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publié dans paroisse saint michel le 2 mars 2013


Troisième dimanche de Carême
« Marchez dans la charité » (Eph 5 1)

« Marchez dans la Charité »
Cette magnifique parole de Saint Paul aux Ephésiens fera l’objet de notre méditation dominicale
« Marchez dans la charité », c’est équivalemment dire « vivez dans la charité ». « Soyez mus par la charité ».
La charité est au principe de notre être. Mais elle n’est pas seulement au principe de notre être. Elle doit se manifester également dans notre agir. « Marchez dans la charité ».
Nous avons là certainement la plus belle définition du catholique. Qu’est-ce qu’un catholique ? Celui qui aime et qui agit par et dans la charité.
Mais pourquoi aimer Dieu ? Pourquoi marcher dans la charité vis à vis de Dieu et du prochain?
Pourquoi ? Pourquoi ?
Mais tout simplement parce que Dieu a mérité notre amour.
« C’est évidemment avoir beaucoup mérité de nous que de se donner à nous sans que nous l’ayons aucunement mérité », nous dit saint Bernard dans son beau petit traité de « l’amour de Dieu ».
Dieu a mérité notre amour. Comment ? Parce qu’Il s’est donné lui-même à nous. Donc l’amour que l’on doit pour Dieu trouve sa raison dans le don que Dieu fait de lui-même, dans le don de Dieu lui-même. « C’est avoir beaucoup mérité de nous que de se donner à nous ».
Le don fait mesure la charité. Plus on donne, plus on aime.
Nous comprendrons facilement ce principe en regardant l’amour familial.
C’est l’amour de l’époux qui mérite l’amour de l’épouse et réciproquement. Et cet amour se mesure au don de soi-même. Dans le foyer conjugal, c’est un don réciproque. Et ce don réciproque est la mesure de l’amour conjugal. Plus on donne, plus on aime. Plus le don est généreux, plus l’amour est généreux. Plus le don est désintéressé. Plus l’amour est désintéressé. Oui. Vraiment. Le don du cœur mesure la charité du cœur. Attention aux amours égoïstes : ce sont des « tuent l’amour ».
Ainsi par le don généreux d’elle-même, l’épouse mérite l’amour de son époux, son cœur, et vice versa. L’amour de l’épouse, l’amour de l’époux se mérite.
L’amour de la mère de famille, son don généreux d’elle-même à ses enfants, au foyer familial mérite l’amour du père qui se réjouit de voir tant de générosité déployée auprès de ses enfants.
Il mérite aussi l’amour des enfants.
L’amour de la mère et l’amour du père méritent l’amour de leurs enfants
Par leur générosité, Par leur sens du devoir, Par le don d’eux-mêmes à leurs enfants. Père et mère méritent, en justice, l’amour de leurs enfants. C’est et naturel et juste. Ils donnent en famille le meilleur d’eux-mêmes. Il est juste « qu’ils soient aimés en retour » par leurs enfants.
Oui, dans la question de l’amour divin ou humain, de l’amour de charité, le don est la mesure de l’amour et même la raison de l’amour. Celui qui donne mérite d’être aimé en retour. C’est simple reconnaissance.
Plus on donne, plus on doit être aimé en retour.
Plus on donne, plus on aime et plus cet amour engendre dans l’être aimé, l’amour, du moins la raison d’aimer en retour.
Il serait bien ingrat l’enfant qui n’aimerait pas ses parents eu égard à ce qu’ils ont donné et donnent encore et toujours : la vie, l’éducation, l’enseignement, la famille, un patrimoine, une nation, une fierté d’être de cette famille, de cette nation. Parce qu’ils ont beaucoup donné, ils ont beaucoup aimé.Et parce qu’ils ont beaucoup aimé, ils ont mérité en retour l’amour de leurs enfants.
Mutatis mutandis
Il en est de même pour Dieu.
Parents ! Vous comprenez ce langage que je viens de tenir à vos enfants. Vous êtes satisfaits que je leur dise que « Vos parents ont mérité votre amour ». Vous êtes satisfaits que je leur dise qu’ils doivent marcher dans la charité, en famille, vivre de la charité, dans la charité, dans l’amour des parents. C’est une question de justice. Je leur dis : « Enfants, vous devez aimer vos parents en retour, en retour de leur amour »… « parce qu’ils ont mérité votre amour ».
Seriez-vous, vous, Parents, à votre tour, insensibles à l’amour que Dieu vous porte? Il a mérité votre amour.
Parents et Enfants. Vous tous. Nous tous, Dieu, le Bon Dieu a mérité votre amour, notre amour. Il a mérité que nous tous l’aimions en retour.
Il a mérité notre amour. Comment cela ?
Parce qu’Il s’est donné à nous tous sans que nous ne l’ayons aucunement mérité. Il doit être aimé. Parce que Lui-même nous a aimés le premier.
Et il faut remarquer l’immensité de cet amour divin en analysant les termes de cet amour. L’amour est une relation. Et cette relation a des termes, deux termes, « Celui qui aime » : Dieu. « Combien il aime » : immensément. Et ceux qu’ils aiment : l’homme, qui plus est, l’homme pécheur.
Plus celui qui aime est grand, majestueux, plus son amour est notable, remarquable. « Il ne cherche pas son propre intérêt ». Il est la Majesté même, la Toute Puissance. Il est l’être souverain. Voilà celui qui aime. Dieu. Il se suffit à lui-même. Il est à Lui-même sa propre béatitude.
Mais qui sont ceux auxquels s’adresse une charité si immense, si grande ?
Quelle est l’autre terme de la relation ? Saint Paul y répond dans son Epître aux Romains : « Lorsque nous étions encore ses ennemis…nous avons été réconcilié avec Dieu ». Dieu a donc aimé ses ennemis et les a aimé gratuitement. L’amour divin est un amour immense, un amour gratuit, un amour premier, sans intérêt. « Prior dilexit me ». La Transcendance s’abaisse sur de viles créatures, non seulement viles créatures mais encore pécheresses, des ennemis de Dieu. La Transcendance de Celui qui aime et qui aime une créature, pourtant, si faible, permet de mesurer l’immensité de cet amour.
Je dois donc éprouver de la stupéfaction lorsque je considère les termes de cette relation d’amour : Dieu, l’homme.
Et je dois éprouver de l’admiration si je considère la mesure de cet amour, l’immensité de cet amour divin : « Dieu n’a pas épargné son propre Fils, mais Il l’a livré à la mort pour nous ».
Il faut mesurer l’amour du Père au don fait par le Père. « Il a livré son Fils à la mort, au sacrifice pour nous. C’est le don du Fils. Il donne son Fils. Il livre son Fils au plus cruel des sacrifices. Acte d’une générosité sans pareille qui permet, seul, de mesurer l’immensité de l’Amour du Père. Sans ce don fait par le Père, jamais la créature humaine n’aurait retrouvé le chemin du Ciel et son éternelle béatitude.
Il en est de même de l’amour du Fils. Amour Immense. Le Fils ne disait-il pas Lui aussi : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime » (Jn 15 13)
C’est toujours le même principe qui est encore invoqué. La Passion mesure l’immense charité que le Fils nous porte. Le don, ici, de sa propre vie, don le plus généreux qui soit. « Tel est l’amour du Très haut pour d’infimes créatures, du Tout-Puissant pour notre extrême faiblesse » (Saint Bernard).
Concluons : « C’est évidemment avoir beaucoup mérité de nous que de se donner à nous sans que nous l’ayons aucunement mérité. Etant ce qu’il est, que pourrait-il nous donner de meilleur que Lui-même ? Si donc s’interroger sur les raisons d’aimer Dieu revient à rechercher quel est le mérite de Dieu, la raison principale est que lui-même nous aimés le premier. Il est donc digne d’être aimé en retour, surtout si l’on comprend bien qui est Celui qui aime, qui sont ceux qu’Il aime et combien Il les aime ». (Saint Bernard).

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