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Fides quaerens intellectum

publié dans paroisse saint michel le 23 novembre 2012


26ème et dernier dimanche après la Pentecôte

Fides quaerens intellectum

Dans son homélie du mercredi 21 novembre 2012, le saint Père s’est arrêté sur «le caractère raisonnable de la foi en Dieu ». Ce fut le thème principal de son homélie. C’est ce qu’il a annoncé : « Aujourd’hui, dans cette catéchèse, je voudrais m’arrêter sur la caractère raisonnable de la foi en Dieu ». C’est ce qui constitue la partie la plus importante de son homélie. Mais ce n’est pas, à mon avis, la partie la plus riche. Certes la foi est raisonnable. « Il est raisonnable de croire ». Mais elle est surtout « une vie ». Le pape a cette phrase formidable : l’Evangile a « inauguré un nouvel humanisme, une authentique « grammaire » de l’homme et de toute la réalité ». Cela est vrai, face au paganisme helléniste et romain du début de l’ère chrétienne.
Deux idées se trouvent ainsi exprimées dans cette homélie : l’aspect « raisonnable » de la foi et son aspect « vital ».
Et tout d’abord, l’aspect raisonnable de la foi.
Il développe le côté raisonnable de la foi en Dieu. C’est ce qu’a toujours fait l’Eglise depuis les origines : « La tradition catholique depuis le début a rejeté ce que l’on appelle le fidéisme, qui est la volonté de croire contre la raison. Credo quia absurdum (je crois parce que c’est absurde), ce n’est pas une formule qui interprète la foi catholique ».
Il cite à l’opposé saint Augustin, saint Anselme, saint Thomas d’Aquin. Puis le Concile du Vatican I. Tous ont cherché à développer l’intelligibilité de la foi. Et s’il en est ainsi, c’est parce que ce fut l’attitude de toujours de l’Eglise. Saint Pierre ne demandait-il pas déjà à ses fidèles: « Sachez rendre raison de votre espérance »..
Saint Augustin. Souvenez-vous, dit-il, de sa fameuse phrase : « Comprends pour croire et crois pour comprendre » (Discours 43, 9 : PL 38, 258). Il commente disant : avec cette phrase « c’est comme s’il racontait sa propre expérience de vie. L’intellect et la foi, face à la Révélation divine, ne sont pas étrangers ou antagonistes, mais ils sont tous deux des conditions pour en comprendre le sens, pour en recevoir le message authentique, en s’approchant du seuil du mystère. Saint Augustin… est témoin d’une foi qui s’exerce avec la raison, qui pense et invite à penser ».
C’est là tout le travail de la théologie. Elle scrute le mystère de Dieu. Elle cherche à en comprendre le mystère. Face au mystère du péché originel, par exemple, se dresse le Sauveur promis, le salut annoncé. La théologie affirme qu’en raison de ce qu’est le péché, une offense infinie contre Dieu, seul un acte théandrique, un acte d’un Dieu-Homme pouvait le réparer. Dès lors, si Dieu voulait sauver et voulait, de plus, une réparation, l’Incarnation de Verbe de Dieu était nécessaire. Aussi trouverons-nous sur les bureaux des séminaristes, l’œuvre de saint Anselme intitulée : « Cur Deus homo ?», « Pourquoi Dieu s’est-il fait homme ? ». Et cette étude ravira leur intelligence et les aidera alors à contempler avec plus de profondeur ce Mystère de l’Incarnation et d’en comprendre toute la puissance d’amour et de justice. « Dieu a tellement aimé le monde… ». L’intelligence théologique n’exclut pas le mystère. Il en donne seulement l’intelligibilité. Il en est de même du mystère de l’Eucharistie. Ce mystère repose sur la seule parole de NSJC : « Ceci est mon corps. Ceci est mon sang ». La juste intelligence de ces paroles oblige l’Eglise à confesser la conversion substantielle du pain au corps du Christ et du vin en son sang, conversion qu’elle appelle, très justement, transsubstantiation. Les apparences – ou comme l’on dit en théologie, les accidents -, que je vois encore de mes yeux charnels, les apparences du pain et du vin demeurent. Elles demeurent nécessairement sans sujet d’inhérence, sans substance propre. C’est là, à proprement parler, tout le mystère eucharistique, la merveille de l’Eucharistique. La raison ayant établie cela, la foi n’a plus qu’à adorer. On pourrait dire la même chose du mystère de la Rédemption. La croix, nous dit saint Paul, est, « scandale pour les juifs, folie pour les peuples païens » (1 Co 1, 22-23). Lui, dans ses Epîtres en montre toute la sagesse. C’est là qu’éclate plus que partout ailleurs, l’immense amour de Dieu.
« La foi est parfaitement raisonnable », dit le pape. Il n’est donc pas étonnant que saint Anselme ait pu dire cette célèbre phrase : « fides quarens intellectum » : « Dans ce sillage (augustinien), saint Anselme dira dans son Proslogion que la foi catholique est fides quaerens intellectum, où la recherche de l’intelligence est un acte antérieur à croire »
C’est avec Saint Thomas, dit le pape, que l’on attint le sublime dans cette recherche de l’intelligibilité de la foi. Toute la Somme de saint Thomas en est le merveilleux exemple: « Ce sera surtout saint Thomas d’Aquin — fort de cette tradition — qui se confrontera avec les raisons des philosophes, en montrant quelle fécondité rationnelle nouvelle dérive dans la pensée humaine de la greffe des principes et des vérités de la foi chrétienne ».
Mais c’est aussi le concile Vatican Ier qui affirme dans sa constitution Dei Filius que la raison peut elle-même, par sa propre puissance, connaître l’existence de Dieu et certaines de ses qualités. C’est le pape lui-même qui cite ce texte: « Le Concile Vatican I, dans la constitution dogmatique Dei Filius, a affirmé que la raison est en mesure de connaître avec certitude l’existence de Dieu à travers la voie de la création».
Il n’est point étonnant que cette recherche de l’intelligibilité de la foi soit la caractéristique de la pensée de l’Eglise puisque nous trouvons cela « dans tout le Nouveau Testament », dit le Pape. Pour faire court, citons saint Pierre et sa Ière Epître, où il demandé aux chrétiens de justifier par des motivations fondées leur adhésion à la parole de l’Évangile, de donner raison de leur espérance (1P 3, 15)
Voilà pour la première idée.
Traitons rapidement la seconde idée, à savoir « l’aspect vital de la foi ». Je cueille pour vous quelques phrases du Pape que je vous propose comme un bouquet de fleurs, bouquet de fleurs que l’Eglise vous donne pour parfumer votre demeure, pour réjouir votre vie et votre existence. Chaque fleur devrait être, il est vrai, contemplée…Mais je ne veux pas allonger…Je vous laisse faire le travail. Vous ne perdrez pas votre temps.
L’aspect vital de la foi. Le pape introduit cette idée par cette phrase: « Cette connaissance de Dieu à travers la foi n’est donc pas seulement intellectuelle, mais vitale ». Et il explique cela par quelques phrases particulièrement bien senties, entre autres celles-là : la foi « c’est un savoir qui donne une saveur à la vie, un goût nouveau d’exister, une manière joyeuse d’être au monde ». Et c’est sous ce rapport que la foi a « inauguré un nouvel humanisme, une authentique « grammaire » de l’homme et de toute la réalité ». Ainsi par la foi « l’homme vient à savoir qui est Dieu et, le connaissant, il se découvre lui-même, sa propre origine, son destin, la grandeur et la dignité de la vie humaine ». Grâce et par la foi, « nous nous ouvrons aux vraies valeurs de l’existence…Voilà pourquoi il est décisif pour l’homme de s’ouvrir à la foi et de connaître Dieu et son projet de salut en Jésus Christ…Car sans Dieu, l’homme s’égare ». Aussi « est-il raisonnable de croire, c’est notre existence qui est en jeu». Et le pape conclut son propos en disant : « Cela vaut la peine de se prodiguer pour le Christ » (en italien nous avons : Vale la pena di spendersi per Cristo. Lui seul satisfait les désirs de vérité et de bien enracinés dans l’âme de chaque homme: à présent, dans le temps qui passe, et le jour sans fin de l’Éternité bienheureuse ».
Chacune de ces phrases mériterait un approfondissement. N’est-il pas bon de lire un peu la pensée du pape ? C’est le conseil que je donnerais à mes confrères de la FSSPX. Il pourrait voir Rome avec plus de cordialité. Non ! Ils craignent toujours de se faire « avoir ». Amen.

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