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L’enseignement de l’Eglise romaine sur des sujets fort d’actualité

publié dans paroisse saint michel le 13 juillet 2013


Huitième dimanche après la Pentecôte.
L’enseignement de l’Eglise romaine sur des sujets fort d’actualité

Dimanche dernier, je vous parlais de la récente encyclique du pape François qui a pour nom « Lumen Fidei », « la lumière de la foi ». J’ai surtout attiré votre attention sur la quatrième partie relative à l’influence de la foi sur la cité, la foi et le bien commun. Nous avons médité sur ces belles phrases : « La foi éclaire la vie en société. Elle possède une lumière créative pour chaque mouvement nouveau de l’histoire »…Nous avons compris que pour le pape « la lumière de la foi est capable de valoriser la richesse des relations humaines, leur capacité à perdurer, à être fiables et à enrichir la vie commune ». Ou encore : «la foi devient lumière pour éclairer tous les rapports sociaux ». C’est pourquoi la foi n’est pas seulement un « chemin », elle est « préparation d’un lieu dans lequel les hommes peuvent habiter ensemble ». La foi, dira le pape, « révèle combien les liens entre les hommes peuvent être forts, quand Dieu se rend présent au milieu d’eux ».
Nous avons aussi insisté sur l’influence de la foi sur la famille et sur l’éducation des enfants. Je vous ai fait remarquer cette belle phrase du pape : « Les jeunes désirent une vie qui soit grande » –C’est ce qu’ils vont trouver dans le Christ- . « La rencontre avec le Christ — le fait de se laisser saisir et guider par son amour — élargit l’horizon de l’existence et lui donne une espérance solide qui ne déçoit pas. La foi n’est pas un refuge pour ceux qui sont sans courage, mais un épanouissement de la vie ». Face que les jeunes de cette « paroisse » entendent ce langage. En la foi, le jeune trouvera son idéal de grandeur.

Nous avons remarqué dans cette partie quatrième un langage parfaitement contre-révolutionnaire. Souvenez-vous ! Au sujet de la fraternité, une des valeurs sacro-saintes de la République, le pape a l’audace d’écrire : « Dans la « modernité », on a cherché à construire la fraternité universelle entre les hommes, en la fondant sur leur égalité ». Cela est faux. Elle doit être référée à Dieu « comme à son fondement ultime », sinon elle ne réussit pas à subsister. Il faut donc revenir à la vraie racine de la « fraternité » qui est Dieu.

La pape se dresse ainsi fortement contre le ministre de l’éducation nationale en France, M Vincent Peillon et ses frères maçons, qui sont légions dans la Politique, qui veulent ériger une société sans Dieu, sans Eglise. Ne disait-il pas, il y a peu : «On ne pourra jamais construire un pays de liberté avec la religion catholique. … il faut inventer une religion républicaine. Cette religion républicaine, qui doit accompagner la révolution matérielle, mais qui est la révolution spirituelle, c’est la laïcité. Et c’est pour ça d’ailleurs qu’au début du XXe siècle, on a pu parler de foi laïque, de religion laïque, et que la laïcité voulait être la création d’un esprit public, d’une morale laïque, et donc l’adhésion à un certain nombre de valeurs ».
Et non M Peillon ! Seule la foi permet de comprendre « la dignité unique de chaque personne », ce qui n’était pas une donnée si commune que cela dans l’antiquité ni dans le monde romain. L’esclavage n’était-il pas un élément fondamental de l’organisation sociale ?

Alors le pape de dire : s’il vient à manquer parmi les hommes le critère pour discerner ce qui rend la vie de l’homme précieuse et unique, l’homme … « prétend alors être arbitre absolu (de tout) en s’attribuant un pouvoir de manipulation sans limites ». La foi est donc bien le meilleur garant contre tout totalitarisme, contre tout « laïcisme ». On l’a bien vu avec le Communisme, avec le Nazisme. On le voit avec cette Démocratie laïque qui ne peut pas non plus ne pas sombrer dans « le totalitarisme du relativisme » (Card Ratzinger)…C’est pourquoi le titre de l’encyclique est assez bien venu : Lumen Fidei. Lumen Fidei qui se dresse contre le rationalisme, le démocratisme, le relativisme…uniques valeurs du Siècle des Lumières.
Il ne faut donc pas oublier ce texte : Lumen Fidei.

Mais il y a encore un autre texte romain qui vient de paraître, émanant de la Congrégation du Clergé. On n’y a pas porté grand attention peut être en raison de la date de sa publication. C’était le 11 février 2013, le jour même de l’annonce par Benoît XVI de sa renonciation au Souverain Pontificat. Ceci peut-être explique cela… Mais ce n’est peut-être pas la seule raison ! Ce texte est intitulé : « Directoire pour la vie des prêtres ». Il est important pour les sujets qu’il aborde principalement dans sa deuxième partie consacrée à la « vie spirituelle des prêtres ».

Il rappelle, dans son paragraphe sur l’obéissance, l’obligation faite aux prêtres de respecter les normes liturgiques. C’est l’article 59. On peut y lire : « Parmi les divers aspects actuels du problème de l’obéissance, celui de l’amour et du respect des normes liturgiques mérite d’être mis en évidence.
La liturgie est l’exercice du sacerdoce de Jésus Christ, « le sommet vers lequel tend l’action de l’Église, et en même temps la source d’où découle toute sa vertu ». Elle est donc un domaine où le prêtre doit avoir particulièrement conscience d’être ministre, c’est-à-dire serviteur et de devoir obéir fidèlement à l’Église. « Le gouvernement de la liturgie dépend uniquement de l’autorité de l’Église : il appartient au Siège apostolique et, dans les règles du droit, à l’évêque ». C’est pourquoi le prêtre n’ajoutera, n’enlèvera ne changera rien de sa propre initiative en ce domaine.
Cette norme vaut spécialement pour la célébration des sacrements, qui sont par excellence des actes du Christ et de l’Église, et que le prêtre administre pour le bien des fidèles in persona Christi Capitis et in nomine Ecclesiae. Les fidèles ont un vrai droit à participer aux célébrations liturgiques comme le veut l’Église, et non pas suivant les goûts personnels de chaque ministre ou suivant des particularismes rituels non approuvés, expressions de groupes qui tendent à se fermer à l’universalité du Peuple de Dieu. ».

C’est très bien. On retrouve la pensée de Benoît XVI, demandant, alors qu’il était encore cardinal, préfet de la Congrégation de la doctrine que cesse enfin toute innovation liturgique. Il disait à Fontgombault, le 24 juillet 2001 : « pour le Missel en vigueur, (le nouveau missel) le premier point serait à mon avis, de rejeter la fausse créativité qui n’est pas une catégorie de la liturgie. On a rappelé plus d’une fois, ce que le Concile dit réellement à ce sujet : c’est seulement l’autorité ecclésiastique qui décide, ce n’est pas le droit d’un prêtre ou de quelque personne de changer la liturgie. Mais dans le nouveau missel nous trouvons assez souvent des formules comme sacerdos dicit sic vel simili modo…ou bien : Hic sacerdos potest dicere…Cette formule du Missel officialise en fait la créativité ; le prêtre se sent presque obligé de changer un peu les paroles, de montrer qu’il est créatif, qu’il rend présent à sa communauté cette liturgie ; et avec cette fausse liberté qui transforme la liturgie en catéchèse pour cette communauté, on détruit l’unité liturgique et l’ecclésialité de la liturgie. Donc, il me semble, ce serait déjà une chose très importante pour la réconciliation que le Missel soit libéré de ces espaces de créativité qui ne répondent pas à la réalité profonde, à l’esprit de la liturgie. Si avec une telle « réforme de la réforme » on pouvait revenir à une célébration fidèle, ecclésiale de la liturgie, ce serait, à mon avis, déjà un pas important, parce que l’ecclésialité de la liturgie apparaitrait de nouveau clairement » (Autour de la question liturgique p. 180)

Il ya aussi un autre passage important dans ce texte c’est celui de l’habit ecclésiastique. C’est le n° 61 . On y lit : Dans une société sécularisée et qui tend au matérialisme, où les signes extérieurs des réalités sacrées et surnaturelles s’estompent souvent, on ressent, particulièrement aujourd’hui, la nécessité pour le prêtre – homme de Dieu, dispensateur de ses mystères – d’être reconnaissable par la communauté, également grâce à l’habit qu’il porte, signe sans équivoque de son dévouement et de son identité de détenteur d’un ministère public. Le prêtre doit être reconnu avant tout par son comportement mais aussi par sa façon de se vêtir, pour rendre immédiatement perceptible à tout fidèle et même à tout homme son identité et son appartenance à Dieu et à l’Église.
L’habit ecclésiastique est le signe extérieur d’une réalité intérieure : « En effet, le prêtre ne s’appartient plus à lui-même, mais, par le sceau sacramentel reçu (cf. Catéchisme de l’Église catholique, 1563 ; 1582), il est “propriété” de Dieu. Ce fait “d’être à un Autre” doit devenir reconnaissable par tous, à travers un témoignage transparent. Dans la manière de penser, de parler, de juger les faits du monde, de servir et d’aimer, de se mettre en relation avec les personnes, même dans l’habit, le prêtre doit trouver la force prophétique de son appartenance sacramentelle ».
Pour cette raison, le prêtre comme le diacre ordonné en vue du sacerdoce, doit :
a) Porter soit la soutane ou « un habit ecclésiastique digne, selon les normes indiquées par la conférence épiscopale et selon les coutumes locales légitimes ». Lorsque l’habit n’est pas la soutane, il doit être différent de la manière de se vêtir des laïcs, et conforme à la dignité et à la sacralité du ministère. La coupe et la couleur doivent en être établies par la conférence épiscopale.
b) À cause de leur incohérence avec l’esprit de cette discipline, les pratiques contraires ne contiennent pas de fondements suffisants pour devenir des coutumes légitimes et doivent être supprimées par l’autorité compétente.
À l’exception de certaines situations, ne pas utiliser l’habit ecclésiastique peut manifester chez le clerc un faible sens de son identité de pasteur entièrement disponible au service de l’Église.
En outre, la soutane – dans sa forme, couleur et dignité – est particulièrement indiquée car elle distingue les prêtre des laïcs et fait mieux comprendre le caractère sacré de leur ministère en rappelant au prêtre lui-même qu’il est toujours et en tout moment prêtre, ordonné pour servir, pour enseigner, pour guider et pour sanctifier les âmes, principalement par la célébration des sacrements et la prédication de la Parole de Dieu. Porter un habit clérical est, en outre, une sauvegarde pour la pauvreté et la chasteté. »
Pour conclure : on peut évoquer la fâcheuse concomitance avec la renonciation de Benoît XVI pour expliquer le silence autour de ce document. Mais croyez-vous que ce soit la seule raison qui explique que ce texte n’ait pas été évoqué dans l’Eglise qui est en France ?… J’invite chaque fidèle à s’appuyer sur ce texte dans ses discussions avec le clergé local.

Je parlerai dimanche prochain du prêtre et de son autre devoir : la prière.

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