ami Pierre-Olivier Arduin nous avait alerté sur le contenu des nouveaux livres de SVT destinés aux classes de Première . En cause, l’idéologie du gender qui fonde la différence des genres sur le choix du comportement sexuel de chacun et non sur la différence de nature entre le féminin et le masculin.

L’idéologie du gender, comme on peut le constater à la lecture des nouveaux livres de SVT, inspire en effet les commentaires de ces manuels. Or ceci est contraire aux demandes explicites du Bulletin officiel de l’Education nationale (BOEN) qui invite à examiner cette idéologie dans les cours de philosophie et d’anthropologie dans le cadre des études dites « de genre ».

Il est en effet surprenant – et peu rigoureux – que des cours en principe scientifiques prennent parti sur des questions de sens ou d’anthropologie.

Que des élèves de Première soient informés sur l’existence de l’idéologie du gender est une chose ; qu’elle leur soit enseignée comme une explication scientifique en est une autre. Derrière cette volonté de présenter la théorie du gender comme une explication scientifique susceptible de structurer les relations homme-femme, il y a évidement la volonté des lobbies homosexuels d’imposer à toute la société leur vision des relations sociales et la reconnaissance publique qui va avec (mariage, adoption, fiscalité, succession, etc.).

Cette option philosophique ne peut être imposée à des élèves. Elle est inacceptable pour deux raisons :

  1. Il y va de la neutralité de l’enseignement scolaire en France.
  2. Des comportements privés sans dimension sociale ni bénéfice collectif ne peuvent être érigés en normes collectives.

Cette propagande doit être dénoncée et refusée.

C’est la raison pour laquelle Elizabeth Montfort, ancien député européen, administrateur et porte-parole de l’association pour la Fondation de Service politique (AFSP) et Francis Jubert son président, ont entrepris des démarches pour demander au ministre de l’Education nationale, de la jeunesse et de la vie associative un rendez-vous dans les prochains jours.

Merci à toux ceux qui nous lisent et soutiennent l’action de l’AFSP d’écrire à leur tour sans délai au ministre pour appuyer leur démarche, d’alerter les députés et élus de leurs circonscriptions afin que ces nouveaux livres de SVT soient retirés et corrigés pour être en conformité avec les instructions du BOEN.

Ce n’est pas aux éditeurs scolaires, largement inspirés par les lobbies gay, de décider du contenu des manuels scolaires destinés à nos enfants.

Ce scandale, en contradiction avec l’esprit de nos lois et le respect de la neutralité républicaine, doit cesser au plus vite.

Quand nous étions intervenus auprès de Gilles de Robien, ministre de l’Education de l’époque, à propos d’un sujet du bac de SVT posant des questions éthiques et politiques sur l’avortement, nous avions obtenu gain de cause. Avec vous, nous allons lancer une vaste action pour obtenir le retrait de ces livres. De notre mobilisation dépend que nos enfants ne soient pas soumis aux préjugés des lobbies gays. Vous trouverez ci-dessous la lettre ouverte d’Elizabeth Montfort et de Francis Jubert.

N’attendez pas, vous aussi, pour adresser au ministre un mail ou une lettre, celle-ci donnera du poids à notre intervention.

Vous pouvez joindre le ministre à l’adresse suivante:

Monsieur Luc Chatel, ministre de l’Education nationale, 110 rue de Grenelle, 75357 Paris 07 SP

Ou lui envoyer un mail, sous couvert de Philippe Gustin, son directeur de cabinet, à : philippe.gustin@education.gouv.fr CLOAKING

 PS. Le mercredi 15 juin, à Paris, Espace Bernanos, à 19 h, nous organisons une conférence-débat sur ce sujet autour d’Elizabeth Montfort, Béatrice Bourges et d’étudiants de Sciences Po. Venez nombreux.

 [DOCUMENT] Lettre ouverte à Monsieur Luc Chatel, ministre de l’Education nationale

Association pour la
Fondation de Service Politique
83 rue Saint-Dominique
F 75007 Paris

À Monsieur Luc Chatel,
ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative
110 rue de Grenelle
75357 Paris SP 07

À Paris, le 27 mai 2011

 

Monsieur le ministre,

Chaque année, le ministère de l’Éducation nationale donne des instructions sur les programmes scolaires pour améliorer le contenu de l’enseignement de milliers d’élèves. C’est le cas cette année pour les livres de Première L et ES en Sciences et Vie de la Terre (SVT).

Vos instructions parues au Bulletin officiel de l’Education nationale spécial n° 9 du 30 septembre 2010 sont très claires, notamment le thème 3 « Corps humain et santé » :

« Féminin, masculin
L’étude de la sexualité humaine s’appuie sur les acquis du collège. Dans une optique d’éducation à la santé et à la responsabilité, il s’agit de comprendre les composantes biologiques principales de l’état masculin ou féminin, du lien entre la sexualité et la procréation et des relations entre la sexualité et le plaisir. Ces enseignements gagneront à être mis en relation avec d’autres approches interdisciplinaire (philosophie) et/ou intercatégorielles (professionnels de santé). Il s’agit d’aider l’élève à la prise en charge responsable de sa vie sexuelle.

Devenir femme ou homme
On saisira l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée. Cette distinction conduit à porter l’attention sur les phénomènes biologiques concernés. »

Quelle n’a pas été notre surprise de constater que certains livres destinés aux élèves dès la rentrée de septembre s’appuient sur la théorie du gender pour expliquer la sexualité masculine et féminine. Or cette théorie nie l’altérité sexuelle de l’homme et la femme. Que la théorie du gender soit enseignée comme une des composantes des études de genre dans des disciplines comme la philosophie, la sociologie ou l’éducation civique est une chose. La présenter comme seule référence structurante de la sexualité humaine, dans une discipline qui fait de la démarche scientifique le cœur de l’enseignement, est inacceptable.

En refusant le corps sexué comme une donnée de nature, cette idéologie est contraire à la démarche scientifique, ce qui est paradoxal dans un manuel scolaire qui se veut scientifique.

Le but est-il de mettre fin à l’altérité sexuelle et à l’hétérosexualité dans notre société ? On serait tenté de le penser à la lecture des manuels qui vont être distribués aux élèves.

 

Le manuel Bordas fait ainsi dépendre la prédominance de l’hétérosexualité du contexte culturel et social dans lequel nous vivons : « Si dans un groupe social il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels » (p. 182).

D’autres manuels citent l’existence d’espaces culturels de « troisièmes genres », « ni homme ni femme », comme les Hijras en Inde (Belin, p. 145) ou les Mahu en Polynésie (Bordas, p. 176).  L’homosexualité serait donc choisie d’autant plus facilement que la société l’accueillera « sans discrimination » (Nathan, p. 181).

Certains groupes de pression se sont-ils immiscés dans ces maisons d’édition pour en influencer la rédaction ? Alors se pose la question du contrôle du contenu de ces livres par vos services. Ont-ils pu dénaturer vos instructions parues au BO de l’Éducation nationale du 30 septembre dernier sans vous en informer ? Quels étaient les accompagnements de programme ou les préconisations de programme ?

Ces questions ne manquent pas d’inquiéter les parents d’élèves, premiers responsables de l’éducation de leurs enfants, et de nombreux professeurs qui refusent d’avaliser une telle théorie.

Aussi sollicitons-nous un rendez-vous pour obtenir vos réponses à toutes ces questions, que nous rendons publiques dès à présent.

Espérant que cette lettre retiendra toute votre attention, nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’assurance de notre haute considération.

 

 

—————–

Francis Jubert                                                   Élizabeth Montfort
Président                                                  Administrateur, porte-parole

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