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	<title>La Revue Item &#187; regards sur le monde</title>
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	<description>La tradition sans peur</description>
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		<title>Les vrais dangers de Vatican II</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jan 2012 07:57:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Louis-Marie Lamotte &#8211; &#171;&#160;Contre Débat&#160;&#187;] Compte rendu de la conférence de l’abbé Guillaume de Tanoüarn : Les vrais dangers de Vatican II SOURCE &#8211; Louis-Marie Lamotte &#8211; &#171;&#160;Contre Débat&#160;&#187; &#8211; 15 janvier 2012 &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; Le 11 octobre 1962, le Pape Jean XXIII ouvrait le second concile du Vatican par le discours Gaudet Mater Ecclesia. Un [...]

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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong>Louis-Marie Lamotte &#8211; &laquo;&nbsp;Contre Débat&nbsp;&raquo;] Compte rendu de la conférence de l’abbé Guillaume de Tanoüarn : Les vrais dangers de Vatican II</strong><br />
<strong>SOURCE &#8211; Louis-Marie Lamotte &#8211; &laquo;&nbsp;Contre Débat&nbsp;&raquo; &#8211; 15 janvier 2012</strong></p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2012/01/Vatican-II.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-5550" title="Vatican II" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2012/01/Vatican-II.jpg" alt="" width="220" height="183" /></a>Le 11 octobre 1962, le Pape Jean XXIII ouvrait le second concile du Vatican par le discours Gaudet Mater Ecclesia. Un peu plus de trois ans plus tard, ce même concile s’achevait, le 8 décembre 1965, par un discours où le Pape Paul VI le définissait lui-même comme la « rencontre du culte de l’homme qui se fait Dieu avec le culte du Dieu qui se fait homme ».</p>
<p style="text-align: justify;">Au début de la conférence tenue à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’ouverture de Vatican II, l’abbé Guillaume de Tanoüarn, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur, a montré à quel point une telle affirmation pouvait sembler datée, nul ne s’intéressant plus ni à l’un, ni à l’autre culte. En 2011, Benoît XVI désignait ainsi le christianisme comme une contre-culture, une résistance spirituelle à un ordre mondial en marche, et non comme une puissance en dialogue avec une autre puissance.<br />
Une démarche fondamentale<br />
Le caractère daté de Vatican II peut ainsi faire penser qu’il ne s’agit plus d’un enjeu : la révolution ayant eu lieu, tout apparaît comme à reconstruire. L’abbé de Tanoüarn a cependant mis en évidence que la reconstruction posait la question des matériaux qu’on utiliserait à cette fin, et s’est opposé résolument à une entreprise qui se bornerait à rassembler des débris épars afin de se construire une fidélité choisie et à la mode : il convient d’adopter une démarche fondamentale de recherche de ce qui est indestructible et divin dans l’Eglise. Dans Spe Salvi (§ 22), Benoît XVI parle ainsi d’ « autocritique du christianisme par retour à ses vrais fondements » : il faut partir du vrai fondement pour reconstruire, quitte à mener une autocritique, un discernement entre ce qui est humain, c’est-à-dire les modes et les écoles de théologie, et le code génétique divin de la véritable croissance de l’Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, cette démarche fondamentale ne suffit pas : selon l’abbé de Tanoüarn, il faut « poser loyalement la question de l’échec ». Vatican II s’est voulu une nouvelle Pentecôte, une nouvelle Epiphanie : pourquoi une ambition aussi extraordinaire n’a-t-elle pas été suivie d’effets, pourquoi le Concile a-t-il été impuissant à conjurer le mouvement de matérialisation du monde auquel il n’a apporté aucune réponse ? Non seulement la stratégie conciliaire, langage que l’abbé de Tanoüarn estimait approprié en raison du caractère profondément pastoral du Concile, n’a pas permis à l’Eglise de résister, mais elle lui a fait perdre jusqu’à son cœur de cible : on peut admettre que l’Eglise n’ait pas pu permis de reconquérir des parts de marché en raison d’une conjoncture défavorable, mais la perte d’une grande partie de sa clientèle acquise contraint à reconnaître qu’on ne sera pas quitte avec le Concile en essayant simplement de l’oublier, ce qui constituerait la tentation non seulement de la FSSPX, mais aussi, dans une moindre mesure, de Benoît XVI lui-même ; l’abbé de Tanoüarn rappelait ainsi que Spe Salvi ne contenait pas une seule citation de Vatican II : dans ses recherches les plus personnelles, Benoît XVI marque une tendance à faire comme si le Concile n’était pas arrivé, pour construire une fidélité à la foi et à ce qui y tient.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, il existe dans le Concile un problème ; il ne suffit pas de dire qu’il s’est trompé dans le choix de sa stratégie, mais il faut affronter la difficulté : où se situe le problème de Vatican II.</p>
<p style="text-align: justify;">Le conférencier a mis tout d’abord en évidence la difficulté que représente une telle tâche. Le Concile apparaît comme un énorme monument, dont les textes paraissent très modérés et parfois très intéressants : l’abbé de Tanoüarn citait ainsi les documents sur la formation des prêtres, sur la vie religieuse ou l’apostolat des laïcs. Pourquoi donc un tel Concile semble-t-il avoir amplifié le mouvement de matérialisation du monde ?</p>
<p style="text-align: justify;">Sacrosanctum Concilium et l’expérimentation liturgique<br />
La première constitution, qui touche à la liturgie, est typique du style du Concile : bonnes intentions, quelques déclarations intéressantes, notamment sur l’usage du latin, du chant grégorien, sur le Christ-Prêtre. Sacrosanctum Concilium semble un document particulièrement modéré, de telle sorte que se manifeste parfois la tentation d’y revenir. Selon l’abbé de Tanoüarn, c’est négliger l’existence dans le texte, à côté de ces pieux rappels, de deux obsessions philosophiques mauvaises : l’adaptation des rites et l’expérimentation liturgique[1]. Ces deux concepts correspondent en fait au discours Gaudet Mater Ecclesia de Jean XXIII, qui parlait de distinguer le fond et la forme[2]. Une telle dissociation, en matière liturgique, signifie la désagrégation de la forme, car le rite est essentiellement une forme. La liturgie a ainsi connu une déritualisation effectuée au nom de Sacrosanctum Concilium lue à la lumière du discours de Jean XXIII.</p>
<p style="text-align: justify;">Sacrosanctum Concilium, seul texte voté sous Jean XXIII, apparaît cependant comme un texte spécifique, en tant que la restauration liturgique est aujourd’hui en avance sur la restauration théologique. Il n’en porte pas moins deux concepts typiques de la mentalité des Trente Glorieuses, qui s’est communiquée au Concile. L’abbé de Tanoüarn montrait ainsi que le bouleversement postconciliaire ne reposait pas seulement sur une mauvaise interprétation du Concile et à certains égards était demeuré en-deçà de ce que le Concile prévoyait.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut donc refuser cet esprit du Concile, qui, selon Benoît XVI, « doit être rejeté comme une rupture avec la Tradition ». Mais il faut reconnaître également que les prêtres qui ont saccagé l’Eglise agissaient en toute bonne foi et non par manque de piété. Il importe donc d’identifier les vrais dangers du Concile.<br />
Vatican II comme « boussole » pour l’Eglise<br />
L’abbé de Tanoüarn a commencé par écarter la perspective d’erreurs proprement théologiques dans les textes conciliaires. Ceux-ci, extrêmement composites, ont bénéficié de la vigilance de la minorité et de Paul VI et aucune hérésie n’a pu y trouver place. Même la liberté religieuse est un problème plus politique que religieux dès lors qu’est reconnue à l’Eglise son statut d’institution publique. Le conférencier a tenu de même à exprimer ses réserves vis-à-vis de l’entreprise de Mgr Gherardini, qui revient selon lui à préconiser un retour pur et simple à la théologie romaine des années 1950, théologie qui n’apporte pourtant aucune réponse toute faite aux questions importantes soulevées par le Concile, telles la catholicité de l’Eglise, l’appartenance à l’Eglise, le problème de l’humanisme chrétien, ou encore le rôle des laïcs, point sur lequel les traditionalistes, mouvement de laïcs sans mandat, sont de fait en avance sur le reste de l’Eglise. C’est en ce sens que Vatican II peut apparaître comme un événement providentiel et une « boussole », pour reprendre l’expression de Jean-Paul II, non pas au sens où il indiquerait le chemin à suivre, mais au sens où il pose les questions pertinentes.<br />
Quatre points<br />
Le vrai danger du Concile réside donc dans la philosophie immanente au texte du Concile. L’abbé de Tanoüarn a ainsi repris les huit points, réduits à quatre par souci de clarté, de la déclaration finale d’un symposium de 2002 sur Vatican II :</p>
<p style="text-align: justify;">- 1) l’idée d’un progrès généralisé et fatal, dans la ligne d’Emmanuel Mounier, qui désignait Auschwitz comme la « petite peur du XXe siècle », le progrès étant à ce point fatal qu’il ne peut que tout emporter. Un tel progressisme optimiste et naïf paraît aujourd’hui particulièrement daté ;</p>
<p style="text-align: justify;">- 2) l’inversion du moyen et de la fin : Gaudium et Spes[3] déclare que l’Eglise est au service de l’homme et instaure ainsi une logique de consommation, alors que l’Eglise existe au contraire par le service que lui rendent ses membres. L’Eglise court le risque d’adopter un personnalisme athée, faisant de l’homme la fin universelle. Le n°1 de Lumen Gentium[4], désignant l’Eglise comme « le signe et le moyen de l’unité du genre humain et de l’union avec Dieu » tend à transformer l’Eglise en produit. L’abbé de Tanoüarn n’hésitait pas à dire avec insistance qu’une telle Eglise de consommateurs n’était rien d’autre qu’une Eglise athée, dont la tentation est d’autant plus dangereuse qu’elle correspond à l’air du temps ;</p>
<p style="text-align: justify;">- 3) la promotion de la conscience comme sujet de la religion et critère du vrai et du faux, nette dans le n°1 de Dignitatis Humanae[5] : de nouveau apparaît la tentation d’un libre service spirituel. L’abbé de Tanoüarn s’étonnait ainsi que le n°3 de Dignitatis Humanae[6], qui place la foi au terme d’une liberté de recherche et de dialogue, n’ait pas suscité davantage de critiques ; il rappelait que la foi, dont les mystères échappent précisément à la conscience, finit par s’imposer hors de tout dialogue, par l’autorité de Dieu, comme le rappelait le P. Garrigou-Lagrange, dont la théologie demeure sur ce point très utile. Une telle promotion de la conscience porte donc un doute profond contre la présence en nos cœurs du Saint-Esprit et fait courir à l’Eglise le risque d’une faillite pure et simple ;</p>
<p style="text-align: justify;">- 4) le concept de l’unité spirituelle du genre humain, qui laisse penser que tous les hommes sont sauvés et fait disparaître la nécessité de la proclamation par l’Eglise du salut en Jésus-Christ. La foi se réduit désormais à une conscience plus aiguë du mystère de l’homme ; cessant d’être religion de salut, la religion catholique devient une religion de sagesse, de confort et de psychologie.</p>
<p style="text-align: justify;">La conférence valait tout d’abord par son extrême clarté, même si l’on peut bien évidemment regretter que certains points, en raison de sa relative brièveté, n’aient pas fait l’objet d’un traitement plus développé. Elle établissait également avec force, notamment par le refus d’attribuer les échecs de l’après-Concile seulement à la malhonnêteté ou à l’incompétence supposées de la génération de Vatican II, le lien entre des formules ou des idées hasardeuses et le bouleversement connu par l’Eglise après le Concile : l’abbé de Tanoüarn donnait ainsi l’exemple des prêtres en recherche des années postconciliaires, qui auraient appliqué avec zèle et sincérité l’enseignement de Dignitatis Humanae sur la libre recherche. L’ensemble de la réflexion, qui s’inscrit nettement dans le sillage de Vatican II et l’Evangile, publié par l’abbé de Tanoüarn en 2003[7], apparaît donc comme une belle contribution au débat actuel sur le Concile.</p>
<p style="text-align: justify;">Louis-Marie Lamotte</p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
Note : Cet article est issu d&#8217;une conférence tenue par Monsieur l&#8217;abbé Guillaume de Tanoüarn au Centre culturel chrétien St-Paul le 10 janvier 2012. J&#8217;espère n&#8217;en avoir pas trahi le propos. L&#8217;abbé de Tanoüarn résumait lui-même ainsi sur le Metablog sa propre conférence : http://ab2t.blogspot.com/2012/01/vatican-ii-reponses.html</p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
[1] Sacrosanctum Concilium, n°44 : « Il est à propos que l’autorité ecclésiastique ayant compétence sur le territoire, mentionnée à l’article 22 §2, institue une commission liturgique qui aura le concours d’experts en science liturgique, en musique sacrée, en art sacré et en pastorale. Cette commission, dans la mesure du possible, sera aidée par un Institut de pastorale liturgique composé de membres parmi lesquels on admettra, si c’est utile, des laïcs compétents en cette matière. Il reviendra à cette commission, sous la direction de l’autorité ecclésiastique territoriale mentionnée plus haut, de diriger la pastorale liturgique dans l’étendue de son ressort, de promouvoir les recherches et les expériences nécessaires chaque fois qu’il s’agira de proposer des adaptations au Siège apostolique. »<br />
Et n°45 : « Dans la même ligne, il y aura une commission de liturgie dans chaque diocèse pour promouvoir l’action liturgique sous la direction de l’évêque. »<br />
Les textes conciliaires cités le sont dans la version disponible sur le site du Vatican : http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/index_fr.htm</p>
<p style="text-align: justify;">[2] « Autre est le dépôt lui-même de la foi, c&#8217;est-à-dire les vérités contenues dans notre vénérable doctrine, et autre est la forme sous laquelle ces vérités sont énoncées. »</p>
<p style="text-align: justify;">[3] Gaudium et Spes, n°3 « Le service de l’homme »</p>
<p style="text-align: justify;">[4] « L’Eglise étant, dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et le moyen de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain, elle se propose de mettre dans une plus vive lumière, pour ses fidèles et pour le monde entier, en se rattachant à l’enseignement des précédents Conciles, sa propre nature et sa mission universelle. »</p>
<p style="text-align: justify;">[5] « Tous les hommes, d’autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles.<br />
De même encore, le saint Concile déclare que ces devoirs concernent la conscience de l’homme et l’obligent, et que la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. »</p>
<p style="text-align: justify;">[6] « La vérité doit être cherchée selon la manière propre à la personne humaine et à sa nature sociale, à savoir par une libre recherche, par le moyen de l’enseignement ou de l’éducation, de l’échange et du dialogue grâce auxquels les hommes exposent les uns aux autres la vérité qu’ils ont trouvée ou pensent avoir trouvée, afin de s’aider mutuellement dans la quête de la vérité ; la vérité une fois connue, c’est par un assentiment personnel qu’il faut y adhérer fermement. »</p>
<p style="text-align: justify;">[7] Cet ouvrage, épuisé, peut être lu dans son intégralité sur la toile : http://www.vatican2.free.fr/</p>


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		<title>La dernière visiteuse (conte de Noël).</title>
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		<pubDate>Fri, 30 Dec 2011 09:22:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La dernière visiteuse (conte de Noël). C’était à Bethléem à la pointe du jour. L’étoile venait de disparaître, le dernier pèlerin avait quitté l’étable, la Vierge avait bordé la paille, l’Enfant allait dormir enfin. Mais dort-on la nuit de Noël ?… Doucement la porte s’ouvrit, poussée, eût-on dit, par un souffle plus que par une [...]

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><span style="color: #cc0000;"><strong>La dernière visiteuse (conte de Noël).</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">C’était à Bethléem à la pointe du jour. L’étoile venait de disparaître, le dernier pèlerin avait quitté l’étable, la Vierge avait bordé la paille, l’Enfant allait dormir enfin.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dort-on la nuit de Noël ?…</p>
<p style="text-align: justify;">Doucement la porte s’ouvrit, poussée, eût-on dit, par un souffle plus que par une main, et une femme parut sur le seuil, couverte de haillons, si vieille et si ridée que, dans son visage couleur de terre, sa bouche semblait n’être qu’une ride de plus.</p>
<p style="text-align: justify;">En la voyant, Marie prit peur, comme si ç’avait été quelque mauvaise fée qui entrait.<br />
Heureusement Jésus dormait!<br />
L’âne et le boeuf mâchaient paisiblement leur paille et regardaient s’avancer l’étrangère sans marquer plus d’étonnement que s’ils la connaissaient depuis toujours. La Vierge, elle, ne la quittait pas des yeux. Chacun des pas qu’elle faisait lui semblait long comme des siècles.</p>
<p style="text-align: justify;">La vieille continuait d’avancer, et voici maintenant qu’elle était au bord de la crèche.<br />
Grâce à Dieu, Jésus dormait toujours.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dort-on la nuit de Noël ?…</p>
<p style="text-align: justify;">Soudain, Il ouvrit les paupières, et Sa mère fut bien étonnée de voir que les yeux de la femme et ceux de son Enfant étaient exactement pareils et brillaient de la même espérance.</p>
<p style="text-align: justify;">La vieille alors se pencha sur la paille, tandis que sa main allait chercher dans le fouillis de ses haillons quelque chose qu’elle sembla mettre des siècles encore à trouver.<br />
Marie la regardait toujours avec la même inquiétude.<br />
Les bêtes la regardaient aussi, mais toujours sans surprise, comme si elles savaient par avance ce qui allait arriver.</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, au bout de très longtemps, la vieille finit par tirer de ses hardes un objet caché dans sa main, et elle le remit à l’Enfant.</p>
<p style="text-align: justify;">Après tous les trésors des Mages et les offrandes des bergers, quel était ce présent ?<br />
D’où elle était, Marie ne pouvait pas le voir. Elle voyait seulement le dos courbé par l’âge, et qui se courbait plus encore en se penchant sur le berceau. Mais l’âne et le boeuf, eux, le voyaient et ne s’étonnaient toujours pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela encore dura bien longtemps.<br />
Puis la vieille femme se releva, comme allégée du poids très lourd qui la tirait vers la terre. Ses épaules n’étaient plus voûtées, sa tête touchait presque le chaume, son visage avait retrouvé miraculeusement sa jeunesse. Et quand elle s’écarta du berceau pour regagner la porte et disparaître dans la nuit d’où elle était venue, Marie put voir enfin ce qu’était son mystérieux présent.</p>
<p style="text-align: justify;">Eve (car c’était elle) venait de remettre à l’Enfant une petite pomme, la pomme du premier péché (et de tant d’autres qui suivirent!). Et la petite pomme rouge brillait aux mains du Nouveau-Né comme le globe du monde nouveau qui venait de naître avec Lui.</p>
<p style="text-align: justify;">Jérôme et Jean Tharaud<br />
(in « Les Contes de la Vierge »).</p>
<p style="text-align: justify;">lu sur le blog de Mesnil-Marie</p>


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		<title>Les voeux du Supérieur de District pour 2012</title>
		<link>http://www.revue-item.com/5504/les-voeux-du-superieur-de-district-pour-2012/</link>
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		<pubDate>Thu, 29 Dec 2011 21:16:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[ Les voeux du Supérieur de District pour 2012 SOURCE &#8211; Abbé de Cacqueray, fsspx &#8211; Extrait de la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du District de France &#8211; 28 décembre 2011 Nous publions ci-dessous la lettre de voeux de M l&#8217;abbé de Cacqueray, supérieur du district de France de la FSSPX. Nous approuvons totalement les [...]

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p> <span style="color: #cc0000;"><strong>Les voeux du Supérieur de District pour 2012</strong></span></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/12/abbeDeCacqueray1.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-5505" title="abbeDeCacqueray" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/12/abbeDeCacqueray1.jpg" alt="" width="130" height="152" /></a>SOURCE &#8211; Abbé de Cacqueray, fsspx &#8211; Extrait de la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du District de France &#8211; 28 décembre 2011</strong></span></p>
<p><em><strong>Nous publions ci-dessous la lettre de voeux de M l&#8217;abbé de Cacqueray, supérieur du district de France de la FSSPX. </strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Nous approuvons totalement les affirmations qu&#8217;il tient sous les titres: &laquo;&nbsp;</strong><strong>L’existence de Satan&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;<strong>Le Diable à visage découvert&nbsp;&raquo;</strong></strong>, <strong>spécialement les affirmations de  son titre : &laquo;&nbsp;</strong><strong>Ce qu’est véritablement « la liberté d’expression&nbsp;&raquo;, &#8211; c&#8217;est ce que j&#8217;enseigne aux séminaristes de Courtalain &#8211; ainsi que ses considérations sous le titre &laquo;&nbsp;<strong>Restons catholiques !&nbsp;&raquo; et son appel in fine à la &laquo;&nbsp;dévotion mariale, au coeur immaculé de Marie&nbsp;&raquo;</strong></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>Mais nous sommes beaucoup plus réservé sur ce qu&#8217;il dit sous le titre : <strong>&laquo;&nbsp;Les hommes d’Eglise et le pape lui-même se sont fourvoyés&nbsp;&raquo;.  </strong></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong><strong>Et lorsqu&#8217;il dit qu&#8217;il faut avoir &laquo;&nbsp;<strong>bien conscience que jamais <span style="text-decoration: underline;">nous ne pourrons nous associer</span> à ceux qui démolissent l&#8217;Eglise&nbsp;&raquo;, (pape compris), il dit clairement sa pensée &#8230;Mais elle est équivoque. Que veut dire le mot &laquo;&nbsp;associer&nbsp;&raquo;?  C</strong></strong></strong><strong><strong>hercher et trouver &laquo;&nbsp;une normalisation canonique&nbsp;&raquo; dans l&#8217;Eglise pour la FSSPX n&#8217;est  nullement vouloir &laquo;&nbsp;s&#8217;associer&nbsp;&raquo; avec l&#8217;ennemi. C&#8217;est seulement,  comme le dit M Jean Madiran, vouloir règler  le problème propre de la FSSPX dans l&#8217;Eglise. Il est vrai que la FSSPX n&#8217;est pas le poblème de l&#8217;Eglise, mais la FSSPX a son propre problème: celui de sa normalisation canonique dans l&#8217;Eglise. Ce qui préoccupa Mgr Lefebvre tout au long de sa vie dans la FSSPX. Lors de la première visite canonique à Ecône, en 1974,  par les prélats Onclin et  Deschamp, Mgr Lefebvre me disait dans le couloir du séminaire, &laquo;&nbsp;j&#8217;aurais préféré mourir que de me trouver en opposition avec Rome&nbsp;&raquo;.  Ce problème n&#8217;est vraiment pas le problème de M l&#8217;abbé de Cacqueray. Ou plutôt, il le règle par la négative. C&#8217;est clair. </strong></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong><strong>Par contre, je pense qu&#8217;il devient peu à peu &laquo;&nbsp;le problème&nbsp;&raquo; de Mgr Fellay. Il serait bien temps&#8230;Je prie pour cela! Mais qu&#8217;il ne compte pas, pour le règler, sur le  soutien de M l&#8217;abbé de Cacqueray. Il aura, en sa personne, plutôt un &laquo;&nbsp;opposant&nbsp;&raquo;&#8230;Il le laisse entendre clairement dans sa lettre de voeux&#8230;Attention!  Les oppositions ne sont pas éloignées&#8230;Ce serait un drame! Mais la sagesse laisse entendre qu&#8217;un problème vrai qui dure sans être raisonnablement règlé, est nécessairement l&#8217;occasion tôt ou tard, de frictions. A Dieu ne plaise!</strong></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">Chers Amis et Bienfaiteurs,</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">C’est parce que la foi catholique nous l’enseigne que nous croyons à l’existence de Satan, de ses légions de démons et de leur activité incessante pour nous faire tomber dans le péché et nous précipiter en enfer.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous n’avons jamais vu le diable mais nous n’avons pas besoin de le voir pour croire qu’il existe. Il nous suffit de savoir que Dieu ne nous ment pas.</p>
<p style="text-align: justify;">Or Dieu a révélé l’existence du diable et de son action maléfique sur la terre. Voilà pourquoi nous y croyons et pourquoi nous voudrions rappeler cette vérité ainsi que la progression de l’emprise de Satan sur le monde moderne.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, en face de lui, inexpugnable, se trouve l’Immaculée Conception et c’est en son cœur que nous vous proposerons de prendre sérieusement l’engagement de vivre. Contre les morsures de l’ennemi du genre humain, ceux qui ont fixé leur demeure dans le Cœur de Marie n’ont rien à redouter.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’existence de Satan</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous savons bien que le rappel de cette terrible réalité de l’enfer et des phalanges diaboliques ne fait plaisir à personne. C’est sans doute l’un des motifs pour lesquels les clercs de cette époque, en mal de popularité, l’ont presque entièrement rayé de leurs prédications. Cependant, une telle omission est d’une immense gravité. C’est le salut éternel lui-même des hommes, oublieux de l’existence de ce cruel adversaire, qui risque de s’en trouver compromis. De plus, le monde moderne devient chaque jour plus incompréhensible si l’on ignore cette prégnance du diable. C’est pourquoi les prêtres se doivent de prêcher ces vérités afin que les catholiques prennent garde d’oublier l’opiniâtreté de celui qui « rôde autour d’eux comme un lion rugissant cherchant qui dévorer ».</p>
<p style="text-align: justify;">Chacun doit, de fait, se souvenir que, comme Baudelaire l’a si justement écrit, « La plus grande ruse du démon, c’est de nous persuader qu’il n’existe pas. » Si, en effet, le démon se montrait comme il est en réalité, sa simple vue provoquerait chez les hommes un tel sentiment de saisissement et de rejet qu’ils passeraient sans doute le restant de leur existence à tout faire pour ne pas tomber entre ses fourches. Voilà pourquoi le démon se cache. Habituellement, il porte un masque. En ce monde d’ici-bas, dont il est le prince, il distille le venin de la révolte dans le cœur de l’homme sous le couvert de l’exaltation de sa liberté. Il attise l’orgueil des peuples et les pousse à s’affranchir des lois divines qu’il stigmatise comme étant d’injustes oppressions. Il laisse accroire aux hommes que leur bonheur culminera à l’instant où ils se seront libérés de toutes les lois, celles de l’ordre surnaturel comme celles de l’ordre naturel.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur la terre, cet esprit répandu par le démon se nomme l’esprit du monde. Il s’oppose d’une manière irréductible à l’esprit de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Aucun terrain de conciliation n’est envisageable entre eux deux. Notre-Seigneur en a plusieurs fois exprimé l’impossibilité et Il a également prévenu ses disciples qu’ils ne seraient pas mieux traités que Lui : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous…S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. » Jean XV, 18 et 20. En français, la curieuse anagramme qui permet de passer du mot de « démon » à celui de « monde » est fort expressive de cette connivence qui existe entre l’esprit du démon et celui du monde comme de cette domination, dissimulée en même temps que très puissante, de Satan sur le monde.</p>
<p style="text-align: justify;">Cependant, le démon, bien que nous ne puissions le voir, tombe parfois son masque, ou, selon l’expression commune, montre le bout de sa queue, comme s’il était poussé à se dévoiler dans certaines circonstances.</p>
<p style="text-align: justify;">On pense aux vexations terribles que certains saints, Job, dans l’Ancien Testament, Benoîte Rancurel, la voyante du Laus, le saint Curé d’Ars et bien d’autres encore, durent supporter de la part du démon. Rappelons-nous que Notre-Seigneur, au désert, fut Lui-même, à trois reprises, tenté par le diable. Lorsqu’il se trouve en face de ces saints qui lui sont des adversaires redoutables, il cesse de se dissimuler. Les moyens ordinaires par lesquels il obtient la chute des autres hommes ne suffisent plus avec eux. Il utilise alors des procédés plus redoutables. Il est également possible que sa fureur redoublée l’amène à vouloir se venger ouvertement de ces personnes très pures, qui lui ravissent tant d’âmes qu’il espérait emporter avec lui en enfer, et contre lesquelles il demeure impuissant.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais on constate, a contrario, qu’il trahit aussi sa présence lorsqu’il pense se trouver en terrain conquis. Lorsque quelques personnes se livrent à lui et qu’il les possède, il signifie parfois sa victoire du moment par des signes préternaturels. Depuis les exemples qui nous ont été laissés par l’Evangile et tout au long des siècles jusqu’à aujourd’hui, nous connaissons de célèbres récits de ces batailles que l’Eglise dut mener, à la suite du divin Maître, grâce au pouvoir d’exorcisme que le Christ lui a laissé, pour obtenir la délivrance de certaines personnes possédées. Ce sont de très sévères combats dont le but est littéralement d’arracher des âmes à l’esclavage diabolique.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le Diable à visage découvert</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, il semble que le démon se manifeste d’une manière toujours plus ostensible, au cœur de nos sociétés, comme s’il les possédait tout entières. Il ne se cache plus, comme s’il en était justement le maître, comme si les états lui appartenaient, comme si la terre n’était plus qu’un immense parvis de l’enfer. Les signes de l’adulation et de l’adoration que lui portent les hommes se multiplient, de toutes sortes et de toutes parts.</p>
<p style="text-align: justify;">Les enfants, comme les adultes, lisent les romans d’Harry Potter qui les plongent, le plus naturellement du monde, dans l’univers des démons. Lorsqu’ils écoutent les musiques d’aujourd’hui, innombrables sont les chants qui exaltent, comme un nouvel idéal, qu’on se livre à Satan. Aux petits enfants, on propose, pour la fête d’Halloween, qui a remplacé celle de la Toussaint, de se grimer et de se déguiser en démons. Si les grandes personnes refusent de donner des bonbons aux enfants qui viennent sonner aux portes pour leur en demander, gare à elles ! Les enfants disposent alors de « sorts » qu’ils peuvent leur jeter dessus. Aux plus grands, il est proposé depuis plusieurs années, à Clisson, un « festival de l’enfer » qui porte bien son nom. Tous les vices, toutes les débauches y règnent et ils sont accompagnés par des pratiques de magie et par un culte luciférien. Que l’on s’étonne ensuite de voir comment se banalise la profanation des tombes et des cimetières chrétiens où reposent nos pères ! Nous pourrions multiplier les exemples de cette entrée massive et visible du satanisme dans notre malheureux pays. La France, fille aînée de l’Eglise, n’a pas été fidèle aux promesses de son baptême. C’est au diable qu’elle semble aujourd’hui être livrée.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est dans cette ambiance qu’une « œuvre d’art » a été exposée dans un musée d’Avignon et que deux « pièces de théâtre » se sont succédé pour être jouées dans différentes villes de France. L’œuvre d’art consistait dans la photographie d’un crucifix immergé par un artiste dans le flacon de son urine. Puis, dans la première pièce de théâtre, la sainte Face de Notre Seigneur était présentée sur scène pour y être violemment bombardée de grenades factices expédiées par des enfants de dix ans, spécialement requis pour procéder à ce « caillassage » en règle. Le visage de Notre Seigneur se convulse et se révulse sur lui-même avant d’être ensuite entièrement recouvert d’une matière fécale tandis que les odeurs correspondantes se répandent dans la salle. Enfin, une dernière pièce de théâtre, encore plus ouvertement satanique, entreprend une véritable apologie de la chute morale et du péché et multiplie les incantations démoniaques et les incitations à suivre l’exemple des anges déchus.</p>
<p style="text-align: justify;">Or cette œuvre d’art et ces pièces de théâtre se trouvent officiellement subventionnées par le ministère de la culture, donc par l’argent public. On peut certes se demander si ceux qui décident les subventions de tels spectacles savent réellement quel est leur contenu. Nous pensons, en réalité, qu’ils le connaissaient parfaitement et dès le début. Mais, si l’on tient à leur accorder le bénéfice du doute, il est certain qu’ils en ont été largement informés par la suite. Ils l’ont appris et par l’ampleur de la protestation des catholiques français et par la très forte médiatisation qu’a suscitée cette réaction. Or, au nom de « la liberté d’expression », aucune mesure n’a été prise pour la suppression de ces abominables spectacles. C’est le satanisme qui se trouve subventionné par l’état.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce qu’est véritablement « la liberté d’expression »</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Etant donné que cet argument de la « liberté d’expression » est le leitmotiv toujours invoqué pour justifier l’injustifiable, il est nécessaire de traiter maintenant de cette référence constamment brandie. C’est en effet cette « liberté d’expression » qui se trouve toujours excipée pour tout laisser faire quand la religion catholique est insultée. Elle est l’une des armes les plus terribles utilisées par le monde moderne. Elle érige en fondement, au motif de la liberté de l’homme, le droit pour chacun d’émettre n’importe quelle opinion sans qu’il soit possible de le lui interdire.</p>
<p style="text-align: justify;">Que l’on ne se console pas en se disant que les insultes peuvent être dirigées impunément contre n’importe qui et que le catholicisme ne serait donc pas le seul visé et l’unique victime de ce principe d’une liberté insensée. Cette conclusion, qui semblerait logique, est contredite par les faits. Il existe de très nombreux domaines où la moindre remarque suffit déjà à constituer un grave délit qui sera sévèrement puni par les autorités politiques. Pourquoi cela ? Parce que « la liberté d’expression » s’avère soumise, si l’on creuse un tant soit peu, à des pouvoirs occultes qui sont les véritables décideurs de ses limites.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces derniers se servent d’elle pour atteindre une fin qui n’est rien d’autre que la destruction de l’Eglise. C’est ce qu’avait bien compris saint Pie X : « Ils veulent supprimer jusqu’à la notion même de christianisme, et sous prétexte de se soustraire à l’autorité dogmatique et morale de l’Eglise, ils en réclament une autre, aussi absolue qu’illégitime, à savoir la suprématie de l’Etat, arbitre de la religion, oracle suprême de la doctrine et du droit. » ( allocution du 18 novembre 1909). Mais, de toute façon, quand bien même il existerait une stricte égalité de traitement entre le catholicisme et les autres religions, il n’en demeurerait pas moins qu’il s’agirait d’une grave injustice à l’égard de la seule religion vraie qui se trouverait reléguée sur le même pied que tous les faux cultes.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de comprendre, et cette fois-ci au niveau le plus profond, quelle est la malice profonde de cette liberté d’expression. Elle s’origine dans une conception extrêmement perverse de la liberté. Au lieu de considérer cet admirable apanage de l’homme comme l’aptitude qui lui est donnée de toujours choisir ce qui est bien, la liberté est seulement définie comme un pouvoir que l’homme a de faire ce qu’il veut. On ne regarde plus si les moyens qu’il veut mettre en œuvre sont bons et encore moins si la fin qu’il recherche est juste. Tout le regard philosophique que l’on porte sur l’agir humain se réduit à déclarer que ce qui est voulu par l’homme est bon et légitime, du moment qu’il le veut et qu’il n’empiète pas sur le domaine de la liberté de ses voisins. C’est donc au nom du respect de sa dignité d’homme qu’il faut le laisser s’adonner à tous les instincts et à tous les caprices de son moi divinisé.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette dernière explication ayant été donnée, il n’est désormais plus difficile de montrer pourquoi le monde moderne s’effondre si rapidement et en arrive à se livrer complètement au diable. Si chacun se persuade qu’il peut s’abandonner librement à toutes ses passions, qu’il peut disposer de son corps comme il l’entend et qu’il n’a finalement de compte à rendre à personne, ne pensons pas que ce soit le règne de l’homme qui se trouve ainsi inauguré !</p>
<p style="text-align: justify;">Si l’homme, sous le couvert fallacieux de la liberté, s’enfonce toujours davantage dans le cercle vicieux de ces habitudes de péchés, il ne tarde pas à faire l’expérience amère et souvent fatale que cette apparence de liberté le conduit au plus affreux des esclavages. Il se retrouve asservi à ses passions débridées, devenu presque impuissant à se dégager de cet esclavage qu’il a pourtant volontairement choisi. Son égoïsme qu’il n’a cessé de flatter l’a amené ou à se séparer des autres ou à ce que les autres s’éloignent de lui. Il se retrouve désillusionné des créatures mais victime de son enfermement sur lui-même dont il ne sait plus comment sortir. C’est alors que les idées suicidaires se présentent souvent à lui, soufflées par le diable, qui dès lors n’attend plus que ce dernier péché pour s’emparer de sa proie.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais, aujourd’hui, puisque cette conception pervertie de la liberté est instillée dans les consciences dès le plus jeune âge, c’est l’immense majorité des hommes de nos générations qui se trouvent poussés à vivre dans le débridement le plus complet d’eux-mêmes, sans plus aucune référence. Ce sont des peuples entiers qui ne connaissent plus rien que cet esprit. Les lois votées défilent les unes après les autres pour prendre toujours davantage le contre-pied de la loi naturelle, jusque contre ses fondements les plus inébranlables.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien cela que l’on nomme le règne du diable. Il est l’inspirateur de nos sociétés qui ont renié Jésus-Christ et qui se sont détournées d’un maître pour aller à un autre. Le vice se trouve codifié dans la loi en place de la vertu. L’art, éternel miroir des sociétés, cultive la laideur. Les sciences sont uniquement préoccupées d’une recréation artificielle d’un monde façonné par l’homme moderne. La vraie philosophie, comme recherche de la sagesse, est déconsidérée et méprisée. Jésus-Christ est haï. S’Il redescendait sur la terre, les hommes n’attendraient certes pas trente-trois ans pour le crucifier de nouveau. Satan triomphe.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les hommes d’Eglise et le pape lui-même se sont fourvoyés</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Malheureusement, depuis le Concile, les hommes d’Eglise, et jusqu’aux derniers papes eux-mêmes, ont recherché le pacte impossible, cette conciliation entre l’esprit de l’Evangile et celui du monde. L’Eglise s’en trouve incroyablement dévastée. L’esprit du monde a désormais pénétré jusque dans les sanctuaires et les âmes chrétiennes ont été dispersées et égarées par la faute de leurs pasteurs. <strong>La répétition du dernier scandale d’Assise, où ont été de nouveau réunies toutes les religions, suffit à nous montrer à quel point perdure le mal. C’est, hélas, le vicaire du Christ lui-même, Benoît XVI, qui a invité à fêter le jubilé d’argent de la première réunion d’Assise, provoquant un nouveau scandale incalculable et flattant le relativisme ainsi que l’indifférentisme religieux.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le Bon Dieu permet cette épreuve longue et terrible pour un bien encore plus grand que nous ne connaissons pas. Ce dont nous sommes certains, c’est que l’Eglise, même si elle peut se trouver affaiblie à l’extrême, ne périra jamais et que nous ne devons pas douter de sa permanence jusqu’à la fin du monde. <strong>Cependant, il nous faut aujourd’hui nous opposer à tous ceux qui s’acharnent à son auto démolition et avoir bien conscience que jamais nous ne pourrons nous associer à ceux qui la démolissent de l’extérieur comme de l’intérieur.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Restons catholiques !</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Quant à nous, catholiques, si nous ne devons pas nous leurrer sur le véritable état des sociétés dans lesquelles nous vivons, nous ne devons pas nous laisser aller pour autant au découragement. Jamais le Bon Dieu n’abandonnera ses enfants. Il est possible qu’Il nous demande encore beaucoup plus dans les années, ou même dans les mois à venir. Nous ne le savons pas. Mais, ce dont nous sommes certains, c’est que la grâce ne nous manquera jamais. Toujours, jusqu’à notre dernier instant, Il sera là pour nous combler de ses grâces et de son amour toujours si consolant. Nous devons donc demeurer dans une inaltérable sérénité, même si nous avions à connaître de véritables persécutions, car nous ne sommes pas seuls. L’année du sixième centenaire de la naissance de sainte Jeanne d’Arc vient à point pour nous rappeler que le Saint-Esprit ne nous abandonne jamais et qu’Il est bien présent pour nous éclairer et nous protéger dans les dangers.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous exprimons toute notre joie d’avoir vu les catholiques français et ceux qui sont venus les seconder de l’étranger, et tout spécialement <strong>notre</strong> jeunesse, réagir si courageusement au cours de ces derniers mois contre les spectacles blasphématoires. L’expression : « Le Bon Dieu tire un bien du mal » s’en est trouvée magnifiquement illustrée. Le mal de ces blasphèmes est immense mais la profondeur et la vigueur de la réaction catholique ont peut-être permis un réveil de la Foi, des témoignages de l’amour de Notre Seigneur, des réparations faites à son honneur outragé et des ascensions spirituelles dans l’intime des âmes qui font que le bien qui s’est produit en réaction a été encore plus grand.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vivons dans notre maison qui est le Cœur de Marie</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Nous voudrions vous recommander, pour terminer, de vous tourner généreusement vers la dévotion au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie. Il est certain que cette dévotion est celle qui nous a été spécialement recommandée pour les temps troublés dans lesquels nous nous trouvons.</p>
<p style="text-align: justify;">Ne la considérons pas de loin et sans nous sentir concernés car nous risquerions de passer à côté d’un trésor sans prix pour le restant de notre existence. Notre Dame nous propose bien réellement de venir habiter dans son cœur pour que ce cœur nous serve de maison, de rempart, de léproserie, de lieu de notre réfection, de « refuge et de chemin ». Il s’agit de s’habituer à vivre dans la présence constante de la très sainte Vierge Marie, de s’habituer à d’abord peser nos pensées, nos paroles, nos attitudes, nos actions en elle et avec elle pour les évaluer dans leur conformité avec ses désirs, pour les choisir dans la volonté de lui faire toujours plaisir.</p>
<p style="text-align: justify;">Si la vie des hommes, dans un monde révolté contre Dieu, est parfois bien éprouvante, puissent-ils vivre dans le cœur de leur Mère pour qu’elle leur apporte une douceur, une vaillance et un réconfort que l’on souhaite à tous.</p>
<p style="text-align: justify;">Je vous présente tous mes vœux de bonheur et de sanctification pour cette nouvelle année. Retrouvons-nous tous les jours dans notre grande croisade du Rosaire demandée par notre Supérieur Général.</p>
<p style="text-align: justify;">Abbé Régis de Cacqueray, Supérieur du District de France<br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>Extrait de la LAB n° 79 du 28 décembre 2011</strong></span></p>


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		<title>Le mauvais diagnostic pastoral</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Dec 2011 10:29:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/5196/un-programme-doctrinal-et-pastoral/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Un programme doctrinal et pastoral'>Un programme doctrinal et pastoral</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/4379/4379/' rel='bookmark' title='Permanent Link: C&#8217;est beaucoup nous demander&#8230;'>C&#8217;est beaucoup nous demander&#8230;</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/2775/le-festival-de-cannes-2/' rel='bookmark' title='Permanent Link: le festival de Cannes (2): La grâce de Tibhirine'>le festival de Cannes (2): La grâce de Tibhirine</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em><span style="color: #000000;"><strong>Voilà un bon papier de l&#8217;abbé de Tanoüarn, frappé au coin du bon sens et d&#8217;une juste analyse de la réalité humaine.</strong></span></em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Le mauvais diagnostic pastoral</strong></span></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/12/Abbé-de-Tanoüarn.bmp"><img class="alignleft size-full wp-image-5458" title="Abbé de Tanoüarn" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/12/Abbé-de-Tanoüarn.bmp" alt="" /></a>par l&#8217;abbé Guillaume de Tanoüarn</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;optimisme merveilleux des années Soixante, on riait encore, avec Emmanuel Mounier, de ce qu&#8217;il avait diagnostiqué dès 1949, juste avant de mourir, comme &laquo;&nbsp;la petite peur du XXème siècle&nbsp;&raquo; : il s&#8217;agissait &laquo;&nbsp;juste&nbsp;&raquo; d&#8217;Hiroshima et d&#8217;Auschwitz : excusez du peu : petite peur ?&#8230; En réalité, 50 ans après, ces deux événements monstrueux font encore peur.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais c&#8217;est dans cette atmosphère de dérision pour le passé &#8211; même proche &#8211; et d&#8217;admiration optimiste pour le présent, pour l&#8217;immédiat, que Vatican II a été rédigé. C&#8217;est dans cette atmosphère que la Vieille dame de presque deux mille ans a été rapidement auscultée par des experts souvent autoproclamés, c&#8217;est dans cet esprit que le diagnostic pastoral a été posé. Cet esprit&#8230; c&#8217;est l&#8217;esprit du Concile que stigmatise Benoît XVI dans son célèbre discours du 22 décembre 2005 aux Membres de la Curie.</p>
<p style="text-align: justify;">Le diagnostic ? On le trouve surtout dans Gaudium et spes. A ce moment nous sommes à la fin du Concile et les langues se délient. Mais dès la première Constitution Sacrosanctum concilium, qui valorisait, à plusieurs reprises ne l&#8217;oublions pas, la notion d&#8217;&nbsp;&raquo;expérience liturgique&nbsp;&raquo;, on peut dire que &laquo;&nbsp;l&#8217;esprit&nbsp;&raquo; était là. Cet esprit ? Tout vaut mieux que l&#8217;ancien. L&#8217;époque a toujours raison.</p>
<p style="text-align: justify;">Voici ce que cela donne dans Gaudium et spes : &nbsp;&raquo; Tirées des trésors de la doctrine de l&#8217;Eglise, les propositions que le saint Concile vient de formuler ont pour but d&#8217;aider les hommes de notre temps, qu&#8217;ils croient en Dieu ou qu&#8217;ils n&#8217;y croient pas explicitement, à percevoir avec une grande clarté la plénitude de leur vocation, à rendre le monde plus conforme à l&#8217;éminente dignité de l&#8217;homme, à rechercher une fraternité universelle, appuyée sur les fondements plus profonds, et, sous l&#8217;impulsion de l&#8217;amour (amoris et non caritatis dans le texte latin) à répondre généreusement aux appels les plus pressants de notre époque&nbsp;&raquo; (n°91, §1 In extenso, sous l&#8217;intertitre &laquo;&nbsp;Conclusion&nbsp;&raquo; ; j&#8217;aurais aussi bien pu citer une bonne partie de l&#8217;introduction, sur &laquo;&nbsp;les transformations religieuses&nbsp;&raquo; de l&#8217;époque qui est &laquo;&nbsp;un âge nouveau&nbsp;&raquo;). On s&#8217;étonne de l&#8217;Après-concile ? Mais c&#8217;est une application rigoureuse de ce&nbsp;&raquo;programme&nbsp;&raquo; !</p>
<p style="text-align: justify;">Ce ralliement pur et simple &laquo;&nbsp;aux appels les plus pressants de notre époque&nbsp;&raquo; nous a fait oublier qu&#8217;à tous les moments de l&#8217;histoire, les chrétiens, par leur radicalisme et leur fidélité, sont le poil à gratter de leurs contemporains et non les zelanti de toutes les obsessions de leur temps. Comme nous le rappelle Benoît XVI à Malte, la culture chrétienne est d&#8217;abord &laquo;&nbsp;une contre-culture&nbsp;&raquo;. Le Monothéisme hébreu jouait d&#8217;ailleurs déjà ce rôle critique au coeur du Croissant fertile, face aux sacrifices humains sur les Hauts lieux et aux prostituées sacrées qui hantaient les Temples de Baal.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà la première partie du mauvais diagnostic : le ralliement à l&#8217;esprit d&#8217;un temps (qui n&#8217;est d&#8217;ailleurs plus le nôtre, qui en est même déjà très loin).</p>
<p style="text-align: justify;">La deuxième partie du mauvais diagnostic tient à l&#8217;idée que s&#8217;il est vrai que &laquo;&nbsp;tout est pour l&#8217;homme&nbsp;&raquo;, comme l&#8217;avaient expliqué Maritain et les &laquo;&nbsp;personnalistes&nbsp;&raquo;, alors on doit pouvoir dire que &laquo;&nbsp;tout est dans l&#8217;homme&nbsp;&raquo; et que le salut est la conscience de cette autosuffisance. &laquo;&nbsp;En proclamant la très noble vocation de l&#8217;homme et en affirmant qu&#8217;un germe divin est déposé en lui, ce saint Concile offre au genre humain (?) la collaboration sincère de l&#8217;Eglise pour l&#8217;instauration d&#8217;une fraternité universelle qui réponde à cette vocation&nbsp;&raquo;. On retrouve l&#8217;idée de fraternité universelle, que le futur Benoît XVI critiquera vivement (pour lui donner sa valeur véritablement chrétienne) dans une de ses première études, rééditée au Cerf.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais l&#8217;originalité de ce passage est double : d&#8217;abord cette fraternité universelle est &laquo;&nbsp;une réponse&nbsp;&raquo; à &laquo;&nbsp;la très noble vocation de l&#8217;homme&nbsp;&raquo; qui réalise &laquo;&nbsp;sa dignité&nbsp;&raquo;. La mondialisation (dans sa version mondialisation heureuse) doit donc combler donc le coeur de l&#8217;homme si je comprends bien le raisonnement conciliaire&#8230; Relisez le texte : c&#8217;est frappat.</p>
<p style="text-align: justify;">Ensuite, deuxième point, cette fraternité universelle est rendue possible, non pas par une foi commune ou un appel commun de Dieu, mais par &laquo;&nbsp;un germe divin déposé dans l&#8217;homme&nbsp;&raquo;. Il suffit d&#8217;en prendre conscience, de ce germe et déjà tous les hommes pourront s&#8217;unir dans le bonheur. C&#8217;est une magnifique théorie de la laïcité comme religion minimale de toute l&#8217;humanité heureuse. Ah ! Si Ferdinand Buisson avait connu ce lyrisme, je suis sûr qu&#8217;il serait revenu de ses préventions viscéralement anticléricales, parce que, au fond, ce prix Nobel de la Paix 1927, son discours n&#8217;a jamais été très différent. Seulement voilà : il était mort bien avant la IIème Guerre mondiale. Dès qu&#8217;il est paru, ce discours conciliaire sentait la naphtaline.</p>
<p style="text-align: justify;">Je ne parle pas même pas d&#8217;aujourd&#8217;hui où la mondialisation, après avoir été le prétexte à l&#8217;américanisation du monde, est devenue simplement le cache sexe d&#8217;une élite libérale supra-nationale, toujours prête à produire moins cher pour vendre plus cher.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais trêve de politique ! Certes les divagaions du Gros animal disait déjà Platon nous permettent de lire &laquo;&nbsp;en grosses lettres&nbsp;&raquo; ce qui se passe dans l&#8217;homme. Mais on ne peut pas faire l&#8217;économie d&#8217;une anthropologie.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous faut donc préciser, d&#8217;un point de vue plus métaphysique, ce que recouvre ce semen divinum, ce germe divin qu&#8217;évoque le texte de Vatican II. Il y a, me semble-t-il, une référence implicite à saint Justin et à ce que ce Docteur apostolique appelait les &laquo;&nbsp;semences du Verbes&nbsp;&raquo;, présentes dans la philosophie antique. Mais il me semble qu&#8217;en parlant de semen divinum, on passe subrepticement de l&#8217;idée apologétique traditionnelle d&#8217;une praeparatio evangelica (une préparation à l&#8217;évangile dans les cultures évangélisées postérieurement) à l&#8217;idée métaphysique nouvelle de l&#8217;immanence de Dieu dans l&#8217;homme. la fraternité universelle que l&#8217;on peut construire à partir de cela dit seulement l&#8217;efficacité réelle de ce semen divinum, qui, en quelque sorte, pousse tout seul dans l&#8217;histoire et éclôt en fraternité (quelle bonheur !), mais alors sans qu&#8217;il soit nécessaire de passer par la case &laquo;&nbsp;foi catholique&nbsp;&raquo; par exemple !</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est autour de ce &laquo;&nbsp;semen&nbsp;&raquo; naturel de Dieu en nous que l&#8217;on découvre l&#8217;idée d&#8217;un désir naturel de Dieu, lequel suppose, pour être vraiment naturel quelque chose comme &laquo;&nbsp;la divinité de l&#8217;âme humaine&nbsp;&raquo; (la formule n&#8217;est pas de moi, mais d&#8217;un spécialiste éclairé du Père de Lubac).</p>
<p style="text-align: justify;">Le seul problème avec ce désir naturel de Dieu &#8211; comme je le soulignais dans le post précédent &#8211; c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;existe pas [ou alors, dirait Alain Contat -cf. le débat qui a suivi le post précédent - existe comme l'actuation inconsciente et transcendante à nos natures individuées]. Résultat ? Les cathos écarquillent les yeux pour voir autour d&#8217;eux ou en eux quelque chose&#8230; qui n&#8217;existe pas [ou qui est inconscient-transcendant, ce qui...]. Et l&#8217;empirie élémentaire leur semble contre leur foi (alors que cette empirie va seulement contre une théologie particulière qui ne mérite pas de survivre au XXème siècle).</p>
<p style="text-align: justify;">Que font ces cathos face au démenti posé par le réel ? Que font les charismatiques après la fête, quand ils n&#8217;ont plus envie de la faire ? Que font les prêtres, lorsque, pendant les derniers baptêmes qu&#8217;ils réussissent à négocier avec leurs paroissiens, au lieu de constater ce désir naturel de voir Dieu, présent dans l&#8217;assistance, ils sont obligé de constater que tout le monde parle et se fiche royalement de ce qu&#8217;ils essaient de faire ?</p>
<p style="text-align: justify;">Les uns et les autres peuvent finir par se lasser d&#8217;en appeler avec constance à la nature divine de l&#8217;âme humaine&#8230; C&#8217;est pour eux que j&#8217;écris ce post, pour tel d&#8217;entre eux, afin qu&#8217;au lieu d&#8217;envoyer promener avec la fièvre naturelle de Dieu, la foi surnaturelle, il puisse se dire : refaisons le diagnostic. Renouvelons une anthropologie chrétienne respectueuse de la fragilité animale qui ne nous quitte jamais, ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas. Adressons nous aux hommes, non pas en les félicitant de &laquo;&nbsp;l&#8217;ivresse démocratique&nbsp;&raquo; (Alain Minc) qui les a saisis et du germe divin qui est en eux, mais en sachant attendre, avec eux, la fin de la cuite et les lucidité salutaire de la gueule de bois qui ne manquent pas de s&#8217;ensuivre.</p>
<p style="text-align: justify;">Historiquement, comme le démontra naguère Tomas Molnar, c&#8217;est la pensée allemande qui a repris, avec une sorte de constance, les pensées de l&#8217;immanence de Dieu. Au Concile, c&#8217;est Karl Rahner, justement, avec son concept d&#8217;autocommunication de Dieu, qui rend la révélation historique quasiment facultative ( le&nbsp;&raquo;dernier Rahner&nbsp;&raquo; finit son &laquo;&nbsp;service du Verbe&nbsp;&raquo; au voisinage de l&#8217;agnosticisme). Pourquoi faut-il qu&#8217;une vulgarisation théologique néoconciliaire reprenne ces thèmes si étrangers à la foi de l&#8217;Ancien comme du Nouveau Testament ?</p>
<p style="text-align: justify;">La superstition grecque du Dieu immanent à la nature a-t-elle quelque chose à voir avec ce que le cher Claude Tresmontant appelait &laquo;&nbsp;la sainte Bibliothèque hébraïque&nbsp;&raquo; ? Quelque chose à voir avec le grec si lumineux des Evangiles ? Pastoralement, en tout cas &#8211; expérience faite : Crécy, Poitiers et bientôt Azincourt &#8211; cette superstition grecque ne marche pas. C&#8217;est vrai aujourd&#8217;hui comme c&#8217;était vrai au temps du Discours paulinien sur l&#8217;Aréopage : normal. Cette idée selon laquelle &laquo;&nbsp;nous sommes de la race des dieux&nbsp;&raquo; est un héritage subrepticement introduit dans cette parole en action qu&#8217;est notre évangile. Dans l&#8217;Evangile, nous apprenons que nous sommes des pécheurs. Tous. Que, seuls, nous sommes incapables de faire le bien. &laquo;&nbsp;Sans moi, dit Jésus, vous ne pouvez rien faire&nbsp;&raquo; : sommes-nous encore capables de prendre cette phrase au pied de la lettre ? Si non, quelle est notre foi ?</p>
<p style="text-align: justify;">La dialectique de l&#8217;image et de la ressemblance de Dieu que nous propose le Premier chapitre de la Genèse se comprend au regard de ces catastrophes que sont les péchés des hommes. En revanche, l&#8217;analytique de l&#8217;autocommunication de Dieu et du germe divin dans l&#8217;homme oublie simplement ce &laquo;&nbsp;détail&nbsp;&raquo; de l&#8217;histoire : le péché.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette dernière remarque nous emmènerait trop loin.</p>


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		<title>Désir de Dieu, désir de l&#8217;homme</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Dec 2011 11:45:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Des sujets sur lesquels il faut réflechir: Désir de Dieu, désir de l&#8217;homme par l&#8217;abbé Guillaume de Tanoüarn Mgr Fisichella, ancien recteur magnifique de l&#8217;université du Latran actuellement président du Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation, répond à Eric Martin, notre confrère de Nouvelles de France, à propos des chances de la Nouvelle évangélisation : [...]

<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/3771/benoit-xvi-annonce-la-tenue-d%e2%80%99un-synode-sur-la-nouvelle-evangelisation-en-2012/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Benoît XVI annonce la tenue d’un synode sur la nouvelle évangélisation en 2012'>Benoît XVI annonce la tenue d’un synode sur la nouvelle évangélisation en 2012</a></li>
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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em><strong><span style="color: #000000;">Des sujets sur lesquels il faut réflechir: </span></strong></em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Désir de Dieu, désir de l&#8217;homme</strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/12/Abbé-de-Tanoüarn1.bmp"><img class="alignleft size-full wp-image-5466" title="Abbé de Tanoüarn" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/12/Abbé-de-Tanoüarn1.bmp" alt="" /></a>par l&#8217;abbé Guillaume de Tanoüarn</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Mgr Fisichella, ancien recteur magnifique de l&#8217;université du Latran actuellement président du Conseil pontifical pour la Nouvelle évangélisation, répond à Eric Martin, notre confrère de Nouvelles de France, à propos des chances de la Nouvelle évangélisation : &laquo;&nbsp;En Occident, il y a une situation paradoxale : d’un côté on veut que Dieu soit mis de côté, on ne veut pas que les croyants aient une présence sociale mais d’un autre côté, le désir de l’homme est de connaître Dieu. Vous savez, Dieu est présent au plus profond de chaque personne. On ne peut pas éteindre le désir de Dieu et c’est pour cela que la situation est paradoxale&nbsp;&raquo;. L&#8217;année 2012 va être déclarée Année de la nouvelle évangélisation&#8230; Nous sommes donc dans le mouvement en réfléchissant à cette question délicate : comment évangéliser l&#8217;Europe aujourd&#8217;hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">A l&#8217;intérieur de cette grande interrogation, il importe de réfléchir sur la manière dont les hommes désirent Dieu. Y a-t-il encore un désir de Dieu ? Cette question dans la question est vraiment fondamentale : on ne donne pas à boire à un âne qui n&#8217;a pas soif. Si l&#8217;homme occidental s&#8217;éloigne de la religion et s&#8217;éloigne de la foi, c&#8217;est qu&#8217;il y a des raisons qu&#8217;il importe d&#8217;élucider, à la fois à travers une expérience pastorale et à travers une anthropologie qui sonne juste. Je vous disais récemment pourquoi je ne crois pas en l&#8217;homme&#8230; Je pense que, trop souvent, dans certaines approches cléricales, marquées par l&#8217;optimisme des années 70 (Ah les 30 glorieuses !), on considère que le désir de Dieu est un fait universel, universellement ressenti et qu&#8217;en faire une question relève de l&#8217;outrecuidance. C&#8217;est déjà presque un doute sur la validité du Concile.</p>
<p style="text-align: justify;">Eh bien ! Doutons, alors, doutons !</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui m&#8217;a toujours frappé, dans mon ministère sacerdotal, ce sont les échecs. Je me revois, par exemple, auprès d&#8217;une personne qui sait qu&#8217;elle va mourir. Bon contact. On parle d&#8217;elle, de sa famille, de son métier&#8230; &#8211; Voulez-vous vous confesser ? &#8211; Non ! Je parle de cet échec-là&#8230; Dans la même situation, je pourrais aussi dire des revirements, des conversions profondes, parce qu&#8217;il y en a aussi, et quelles ! Je suis parfois ébloui par les âmes qui, aux portes de la mort, sont dans la vérité pure&#8230; Elles m&#8217;intimident et font mon admiration, lorsqu&#8217;elles se tournent vers Dieu. Je me souviens d&#8217;un cadre, encore jeune, qui, après s&#8217;être confessé, m&#8217;avait demandé de lui trouver une image qui l&#8217;avait toujours frappé et poursuivi : la résurrection du Christ, avec simplement Marie Madeleine qui scrute le tombeau vide. Il est mort, cette image devant les yeux.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais c&#8217;est des échecs que je veux parler. Pas la peine de sonner la trompette de la nouvelle évangélisation, si l&#8217;on n&#8217;a pas réfléchi sur les échecs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi les chevaliers français pendant la guerre de 100 ans. Ils se prennent Crécy et Poitiers dans les gencives (à Poitiers, 1356, le roi Jean II le bon est fait prisonnier). Il faut la sagesse et la curiosité universelle de Charles V pour remarquer que l&#8217;on devait faire la guerre autrement. Il fait connétable de France un chef de bandes breton Bertrand du Guesclin, qui avait compris que les Anglais étaient vainqueurs de la guerre chevaleresque par la guérilla des archers et des égorgeurs avec leur couteau de boucher&#8230; Du Guesclin s&#8217;est bien gardé de toutes batailles rangées. Il a reconquis la France à son roi en opposant la ruse à la guérilla et la guérilla à la ruse. Et puis en 1415, la chevalerie française n&#8217;avait rien compris, rien appris, rien oublié. Et le scénario catastrophe de Crécy s&#8217;est reproduit 80 ans après, à Azincourt, parce que sans réfléchir, les braves français s&#8217;étaient retrouvés face aux pieux aiguisé des Anglais, à leurs flèches et à leurs couteaux de bouchers, non pris en défaut dans leur courage, mais dans leur stratégie.</p>
<p style="text-align: justify;">Vatican II, pastoralement, c&#8217;est Crécy et Poitiers pour l&#8217;Eglise. Les chiffres de la pratique en France, collationnés par un Jean de Viguerie, suffisent à le montrer. Le grand lâcher-prise religieux se situe au début des années 70, face aux applications aventurées du Concile. Cette pastorale n&#8217;est pas bien sûr la seule cause de la déchristianisation. Mais le moins que l&#8217;on puisse dire, c&#8217;est que la stratégie conciliaire n&#8217;a rien changé à la Bérézina ecclésiale. Il ne faudrait pas que la nouvelle évangélisation ressemble à Azincourt : le même courage, le même élan juste et pieux des Ducs et chevaliers et l&#8217;horrible échec à l&#8217;arrivée, parce que l&#8217;on n&#8217;a pas assez réfléchi sur les causes du premier échec.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est urgent de réfléchir sur Vatican II. Avec beaucoup d&#8217;amour. Non pas dans un esprit de critique systématique ou d&#8217;autojustification tout aussi systématique de part et d&#8217;autre, mais parce qu&#8217;à Vatican II, l&#8217;Eglise a voulu affronter la modernité idéologique, et au dernier moment, au lieu d&#8217;affronter&#8230; elle a&#8230; vénéré, elle a cultivé, elle a voulu servir. Comme le déclarait Paul VI dans le justement célèbre Discours de clôture, le 8 décembre 1965 : &laquo;&nbsp;Au Concile, le culte du Dieu qui s&#8217;est fait homme est allé à la rencontre du culte de l&#8217;homme qui se fait Dieu. Qu&#8217;est-il arrivé ? Un affrontement ? Une incompréhension ? Non : un immense mouvement de sympathie a débordé du Concile sur le monde&nbsp;&raquo;. Notez que lorsqu&#8217;il parle du &laquo;&nbsp;monde&nbsp;&raquo;, dans ce texte, c&#8217;est l&#8217;idéologie mondaine que Paul VI a en vue, c&#8217;est &laquo;&nbsp;le culte de l&#8217;homme qui se fait Dieu&nbsp;&raquo; comme il le dit lui-même.</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Un immense mouvement de sympathie&nbsp;&raquo; ? Quel optimisme ! Et combien il sera cruellement démenti par les faits.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est vrai que plus personne aujourd&#8217;hui, à l&#8217;heure de la christianophobie, n&#8217;oserait faire montre de l&#8217;optimisme de Paul VI à l&#8217;issue du Concile. Mais la théologie fondamentale qui a fait Vatican II reste en vigueur, et c&#8217;est cela que nous montre l&#8217;entretien de Mgr Fisichella.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;idée principale de cet entretien et de ce que j&#8217;appellerais ici la théologie fondamentale néo-con (non : pas néo-conservateur, néo-conciliaire), c&#8217;est qu&#8217;il existe en tout homme un désir de Dieu et que ce désir, présent consciemment ou inconsciemment, ne demande pour s&#8217;exprimer que deux choses : que l&#8217;Eglise sorte de ses bastions et qu&#8217;elle se rende aimable. On peut dire que cette idée est au coeur de la réflexion de ce professeur d&#8217;apologétique surdoué et multiintervenant qu&#8217;était le Père Henri de Lubac, fait cardinal par Jean Paul II en 1994.</p>
<p style="text-align: justify;">Quiconque a fait un peu d&#8217;évangélisation de rue sait que ce double postulat (sur lequel repose Gaudium et spes, je peux le prouver) est totalement théorique. Non, il ne suffit pas de montrer l&#8217;Eglise en gloire, ayant fait repentance, pour attirer les foules. C&#8217;est un fait que le glorieux pontificat ecclésial de Jean Paul II suffirait à prouver si l&#8217;on en faisait un bilan optimiste : des millions et des dizaines de millions de personnes dans le monde ont vu le pape. Le plus grand rassemblement de l&#8217;histoire de l&#8217;humanité a eu lieu à Manille aux Philippines, à l&#8217;occasion des JMJ. Mais le déclin de l&#8217;Eglise continue. Et personnellement ce constat me suffit pour remettre en cause cette doxa théologique du désir naturel de voir Dieu : contra factum non fit argumentum.</p>
<p style="text-align: justify;">Le déclin de l&#8217;Eglise n&#8217;est donc pas lié à une Institution insuffisamment populaire, à des manifestations trop étroites, trop fermées&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">Il me semble que l&#8217;on peut lui donner deux raisons : la destruction de l&#8217;homo religiosus en Occident et l&#8217;Occidentalisation morale et mentale du monde non islamiste premièrement. Le mauvais diagnostic pastoral deuxièmement.</p>
<p style="text-align: justify;">On ne peut pas faire grand chose contre le premier constat. Mais on peut s&#8217;appliquer à soi-même ce jugement. L&#8217;homo religiosus est mort. Le sacré dans nos société n&#8217;est plus religieux mais purement médiatique et c&#8217;est quand un pape devient médiatique (Jean Paul II mais aussi Benoît XVI à sa manière) qu&#8217;il redevient sacré. Comme le montrait Chantal Delsol dans un article récent, le sacré a changé de lieu. le sacré n&#8217;est plus lié au religieux et au transcendant. Il est médiatique, pour la plus grande gloire des footballeurs et des apprentis dictateurs. L&#8217;homme a tout à perdre à cet oubli de Dieu, comme le montre Benoît XVI de son côté.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous faut simplement nous souvenir de cette migration du sacré pour notre propre vie intérieure et faire notre examen de conscience sur notre capacité à pratiquer la vertu de religion.</p>
<p style="text-align: justify;">Le mauvais diagnostic pastoral, j&#8217;y reviendrai. il me semble que c&#8217;est une réflexion sur le désir de Dieu et sur le désir de l&#8217;homme qu&#8217;il nous faut engager. De façon à ne pas être dupes des désirs qui nous agitent. Ah les vitrines de Noël ! L&#8217;argent nécessaire aux cadeaux ! L&#8217;argent indispensable pour les cadeaux que nous voulons nous faire à nous-mêmes. EN VÉRITÉ, peu importe tous ces désirs qui n&#8217;ont pour but qu&#8217;eux-mêmes et qui nous empêchent de voir et d&#8217;aimer les autres, qui nous empêchent de désirer Dieu&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il y a un moment où le désir de Dieu peut nous étreindre pour peu que nous y mettions toute l&#8217;attention dont nous sommes capables, c&#8217;est ce moment de Noël, ce sont les chants de Noël qui souvent nous transportent dans leur simplicité, parce que dans la musique il y a la méditation devant la crèche, la crèche invisible que nous gardons sans cesse devant les yeux.</p>


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		<title>La découverte fondamentale de Reynald Secher</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Oct 2011 09:18:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Sur le site saint Michel de Rolleboise, on peut lire l&#8217;excellente présentation du nouveau livre de Reynal Secher La découverte fondamentale de Reynald Secher Le génocide vendéen a été voulu, organisé, piloté par la Révolution Voilà un livre qui devrait faire du bruit. Un livre qui montre et démontre que le massacre de 117 000 [...]

<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/1454/decouverte-d%e2%80%99un-reseau-clandestin-de-pie-xii-pour-aider-les-juifs-a-fuir/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Découverte d’un réseau clandestin de Pie XII pour aider les juifs à fuir'>Découverte d’un réseau clandestin de Pie XII pour aider les juifs à fuir</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/3115/un-communique-du-president-de-linstitut-du-pays-libre-bernard-antony/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Un communiqué du président de l&#8217;Institut du Pays Libre: Bernard Antony.'>Un communiqué du président de l&#8217;Institut du Pays Libre: Bernard Antony.</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/3180/le-charnier-des-vendeens-au-mans/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Le charnier des Vendéens au Mans'>Le charnier des Vendéens au Mans</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em><span style="color: #000000;"><strong>Sur le site saint Michel de Rolleboise, on peut lire l&#8217;excellente présentation du nouveau livre de Reynal Secher</strong></span></em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>La découverte fondamentale de Reynald Secher</strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>Le génocide vendéen a été voulu, organisé, piloté par la Révolution</strong></span></p>
<p><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/10/Reynald-Secher.bmp"><img class="alignleft size-full wp-image-5254" title="Reynald Secher" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/10/Reynald-Secher.bmp" alt="" /></a>Voilà un livre qui devrait faire du bruit. Un livre qui montre et démontre que le massacre de 117 000 Vendéens – hommes, femmes, enfants, vieillards – à partir de l’automne 1793, dans des conditions d’indicible horreur, n’est pas la conséquence d’un excès de zèle, de la folie sanguinaire de quelques-uns ou d’une sorte de « légitime défense » de la Révolution et de la République naissante. Non : ce crime, matrice de tous les génocides contemporains, a été pensé avant d’être perpétré, préparé avec minutie et réalisé sous le regard vigilant du Comité de Salut public. Celui-ci a donné des ordres précis ; il a pu suivre leur mise en œuvre grâce aux fréquentes remontées d’informations du terrain. Tout a été voulu ; tout a été décidé sans états d’âme. Les signatures de Robespierre, de Carnot, de Barère, de Billaud-Varenne et bien d’autres en attestent : ce fut une œuvre collective, conjointe, concertée.</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Signatures ? Mais oui. C’est une consultation fortuite aux Archives nationales qui a mis l’historien Reynald Secher sur le chemin de cette découverte majeure, qui accuse à tout jamais non plus des hommes mais un système qui prétendait instituer la liberté, l’égalité et la fraternité pour fabriquer un « homme nouveau ». Il a trouvé des petits bouts de papiers conservés avec zèle, mais sans grand ordre et sans explications, certains portant des signatures du Comité de Salut public, d’autres datés depuis l’Eure, la Mayenne, le Morbihan… Un mot y revient souvent. « Exterminez. » « Exterminez les brigands. » Exterminer la « race impure » des Vendéens qui menacent la République – affamés, malades, fuyant les Colonnes infernales, massés dans le plus grand « camp de concentration » de la Révolution – Nantes –, en déroute à Savenay, cherchant refuge au Mans.</p>
<p style="text-align: justify;">Depuis le Morbihan, la commission administrative acquiesce, ni plus, ni moins : « Il faut que la France soit république, ou qu’elle soit un vaste cimetière. »</p>
<p style="text-align: justify;">La découverte va bouleverser Reynald Secher. Patiemment, il photographie chacun de ces petits papiers, autant de preuves irréfutables de la volonté génocidaire, froide, calculatrice et légale qui a conduit à des massacres atroces et des destructions systématiques. Au sud de la Loire, soucieux d’exécuter les ordres de stopper toute velléité de poursuite du soulèvement vendéen, le général Turreau est à l’œuvre et rend compte. C’est la Vendée qui est visée, toute la Vendée, au risque de tuer des « Bleus » – peu importe. Il n’y a plus de « bon » Vendéen, fût-il révolutionnaire. Lorsque plus tard, accusé d’avoir été au-delà de ce qui lui était ordonné, Turreau se défend en se défaussant sur les ordres de Paris et de ceux qui gouvernent, il ne se livre pas seulement à un exercice d’autojustification : il dit vrai. En affirmant que le Comité de Salut public lui a ordonné de tuer tous les Vendéens et de procéder à la destruction de la Vendée, il parle le langage même des « petits papiers » qui ont mis en place la mécanique du génocide. Cela est désormais certain.</p>
<p style="text-align: justify;">Au nord de la Loire, les choses sont prises en main depuis Paris. Il faut empêcher la « contagion » – peur qui en dit long sur la manière dont les révolutionnaires se perçoivent, et perçoivent la manière dont le bonheur qu’ils promettent est redouté et combattu par les braves gens.</p>
<p style="text-align: justify;">Au Comité de Salut public, pour régler l’affaire du Mans, on a poussé le cynisme jusqu’à retenir les forces révolutionnaires pour qu’elles aient le temps de se rassembler, de se masser, de frapper un grand coup, un seul mais définitif. De jour en jour les billets se suivent et se ressemblent : le Comité suit les opérations depuis Paris, organise le ravitaillement, accueille avec la plus grande satisfaction les rapports victorieux de ceux qui se vantent d’avoir massacré femmes et enfants, cette « vermine » coupable.</p>
<p style="text-align: justify;">La récente découverte de charniers de Vendéens au Mans atteste de la violence de cette phase de l’extermination et de son caractère aveugle puisqu’elle frappe femmes, enfants, vieillards… C’était prévu.</p>
<p style="text-align: justify;">La lecture de ces billets, entre emphase et froideur administrative, soulève le cœur. J’ai vu toutes ces photos. Un lourd classeur qui, page à page, déroule un panorama de haine et d’absence totale d’humanité en vue d’organiser le massacre de Français par d’autres Français. Mais il fallait aller au-delà de ces sentiments de dégoût et de révolte. C’est que qu’a fait Reynald Secher en répertoriant, en classant, en retranscrivant ces « petits bouts de papier » jusqu’ici inédits pour changer à jamais le regard sur le génocide vendéen, que nul, désormais, ne saurait nier sans s’en avouer d’une façon ou d’une autre complice.</p>
<p style="text-align: justify;">Il en a tiré une œuvre véritablement universitaire qui relève autant de la réflexion et de l’analyse que du puzzle reconstitué – car tout cela s’inscrit dans l’histoire connue et la confirme, à commencer par le décret-loi de la Convention du 1er octobre 1793 ordonnant « l’extermination des brigands de la Vendée ».</p>
<p style="text-align: justify;">Les choses sont claires : il ne s’agissait pas seulement d’une figure de style pour viser ceux qui s’étaient armés contre la conscription et contre la République, mais d’une réalité sanglante dont les plaies n’ont jamais pu se refermer…</p>
<p style="text-align: justify;">Rien que pour cela, il faut lire le livre de Reynald Secher.</p>
<p style="text-align: justify;">Il dégage en effet – et cela avait été son premier objectif avant qu’il ne s’enrichisse des découvertes décrites plus haut – une notion souvent inséparable des génocides contemporains, le mémoricide. A savoir, quand les génocidés sont aussi des vaincus, l’éradication de leur mémoire : elle devient invisible parce que les bourreaux n’en veulent pas, nient toute culpabilité voire justifient leur action. Comme les historiens robespierristes qui tiennent le haut du pavé, et qui mentent effrontément, depuis Jules Michelet ; comme tous ces politiques qui n’envisagent pas de laisser dire la vérité parce qu’elle met directement en cause ce qu’ils représentent, ce à quoi ils s’accrochent.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est pourquoi, en annonçant que ce livre allait faire du bruit, j’ai peut-être parlé un peu vite. L’occultation fait partie de ce mémoricide, elle est efficace, elle est omniprésente. Elle l’était dès l’origine puisque le geste chrétien et héroïque de Bonchamps blessé à mort qui demanda « grâce pour les prisonniers », grâce pour les milliers de Bleus, fut immédiatement tabou du côté des républicains. Les prisonniers n’étaient pas peu coupables de s’être laissé libérer par les Blancs !</p>
<p style="text-align: justify;">Le mémoricide va plus loin, comme on l’a vu aussi en Arménie, et dans bien des pays communistes. Il brouille les pistes, met bourreaux et victimes sur le même plan – et rend même ces dernières « coupables » des atrocités qu’elles ont subies. Tout est de leur faute, ils n’avaient qu’à ne pas être là ! Une deuxième postface signée Hélène Piralian analyse cette deuxième mise à mort en profondeur.</p>
<p style="text-align: justify;">Et l’important cahier iconographique en apporte la preuve ; des places Carnot, il y en a jusqu’en Vendée ; les rues Robespierre foisonnent, il y a un lycée à son nom à Arras (opportunément sis « avenue des Fusillés » !), il y a des lycées Carnot dans plusieurs villes de France. Les bourreaux ne sont pas honnis, ils sont honorés, donnés en exemple. Westermann qui, triomphant, eut le privilège de faire ainsi son rapport à Paris, a lui aussi ses rues et ses hommages républicains :</p>
<p style="text-align: justify;">« Il n’y a plus de Vendée, Citoyens républicains, elle est morte sous notre sabre libre avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m’avez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les pieds des chevaux, massacré les femmes qui, au moins, pour celles-là, n’enfanteront plus de brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé. Un chef des brigands, nommé Désigny, a été tué par un maréchal des logis. Mes hussards ont tous à la queue de leurs chevaux des lambeaux d’étendards brigands. Les routes sont semées de cadavres. Il y en a tant que sur plusieurs endroits ils font pyramide. On fusille sans cesse à Savenay car à chaque instant il arrive des brigands qui prétendent se rendre prisonniers. »</p>
<p style="text-align: justify;">Suivant les ordres que vous m’avez donnés… Là encore, il disait vrai.</p>
<p style="text-align: justify;">Que signifie tout cela pour la France d’aujourd’hui ? Eh bien, un devoir de vérité, un devoir de reconnaissance, un devoir de justice envers une population qui a été génocidée par des hommes dont aujourd’hui nos hommes politiques se réclament ; plus de celui-ci ou de celui-là, peut-être, mais toujours de théoriciens de l’anéantissement qui ont inventé et donné les plans pour tous les massacres idéologiques des siècles suivants. Jusqu’à l’utilisation des gaz pour rationaliser la tuerie, jusqu’aux tanneries de peau humaine – à Angers, à Meaux – pour la rentabiliser.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos hommes politiques se réclament de leurs slogans et de leurs principes, ils voient dans cette République qui s’est construite sur des « pyramides de cadavres » le ferment d’unité qui forge l’identité française aujourd’hui. Pourront-ils encore le faire sans récuser explicitement les abominations qu’on a commises en son nom ? Pourront-ils continuer d’ignorer l’avertissement de Soljenitsyne en Vendée – longuement citée – qui lumineusement, faisait le lien entre l’incohérence de la trilogie « liberté, égalité, fraternité » et les mots qui la chargeaient d’emblée de tous les dangers : « ou la mort… » Et qui montrait combien tous les génocides ont pris modèle sur ce qui se passa en Vendée.</p>
<p style="text-align: justify;">La question n’est plus de savoir si l’on parlera de ce livre. Il faut en faire parler.</p>
<p style="text-align: justify;">• Reynald Secher : Vendée, du génocide au mémoricide, édition Le Cerf, 448 pages. A commander auprès de www.reynald-secher-editions.com.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>La préface de Gilles-William Goldnadel</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Elle est explosive. Elle analyse, accuse, tire toutes les leçons du livre de Reynald Secher. Il faut la lire attentivement, elle rompt avec un certain silence, un certain discours. Le président de France-Israël n’hésite pas à écrire :</p>
<p style="text-align: justify;">« Si Hitler a été jugé et condamné, si les lieutenants de Pol Pot sont en cours de jugement sur les lieux mêmes de leur crime, Robespierre, Talaat Pacha, Lénine, Staline, Mao, etc., sont vierges de tout jugement et bénéficient d’une certaine indulgence, voire d’une sympathie, dans nos milieux intellectuels et politiques : Robespierre, entre autres, sur l’Arc de Triomphe à travers des noms comme ceux de Turreau, le commandant en chef des colonnes infernales en charge de l’anéantissement de la Vendée militaire et de l’extermination des Vendéens ; Talaat Pacha sur la colline de la Liberté à Istanbul où se trouve son mausolée, Lénine sur la place Rouge à Moscou, Staline dans le métro moscovite, Mao dont le portrait trône toujours sur le fronton de la porte de la Paix céleste sur la grande place de Tienanmen, etc. Que dirions-nous si au centre de Dachau on avait dénommé une rue Himmler ? Cette seule pensée est insoutenable. Alors comment a-t-on pu donner des noms de rues à Lazare Carnot, y compris en pleine Vendée qu’il a exterminée, des noms de lycée à Robespierre, etc. Depuis toujours, l’histoire républicaine est bonne fille envers les excès d’une révolution à considérer comme un bloc, selon la formule consacrée par Clemenceau. »</p>
<p style="text-align: justify;">Et plus loin il ose conclure :</p>
<p style="text-align: justify;">« A l’heure actuelle, de fait, nous sommes devenus complices de ces bourreaux, (…) nous avons fait nôtre le génocide des Vendéens. (…) Comment pouvons-nous prétendre nous donner en exemple ? »</p>
<p style="text-align: justify;">JEANNE SMITS</p>
<p style="text-align: justify;">Article extrait du n° 7450</p>
<p style="text-align: justify;">du Samedi 8 octobre 2011</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #cc0000;">« Éradiquer du sol de la République cette race impure »</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Reynald Secher parle à “Présent” des implications de sa découverte</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>— Reynald Secher, le livre que vous proposez au public était déjà presque achevé lorsque vous avez fait une découverte que j’oserai qualifier de providentielle. Comment cela s’est-il passé ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— La découverte est fortuite. Je devais rendre mon manuscrit à Stéphane Courtois, mon directeur de collection, le vendredi 4 mars 2011. Arrivé la veille à Paris, je décide d’aller consulter, par pur plaisir, quelques dossiers aux Archives nationales où je n’étais plus allé depuis 1990. Au hasard, je commande 8 dossiers relatifs au Comité de salut public qui contiennent un bric-à-brac de documents de toutes sortes que je consulte avec un ami, Ronan Trucas, à la sauvette. A midi, j’en commande un dernier, le dernier, AFII/268. Après déjeuner, j’attends, en vain, et pour cause : la lampe qui devrait s’allumer à ma place pour m’indiquer que le carton est arrivé est grillée. Au moment de la fermeture, comme je suis interrogatif, la responsable de salle, gentiment m’explique la raison tout en s’excusant. Qu’importe après tout, il est trop tard. Elle me demande si je veux qu’elle conserve le carton pour le lendemain. J’ai un rendez-vous à 10 h 30 et n’ai pas le temps de revenir. Je quitte la salle, réfléchis, me ravise, reviens et le réserve pour 9 heures : j’aurai ainsi une petite heure pour le consulter. A 9 h 30, je suis là, prends le carton et l’ouvre. Rien ne retient spécialement mon attention. Pourtant une petite feuille m’intrigue en raison de son écriture illisible. J’aime ce genre de difficulté. Je déchiffre les mots les uns après les autres. Les phrases se succèdent, prennent corps, forme et sens. Je suis abasourdi. La lettre émane du Comité et c’est un original signé : elle commande l’extermination de la Vendée. J’en avais remarqué un certain nombre éparpillé dans le dossier. Je les lis les uns après les autres et découvre l’impensable. La veille, en feuilletant les 8 dossiers, j’en avais vu de similaires. Je demande à la fille de salle de me les redonner pour le lundi, ce qu’elle accepte. Pendant trois jours, Ronan Trucas et moi-même avons photographié ces dossiers. De retour chez moi, j’ai mis plus d’un mois à les déchiffrer, puis à les classer et là j’ai découvert que c’était le dossier original relatif à l’extermination et à l’anéantissement de la Vendée.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>— Ces archives explosives dormaient dans des cartons aux Archives nationales, soigneusement classées par des employés zélés il y a deux cents ans peut-être. Comment expliquez-vous que ces documents n’aient pas été découverts plus tôt ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Je crois que l’explication est très simple : ils étaient invisibles et illisibles. Cette invisibilité est due à 2 causes : l’insignifiance des documents et leur éparpillement. Comment pouvions-nous imaginer que les membres du Comité de salut public rédigeaient personnellement leurs procès-verbaux et leurs ordres sur des petits bouts de papier ? Reste une deuxième question : comment se fait-il qu’ils aient été conservés ? Je crois que la réponse est simple. A la chute de Robespierre, les auteurs du coup d’Etat ont dû jeter tous ces documents qui se trouvaient au Pavillon de Flore dans des malles, lesquelles ont été déposées dans un recoin. Ce n’est que sous le Premier Empire qu’ils ont été classés par des fonctionnaires qui les ont collés dans des classeurs les uns après les autres sans aucun ordre. Ce n’est que grâce à la photographie qu’on a pu reconstituer cet ensemble de manière cohérente et lui redonner sa juste dimension.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>— Quel est l’apport nouveau de ces documents ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Il faut distinguer deux parties : le génocide proprement dit, et le mémoricide. Au niveau du génocide, je vous rappelle que jusqu’à ma thèse soutenue en 1985 à Paris IV Sorbonne, personne n’avait réfléchi sur la nature exacte de la répression en Vendée et tout le monde s’accordait à ne voir dans cette affaire qu’une simple guerre civile. En partant de l’étude d’un petit village, La Chapelle-Basse-Mer, je constate qu’il perd durant ces événements 800 habitants sur 3 200 et 362 maisons sur 1 000. Tout naturellement j’essaie de comprendre la raison profonde qui anime l’armée à l’origine de cette horreur et découvre qu’elle a agi conformément à la loi qui est très explicite. Contrairement à ce qu’affirmaient certains, il ne s’agissait pas d’un dérapage mais bien de l’exécution d’un ordre, de surcroît légal. A l’époque de ces événements, certains, comme Babeuf, avaient déclaré que c’était le Comité de salut public qui était à l’origine de cet acte impensable. Deux cents plus tard, il était délicat de l’affirmer faute de preuve. Avec la découverte de ces documents, nous avons la preuve absolue puisque non seulement ces papiers émanent du Salut public mais ils sont signés par les membres dont Robespierre, Carnot, Barère. Qui plus est, ce génocide est conçu dès le 27 juillet 1793, c’est-à-dire le jour même de l’arrivée de Robespierre au Comité. Au-delà, nous nous apercevons que ce génocide ne dure pas 5 mois mais un an et qu’il est total car il s’agit, pour reprendre la terminologie de l’époque « d’éradiquer du sol de la République cette race impure ». Je pourrais multiplier les acquis. J’en retiens un : le refus de l’armée d’Ancien régime de mettre en œuvre ce crime ce qui soulève un énorme problème, car il faut l’épurer, ce qui va mettre un temps considérable. Les véritables héros ne sont donc pas les vainqueurs, qui en fait sont des bourreaux, mais ces hommes qui préfèrent mourir plutôt que de tuer leurs compatriotes.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>— Et pour ce qui est du « mémoricide » ? C’est vous qui avez conceptualisé cette notion et votre œuvre en a été la cible. De quoi s’agit-il précisément ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— J’ai toujours été surpris par le traitement médiatique et universitaire fait à ma thèse, de même que par celui réservé aux Vendéens qui sont devenus au fil du temps des bourreaux, et leurs tortionnaires des victimes. C’est un incroyable scandale. Nous retrouvons cette même situation en Turquie par rapport aux Arméniens. Il faut essayer de comprendre cette situation. En étudiant la Convention de Nuremberg, je m’aperçois que son domaine d’application exclut la mémoire, ce qui est très choquant car elle ne retient que la conception et la réalisation du crime. En fait, l’acte de mémoricide s’inscrit dans l’acte de génocide et ce qui est vrai pour la Vendée l’est pour tout génocide. J’ai donné une définition précise de ce mot qui correspond au quatrième crime de génocide. Il consiste à concevoir, réaliser, être complice tant dans la conception que la réalisation partielle ou totale d’une volonté ou d’un acte dont la finalité est de nier, de relativiser, justifier, partiellement ou totalement dans le temps un acte premier de génocide.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>—Votre nouveau livre apporte la preuve documentaire, irréfutable, de la volonté génocidaire du Comité de salut public – c’est même le seul « génocide légal » de l’histoire contemporaine ou en tout cas le seul dont on ait retrouvé les traces, d’ordre en ordre, de préparatif en préparatif. Quelles sont les implications de cela ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— A ma connaissance c’est la première fois et seule fois qu’un peuple souverain vote, planifie et met en œuvre l’extermination d’une partie de la population qu’il représente et son anéantissement et, le comble, au nom des Droits de l’homme et du citoyen. C’est le summum de la barbarie s’il y a un summum en la matière. Je rappelle que même les députés de la Vendée militaire ont voté ces lois. Il en découle plusieurs conséquences et implications. J’en retiendrai deux. Pour l’historien que je suis, la connaissance de ces lois a facilité ma recherche. Pour la reconnaissance de ce génocide par le Parlement c’est une difficulté énorme puisqu’il considère qu’il est le fils de la Révolution.</p>
<p style="text-align: justify;"><em>—Vous évoquez bien sûr, avec Soljenitsyne, la filiation entre les grands génocides du XXe siècle et cette « matrice de tous les génocides » que fut la Vendée. Entre haine et utopie : on a voulu faire le bonheur des hommes malgré eux et contre eux. Ces actes froidement calculés ont-ils un lien nécessaire avec l’idéologie révolutionnaire qu’ils servent ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Je suis de ceux qui pensent qu’elle est liée à la nature de la Révolution française qui se veut une, indivisible et universelle avec comme finalité la création de l’homme nouveau. Tous les régimes qui se sont inscrits dans cette perspective, la Turquie de Kemal, la Russie de Lénine et de ses successeurs, l’Allemagne nationale-socialiste d’Hitler, la Chine communiste de Mao, le Cambodge de Pol Pot… ont généré les mêmes crimes avec les mêmes symptômes. Ce n’est pas par hasard si tous se sont référés à Robespierre et ont utilisé la même arme, c’est-à-dire la terreur, comme le note si justement Gilles William Goldnadel dans l’introduction : « Les systèmes de même nature ont généré les mêmes drames, se sont appuyés sur le même mot : Terreur au nom de la Raison, Terreur au nom de la Race, Terreur au nom de la Classe. Nous retrouvons en permanence les mêmes éléments de langage, énoncés pour la première par le Comité de salut public, incroyablement synthétisés en quelques mots. »</p>
<p style="text-align: justify;"><em>—Vous avez fait une œuvre universitaire, sans passion, sans commentaires qui dépasseraient le strict cadre du sujet que vous vous êtes fixé. Mais votre histoire personnelle s’inscrit dans celle d’une famille qui a payé un lourd tribut à la Révolution. D’aucuns vous reprocheront d’avoir voulu, en quelque sorte, régler des comptes. Ou d’avoir, par votre proximité avec ces horreurs, exagéré leur portée. Et de fait les massacres ne manquent pas dans l’histoire. Que leur répondriez-vous ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Je pense que le massacre de l’élite vendéenne a eu de très lourdes conséquences à tous les niveaux et notamment, comme je l’explique dans le livre, au niveau de la réflexion. D’ailleurs tout ceci était mûrement réfléchi comme l’expliquent à maintes reprises les bourreaux. Nous retrouvons ce même phénomène là où a sévi la terreur. Regardez ce qui s’est passé à l’est, en Asie, etc. Les mêmes causes entraînant les mêmes effets, ces populations dont les élites ont été décimées, livrées à elles-mêmes, ne peuvent plus gérer leur présent et leur avenir. Prenons le cas précis de la marine royale, première marine au monde en 1789. Elle ne s’est jamais remise du massacre de ses cadres ou de leur exil. Me reprocher d’être un enfant de victime serait un comble. Il faudrait alors agir de la même manière avec les descendants des génocidés arméniens, juifs, cambodgien… Vous imaginez le scandale !</p>
<p style="text-align: justify;">—<em> A la sortie de votre livre sur le génocide, vous avez eu les pires ennuis, comme vous l’avez raconté dans un livre paru chez Fol’Fer intitulé La désinformation autour des guerres de Vendée et du génocide des Vendéens. Avez-vous peur ?</em></p>
<p style="text-align: justify;">— Que voulez-vous que l’on me fasse maintenant ? On m’a viré de l’enseignement, déshonoré, conspué, dénoncé. Tout est possible, mais là n’est pas l’essentiel. Je pense qu’il est temps de réparer ce qui a été fait. Ce n’est pas seulement une question de justice mais aussi d’espérance. Reste le problème de la République française qui connaît maintenant la vérité. Si elle reste dans son attitude de non-reconnaissance, elle est désormais dans le déni. De ce fait, elle devient, en conscience, actrice de ce mémoricide et de ses conséquences multiples, entre autres psychiques et culturelles, sur ses descendants. Dès lors, à ce titre, elle se rend chaque jour coupable de complicité de crime contre l’humanité et de ce fait cautionne les négationnistes, entre autres ceux des génocides des Arméniens et des Juifs dont l&#8217;organisation a été la plus structurée et aboutie. Sont concernés notamment les politiques, les éducateurs au sens large, les hommes des média et tous ceux qui oeuvrent individuellement dans ce sens.</p>
<p style="text-align: justify;">Propos recueillis par Jeanne Smits.</p>


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		<title>Pour comprendre les massacres des coptes, le Djihad</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 13:33:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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<li><a href='http://www.revue-item.com/3915/il-faut-detruire-lislam-pour-sauver-les-musulmans/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Il faut détruire l&#8217;islam pour sauver les musulmans'>Il faut détruire l&#8217;islam pour sauver les musulmans</a></li>
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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<h4><span style="color: #cc0000;"><strong>Pour comprendre les massacres des coptes, hier dimanche 9 octobre 2011, en Egypte: le Djihad.</strong></span></h4>
<h4 style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/10/minaret.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5225" title="minaret" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/10/minaret-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a><em><span style="color: #000000;"><strong>Hier, dimanche 9 octobre 2011, je prenais le déjeuner dans une famille amie dont l&#8217;ainé des garçons est en deuxième année de l&#8217;école polytechinique. Il fréquente une jeune fille d&#8217;origine algérienne et de religion musulmane. A l&#8217;école polytchenique, en plus des mathematiques, il a choisi, comme formation générale, l&#8217;histoire des religions. Aussi la conversation a-t-elle porté très vite sur l&#8217;Islam. J&#8217;ai pu constater qu&#8217;il connaissait peu de choses. je lui ai parlé du &laquo;&nbsp;djihad&nbsp;&raquo;. Il n&#8217;en mesurait pas l&#8217;importance. Je lui ai dit que je lui enverrai une petite étude que j&#8217;avais faite sur ce sujet et que j&#8217;avais publiée en 2006 sur mon site Item. En quittant la famille et en écoutant les informations en voiture, j&#8217;apprennais  le massacres des coptes en Egypte&#8230;Tout cela m&#8217;a encouragé à relire cet article et, comme promis, à l&#8217;adresser à mon jeune polytechicien. J&#8217;ai pensé que cette étude pouvait aussi vous intéresser et vous permettre de comprendre cette violence contre la  religion copte et contre les fidèls coptes&#8230;avant qu&#8217;elle s&#8217;installe, très prochainement, en France. </strong></span></em></h4>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em><span style="color: #000000;"><strong>Et pendant ce temps, l&#8217;Eglise dialogue avec l&#8217;Islam&#8230;et lui fait de beaux discours académiques&#8230;qu&#8217;il faut admirer parce qu&#8217;ils sont prononcés par un bon professeur&#8230;Et pendant ce temps, quelques membres du clergé polémiquent sur Assise III&#8230;En d&#8217;autres temps, saint Pie V encourageait les princes à prendre les armes et les fidèles à prendre en mains le Saint  Rosaire&#8230;C&#8217;est ainsi, et pas autrement,  qu&#8217;il gagna la victoire de Lépante et sauva l&#8217;Europe. </strong></span></em></p>
<h1> </h1>
<h1><span style="color: #cc0000;"><strong>Le djihad</strong></span></h1>
<p style="text-align: justify;">On parle beaucoup du djihad !</p>
<p style="text-align: justify;">Mais qu’est-ce donc exactement que ce djihad ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quelle est son origine, sa nature propre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Quels desseins poursuit-il ?</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont là les questions que se pose M Jean Alcader, dans son livre « le vrai visage de l’islam » &#8211; qu’il faut lire aujourd’hui plus que jamais, demain il sera trop tard et qu’il exposera au Centre saint Paul, lors de deux soirées qui seront passionnantes, les vendredi 27 et samedi 28 octobre à 20 heures.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous en ferons l’étude en ce « Regard sur le monde ».</p>
<p style="text-align: justify;">M Jean Alcader aborde ce sujet particulièrement important dans son chapitre intitulé « analyse logique, le djihad ». C’est le septième sujet de son livre.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #cc0000;">Le djihad, son fondement : la chahada</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le djihad a pour origine et pour base la chahada.</p>
<p style="text-align: justify;">La chahada, de la racine « ch-h-d » signifie « témoigner ». La chahada, tel notre « credo », résume en quelques mots la foi musulmane. Il ne comporte qu’une très courte phrase, composée de deux parties. La voici dans son intégralité :</p>
<p style="text-align: justify;">« Il n’y a pas d’autres dieux qu’Allah et Mahomet est son prophète ».</p>
<p style="text-align: justify;">La proclamation de la chahada est le signe de la « soumission » à Allah et elle représente à elle seule, le signe de l’appartenance à l’islam. Pour être musulman, il faut et il suffit, en effet, de la prononcer une seule fois devant deux témoins. Elle constitue donc le cœur de la foi d’un musulman qui doit la répéter cinq fois à chacune des cinq prières quotidiennes. Elle est par conséquent proclamée vingt-cinq fois par jours du haut des minarets.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi la chahada appelle-t-elle à dénoncer et à combattre ceux qui osent affirmer « qu’il y a d’autres dieux que Lui ».</p>
<p style="text-align: justify;">Or quels sont donc ceux qui osent, auraient oser affirmer, au début de l’islam qu’il y a « d’autres divinités qu’Allah », sinon les chrétiens ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le Coran lui-même répond « ce sont ceux qui « associent à Allah d’autres divinités « (S 4, 48 ; 5, 72-73…)</p>
<p style="text-align: justify;">Et ceux qui « associent » à Allah d’autres dieux, le Coram les appelle « associateurs », (« mouchrikoum » en arabe), c’est-à-dire ceux qui mettent sur le même plan qu’Allah d’autres divinités qui lui seraient comme associées.</p>
<p style="text-align: justify;">Or ceux qui « associent » et placent à côté de ce Dieu unique, Allah, d’autres dieux « qui lui seraient comme associés sont tout simplement les chrétiens…Il sont en effet appelés « associateurs » par le Coran puisque, selon lui, ils associent deux autres divinité à Allah : « Jésus et sa Mère ( !) : « Oui, ceux qui disent « Dieu est le Messie (le Christ) fils de Marie sont des impies, car le Messie a dit : « Adorez votre Seigneur »… « Allah condamne à la géhenne de feu ceux qui lui attribuent des « associés ». (S 5, 72-73)</p>
<p style="text-align: justify;">Alors on comprendra aussi que notre dogme de la sainte Trinité ne saurait échapper aux foudres d’Allah, ainsi que la divinité du Christ, ainsi que le mystère de l’Incarnation et de la Rédemption. L’islam a horreur des signes extérieurs qui le symbolise, comme la Croix.</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors, l’islam peut parfaitement être défini comme la « religion du non, tant il est l’expression de la négation unilatérale de la Révélation chrétienne »</p>
<p style="text-align: justify;">La chahada s’oppose donc à tous ceux qui affirment qu’Allah a des « associés ». Allah est donc considéré comme grandement offensé par ceux qui associent, et chaque musulman ressent, au plus profond de son âme, à chaque fois qu’il prononce la chahada, l’insulte qui est ainsi faite à son Dieu. Bien plus il reçoit comme sienne l’indignation de son Dieu et s’enflamme de zèle pour la défense de ses droits : « les droits d’Allah ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ce zèle dont le moteur est la haine envers l’infidèle et le devoir de les supprimer n’est donc malheureusement que violence pour venger Allah.</p>
<p style="text-align: justify;">On peut comprendre dès lors que « le chahada résonne comme un appel à « la guerre punitive », un « djihad » lancé vingt cinq fois par jour du haut des minarets et que le musulman accueille ainsi : « Non, il n’y a pas d’autres dieux qu’Allah » et qu’il reçoit comme un ordre directement enseigné par le Coran : « Combattons (faisons la guerre à) tous ceux qui disent qu’il y a d’autres dieux que lui (S 5 33..) Et tout musulman est bien conscient de ce cri qui pourrait s’interpréter comme suit :</p>
<p style="text-align: justify;">« Sus aux associateurs » Chaque fois donc que le musulman répète la chahada, il se met en « état de combat » pour la cause d’Allah, en « état de guerre sainte », en « état de djihad ».</p>
<p style="text-align: justify;">Vous concluez facilement : le djihad qui a son principe dans la chahada est un appel incessant au combat. Voilà sa nature et sa finalité.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Quelques versets du Coran qui le prouvent.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Plusieurs versets du Coran sont de nature à concrétiser cette assertion.</p>
<p style="text-align: justify;">En voici seulement quelques unes :</p>
<p style="text-align: justify;">« Le combat est prescrit au musulman » (S 2 116)</p>
<p style="text-align: justify;">« Ordre est donné au prophète, de la part d’Allah d’exhorter les musulmans au combat contre l’infidèle » (S 8 65)</p>
<p style="text-align: justify;">« Combattez les infidèles jusqu’à leur soumission et que l’islam seul règne » (S 2 193)</p>
<p style="text-align: justify;">« Combattez ceux qui s’opposent à vous jusqu’à l’élimination de toute subversion et jusqu’à ce que le culte soit rendu à Allah » (S 2 196)</p>
<p style="text-align: justify;">« L’islam doit prévaloir sur toutes les autres religions » (S 3 85…)</p>
<p style="text-align: justify;">Et si vous trouvez par aventure quelque timoré, vous avez des sourates capables de le sortir de toute léthargie : « Si vous refusez de marcher au combat, redoutez les vengeances divines : les supplices attendent tous ceux qui reculent » (S 48 16)</p>
<p style="text-align: justify;">Ou encore « quand les musulmans tuent les infidèles c’est Allah qui les tue en réalité » (S 8 17)</p>
<p style="text-align: justify;">A-t-on réellement conscience de la perversité et du danger d’un tel verset où toute culpabilité est nié de facto dans le meurtre d’un non musulman ? Et comment voulez vous à partir de là, si vous êtes musulmans, vous départir de la mission qui vous est confiée et où vous n’êtes finalement que l’expression concrète d’une puissance divine qui vous dirige infailliblement ?</p>
<p style="text-align: justify;">La chahada agit ainsi comme une machine coercitive « extrovertissante » en appelant au combat de tout ce qui n’est pas l’Islam. Elle conduit par conséquent à une forme d’idéologie à teinte guerrière et conquérante. La vie en Islam consiste fondamentalement en un esprit de combat. C’est le Djihad.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>L’islam et la vie « spirituelle »</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Mais, enfin, pourrait-on demander : l’Islam est tout de même une religion et toute religion est une recherche de Dieu et une adoration de Dieu. C’est la vie spirituelle</p>
<p style="text-align: justify;">Qu’en est-il dans l’Islam.</p>
<p style="text-align: justify;">M Jean Alcader a sur ce sujet deux très belles pages que je reprends i n extenso :</p>
<p style="text-align: justify;">« La tradition musulman formée d’un ensemble de rites issus du judeo-christianisme censés permettre au musulman de pratiquer sa religion et de se maintenir ainsi dans une sorte de vie spirituelle, disparaît cependant au profit de « l’idéologie de combat ». Car qui dit « vie spirituelle » dit « vie intérieure libre ». Or force est de constater que le « principe d’opposition » sur lequel est fondé l’islam entraîne ses fidèles, non à une vie intérieure et spirituelle mais au contraire à une vie extérieure.</p>
<p style="text-align: justify;">Si un musulman « spirituel » cherche une relation à Dieu à travers la prière quotidienne, il se verra ainsi malheureusement déchiré entre son devoir « extérieur » de musulman, celui du combat contre « l’infidèle », et sa conscience « intérieure » d’être humain qui le pousse à l’amour du prochain, premier commandement de Dieu inscrit dans le cœur de tout homme et transcrit dans la Bible. Si, en effet, la prière est encore pour le chrétien le temps de la rencontre et de l’adoration de Dieu, acte d’intériorisation par excellence, elle devient, au contraire, en contexte islamique ( le musulman étant appelé à sortir de lui-même pour combattre l’infidèle) acte d’extériorisation. Elle crée par conséquent chez ce dernier une dichotomie déstabilisante dont les conséquences funestes, morales, psychologiques ou spirituelles, ne sont plus à démontrer.</p>
<p style="text-align: justify;">Et puisque fondant son identité sur une opposition, c’est-à-dire le perpétuel espoir de victoire sur ses ennemis, l’islam est donc également l’expression d’une perpétuelle instabilité. Car un espoir n’existe pas en lui-même : il n’est que l’idéalisation d’une possible réalisation à venir. Il est donc, par lui-même, quelque chose d’instable ! Un musulman n’est jamais arrivé, il est toujours en espoir du futur. C’est pourquoi, il sera toujours insatisfait, toujours en espoir d’islamiser le monde, mais sans jamais vivre concrètement cette réalité.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne sera donc encore jamais satisfait ni comblé de la présence de Dieu en lui, présence qui ne peut se découvrir qu’au tréfonds de soi-même. Tout au contraire il la fuit, sans même sans rendre compte, ne cherchant de satisfaction que d’être rempli d’esprit de vengeance pour Allah et son « messager » (Mahomet) humiliés parce que rejetés par les « infidèles ». La mission fondamentale du musulman est donc de s’enflammer de haine pour venger Allah offensé par ceux qui refusent de croire au message mahométan.</p>
<p style="text-align: justify;">Plus qu’un obstacle, la chahada constitue par conséquent bien davantage une auto-destruction de la vie spirituelle. Et cette absence de véritable vie spirituelle conduit les âmes à un état permanent d’insatisfaction. Celles-ci deviennent ainsi facilement irascibles ou violentes, en manque qu’elles sont d’Amour et de Vérité que tout être humain recherche de par sa nature même d’être crée à l’image de Dieu. Il est d’ailleurs malheureusement aisé de constater l’irascibilité et les visages bien souvent durs et fermés de nos frères musulmans.</p>
<p style="text-align: justify;">Le processus fondamentalement extériorisant de la chahada ne permet donc pas l’accès à la véritable vie spirituelle, mais il l’empêche au contraire radicalement : la chahada, fonctionnant comme un leitmotiv stimulant, pousse en effet le musulman à s’extérioriser pour combattre l’adversaire et non à rentrer en lui-même pour y découvrir la présence de Dieu. Il est « soumis » à son Dieu pour cette cause. C’est là même son devoir et sa raison d’être un musulman, « un mouslim », « celui qui est soumis » à la volonté d’Allah. Il s’ensuit qu’il n’est pas d’abord un être spirituel mais bien plutôt un combattant sortant de lui-même pour soutenir la cause d’Allah ».</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà une belle explication.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’islam : un combat religieux</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Comprenons que la chahada est au cœur du djihad.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comprenons que l’islam n’est pas en lui-même une « spiritualité », mais d’abord et avant tout un « combat religieux » : le but et la raison d’être d’un musulman sont de combattre les ennemis d’Allah. Arafat le confessait clairement : « Dans son essence, notre guerre est une guerre de religion. Celui qui le nie, ment. Tous les Arabes et tous les musulmans doivent donc s’aligner : s’ils restent neutres, ils renient l’islam ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est clair</p>
<p style="text-align: justify;">Dès lors le musulman est en « état permanent « de combat. Ses actes d’adorations « extérieurs » sont une attitude combat, un « état de guerre » pour défendre la cause d’Allah sans cesse offensé par ceux qui lui « associent » d’autres divinité et, par extension, tous ceux qui ne suivent pas la religion musulmane. La prière n’est donc qu’un support, un tremplin pour lancer et relancer le fidèle à sa « mission » : le combat contre l’infidèle.</p>
<p style="text-align: justify;">Si donc quelques musulmans recherchent, dans leur prière quotidienne, une véritable relation à Dieu, il est rare que la méthode obtienne les résultas escomptés ! Rares sont en effet ceux qui, malgré leur désir d’intériorité, parviennent réellement à se détacher de cet « esprit de combat » insufflé et même martelé vingt-cinq fois par jour dans leur esprit par la chahada.</p>
<p style="text-align: justify;">Donc le djihad est bien la guerre sainte</p>
<p style="text-align: justify;">Et ne croyons surtout pas qu’il est utilisé pour exprimer un effort sur soi-même, comme par exemple lorsqu’on parle de « combat spirituel ». Ce ne fut et ce n’est pas le sens dans le monde islamique. Tous les islamologues le confirment. Par exemple M Ibn Warraq déclare : « Le djihad ne désigne pas dans le Coran l’effort sur soi, mais bien la guerre sainte dont le but est de conquérir le monde entier et de le soumettre à la seule religion qui soit, la loi d’Allah ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>L’islam et la chahada</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi le djihad consiste surtout et avant tout dans le combat contre l’infidèle professé dans la chahada. Il n’y a donc aucune différence essentielle entre le djihad et la chahada, la profession de foi musulmane, c’est-à-dire entre le djihad et la profession de foi musulmane. Cela signifie que l’appel à la guerre est contenu dans la profession de foi du musulman qu’il récite vingt-cinq fois par jour et que, bien davantage, ce djihad en est le contenu même. Et comme une profession de foi est, comme son nom l’indique, l’expression de la foi que l’on professe, le djihad constitue donc, à travers l’expression même de la chahada, l’identité propre de cette religion. Il est, par conséquent, indissociable de l’islam, en constituant intrinsèquement sa raison d’être.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi par la proclamation quotidienne de la chahada, le musulman place le djihad, la guerre aux infidèles, au cœur de sa foi, comme sa mission première et principale.</p>
<p style="text-align: justify;">Le djihad est donc, en lui-même, l’essence de l’islam, sa raison d’être et d’exister. Il est tout simplement l’islam et son expression : l’islam n’existe donc pas sans le djihad et le djihad sans l’islam. Il n’a par conséquence aucune différence essentielle entre eux et ils ne forment qu’une seule et même réalité. L’un ne va pas sans l’autre et l’un est inséparable de l’autre car, en fait, ils ne sont qu’un l’islam, c’est le djihad et le djihad c’est l’islam ! Le djihad n’est donc pas un simple et vague attribut de l’islam. Il n’est pas une sorte de malencontreuse « excroissance » de l’islam. Il est son essence même. Le djihad n’est pas le combat facultatif et occasionnel contre l’infidèle, mais bien « l’état permanent de combat » contre celui-ci, combat dans lequel s’entretient chaque jour le musulman par la chahada et à actualiser quand il est possible, soit dès que les moyens le permettent. Cet « état permanent intérieur ou extérieur de guerre porte donc le nom de djihad. Voilà pourquoi l’expression « le djihad islamique » n’est pas une bonne expression.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Le djihad est essentiel à l’islam</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Si donc l’islam est le djihad, sans le djihad l’islam ne peut perdurer car sa raison d’être n’est plus. Ce qui tient, depuis ses origines, cette idéologie et la fait exister c’est sa dynamique de l’opposition et du combat permanent : plus de combat, plus de « guerre déclarée aux infidèles, plus de djihad, plus d’islam. Le djihâd est le fondement de son expansion puisqu’il est « l’état de guerre » dans lequel s’entretient chaque jour le musulman, tout spécialement par la récitation de la chahada et des versets du Coran. Le système de répétition de la chahada en fait donc un cri de guerre, du djihad un « état de guerre » et de l’islam, par voie de conséquence, une véritable « machine de guerre »</p>
<p style="text-align: justify;">Pour s’en convaincre encore, il n’est que d’observer le drapeau du Royaume Saoudien. Y est en effet transcrite en arabe la chahada « soulignée d’un jolie sabre….</p>
<p style="text-align: justify;">Et de fait, l’Arabie Saoudite, fer de lance de l’islam, ne tolère sur l’ensemble de son territoire aucune église, de quelque branche chrétienne qu’elle soit. Preuve s’il en était encore besoin, de la haine viscérale de l’islam devant tout signe rappelant de près ou de loin le christianisme. Il n’est pas même possible à cet Etat de tolérer sur son territoire un e simple croix…Même la croix de la Croix Rouge…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>L’islam et la prière, son sens fondamental</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi lorsque le musulman se met en prière, il proclame la chahada, il se prosterne jusqu’en terre en signe de soumission total à Dieu, en signe de soumission totale à ses ordres et donc en signe de soumission total au djihad…Si bien que la prosternation des musulmans au cours des cinq prières quotidiennes qui apparaît aux esprit occidentaux peu avertis comme un acte d’adoration ( ainsi que l’était son sens biblique originel) n’est finalement devenu en contexte musulman qu’un signe de soumission à Allah et d’obéissance inconditionnelle à son ordre : le combat contre l’infidèle. Par cette prosternation collective manifestée visiblement, les musulmans se promettent en effet d’obéir et de défendre la cause d’Allah en combattant toute résistance au message édicté à son prophète. Prosternés comme en rang de bataille, ils se mettent en état de guerre, en état de djihad : ils forment l’armée d’Allah prête à se lever pour le combat. Et donc la mosquée, lieu de la prière et donc lieu de la prosternation est aussi le lieu de la soumission total à Allah et à ses commandements, bref un lieu du rassemblement pour l’appel au combat.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>L’islam et la mosquée</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Les mosquées ne peuvent donc être autre chose et par définition, que des antichambres du djihad</p>
<p style="text-align: justify;">La mosquée n’est donc pas un lieu de prière inoffensif. Et ceux qui dans notre France favorisent leurs constructions, sont des traites au sang français</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mme Fallaci</strong> avait raison d’attire l’attention de l’occident sur le rôle de l’imam :</p>
<p style="text-align: justify;">« L’imam est un notable qui dirige et administre sa communauté avec tous les pouvoirs… Il est un politicien qui durant son sermon lance des messages politiques, pousse les fidèles à faire ce qu’il veut. Toutes les révolutions de l’islam ont éclaté grâce aux imams des mosquées. La révolution iranienne commença dans les mosquées, c’est-à-dire grâce aux imams, non dans les universités comme leurs sympathisants et protecteurs européens voudraient nous le faire croire aujourd’hui. Derrière chaque terroriste islamique il y a nécessairement un imam et je rappelle que Khomeny était un imam. Je rappelle que les révolutionnaires de l’Iran étaient des imams. Je le rappelle et j’affirme que d’une manière ou d’une autre les imams sont les guides spirituels du terrorisme » (la rage ou l’orgueil)</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est pourquoi les agressions spontanées contre les non musulmans dans les pays arabes se déroulent presque toujours en conclusion d’une exhortation d’un imam, et, le plus souvent, à la suite de la grande prière du vendredi.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Le djihad expansionniste</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Le but donc de l’islam est d’éradiquer du monde toute trace d’associationnisme, c’est-à-dire de christianisme, comme de supprimer tout ce qui rappelle de près ou de loin, les valeurs chrétiennes. Par voie de conséquence, la religion musulmane verra « d’un œil inquisiteur » toute la culture occidentale qui en est issue et, à fortiori, l’Occident dans son ensemble, berceau des grandes civilisations chrétiennes. Il ne faut pas oublier que désormais, pour l’islam, tout occidental, croyant ou non, chrétien ou athée, est amalgamé au christianisme. Tous sont impies, parce qu’ils n’adhèrent pas à l’islam. Dès lors l’occident est la cible privilégiée des foudres d’Allah et de ses disciples.</p>
<p style="text-align: justify;">Si donc quelques rares musulmans d’Occident se sont dégagés de l’empire de l’idéologie de « combat » inhérent à l’islam, la plupart sont encore acquis à sa cause parce qu’entretenus régulièrement sur ce sujet dans les mosquées et attendent seulement l’heure décisive du djihad !</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut, encore une fois, avoir bien en tête que cette « idéologie de combat » imprègne toute la « contemplation » comme l’action du musulman et qu’elle fait de lui, et avant tout, un combattant. Il lui est donc extrêmement difficile de sortir de cet esprit, vit-il en pays occidental.</p>
<p style="text-align: justify;">Un musulman reste donc prêt, dans tous les cas, à intervenir pour la cause d’Allah. Si l’action lui en est donnée, il passera tout naturellement à l’action. Il est donc comme un réserviste de l’armée d’Allah, un réserviste du djihad. Or un réserviste attendant d’être appelé au combat, n’est pas en fonction. Il ne porte aucun signe distinctif des autres membres de la population. Il vit sans être remarqué. Si bien que les armées d’Allah, invisibles à nos yeux, n’en sont pourtant pas moins réellement présentes et prêtes à l’action.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà le témoignage fort éclairant d’un jeune français d’origine algérienne, étudiant en sociologie à l’Université de Lille, recueilli par M Ph. AZIZ, journaliste qui a publié « Le paradoxe de Roubais :</p>
<p style="text-align: justify;">« Notre invasion « pacifique » au niveau de l’Europe n’est pas terminée. Nous voulons agir simultanément dans tous les pays d’accueil. Puisque vous nous faites de la place chez vous, pourquoi nous en priver ! Et ce que nous n’obtiendrons pas par la persuasion, nous l’obtiendrons par la force ! Nous possédons une armée mobilisable à tout moment de 3 millions de soldats d’Allah. Même vos autorités reconnaissent 1400 zones de non droit sur votre territoire ! Nous vaincrons car notre cause est juste : « Allah akbar (Allah est le plus grand).</p>
<p style="text-align: justify;">Constater ce fanatisme froid se comprend très bien. En effet la répétions incessante d’un leitmotiv, tel la chahada, et, ce, durant des années, ne peut laisser son protagoniste exempt du message qu’il contient.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors on peut imaginer l’effet de cette répétition de la chahada en cas de nécessité…Qu’un mot d’ordre vienne donc a être donné, émanant d’une autorité islamique et ce, bien sûr, contre n’importe quel « ennemi » d’Allah et l’emprise des exhortations répétitives de la chahada, réveillerait bon nombre de combattants d’Allah », véritables réservistes du djihad. Et comme celui-ci sera lancé par un chef religieux musulman, aux ordres d’un chef politique ainsi qu’on peut s’en douter il sera, de fait, considéré comme « un mot d’ordre divin » !</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà quelques considérations sur le djihad. En ignorer la nature comme le font aujourd’hui tous les politiques pour ne pas dire aussi les religieux, est un grand risque pour l’Occident. A cette lumière, on voit aussi combien est vaine tout volonté de dialogue avec l’islam.</p>


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		<title>Un programme doctrinal et pastoral</title>
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		<pubDate>Sat, 08 Oct 2011 17:00:21 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><strong> <em>Le responsable  de notre site &laquo;&nbsp;Saint Michel de Rolleboise&nbsp;&raquo; a très heureusement re-publié la lettre que le cardinal Ottaviani adressait le 24 juillet 1966 à tout l&#8217;épiscopat catholique. Sa lecture m&#8217;a encouragé à chercher et à relire la réponse faite par Mgr Lefebvre, encore Supérieur Général des Pères du Saint Esprit. Vous la trouverez à la suite de la lettre du Cardinal Ottaviani. Dans cette réponse de Mgr Lefebvre, se trouve tout un programme doctrinal et pastoral qu&#8217;il serait possible d&#8217;adopter.</em></strong></p>
<p><strong><span style="color: #cc0000;">A-Lettre du cardinal Ottaviani , préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à l&#8217;épiscopat catholique, du 24 juillet 1966, à l&#8217;issue du Concile VaticanII</span></strong></p>
<table width="19%" border="0" align="center">
<tbody>
<tr>
<td><strong><img title="Cardinal Ottaviani" src="http://www.laportelatine.org/formation/crise/Ottaviani_Lefebvre660724/ottaviani.jpg" alt="" width="250" height="244" /></strong></td>
</tr>
</tbody>
</table>
<p align="center"><strong>Rome, le 24 juillet 1966 &#8211; Piazza del S. Uffizio, 11</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Comme le deuxième concile œcuménique du Vatican, récemment heureusement clos, a promulgué des documents très sages, soit en matière doctrinale, soit en matière disciplinaire, pour promouvoir efficacement la vie de l&#8217;Eglise, il incombe à tout le peuple de Dieu une grave charge, celle de faire tous les efforts pour mener à son application tout ce qui, dans cette grande assemblée d&#8217;évêques présidée par le Souverain Pontife, a été solennellement proposé ou décrété.</p>
<p style="text-align: justify;">Or il appartient à la hiérarchie, c&#8217;est son droit et son office, de veiller, diriger, promouvoir le mouvement de renouveau commencé par le Concile, afin que les documents et décrets de ce même Concile reçoivent une droite interprétation et soient mis en application en observant strictement la vigueur et l&#8217;esprit de ces mêmes documents. Ce sont en effet les évêques qui doivent protéger cette doctrine, eux qui jouissent sous leur chef qui est Pierre, de la fonction d&#8217;enseigner avec autorité. Et c&#8217;est louablement que de nombreux Pasteurs se sont déjà mis à expliquer de manière apte la doctrine du Concile.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est néanmoins à déplorer que de divers côtés des nouvelles peu réjouissantes soient parvenues d&#8217;abus croissants dans l&#8217;interprétation de la doctrine du Concile, ainsi que d&#8217;opinions vagabondes et audacieuses surgissant çà et là, qui ne pervertissent pas peu l&#8217;esprit de nombreux fidèles. II faut louer les études et les efforts d&#8217;investigation plus complète de la vérité, qui distinguent à juste titre entre ce qui est à croire et ce qui est objet d&#8217;opinion libre ; mais à l&#8217;examen des documents soumis à cette Sacrée Congrégation, il appert qu&#8217;un nombre non négligeable de thèses outrepassent facilement les limites de la simple opinion ou de l&#8217;hypothèse et semblent affecter en une certaine mesure le dogme lui-même et les fondements de la foi.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est à propos de toucher à titre d&#8217;exemples certaines de ces thèses et erreurs, telles qu&#8217;elles se manifestent par les rapports d&#8217;hommes doctes ou dans des écrits publiés.</p>
<p style="text-align: justify;">1) Vient d&#8217;abord la Révélation sacrée elle-même : il en est qui recourent à la Sainte Ecriture en mettant sciemment de côté la Tradition, ils réduisent aussi l&#8217;amplitude et la force de l&#8217;inspiration et de l&#8217;inerrance bibliques et n&#8217;ont pas une idée correcte de la valeur des textes historiques.</p>
<p style="text-align: justify;">2) En ce qui concerne la doctrine de la foi, on dit que les formules dogmatiques sont soumises à l&#8217;évolution historique, de telle sorte que leur sens objectif lui-même est soumis au changement.</p>
<p style="text-align: justify;">3) Le magistère ordinaire de l&#8217;Eglise, surtout celui du Pontife romain, est parfois si négligé et mésestimé, qu&#8217;il est presque relégué dans la région des libres opinions.</p>
<p style="text-align: justify;">4) La vérité objective et absolue, ferme et immuable, n&#8217;est presque pas admise par certains, qui soumettent toutes choses à un certain relativisme et ceci pour la raison fallacieuse que toute vérité suit nécessairement le rythme de l&#8217;évolution de la conscience et de l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">5) La personne adorable elle-même de Jésus-Christ est atteinte, lorsqu&#8217;en repensant la christologie, tels concepts de personne et de nature sont employés, qui sont difficilement compatibles avec les définitions dogmatiques. Il rampe un certain humanisme christologique, selon lequel le Christ est réduit à la condition d&#8217;un simple homme, qui aurait acquis peu à peu la conscience de sa Filiation divine. Sa conception miraculeuse, Ses miracles, Sa Résurrection même sont concédés verbalement mais en réalité sont ramenés à l&#8217;ordre purement naturel.</p>
<p style="text-align: justify;">6) De même dans le traité théologique des sacrements, on ignore ou on ne tient pas suffisamment compte de certains éléments, surtout en ce qui concerne la très sainte Eucharistie. Il n&#8217;en manque pas qui traitent de la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin en favorisant un symbolisme exagéré, tout comme si le pain et le vin n&#8217;étaient pas convertis en le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ par la transsubstantiation, mais étaient simplement transférés vers une certaine signification. Il en est aussi qui avancent plus que de raison le concept d&#8217;agapes pour la messe, avant l&#8217;idée de Sacrifice.</p>
<p style="text-align: justify;">7) Certains préférant expliquer le sacrement de Pénitence comme un moyen de réconciliation avec l&#8217;Eglise, n&#8217;expriment pas assez la réconciliation avec Dieu offensé Lui-même. Ils prétendent qu&#8217;à la célébration de ce sacrement n&#8217;est pas nécessaire la confession personnelle des péchés, mais ils se contentent d&#8217;exprimer seulement la fonction sociale de réconciliation avec 1&#8242;Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">8) II n&#8217;en manque pas non plus qui mésestiment la doctrine du concile de Trente sur le péché originel ou la commentent de telle manière que la faute originelle d&#8217;Adam et la transmission même du péché sont offusquées.</p>
<p style="text-align: justify;">9) Des erreurs non moindres sont répandues dans le domaine de la théologie morale. En effet certains, non en petit nombre, osent rejeter la règle objective de la moralité ; d&#8217;autres n&#8217;acceptent pas la loi naturelle, mais affirment la légitimité de la morale de situation, comme ils disent. Des opinions pernicieuses sont proposées sur la moralité et la responsabilité en matière sexuelle et matrimoniale.</p>
<p style="text-align: justify;">10) A toutes ces choses il faut ajouter une note sur l&#8217;œcuménisme. Le Siège Apostolique loue tout à fait ceux qui, dans l&#8217;esprit du décret conciliaire sur l&#8217;œcuménisme, promeuvent les initiatives en vue de favoriser la charité envers les frères séparés et de les attirer à l&#8217;unité de l&#8217;Eglise, mais il déplore qu&#8217;il n&#8217;en manque pas qui, interprétant à leur manière le décret conciliaire, réclament telle action œcuménique qui offense la vérité sur l&#8217;unité de la foi et de l&#8217;Eglise, favorisant un dangereux irénisme et l&#8217;indifférentisme, qui assurément est totalement étranger à l&#8217;esprit du Concile.</p>
<p style="text-align: justify;">Les erreurs et périls de ce genre, éparpillés sans doute çà et là, se trouvent néanmoins réunis en cette lettre en une synthèse sommaire et proposés aux Ordinaires, afin que chacun selon sa charge et son office prenne soin de les réprimer ou de les prévenir.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce Sacré Dicastère prie en outre instamment les mêmes Ordinaires des lieux, réunis en leurs conférences épiscopales respectives, de s&#8217;en occuper et d&#8217;en référer opportunément au Saint-Siège et de livrer leurs réflexions avant la fête de la Nativité de Notre Seigneur Jésus-Christ de l&#8217;année courante.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette lettre, qu&#8217;une évidente raison de prudence interdit de rendre publique, que les Ordinaires et ceux, quels qu&#8217;ils soient, à qui ils auront estimé juste de la communiquer, la couvrent d&#8217;un strict secret.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">A. Card. OTTAVIANI préfet,</p>
<p style="text-align: justify;">Sacrée Congrégation pourla Doctrinedela Foi</p>
<p style="text-align: justify;">Prot. N 871/66</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #cc0000;">B-</span></strong> <span style="color: #cc0000;"><strong>Réponse de Mgr Lefebvre au cardinal Ottaviani du </strong></span><span style="color: #cc0000;"><strong>20 décembre 1966</strong></span></p>
<p><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/10/Mgr-Lefebvre-et-Mgr-de-Catro-Mayer.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5197" title="Mgr Lefebvre et Mgr de Catro Mayer" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/10/Mgr-Lefebvre-et-Mgr-de-Catro-Mayer-300x202.jpg" alt="" width="300" height="202" /></a>Rome, le 20 décembre 1966</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Eminence révérendissime,</p>
<p style="text-align: justify;">Votre lettre du 24 juillet concernant la mise en doute de certaines vérités a été communiquée par les soins de notre secrétariat à tous nos supérieurs majeurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Peu de réponses nous sont parvenues. Celles qui nous sont parvenues d&#8217;Afrique ne nient pas qu&#8217;une grande confusion règne actuellement dans les esprits. Si ces vérités ne paraissent pas mises en doute, cependant dans la pratique on assiste à une diminution de ferveur et de régularité dans la réception des sacrements, surtout du sacrement de pénitence. On constate un respect très diminué de la Sainte Eucharistie surtout de la part des prêtres, une raréfaction des vocations sacerdotales dans les missions de langue française ; celles de langues anglaise et portugaise sont moins touchées par l&#8217;esprit nouveau, mais les revues et journaux y diffusent déjà les théories les plus avancées.</p>
<p style="text-align: justify;">Il semble que la cause du petit nombre de réponses reçues provienne de la difficulté de saisir ces erreurs qui sont partout diffuses ; le mal se situe surtout dans une littérature qui sème la confusion dans les esprits par des descriptions ambiguës, équivoques, mais sous lesquelles on découvre une nouvelle religion.</p>
<p style="text-align: justify;">Je crois de mon devoir de vous exposer en toute clarté ce qui ressort de mes conversations avec de nombreux évêques, prêtres, laïcs d&#8217;Europe et d&#8217;Afrique, qui ressort aussi de mes lectures en pays anglais et français.</p>
<p style="text-align: justify;">Volontiers je suivrais l&#8217;ordre des vérités énoncées dans votre lettre, mais j&#8217;ose dire que le mal actuel me paraît beaucoup plus grave que la négation ou mise en doute d&#8217;une vérité de notre foi. <strong>Il se manifeste de nos jours par une confusion extrême des idées, par la désagrégation des institutions de l&#8217;Eglise, institutions religieuses, séminaires, écoles catholiques, en définitive de ce qui a été le soutien permanent de l&#8217;Église, mais il n&#8217;est autre que la continuation logique des hérésies et erreurs qui minent l&#8217;Eglise depuis les derniers siècles, spécialement depuis le libéralisme du dernier siècle qui s&#8217;est efforcé à tout prix de concilier l&#8217;Eglise et les idées qui ont abouti à la Révolution.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dans la mesure où l&#8217;Eglise s&#8217;est opposée à ces idées qui vont a l&#8217;encontre de la saine philosophie et de la théologie, elle a progressé : au contraire toute compromission avec ces idées subversives a provoqué un alignement de l&#8217;Église dans le droit commun et le risque de la rendre esclave des sociétés civiles.</strong> Chaque fois d&#8217;ailleurs que des groupes de catholiques se sont laissés attirer par ces mythes, les Papes, courageusement, les ont rappelés à l&#8217;ordre, les ont éclairés et s&#8217;il le fallait condamnés. Le libéralisme catholique est condamné par Pie IX, le modernisme par Léon XIII, le sillonisme par saint Pie X, le communisme par Pie XI, le néo-modernisme par Pie XII. Grâce à cette admirable vigilance, l&#8217;Église se consolide et se développe. Les conversions de païens, de protestants sont très nombreuses : l&#8217;hérésie est en déroute complète, les États acceptent une législation plus catholique. Cependant des groupes de religieux imbus de ces idées fausses réussissent à les répandre dans l&#8217;Action catholique, dans les séminaires grâce à une certaine indulgence des évêques et la tolérance de certains dicastères romains. Bientôt c&#8217;est parmi ces prêtres que seront choisis les évêques.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ici que se situe alors le Concile qui s&#8217;apprêtait par les Commissions préparatoires à proclamer la vérité face à ces erreurs afin de les faire disparaître pour longtemps du milieu de l&#8217;Eglise. C&#8217;eût été la fin du protestantisme et le commencement d&#8217;une nouvelle ère féconde pour l&#8217;Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">Or cette préparation a été <strong>odieusement rejetée</strong> <strong>pour faire place à la plus grave tragédie qu&#8217;a jamais subie l&#8217;Église</strong>.<strong> Nous avons assisté au mariage de l&#8217;Église 1avec les idées libérales.</strong> Ce serait nier l&#8217;évidence, se fermer les yeux que de ne pas affirmer courageusement que le Concile a permis à ceux qui professent les erreurs et les tendances condamnées par les Papes, ci-dessus nommés, de croire légitimement que leurs doctrines étaient désormais approuvées.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors que le Concile se préparait à être une nuée lumineuse dans le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui si l&#8217;on avait utilisé les textes préconciliaires dans lesquels on trouvait une profession solennelle de doctrine sûre au regard des problèmes modernes, on peut et <strong>on doit malheureusement affirmer : Que, d&#8217;une manière à peu près générale, lorsque le Concile a innové, il a ébranlé la certitude de vérités enseignées par le Magistère authentique de l&#8217;Eglise comme appartenant définitivement au trésor de la Tradition.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Qu&#8217;il s&#8217;agisse de la transmission de la juridiction des évêques, des deux sources de la Révélation, de l&#8217;inspiration scripturaire, de la nécessité de la grâce pour la justification, de la nécessité du baptême catholique, de la vie de la grâce chez les hérétiques, schismatiques et païens, des fins du mariage, de la liberté religieuse, des fins dernières, etc&#8230; Sur ces points fondamentaux, la doctrine traditionnelle était claire et enseignée unanimement dans les universités catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Or, de nombreux textes du Concile sur ces vérités permettent désormais d&#8217;en douter. Les conséquences en ont été rapidement tirées et appliquées dans la vie de l&#8217;Église :</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Les doutes sur la nécessité de l&#8217;Église et des sacrements entraînent la disparition des vocations sacerdotales.<br />
- Les doutes sur la nécessité et la nature de la &laquo;&nbsp;conversion&nbsp;&raquo; de toute âme entraînent la disparition des vocations religieuses, la ruine de la spiritualité traditionnelle dans les noviciats, l&#8217;inutilité des missions.<br />
- Les doutes sur la légitimité de l&#8217;autorité et l&#8217;exigence de l&#8217;obéissance provoqués par l&#8217;exaltation de la dignité humaine, de l&#8217;autonomie de la conscience, de la liberté, ébranlent toutes les sociétés en commençant par l&#8217;Église, les sociétés religieuses, les diocèses, la société civile, la famille. L&#8217;orgueil a pour suite normale toutes les concupiscences des yeux et de la chair. C&#8217;est peut-être une des constatations les plus affreuses de notre époque de voir à quelle déchéance morale sont parvenues la plupart des publications catholiques. On y parle sans aucune retenue de la sexualité, de la limitation des naissances par tous les moyens, de la légitimité du divorce, de l&#8217;éducation mixte, du flirt, des bals comme moyens nécessaires de l&#8217;éducation chrétienne, du célibat des prêtres, etc.<br />
- Les doutes sur la nécessité de la grâce pour être sauvé provoquent la mésestime du baptême désormais remis à plus tard, l&#8217;abandon du sacrement de pénitence. Il s&#8217;agit d&#8217;ailleurs surtout d&#8217;une attitude des prêtres et non des fidèles. Il en est de même pour la présence réelle : ce sont les prêtres qui agissent comme s&#8217;ils ne croyaient plus, en cachant la Sainte Réserve, en supprimant toutes les marques de respect envers le Saint Sacrement, et toutes les cérémonies en son honneur.<br />
- Les doutes sur la nécessité de l&#8217;Église source unique de salut, sur l&#8217;Église catholique seule vraie religion, provenant des déclarations sur l&#8217;œcuménisme et la liberté religieuse, détruisent l&#8217;autorité du Magistère de l&#8217;Eglise. En effet, Rome n&#8217;est plus la &laquo;&nbsp;Magistra Veritatis&nbsp;&raquo; unique et nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Il faut donc, acculé par les faits, conclure que le Concile a favorisé d&#8217;une manière inconcevable la diffusion des erreurs libérales. La foi, la morale, la discipline ecclésiastique sont ébranlées dans leurs fondements, selon les prédictions de tous les Papes.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La destruction de l&#8217;Église avance à pas rapides. Par une autorité exagérée donnée aux conférences épiscopales, le Souverain pontife s&#8217;est rendu impuissant. En une seule année, que d&#8217;exemples douloureux ! <strong>Cependant le Successeur de Pierre et lui seul peut sauver l&#8217;Eglise.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Que le Saint Père s&#8217;entoure de vigoureux défenseurs de la foi, qu&#8217;il les désigne dans les diocèses importants. Qu&#8217;il daigne par des documents importants proclamer la vérité, poursuivre l&#8217;erreur, sans crainte des contradictions, sans crainte des schismes, sans crainte de remettre en cause les dispositions pastorales du Concile.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Daigne le Saint-Père : encourager les évêques à redresser la foi et les mœurs individuellement, chacun dans leurs diocèses respectifs, comme il convient à tout bon pasteur ; soutenir les évêques courageux, les inciter à réformer leurs séminaires, à y restaurer les études selon saint Thomas ; encourager les supérieurs généraux à maintenir dans les noviciats et les communautés les principes fondamentaux de toute ascèse chrétienne, surtout l&#8217;obéissance ; encourager le développement des écoles catholiques, la presse de saine doctrine, les associations de familles chrétiennes enfin réprimander les fauteurs d&#8217;erreurs et les réduire au silence. Les allocutions des mercredis ne peuvent remplacer les encycliques, les mandements, les lettres aux évêques.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Sans doute suis-je bien téméraire de m&#8217;exprimer de cette manière ! Mais c&#8217;est d&#8217;un amour ardent que je compose ces lignes, amour de la gloire de Dieu, amour de Jésus, amour de Marie, de son Église, du Successeur de Pierre, évêque de Rome. Vicaire de Jésus-Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">Daigne l&#8217;Esprit-Saint, auquel est voué notre Congrégation, venir en aide au Pasteur de l&#8217;Eglise universelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Que Votre Eminence daigne agréer l&#8217;assurance de mon très respectueux dévouement en Notre-Seigneur.</p>
<p style="text-align: justify;">+ Marcel LEFEBVRE, archevêque tit. De Synnada in Phrrygia, Supérieur Général de la Congrégation du Saint-Esprit.</p>


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		<title>de la laïcité républicaine</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Sep 2011 13:45:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je connais un courant de pensée, très actuel, très influent sur beaucoup, courant de pensée qui a pris résolument le parti de mépriser Dieu et qui le haït très franchement. Je veux parler du « laïcisme », ou si vous préférez de la « laïcité républicaine ». Cette &#171;&#160;laïcité&#160;&#187;a choisi. Elle le dit. Elle l’affirme. Elle [...]

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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Je connais un courant de pensée, très actuel, très influent sur beaucoup, courant de pensée qui a pris résolument le parti de mépriser Dieu et qui le haït très franchement. Je veux parler du « laïcisme », ou si vous préférez de la « laïcité républicaine ». Cette &laquo;&nbsp;laïcité&nbsp;&raquo;a choisi. Elle le dit. Elle l’affirme. Elle a choisi la haine de Dieu. « Nul ne peut choisir deux maîtres, ou il haïra l’un et aimera l’autre ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre ».</p>
<p style="text-align: justify;">La laïcité républicaine, durant tout le cours du XXème siècle et encore au 21ème siècle, s’est dressée, s’est attaquée, avec tout son cortège de lois contre les Congrégations, et les écoles catholiques, s’est attaquée à la religion de NSJC parce qu’elle aspirait à en être une autre, « supérieur », « meilleur ». Ce fut l’enjeu des grandes batailles, de 1880 à 1905-1906 qui ont tellement secoué le pays. Fort de ces victoires, la Laïcité républicaine s’établissait en notre pays comme une sorte de religion d’Etat, excluant le christianisme de tout l’espace public et réduisant le culte catholique à une affaire privée, à « une croyance subjective et muette », comme le dit très justement Jean Madiran dans son livre « La laïcité dans l’Eglise », page 3.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien cela.</p>
<p style="text-align: justify;">La laïcité républicaine c’est bien le dogme d’une religion d’Etat qui non seulement s’oppose à l’Eglise, par haine de Dieu, mais a même réussi à intégrer l’Eglise pour essayer de la corrompre. Sa haine de Dieu est si grande… Jean Madiran parlera alors d’ « un entrisme de la laïcité républicaine dans l’Eglise ». J’en donnerai la preuve dans un instant.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais au préalable, permettez-moi de rappeler ce qu’est le laïcisme ou la laïcité républicaine.</p>
<p style="text-align: justify;">Littré et Renan nous en donneront les principes.</p>
<p style="text-align: justify;">Littré, d’abord.</p>
<p style="text-align: justify;">Il nous dit : «<strong> c’est la conception politique et sociale impliquant la séparation de la religion et de la société civile ».</strong><br />
« ..impliquant la séparation de la religion et de la société civile ». Pour l’Eglise ces deux pouvoirs, le spirituel et le temporel, sont distincts, l’un n’est pas l’autre, ce qui ressort clairement de l’enseignement de NSJC : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». Mais s’ils sont « <strong>distincts</strong> », ils ne sont pas <strong>« séparés »</strong> Ils sont <strong>« distincts »</strong> mais non « <strong>séparés »,</strong> non « <strong>opposés ».</strong> Ils doivent être invités, au contraire, à « <strong>coopérer ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais Littre, lui, lorsqu’il parle de la laïcité, de la laïcité républicaine parle d’une conception politique et sociale qui implique « la séparation de la religion et <strong>de la société civile ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Vous remarquerez que Littré parle non pas du « pouvoir temporel ». Mais il utilise l’expression « société civile ». Ce terme est très large. Il ne se limite pas au seul pouvoir politique. Il s’étend à tout ce qui n’est pas la société ecclésiastique. Et donc pour Littré, « séparer la religion de la société civile », c’est séparer l’Etat de l’Eglise, mais plus encore, c’est séparer la religion de toute l’étendue de la vie publique, la réduire à rester enfermée dans la vie privée. Dieu ne peut plus posséder la moindre parcelle de son propre domaine. Rien ne relève plus de Lui. Le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, le pouvoir administratif, le pouvoir éducatif, ne relèvent plus de Dieu. Ils ne relèvent que de l’Etat qui ne relève que de sa propre raison, raison qui, par principe, refuse Dieu et sa Lumière. Ils ne relèvent que de l’idéologie rationaliste, que « du libre débat » et du « consensus social ». Le seul dogme que reconnait la laïcité républicaine, c’est qu’il n’y a rien d’antérieur et de supérieur à l’humain et à sa propre pensée. Dieu n’a pas son mot à dire. Tout relève de l’homme. « <strong>Il n’y a pas de loi morale antérieur à la loi civile »</strong> disait Jacques Chirac, alors président de la République. La vie publique, les mœurs publics ou privés ne relèvent plus en rien du domaine divin. Ils sont autonomes et propres. C’est donc l’affirmation du « refus de quoi que soit qui soit supérieur à l’arbitraire humain ». Le laïcisme ne vous demande pas d’abjurer publiquement la foi en Dieu, comme au temps du pouvoir romain impérial. Il vous demande et vous impose de la garder en silence. « Dieu est interdit en public&nbsp;&raquo;, il est interdit en politique. Il est interdit dans les problèmes de société. Il est interdit dans « <strong>la démocratie des mœurs »</strong><br />
<strong>&laquo;&nbsp;Démocratie des mœurs » qu’est-ce à dire ?</strong> Autrefois, la démocratie, c’était le régime politique où le suffrage universel permettait la nomination du personnel politique. Aujourd’hui, ce n’est plus seulement cela. La « <strong>démocratie des mœurs »,</strong> c’est la démocratie dans laquelle la « règle ne peut naître que du libre débat » et qui veut que « toute référence à un principe soit elle-même soumise à la discussion », au seul consensus populaire. C’est donc par principe l’exclusion de toute référence aux lois éternelles du Décalogue divin. Ce n’est pas nécessairement son exclusion, mais <strong>c’est la libre discussion des principes divins.</strong> Aucune autorité supérieure à l’humain n’est admissible, Dieu compris. <strong>La laïcité républicaine, c’est le refus laïc ou la libre discussion jusqu’à l’exclusion de toute loi religieuse ou naturelle supérieur à l’homme.</strong> La haine de Dieu et de l’Eglise est totale. C’est un anthropocentrisme absolu qui refuse toute lumière divine. C’est pourquoi ce régime ne peut qu’engendrer, <em>in fine,</em> l’anarchie mentale et sociale et le nihilisme intellectuel puisque sa philosophie, la seule qu’il admette, c’est de se libérer de tout dogme et du Décalogue. Et c’est pourquoi elle est capable de faire la promotion, par exemple, de choses tellement contre nature, l&#8217;avortement, par exemple, l&#8217;homosexualité, autre exemple..<strong>.ce qui est le signe d’une rupture totale avec le Dieu créateur et les lois de sa création.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et Renan,</strong> dans son discours pour la réception de Pasteur à l’académie, le 27 avril 1882, parlait bien lui aussi au sujet de la laïcité républicaine de « neutralité » et de « tolérance » envers les religions mais il ajoutait un point fondamentale. <strong>C’est le régime qui force l’Eglise à lui obéir sur ce point capital.</strong><br />
Ce point est capital en effet. Avec la laïcité, il ne peut y avoir un pouvoir « <strong>confessionnel ».</strong> Mais la laïcité veut plus. Elle ne se contente pas d’avoir un Etat séparé de l’Eglise, neutre et tolérant. Elle veut que cet Etat, au nom de la tolérance et de la neutralité « <strong>force l’Eglise à lui obéir »</strong> et <strong>donc l’oblige à reconnaître cette séparation du temporel d’avec Dieu, qu’elle le confesse même en doctrine, qu’elle reconnaisse que le pouvoir temporel est autonome, qu’il n’a pas à être soumis à une loi morale qui lui soit supérieur. Et parce que la laïcité républicaine veut que l’Eglise se taise et lui obéisse sur ce point, elle exige de l’Eglise qu’elle accepte et reconnaisse la supériorité de la loi civile sur l’ordre moral chrétien.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le temps passa…Et le Président de l’épiscopat français, le 30 janvier 2004, alors le cardinal Ricard, donna une grande interview au Figaro et dans cette interview, déclara: « <strong>Toutes les composantes religieuses doivent avoir droit de cité (dans l&#8217;Etat), publiquement, à condition de savoir aussi donner leur place aux autres et de ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République ».</strong><br />
On croit rêver ! Et voilà que Mgr Ricard se met à reconnaître la légitimité « <strong>des composantes religieuses »,</strong> y compris l’Eglise catholique, dans la fidèle docilité « aux grands principes de la République ». Relisons, dit finement Jean Madiran. Conditions pour qu’une religion ait droit à l’existence dans la République française : <strong>ne pas se mettre en contradiction avec « les grands principes de la République ».</strong> Mais ces grands principes…ce sont les droits de l’homme sans Dieu et parmi eux, c’est le droit à l’avortement, c’est l’éducation morale des enfants arrachés aux familles. Demain, peut-être parmi ces grands principes, on verra figurer le droit de l’euthanasie, le mariage homosexuel et Dieu sait quoi encore ! Plus fondamentalement encore, quelles que soient les suites de l’évolution fantaisiste  des « grands principes de la République », le droit de cité de l’Eglise catholique ne peut dépendre de la conformité à une loi politique, fut-ce constitutionnelle. <strong>La seule légitimité de l’Eglise, c’est la mission qu’elle reçut de son Maître Jésus : « allez enseigner toutes les nations »</strong><br />
Et Jean Madiran de conclure dans son livre « La laïcité dans l’Eglise : « Et ce fut un jour sombre, annonciateur de grands malheurs, ce jour du 30 janvier 2004 où le Président de l’Episcopat français situa la légitimité de l’Eglise ailleurs que dans sa mission divine » ( p. 80)</p>


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		<title>Et si l&#8217;on parlait un peu de la présence de la Franc-maçonnerie dans l&#8217;Eglise</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Sep 2011 21:12:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[&#160; Oui! Si l&#8217;on parlait un peu de la présence de la Franc-Maçonnerie pour comprendre un peu l&#8217;histoire contemporaine de l&#8217;Eglise. Etudions les faits: 9 décembre 1999. A Gavrus, au Prieuré Saint Jean-Eudes, c&#8217;était du temps où j&#8217;étais encore dans la FSSPX, il est 21 h 40. Les prêtres s’apprêtent à se retirer dans leurs [...]

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/tablier-maçonnique.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-5118" title="tablier maçonnique" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/tablier-maçonnique.jpg" alt="" width="216" height="234" /></a>Oui! Si l&#8217;on parlait un peu de la présence de la Franc-Maçonnerie pour comprendre un peu l&#8217;histoire contemporaine de l&#8217;Eglise. Etudions les faits:</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>9 décembre 1999.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A Gavrus, au Prieuré Saint Jean-Eudes, c&#8217;était du temps où j&#8217;étais encore dans la FSSPX, il est 21 h 40. Les prêtres s’apprêtent à se retirer dans leurs « appartements » respectifs pour prendre un juste repos. La journée est finie…<br />
De notre petit salon &#8211; bien sympathique &#8211; je descends au rez-de-chaussée vérifier si toutes les portes sont bien fermées. La porte du bureau du « capitaine » est bien fermée. A ce moment, le fax &#8211; dans son bureau &#8211; s’actionne. Un texte sort. Je vois l’heure au fax, 21 h. 40. Je vois le titre, un gros titre : «<strong> Carnet du Jour</strong> ». Je m’arrête.<strong> Il s’agit du carnet mondain du Figaro du 8 décembre 1999.</strong> Un texte est encadré. Je vois le nom d’un prêtre « en gras » : <strong>abbé J.C. Desbrosse</strong>. Je lis attentivement.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Autun</strong> &#8211; <strong>&laquo;&nbsp;On nous prie d’annoncer le retour à l’Orient éternel… Bigre ! de l’abbé J. C. Desbrosse.&nbsp;&raquo;</strong> L’Orient éternel ? Je poursuis la lecture. L’abbé J.C. Desbrosse est dit prêtre du diocèse d’Autun, Chalons et Macon. Je sais maintenant qu’il est né en 1948. Il était avocat à l’Officialité d’Autun et même responsable des pèlerinages diocésains. Le texte du faire-part de décès nous dit que : <strong>une messe de funérailles a été célébrée le samedi 4 Décembre à la cathédrale d’Autun.</strong> J’imagine par l’Evêque. Ils se réservent généralement ce ministère pour leurs prêtres.</p>
<p style="text-align: justify;">Je lis ensuite <strong>qu’il est affilié depuis 1980 à la Franc-Maçonnerie</strong> &#8211; et tout particulièrement à la <strong>Grande Loge Nationale Française</strong> &#8211; avec l’autorisation de « <strong>l’autorité ecclésiastique ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le journal <strong>La Croix, du 13 Décembre,</strong> nous apprend même que c’est <strong>Mgr Le Bourgeois,</strong> à l’époque évêque d’Autun qui lui a donné cette autorisation. Un journaliste de La Croix &#8211; Bernard Gorce &#8211; est allé interroger le prélat. En retraite aujourd’hui à Paris, d’un âge avancé, 88 ans, mais toujours « bon pied, bon œil », il donna cette réponse.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>A la question</strong> : Dans quelles conditions aviez-vous autorisé le Père Desbrosse à entrer dans une loge maçonnique ?<br />
<strong>Notre évêque répond</strong> : En 1980, un jeune prêtre de mon diocèse, le Père Jean Claude Desbrosse, est venu me demander l’autorisation à entrer dans la Grande Loge Nationale Française (GLNF). Il avait des amis et ceux-ci insistaient pour qu’il les rejoigne. Je connaissais bien ce prêtre d’origine italienne et doué d’une grande finesse d’esprit. Je savais qu’il ne partait pas dans cette expérience tête baissée. Je lui ai donc donné mon accord ». (La Croix, 13 Décembre 1999)</p>
<p style="text-align: justify;">C’est clair</p>
<p style="text-align: justify;">Sur le fax, je lis ensuite les différentes loges fréquentées par le bon père.<br />
- Il fut membre plus spécialement des respectables des loges suivantes ;<br />
Atlas 171 (Neuilly), Gislebertus 478 (Autun), Trafalgar 223 (Edinburgh).<br />
Il fut également dignitaire de la Grande Loge des maîtres maçons de marque de France, membre de la loge de marque Augustodunum 28 (Autun).<br />
Il fut aussi dignitaire des grands chapitres de la Sainte et Royale Arche de Jérusalem de France, d’Ecosse et de l’Etat d’Israël. Il était encore membre du grand prieuré d’Ecosse des chevaliers du Temple et de Malte.<br />
<strong>Cependant, c’est dans l’ordre Royal d’Ecosse qu’il trouva ses plus grandes joies maçonniques.</strong><br />
Il se recommande à la prière de ses frères, compagnons et chevaliers.</p>
<p style="text-align: justify;">Je n’en connais aucune…et pour cause…<br />
Il devait en avoir des réunions, le bougre ! Sa fonction d’avocat à l’Officialité du Diocèse devait lui laisser bien des libertés… Je suppose.<br />
Cette remarque : <strong>c’est dans l’ordre Royal d’Ecosse qu’il trouva ses plus grandes joies maçonniques retint mon attention</strong>.<br />
Le faire-part est donc rédigé &#8211; pensais-je &#8211; par un proche de l’abbé, un intime, quelqu’un qui devait le bien connaître… quelqu’un qui devait connaître et ses joies et ses peines… ses plus grandes joies maçonniques ! Dis donc ! Ou peut-être rédigé par lui-même, qui sait ?<br />
Je me couche surpris d’un tel faire-part.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le lendemain,</strong> je reçois de nombreux coups de fil : vous avez eu connaissance ! Oui ! C’est invraisemblable ! Je vous envoie le document ! J’en ai bien reçu quatre ou cinq… Ces mêmes amis avaient contacté l’évêché d’Autun, Mgr Séguy.<br />
Tous me donnaient leurs impressions : l’évêque semble très gêné de cette affaire. Je comprends… Ils sentent tous une certaine crispation, un certain énervement pour ne pas dire plus. L’un d’eux s’est fait purement et simplement « jeter ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’affaire prend une certaine ampleur.</p>
<p style="text-align: justify;">L’évêque d’Autun sent la nécessité d’intervenir.<br />
<strong>Le samedi 18 Décembre,</strong> il communique au Figaro, une note sur son prêtre et sur la Franc-Maçonnerie, publiée dans la rubrique « <strong>Courrier des Lecteurs</strong> ». C’est très maison…</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- L’Eglise et les francs-maçons: &laquo;&nbsp;</strong><em>Ce texte, dont j’ignore l’origine ou la provenance, présente l’abbé Jean-Claude Desbrosse comme membre de la grande loge nationale française.</em><br />
<em>Il est question de « l’autorité ecclésiastique ». En ce qui me concerne, je me permets de vous faire savoir que j’ai toujours dissuadé tout catholique, et particulièrement l’abbé Desbrosse, d’adhérer à une association maçonnique, conformément à l’enseignement constant et actuel de l’Eglise catholique. En effet, l’Eglise, notre Mère dans la foi, enseigne que « les principes de ces associations maçonniques ont toujours été considérés comme inconciliables avec la doctrine de l’Eglise et l’inscription à ces associations reste interdite par l’Eglise ».</em><br />
D’autre part, « <em>les autorités ecclésiastiques locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations maçonniques, par un jugement qui impliquerait une dérogation ».</em> (Déclaration approuvée par le pape Jean-Paul II et publiée le 26 Novembre 1983)<br />
<strong>Raymond Séguy</strong><br />
<strong>Evêque d’Autun, Chalon et Macon,</strong><br />
<strong>77403 Autun</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Cette dernière phrase &#8211; tirée de l’enseignement romain &#8211; est à l’adresse de Mgr Le Bourgeois.</p>
<p style="text-align: justify;">Mgr Le Bourgeois n’aurait jamais donné &#8211; dit-il &#8211; cette autorisation pour le « Grand Orient » mais pour la Grande Loge, c’est différent…<br />
Dans son interview à <strong>La Croix</strong>, à la question : <strong>Peut-on être prêtre et franc-maçon ?</strong><br />
<strong>Mgr Le Bourgeois </strong>répond :<br />
<em>« Oui, mais on ne peut pas être membre de n’importe quelle loge. Je n’aurais jamais autorisé un prêtre à devenir membre du Grand Orient de France (GOF) ou d’une autre loge plus ou moins athée, voir anticléricale. La GLNF est une loge « spiritualiste » d<strong>ans laquelle se retrouvent de nombreux chrétiens ».</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Tiens, comment le sait-il ?<br />
Et de fait, il se vante, dans l’interview à <strong>La Croix,</strong> du 13 décembre 1999, de sa grande liberté dans la gestion de son diocèse.<br />
A la question du journaliste : <strong>Aviez-vous parlé de cette initiative avec d’autres évêques ?</strong><br />
Il répond :<br />
<em>« Pas particulièrement.</em><br />
<em>Certains étaient sans doute au courant. (Tiens…) Mais il était entendu entre le P. Desbrosse et moi-même qu’il ne devait pas faire de prosélytisme. Je crois par ailleurs qu’il existe un petit nombre de prêtres francs-maçons en France (C’est déjà trop, Monseigneur !) Mais nous n’avons jamais fixé de règle de principe. (L’évêque peut-être mais pas l’Eglise !). Quant à moi, j’ai toujours été un évêque très libre de faire ce que je croyais être mon devoir de pasteur</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Je comprends… Et quelle liberté ! Il n’a pas craint d’écrire contre l’avis de Rome et du Pape, sur un autre sujet, un plaidoyer pour les divorcés remariés. C’est son livre « <strong>Chrétiens divorcés remariés »</strong> chez Desclée de Browers, en 1990. Il va même dans le détail dans une annexe significative, p. 187/189, il donne les indications concernant la cérémonie pour célébrer un remariage. Il faut le faire… !<br />
Ce « bon » Le Bourgeois ne serait-il pas, lui aussi, F.M. Il se sent très libre dans son devoir de pasteur. Je veux bien le croire…</p>
<p style="text-align: justify;">Son confrère dans l’épiscopat, Mge Seguy, s’inspirant de la pensée du cardinal Ratzinger, lui répond &#8211; cinq jours après l’interview &#8211; « <em>les autorités ecclésiales locales n’ont pas compétence pour se prononcer sur la nature des associations par un jugement qui impliquerait une dérogation ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Nos deux évêques &#8211; m’est avis &#8211; ont dû avoir préalablement à leurs précisions publiques, des conversations téléphoniques. Est-ce vrai, Excellence, que vous ayez donné l’autorisation ? Oui. Vous ne deviez pas, et de citer la phrase du cardinal Ratzinger approuvée par le Pape. Et notre évêque &#8211; à la retraite &#8211; de lui répondre : « <em>j’ai toujours géré librement mon diocèse</em> ».</p>
<p style="text-align: justify;">La note de Mgr Séguy semble avoir « agacé » les amis F.M. de l’abbé.<br />
<strong>Le 21 Décembre,</strong> l’un d’entre eux réagit et fait publier, toujours dans Le <strong>Figaro,</strong> des précisions intéressantes.<br />
Il fait remarquer que cet avis de décès :<br />
« …<em>a été rédigé par J.C. Desbrosse et lui seul</em> ».<br />
Je comprends mieux, à cette réflexion, la note sur ses joies intimes qu’il connût dans la Loge écossaise.<br />
Il  (l&#8217;ami) précise même que c’est bien « à sa demande expresse laissée par écrit » &#8211; par testament, je l’ai appris ensuite, déposé chez les pompes funèbres d’Autun &#8211; qu’à l’heure « fatale », cette note de décès fut transmise au Figaro. C’est le directeur des pompes funèbres lui-même qui l’a confirmé. Les Pompes funèbres savent &#8211; eux &#8211; respecter les intentions des défunts. Ils ne sont pas comme les curés d’Alençon…<br />
J’en déduis &#8211; quant à moi &#8211; que <strong>notre abbé n’a pas renoncé à son affiliation maçonnique et qu’ainsi il ne pouvait être honoré de la sépulture ecclésiastique</strong>.<br />
La discipline ecclésiastique est formelle. <strong>Le Canon 1240 §2</strong> de l’Ancien Droit Canon le dit expressément :<br />
<em>« Sont privés de la sépulture ecclésiastique à moins qu’ils n’aient donné quelques signes de pénitence avant leur mort (ce qui n’est pas le cas ici)</em><br />
<em>« ceux qui ont fait une apostasie notoire de la foi chrétienne ou sont attachés notoirement à une secte hérétique ou schismatique ou à la secte maçonnique ou aux sociétés du même genre ».</em></p>
<p style="text-align: justify;">Le nouveau Code &#8211; bien moins précis et pour cause peut-être &#8211; ne semble pas dire toutefois le contraire. C’est le canon 1184 § 3 qui doit être appliqué.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutes ces précisions me sont précieuses. Il faut réagir, pensais-je. J’informe la Maison générale de la FSSPX. J’avertis la Maison de Suresnes.<br />
J’écris au Nonce ma désapprobation. Je date ma lettre du 20 décembre.<br />
J’en envoie copie le lendemain à tous les évêques de France. Aux évêques, je suis plus précis sur l’affaire des obsèques ecclésiastiques, sachant, à cette date, que le prêtre n’avait pas renié son affiliation maçonnique.<br />
Je contacte la presse… Le Prieuré est bien organisé… En quelques heures tout cela est fait. Il pourrait servir de bureau de presse… Le seul journal <strong>Présent</strong> ainsi que <strong>Monde et Vie</strong> en font écho. Qu’ils en soient remerciés !</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai reçu, à cette date, quatre réponses épiscopales, de simples accusés de réception.<br />
Je n’ai pas encore reçu de réponse de la Nonciature, ni de Mgr Séguy… mais peu importe.<br />
Il fallait agir, écrire et dire notre désapprobation.<br />
C’est une question d’honneur, d’honneur de l’Eglise.<br />
C’est une question de respect du droit, du Droit ecclésiastique.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il faut aussi réfléchir.<br />
Au-delà de ce qui n’est qu’anecdote,<br />
Au-delà de cette affiliation de ce prêtre à la loge maçonnique (terrible réalité pour lui &#8211; prions pour le repos de son âme), cet événement est, peut-être un indice, une révélation.</p>
<p style="text-align: justify;">Il révèle peut-être une réalité, un drame &#8211; le drame de l’Eglise que nous révèlera, un jour, le troisième secret de Fatima. Une infiltration dans l’Eglise, dans son clergé &#8211; dans le bas et le haut clergé &#8211; dans la hiérarchie même d’une puissance « étrangère » à l’Eglise d’une puissance ennemi, d’une puissance hostile, d’une puissance destructrice, corruptrice dans sa pensée et dans son action, d’une puissance jouant un vrai rôle « démoniaque » dans l’Eglise, la détournant du vrai, l’empêchant de prendre les bonnes solutions pour réagir à la déconfiture de l’heure. Qui lui fait enseigner une doctrine hétérodoxe au lieu et place de sa « doctrine révélée ».<br />
Le cas « Desbrosse » est un signe…révélateur.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est certes difficile &#8211; pour ne pas dire impossible &#8211; de savoir qui appartient à une Loge. La loi du silence est la règle. Comme l’enseigne le Pape Léon XIII dans son encyclique <strong><em>Humanum genus,</em></strong> du 20 Avril 1884.<br />
« Les frères se sont séparés sous la loi du silence », telle est la phrase qui conclut toute réunion maçonnique.</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai eu en main un dossier perdu par un des leurs, secrétaire d’une loge maçonnique française d’une ville du Pays de Loire. J’ai pu lire les comptes-rendus des réunions, à l’époque sur l’avortement, ils se terminent toujours par cette phrase. J’ai tout brûlé à ce jour.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais s’il est difficile de savoir qui appartient physiquement aux Loges, il est facile de savoir, aujourd’hui, qui en partage les idées, l’idéologie. Les buts mercantiles, philanthropiques qui seraient, à les entendre, leurs vrais buts ne sont qu’apparence proposée pour cacher la réalité de la secte. Leurs buts sont tout autres !</p>
<p style="text-align: justify;">Leurs pensées philosophiques, politiques, religieuses se répandent dans tous les pays, dans beaucoup de têtes, dans les têtes politiques &#8211; ils ont gagné le pouvoir politique &#8211; mais aussi dans les têtes religieuses.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ils cherchent à gagner le pouvoir religieux, le pouvoir de l’Eglise.</strong><br />
<strong>C’est leur but : corrompre l’Eglise de l’intérieur en lui insufflant leur philosophie : le naturalisme politique, la philosophie voltairienne, rousseauiste.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">N’oublions pas les révélations de la Franc-Maçonnerie elle-même.<br />
Le Pape Clément XII en a eu connaissance.</p>
<p style="text-align: justify;">Ces révélations ont été publiées à la demande du Pape Grégoire XVI, puis de Pie IX par Crétineau-Joly dans son ouvrage <strong>« L’Eglise romaine et la Révolution</strong> ». Par le Bref d’approbation du 25 Février 1861 qu’il adresse à l’auteur, Pie IX a pour ainsi dire consacré l’authenticité des documents cités dans cet ouvrage.</p>
<p style="text-align: justify;">Or, on le sait :<br />
<strong>C’est le cœur et la tête de l’Eglise que vise la Franc-Maçonnerie.</strong><br />
«<em><strong> Ce que nous devons demander avant tout &#8211; disent ces instructions &#8211; ce que nous devons chercher et attendre comme les Juifs attendent le Messie, c’est un pape selon nos besoins ».</strong></em><br />
<em><strong>« On a chargé nos épaules d’un lourd fardeau… Nous devons arrivés par de petits moyens bien gradués, quoique assez mal définis, au triomphe de la Révolution par un Pape »…et le clergé !</strong></em><br />
<em><strong>« Le Pape, quel qu’il soit, ne viendra jamais aux sociétés secrètes ; c’est aux sociétés secrètes à faire le premier pas vers l’Eglise afin de les vaincre tous deux. Le travail que nous allons entreprendre n’est l’œuvre ni d’un jour, ni d’un siècle peut-être ; mais dans nos rangs le soldat meurt et le combat continue.</strong></em><br />
<em><strong>« …nous ne doutons pas d’arriver à ce terme suprême de nos efforts. Mais quand ? Mais comment ? L’inconnu ne se dé-gage pas encore. Néanmoins, rien ne doit nous écarter du plan tracé, au contraire, tout doit y tendre, comme si le succès devait couronner, dès demain, l’œuvre à peine ébauchée ».</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>« Or donc, pour nous assurer un pape dans les proportions exigées, il s’agit d’abord de lui façonner une génération digne du règne que nous rêvons.</strong></em><br />
<em><strong>« Laissez de côté la vieillesse et l’âge mûr ; allez à la jeunesse, et, si possible, jusqu’à l’enfance… C’est à la jeunesse qu’il faut aller, elle, que nous devons entraîner sans qu’elle s’en doute, sous le drapeau des sociétés secrètes ».</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et ce règne n’est rien d’autre que le règne qui a pour principe le refus d’obéir à la loi divine, qui a pour règle la volonté de se passer de Dieu et d’agir directement contre Dieu. Saint Augustin parlait de cette cité terrestre qui procède de l’amour de soi porté jusqu’au mépris de Dieu.</strong><br />
Voilà leur rêve caché, désiré, voulu qui &#8211; avec le temps &#8211; se réalise.<br />
Et pour ce faire, il faut toucher la jeunesse ecclésiastique et lui « faire passer, de proche en proche, glisser adroitement dans les esprits, les germes de nos dogmes ».</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà ! Tout est dit !<br />
<strong>Et ces dogmes et ces principes &#8211; répétons-le &#8211; ce sont ceux du naturalisme, du rationalisme, et du droit que Léon XIII appelle le « Droit nouveau » qui en un mot est démocratique et basé sur la négation du péché originel.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Au titre du rationalisme qui affirme que la raison est « maîtresse et souveraine », ils refusent toute vérité révélée, ils sont en conséquence les ardents défenseurs de la laïcité de l’Etat, il faut absolument, disent-ils, séparer l’Eglise de l’Etat et imposer le libéralisme politique. La secte maçonnique en est le propagateur. La Franc-Maçonnerie est le libéralisme politique en acte. Et la « gauche » et la « droite » y puisent leurs principes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais n’entendons-nous pas dans l’Eglise les grands prélats soutenir, étonnement, pareil langage.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Souvenez-vous des paroles de <strong>Mgr Vilnet</strong> alors président de la Conférence épiscopale déclarant lors d’un colloque sur « la Laïcité ouverte », le 22 avril 1989, à la Maison de la Chimie, à Paris, que l’Eglise vis à vis de l’Etat, est « <strong>interlocutrice et non régente</strong> ».</p>
<p style="text-align: justify;">Souvenez-vous aussi des paroles du <strong>cardinal Etchegaray.</strong> Hier, il disait :<br />
<em><strong>« L’Etat neutre, c’est bien ; mais ce n’est pas encore l’idéal… Après l’Etat chrétien, dont la Déclaration conciliaire sonne le glas, après l’Etat athée qui en est l’exacte et aussi intolérable antithèse, l’Etat laïque, neutre, passif et inengagé, a été certes un progrès, mais il reste lui-même marqué d’un certain fixisme et révèle une conception étriquée de la fonction étatique. Ne risque-t-il pas de devenir puissance de frein, si sa tâche essentielle consiste à rogner les ailes des projets des parties prenantes de la nation pour aboutir à la grisaille d’un résidu ou de plus petit dénominateur commun ? ».</strong></em></p>
<p style="text-align: justify;">Aujourd’hui, à<strong> Valence,</strong> comme légat pontifical lors des cérémonies commémorant le bi-centenaire de la mort en exil du Pie VI (1717-1799), il renouvelle pareil langage.</p>
<p style="text-align: justify;"><em><strong>« On peut s’interroger certes sur la lenteur, alourdie parfois de peines et de maladresses, avec laquelle la papauté s’est dégagée d’un pouvoir temporel multiséculaire. Mais cette évolution amorcée sous la pression de contrainte externes, s’est accélérée quand l’Eglise l’a conduite d’elle-même par une sorte de logique interne qui puise sa force dans l’Evangile (C’est fou de dire cela !) Et cette courbe ascendante a trouvé son point culminant au Concile Vatican II avec le Décret sur la « Liberté religieuse » qui se fonde sur les droits de la personne humaine et non sur les droits de la religion catholique</strong></em>. (C’est clair, ce n’est pas le langage vrai de l’Eglise catholique!)<br />
Il poursuit et conclut avec logique rejoignant ainsi la pensée maçonnique.<br />
<em><strong>« La laïcité est certes inséparable de l’unité nationale. Mais cette unité ne peut-être conçue en terme d’identité réductrice des différences dans une société de plus en plus massivement pluraliste. Après l’Etat chrétien dont le Concile a sonné le glas, après l’Etat athée qui en est l’exacte et aussi intolérable antithèse, l’Etat laïque ne saurait se contenter d’une neutralité par pur abstention : il est de son devoir, sans se renier, de faire appel aux valeurs religieuses comme à une référence capable de nourrir et de fortifier le tissu si fragile de la société</strong></em> ». (DC. 3 Oct. 1999, n° 2211, cd 828)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Le Cardinal réintroduit le « phénomène religieux » dans la société au seul titre du pluralisme et du besoin subjectif de l’individu et nullement au titre de la vérité du Christ. C’est ce qu’il faut comprendre.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Et Mgr Defois</strong> réaffirma &#8211; lui aussi &#8211; la nécessaire laïcité de l’Etat. On s’en souvient, dans une conférence de presse pour préparer la venue du Pape Jean Paul II à Reims, à l’occasion du millénaire du Baptême de Clovis. Il déclara : il n’est pas question pour l’Eglise :<br />
« <em><strong>…d’annexer l’histoire et l’identité française. Nous ne voulons pas récuser l’acquis de la Révolution qui a proclamé les Droits de l’Homme, l’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité comme socle moral de la nation », ni remettre en cause une séparation de l’Eglise et de l’Etat qui « paraît aujourd’hui comme une sauvegarde de nos libertés, y compris religieu</strong></em>ses ». (Ouest France, Février 1996)</p>
<p style="text-align: justify;">Tous ces prélats ne réalisent-ils pas les vœux maçonniques à savoir, prêcher <em>« une révolution en tiare et en chape marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n’aura besoin que d’être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde ».</em><br />
Elles sont terribles ces paroles. «<em> Que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des Clefs apostoliques ».</em><br />
Terribles parce qu’aujourd’hui réalisées.</p>
<p style="text-align: justify;">Et lorsque nous voyons le <strong>cardinal Ricard,</strong> arc hevêque de Bordeaux, à l’époque encore président de la conférence épiscopale française, écrire, dans <strong>le Figaro,</strong> c’était le 30 janvier 2004, en plein milieu du conflit sur le voile islamique : « <em><strong>Toutes les composantes religieuses doivent avoir droit de cité, publiquement, à condition de savoir aussi donner leur place aux autres et de ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République</strong></em> » nous sommes dans l’erreur absolue. Voici le commentaire qu’en fit Jean Madiran dans son livre « La laïcité dans l’Eglise » : « Relisons. <em>Condition</em> pour qu’une religion ait droit à l’existence dans la République française, ne pas se mettre en contradiction avec les grands principes de la République ! On croît rêver. Ces «<em> grands principes »</em> , c’est la mixité généralisée, composante obligatoire du principe essentiel de laïcité, ainsi que l’affirme l’exposé des motifs de la nouvelle loi laïque. Ce sont les <em>droits de l’homme,</em> et parmi eux le «<em> droit à l’avortement</em> ». Et aussi l’éducation morale des enfants entièrement et sans appel soumise à l’autorité de l’Etat. Demain peut-être, parmi « ces grands principes », on verra figurer le <em>droit à l’euthanasie</em>, le <em>mariage homosexuel</em>, et Dieu sait quoi encore. Plus fondamentalement, quelles que soient les suites de l’évolution fantaisiste et illimitée de ces « grands principes de la République », <span style="color: #cc0000;"><strong>le droit de cité de l’Eglise catholique ne peut dépendre de sa conformité à une loi politique, fut-ce une loi constitutionnelle.</strong></span> Et ce fut un jour sombre, annonciateur de grands malheurs, <span style="color: #cc0000;"><strong>ce jour du 30 janvier 2004 où le président de l’épiscopat français situa la légitimité de l’Eglise ailleurs que dans sa mission divine</strong></span> ». (op. cit. p. 79-80). Respecter les « grands principes de la République », la Maçonnerie n’en demandait pas tant. Et c’est ainsi «<em> Que le clergé marche sous « les étendard (maçonniques) croyant toujours marcher sous la bannière des Clefs apostoliques</em> ». Les autorités ecclésiales en sont la raison.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais n’en restons pas là.</p>
<p style="text-align: justify;">Un autre principe maçonnique très important est celui de <strong>l’indifférentisme religieux.</strong> C’est une conséquence du rationalisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Léon XIII le décrit très bien dans son encyclique… Quelle sagesse !<br />
<em>« En ouvrant leurs rangs à des adeptes qui viennent à eux des religions les plus diverses (même aux prêtres catholiques nous le savons maintenant) Ils deviennent plus capable d’accréditer la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à reléguer au rang des choses indifférentes, le souci de la religion et à mettre sur le pied d’égalité, toutes les formes religieuses.</em><br />
<em>« Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner la religion catholique car étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égalées ».</em></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Mais que fait-on à Rome, au Vatican ?</strong><br />
A quoi s’agite Mgr Etchegaray ?<br />
<strong>A la préparation de la journée de la réunion œcuménique du 27 Octobre 1986 à Assise</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi au Vatican, on vous parle d’<strong>œcuménisme</strong>… Là, en Loge, <strong>d’égalité des religions</strong> ! C’est la même chose.</p>
<p style="text-align: justify;">Du reste, les Loges ne s’y sont pas trompées.</p>
<p style="text-align: justify;">La Grande Loge Nationale de France, celle à laquelle appartenait un temps, l’abbé J.C. Desbrosse, pouvait donner le communiqué suivant : <em><strong>«Les maçons de la G.L.N.F désirent s’associer de tout cœur à la prière œcuménique qui, le 27 octobre, rassemblera à Assise tous les responsables de toutes les religions en faveur de la paix dans le monde »</strong></em> (cité dans le livre de Don Andrea Mancinella, « 1962. Révolution dans l’Eglise » (p. 147).</p>
<p style="text-align: justify;">Et mieux encore, le Grand Orient d’Italie pouvait écrire : <em><strong>« La sagesse maçonnique a établi que personne ne peut être initié s’il ne croit pas au G.A.D.U. (Grand architecte de l’univers), mais que personne ne peut être exclu de notre famille à cause du Dieu auquel il croit et de la façon dont il l’honore. C’est à cette interconfessionalisme qu’est due l’excommunication que nous avons subie en 1738 de la part de Clément XII. Mais l’Eglise était certainement dans l’erreur, s’il est vrai que le 27 octobre 1986, l’actuel pontife a rassemblé à Assise des hommes de toutes les confessions religieuses pour prier ensemble pour la paix. Et que cherchaient nos frères, sinon l’amour entre les hommes, la tolérance, la défense de la dignité humaine, quand ils se rassemblaient dans les Temples, se considérant égaux, au-dessus des fois politiques, des fois religieuses et de la couleur de la peau</strong></em> » (Hiram, revue du Grand Orient d’Italie, avril 1987)</p>
<p style="text-align: justify;">Détrompez-vous. Les frères maçons ne cherchent pas dans leurs Temples « l’amour entre les hommes, la tolérance, la défense de la dignité humaine », ils cherchent à détruire l’Eglise, à la ruiner de font en comble ; Car ce principe d’interconfessionalsime «suffit à lui seule,<strong> dit Léon XIII à ruiner la religion catholique car étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égalées ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">A Assise, en 1986, des hommes d’Eglise s’adonnèrent  à l’interconfessionalisme. Cet événement provoquera l’indifférentisme religieux, point voulu nécessairement par les prélats catholiques …mais réalisé tout de même par eux. Là aussi, la Franc-Maçonnerie a gagné.</p>
<p style="text-align: justify;">Je conclurais volontiers :</p>
<p style="text-align: justify;">La prochaine réunion d’Assise, celle du 27 octobre 2011, celle annoncée et organisée par Benoît XVI, loin d’être une réunion tout à la gloire et à l’honneur de Notre Seigneur Jésus-Christ, notre Maître et notre Rédempteur, tout à l’honneur de l’Eglise romaine, sera parce que « œcuménique » et <strong><span style="text-decoration: underline;">en tant que telle</span></strong>, c’est-à-dire indépendamment même de la volonté des organisateurs, et de ce qui pourra être dit, c’est-à-dire <span style="text-decoration: underline;"><strong>dans son principe même,</strong></span> sera une réunion à la gloire de la Franc-maçonnerie et de ses dogmes, c’est-à-dire de son naturalisme, de son indifférentisme, à la gloire de Satan. Ce sera le triomphe de la contre-église.</p>
<p style="text-align: justify;">L’affiliation de l’abbé Jean-Claude Desbrosse à la Loge d’Ecosse en est le signe certain.<br />
Il me fait penser aussi au témoignage du <strong>comte Paolo Sella di Monteluce,</strong> économiste et homme politique italien, cité dans le livre de Don Andrea Macillena, « <strong>1962, la révolution dans l’Eglise »,</strong> à la page 50 : « En octobre 1958, environ sept ou huit jours avant le Conclave, je me trouvais au sanctuaire d’Oropa, à l’un des habituels repas du groupe Attilio Botto, industriel de Bielle qui aimait réunir autour de lui des professionnels des différentes branches pour discuter sur divers problèmes. Ce jour là était invité un personnage que je connaissais comme une haute autorité maçonnique en contact avec le Vatican. Celui-ci me dit, en me raccompagnant cher moi en voiture : « le prochain pape ne sera pas Siri, comme on le murmure dans certains cercles romains, parce que c’est un cardinal trop autoritaire. On va élire un pape de conciliation. Le Patriarche de Venise Roncalli a déjà été choisi. Je répliquai surpris ; « choisi par qui ? » « Par nos maçons représentés au Conclave » me répondit sereinement mon courtois accompagnateur. <strong>Je demandais alors : « Il y a des maçons au Conclave ? ». « Bien sûr, m’entendis-je répondre, « l’Eglise est entre nos mains » Je répliquais stupéfait : « Alors qui commande dans l’Eglise ? ». Après un bref silence, la voix de mon accompagnateur martela : « <span style="text-decoration: underline;">Personne ne peut dire où sont les sommets, les sommets sont occultes »</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi le clergé marche sous l’étendard maçonnique tout en croyant toujours marcher sous la bannière des Clefs apostoliques.<br />
Il est temps de revenir au véritable enseignement constant de l’Eglise et à une juste pratique de l’œcuménisme tel que Léon XIII l’enseignait.<br />
C’est un devoir.<br />
C’est une question d’honneur.</p>


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		<title>Jugement de Mgr Williamson sur la rencontre du 14 septembre, Rome-Mgr Fellay:&#160;&#187;Les dons des Grecs&#160;&#187;&#8230;(II)</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 19:08:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[SOURCE &#8211; Mgr Williamson, fsspx &#8211; Commentaire Eleison &#8211; 27 août 2011 &#171;&#160;Les dons des Grecs&#160;&#187; (II) Ces reflexions de Mgr Williamson pour originales qu&#8217;elles soient, et dans  la forme et dans le fond, sont justes. Elles méritent notre attention surtout sa conclusion. Il pose la question fondamentale : « Monseigneur, où réside leur erreur essentielle [...]

<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/5085/jugement-de-mgr-williamson-sur-la-rencontre-du-14-septembre-rome-mgr-fellay/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Jugement de Mgr Williamson sur la rencontre du 14 septembre, Rome-Mgr Fellay: &laquo;&nbsp;Les dons des Grecs&nbsp;&raquo; (III)'>Jugement de Mgr Williamson sur la rencontre du 14 septembre, Rome-Mgr Fellay: &laquo;&nbsp;Les dons des Grecs&nbsp;&raquo; (III)</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/5067/mgr-fellay-a-rome-a-la-mi-septembre/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Mgr Fellay, à Rome, à la mi-septembre'>Mgr Fellay, à Rome, à la mi-septembre</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/3258/mgr-williamson-fsspxlutilite-des-dsicussions/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Mgr Williamson (FSSPX):L&#8217;utilité des discussions'>Mgr Williamson (FSSPX):L&#8217;utilité des discussions</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>SOURCE &#8211; Mgr Williamson, fsspx &#8211; Commentaire Eleison &#8211; 27 août 2011</p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>&laquo;&nbsp;Les dons des Grecs&nbsp;&raquo; (II)</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><em>Ces reflexions de Mgr Williamson pour originales qu&#8217;elles soient, et dans  la forme et dans le fond, sont justes. Elles méritent notre attention surtout sa conclusion. Il pose la question fondamentale : « Monseigneur, où réside leur erreur essentielle ? » il répond: &laquo;&nbsp;<strong><span style="text-decoration: underline;"><span style="color: #cc0000; text-decoration: underline;">Dans l&#8217;homme mis à la place de Dieu&nbsp;&raquo;.</span></span><span style="color: #cc0000;"> Ceux qui refont l&#8217;Eglise glissent dans l&#8217;apostasie, et ils entraînent à leur suite des âmes sans nombre&nbsp;&raquo;.</span></strong></em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #000000;"><em>Voilà une bonne définition du monde moderne, Voilà le formel de la Révolution. Voilà ce qu&#8217;a condamné tous les papes jusqu&#8217;à Pie XII. C&#8217;est ce que l&#8217;on comprend lorsqu&#8217;on lit les actes du Magistère . Les papes de Vatican II ont rompu avec cette analyse. C&#8217;est le drame que vit l&#8217;Eglise aujourd&#8217;hui.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
<em><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/williamson_eveque1.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5101" title="williamson_eveque" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/williamson_eveque1-300x215.jpg" alt="" width="300" height="215" /></a>« Mais, Monseigneur, comment la semaine dernière (CE 214) avez-vous pu mettre en question la sincérité et bonne volonté des officiels romains qui ne cherchent qu&#8217;à mettre fin à l&#8217;aliénation de la Fraternité St Pie X par rapport à l&#8217;Eglise officielle ? Vous les avez comparés aux Grecs qui trompèrent délibérément les Troyens avec le Cheval de Troie. Mais tout ce que veulent les Romains, c&#8217;est de dépasser cette division pénible qui a prévalu trop longtemps entre les catholiques de la Tradition et l&#8217;Autorité de l&#8217;Eglise ! »</em></p>
<p style="text-align: justify;">Réponse : il n&#8217;y a aucun besoin de mettre en question la sincérité et bonne volonté de ces Romains. Voilà précisément le problème ! Après presque 500 ans de protestantisme et de libéralisme notre époque est à tel point confuse et perverse que le monde est plein de gens qui font le mal tout en étant convaincus qu&#8217;ils font le bien. Et plus ces gens sont convaincus qu&#8217;ils font le bien, plus ils peuvent être dangereux parce que c&#8217;est avec d&#8217;autant plus de sincérité subjective et de bonnes intentions qu&#8217;ils poussent vers le mal objectif et entraînent d&#8217;autres à leur suite. Plus ces Romains sont convaincus que leur Néo-église est ce qu&#8217;il faut, et plus efficacement ils détruiront la vraie Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">« Mais, Monseigneur, Dieu seul est juge de leurs intentions !</p>
<p style="text-align: justify;">Dès qu&#8217;il s&#8217;agit de défendre la Foi, les intentions subjectives n&#8217;ont plus beaucoup d&#8217;importance. Si les Romains sont bien intentionnés en essayant d&#8217;attirer la FSSPX dans l&#8217;Eglise officielle, peut-être les aimerai-je sur le plan personnel, mais je n&#8217;en détesterai pas moins leurs erreurs. Si par contre ils ne sont pas bien intentionnés parce qu&#8217;ils sont conscients qu&#8217;ils cherchent à détruire la vraie Foi, je ne les aimerai plus et je détesterai encore plus leurs erreurs. Qu&#8217;ils soient aimables ou non, que je les aime ou non, cela a peu d&#8217;importance, ou aucune, par rapport au fait objectif qu&#8217;ils sont en train de détruire l&#8217;Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">Lorsque des hommes aimables colportent d&#8217;horribles erreurs, trop facilement il en résulte de deux choses l&#8217;une : ou bien j&#8217;en conclus que leurs erreurs sont aussi aimables que les hommes eux-mêmes et alors les hommes m&#8217;attirent vers le libéralisme, ou bien je conclus que les hommes sont aussi horribles que leurs erreurs, et dans ce cas-là, par exemple, les erreurs des Papes conciliaires m&#8217;attirent vers le sédévacantisme. Mais la réalité actuelle, c&#8217;est que jamais dans toute l&#8217;histoire de l&#8217;humanité il n&#8217;a été si facile pour les hommes d&#8217;être aussi aimables que leurs erreurs sont horribles. Telle est notre époque. On ne verra pire que sous l&#8217;Antéchrist, mais c&#8217;est bien ses prédécesseurs qui mènent dès aujourd&#8217;hui le monde à sa ruine.</p>
<p style="text-align: justify;">En attendant il est certain que les Romains qui vont rencontrer le 14 septembre les chefs de la FSSPX seront convaincus que la Néo-église telle que Vatican II l&#8217;a refaite est l&#8217;Eglise qu&#8217;il faut, et dans ce cas-là ils seront gravement dans l&#8217;erreur, mais il est possible aussi qu&#8217;on les choisisse pour leur charme personnel pour qu&#8217;ils attirent la FSSPX vers la Rome officielle. Alors ne soyez pas surpris, chers lecteurs, si on fera en sorte que la FSSPX semblera mépriser les offres nobles et les bonnes intentions de Rome, mais il n&#8217;en sera rien. L&#8217;unique objet d&#8217;un mépris éventuel de la part de la FSSPX portera sur les erreurs horribles. Vive la vraie Rome ! Vivent les Romains aimables ! Mais à la lanterne leurs erreurs horribles !</p>
<p style="text-align: justify;">« Monseigneur, où réside leur erreur essentielle ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Dans l&#8217;homme mis à la place de Dieu. Ceux qui refont l&#8217;Eglise glissent dans l&#8217;apostasie, et ils entraînent à leur suite des âmes sans nombre.</p>
<p style="text-align: justify;">Kyrie eleison.</p>


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		<title>Jugement de Mgr Williamson sur la rencontre du 14 septembre, Rome-Mgr Fellay: &#171;&#160;Les dons des Grecs&#160;&#187; (III)</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 15:26:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[ [Mgr Williamson - Commentaire Eleison] «Les dons des Grecs?» &#8212; III   SOURCE &#8211; Mgr Williamson, fsspx &#8211; Commentaire Eleison &#8211; 3 septembre 2011 La spéculation n&#8217;est que la speculation, les journalistes ne sont que des journalistes. Mais un journaliste italien a réclamé l&#8217;autorité d&#8217;un « officiel à l&#8217;intérieur du Vatican » pour écrire il [...]

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			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #cc0000;"><strong> <a href="http://tradinews.blogspot.com/2011/09/mgr-williamson-commentaire-eleison-les.html"><span style="color: #cc0000;">[Mgr Williamson - Commentaire Eleison] «Les dons des Grecs?» &#8212; III</span></a></strong></span></p>
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<div style="text-align: justify;"><a href="mailto:dinoscopus@gmail.com">SOURCE</a> &#8211; Mgr Williamson, fsspx &#8211; Commentaire Eleison &#8211; <strong>3 septembre 2011</strong></div>
<div style="text-align: justify;">
<hr />
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<div style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/williamson_eveque.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5086" title="williamson_eveque" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/williamson_eveque-300x215.jpg" alt="" width="300" height="215" /></a>La spéculation n&#8217;est que la speculation, les journalistes ne sont que des journalistes. Mais un journaliste italien a réclamé l&#8217;autorité d&#8217;un « officiel à l&#8217;intérieur du Vatican » pour écrire il y a deux semaines que la rencontre du 14 septembre entre des officiels romains et le Supérieur Général de la Fraternité St Pie X avec ses deux Assistants pourra traiter d&#8217;une éventuelle régularisation canonique de la FSSPX. Voici un résumé de l&#8217;<a href="http://vaticaninsider.lastampa.it/en/homepage/inquiries-and-interviews/detail/articolo/lefebvriani-vaticano-tradizione-fellay-7423/%20">article d&#8217;André Tornielli</a> (<em>Voir l&#8217;article après le commentaire de Mgr Williamlson).</em></div>
<div style="text-align: justify;"><em></em> </div>
<div style="text-align: justify;">Les officiels du Vatican soumettront à la FSSPX (1) une clarification de « l&#8217;herméneutique de la continuité » de Benoît XVI pour montrer comment elle fournit une interprétation plus authentique des textes de Vatican II.</div>
<div style="text-align: justify;"> Ils ne présenteront une solution à l&#8217;irrégularité canonique où les évêques et prêtres de la FSSPX se trouvent encore que si cette clarification résout les difficultés doctrinales. Cette solution serait (2) un Ordinariat comme on en a donné aux Anglicans au mois de mai, moyennant lequel la FSSPX dépendrait directement du Saint Siège à travers la Commission Ecclesia Dei. Une telle régularisation permettrait à la FSSPX de « garder son propre caractère » sans qu&#8217;elle ait à répondre aux évêques diocésains. Mais (3) un tel accord n&#8217;est pas certain, parce que « dans la FSSPX coexistent des sensibilités différentes ».A partir de tout ce que nous savons en public des rapports entre le Vatican et la FSSPX, ce pronostic de Tornielli pour la rencontre du 14 septembre paraît vraisemblable. Mais chacun de ses trois grands points mérite d&#8217;être commenté :&#8211;</p>
<p>D&#8217;abord, quant à l&#8217;abîme doctrinal entre le Vatican et la FSSPX de Mgr Lefebvre, on ne peut pas dire de « l&#8217;interprétation de continuité » de Benoît XVI qu&#8217;elle soit une solution. Si Tornielli a raison, il sera intéressant, mais peu édifiant, d&#8217;observer comment Rome essaiera de prouver encore une fois que 2 et 2 peuvent faire 4 ou 5, 5 ou 4. La doctrine catholique est aussi rigide, même si pas toujours aussi claire pour nous autres êtres humains, que deux et deux font quatre.</p>
<p>Ensuite, quant à la régularisation telle que Tornielli l&#8217;évoque, si &#8211; inconcevablement &#8211; la FSSPX venait à accepter quelque compromis doctrinal, il serait pour elle impossible de dépendre de ce Saint Siège-ci (2+2=4 ou 5) et en même temps de « garder son propre caractère » (fondé sur 2=2 font exclusivement 4). De l&#8217;accord pratique découlerait une pression constante et finalement irrésistible pour rendre la doctrine catholique non plus exclusive mais inclusive de l&#8217;erreur, comme quoi la FSSPX abandonnerait la raison même de son existence que Mgr Lefebvre lui a léguée.</p>
<p>Et enfin, Tornielli peut bien avoir raison lorsqu&#8217;il écrit qu&#8217;un accord n&#8217;est pas certain, mais il a absolument tort, comme son informateur dans le Vatican, si l&#8217;un ou l&#8217;autre pense que le problème se situe au niveau des « sensibilités différentes ». Les sensibilités sont subjectives. Le problème entre Rome et la FSSPX de Mgr Lefebvre est aussi objectif que 2+2=4. A aucun moment de l&#8217;histoire, depuis toujours et à tout jamais, sur aucune planète ni étoile, créée ou créable, n&#8217;a-t-il été, ne sera-t-il possible pour deux et deux de faire autre chose que quatre !</p>
<p>Lorsque tous les efforts tactiques entrepris par Mgr Lefebvre dans les négociations de mai 1988 pour obtenir du Cardinal Ratzinger une place sûre pour la Foi à l&#8217;intérieur de l&#8217;Eglise officielle ont échoué, n&#8217;est-ce pas à sa vue d&#8217;aigle stratégique que nous devons ses paroles célèbres ? &#8211; « Eminence, même si vous nous offriez tout ce que nous demandons, nous devrions quand même le refuser, parce que nous travaillons pour christianiser la société tandis que vous, vous travaillez pour la déchristianiser. La collaboration entre nous n&#8217;est pas possible.»</p>
<p>Kyrie eleison.</p>
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<p>Monday 05 September 2011:The Vatican summons the head of the Lefebvrists</p>
<p>On September 14, Bishop Fellay with the Holy See will discuss a possible agreement<br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>Andrea Tornielli</strong></span></p>
<p>atican City</p>
<p>Bishop Bernard Fellay, Superior General of the Society of St. Pius X, founded by Archbishop Lefebvre, has been summoned to the Vatican next 14 September. It is the first summit after the doctrinal talks last year in Rome, where there were clashes between the Holy See and Lefebvrian</p>
<p>delegations.</p>
<p>As readers will recall, since 2009 the Commission Ecclesia Dei, which deals with the Society of St. Pius X, has been incorporated in the Congregation for the Doctrine of the Faith and it has been entrusted to the leadership of Monsignor Guido Pozzo.</p>
<p>The doctrinal discussions, which addressed all of the nodes considered problematic by Lefebvre, who believes that, in some places, the Second Vatican Council represents a break with the tradition of the Church, have been concluded in recent months.</p>
<p>Now the Vatican should subject to Fellay some memoranda of understanding, clarifying doctrinal points, as for the Council, on the interpretation of the continuity in the reform suggested since December 2005 by Pope Benedict XVI as the more authentic interpretation of the texts of Vatican II.</p>
<p>A proposal for a canonical adjustment will be submitted to the Society only if doctrinal difficulties are overcome, and that will resolve the current situation, in which the Lefebvrist community finds itself now.</p>
<p>Although the Pope, in a gesture of goodwill, nullified the excommunication of the four bishops ordained by Archbishop Lefebvre in January 2009, bishops and priests of St. Pius X still live in a state of canonical irregularity.</p>
<p>The proposal which has been studied by the Vatican, would allow Lefebvrists the establishment of an ordinariate similar to that offered by the Pope has to Anglicans who wanted to come into communion with the Roman Catholic Church. In this way, the Fraternity would depend on the Holy See (and specifically on the Ecclesia Dei Commission) and could retain its characteristics without having to answer to the diocesan bishops.</p>
<p>The meeting of 14 September, that Vatican Insider is able to confirm, therefore, represents a new step in the journey of these troubled years. But it is premature to provide conclusions: in fact, it is known that within the SSPX there coexist different sensitivities and some consider difficult to reach an agreement.</p>
<p>It should be noted that Pope Ratzinger, who wanted to close the Lefebvre mini-schism, has already completed two very significant steps in the direction requested by the Fraternity: he has liberalized the old pre-Conciliar Missal and has lifted the excommunications in force since 1988.</p>


<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/5100/les-dons-des-grecs-ii/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Jugement de Mgr Williamson sur la rencontre du 14 septembre, Rome-Mgr Fellay:&nbsp;&raquo;Les dons des Grecs&nbsp;&raquo;&#8230;(II)'>Jugement de Mgr Williamson sur la rencontre du 14 septembre, Rome-Mgr Fellay:&nbsp;&raquo;Les dons des Grecs&nbsp;&raquo;&#8230;(II)</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/5067/mgr-fellay-a-rome-a-la-mi-septembre/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Mgr Fellay, à Rome, à la mi-septembre'>Mgr Fellay, à Rome, à la mi-septembre</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/3059/econe-les-4-eveques-ordonnes-par-mgr-lefebvre-nnss-fellay-tissier-de-galarreta-williamson-sous-le-porche-canonique-de-l%e2%80%99eglise/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Ecône : Les 4 évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, NNSS Fellay, Tissier, de Galarreta, Williamson, sous le porche (canonique) de l’Eglise'>Ecône : Les 4 évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, NNSS Fellay, Tissier, de Galarreta, Williamson, sous le porche (canonique) de l’Eglise</a></li>
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		<title>Conférence de Mgr Felay sur &#171;&#160;l&#8217;actualité des rapports entre Rome et la Fraternité&#160;&#187;, le 15 août 2011</title>
		<link>http://www.revue-item.com/5082/conference-de-mgr-felay-sur-lactualite-des-rapports-entre-rome-et-la-fraternite-le-15-aout-2011/</link>
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		<pubDate>Mon, 05 Sep 2011 14:57:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[[FSSPX] Conférence Mgr Bernard Fellay : actualité des rapports entre Rome et la Fraternité &#8211; 15 août 2011 SOURCE &#8211; Mise en Ligne: La Porte Latine &#8211; 15 août 2011 &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211; VI° Université d&#8217;été, 15 août 2011. Ecole Sainte-Marie (35) Abbé Lorans L’abbé de Cacqueray nous parlait de cette évolution que nous constatons. Vous-même, qui [...]

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<li><a href='http://www.revue-item.com/5124/la-rencontre-du-14-septembre-2011-entre-romme-et-la-fsspx/' rel='bookmark' title='Permanent Link: La rencontre du 14 septembre 2011 entre Rome et la FSSPX'>La rencontre du 14 septembre 2011 entre Rome et la FSSPX</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><span style="color: #cc0000;"><strong>[FSSPX] Conférence Mgr Bernard Fellay : actualité des rapports entre Rome et la Fraternité &#8211; 15 août 2011</strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>SOURCE &#8211; Mise en Ligne: La Porte Latine &#8211; 15 août 2011</strong></span></p></blockquote>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
VI° Université d&#8217;été, 15 août 2011. Ecole Sainte-Marie (35)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #cc0000;">Abbé Lorans</span></strong><br />
<em>L’abbé de Cacqueray nous parlait de cette évolution que nous constatons. Vous-même, qui êtes à la tête de la Fraternité, qui avez des contacts directs avec Rome, avez-vous eu l&#8217;impression que la feuille de route (les préalables demandés avant toute reconnaissance canonique de la Fraternité Saint-Pie X, NDLR) était suivie ? Avez-vous aussi, à partir des documents qui émanent de Rome, le sentiment que la ligne de partage se déplace ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Mgr Fellay</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/Mgr-Fellay.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-5083" title="Mgr Fellay" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/09/Mgr-Fellay-300x204.jpg" alt="" width="300" height="204" /></a>Il y a effectivement beaucoup de choses intéressantes qui se passent ; elles ne se passent pas comme on le voudrait mais c&#8217;est normal puisqu&#8217;on a affaire à des hommes. Notre feuille de route, avec ses fameux préalables, avait été transmise à Rome au début de l’année 2001. En février, la réponse de Rome était telle que j&#8217;ai dû répondre que nous ne pouvions pas poursuivre en l’état : « Si c&#8217;est comme ça, on suspend ».</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est ainsi que cela a commencé, en l&#8217;an 2001. Au sujet de la messe, le cardinal Castrillón Hoyos disait : « Le pape est d&#8217;accord. Le pape est d&#8217;accord que la messe n&#8217;a jamais été abrogée et que par conséquent tout prêtre peut la dire ». Et sur ses doigts, il faisait la liste des cardinaux de Rome qui étaient d’accord aussi. Je lui ai dit : « dans ce cas, où est le problème ? » – « Vous comprenez, les secrétaires des congrégations, les sous-secrétaires, eux ils ne sont pas d&#8217;accord, et donc on ne peut pas vous l&#8217;accorder ».</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;était comme cela pour la messe. Quant à la question de l&#8217;excommunication, la réponse était : « Rassurez-vous on règlera ça quand on signera les accords ». J’ai répliqué que pour avancer nous avions besoin de marques de confiance de la part de Rome et qu’à défaut, nous n’avions pas d’autre choix que de suspendre les discussions. Le cardinal a rétorqué : « je n’aime pas ce mot-là ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et puis est arrivé Benoît XVI, qui va reprendre la question de la messe, relativement vite. Bien sûr, le Motu proprio [Summorum Pontificum] vaut ce qu&#8217;il vaut, mais il contient des éléments essentiels, capitaux, il est pour moi comme une pierre milliaire. Je pense que, dans l&#8217;histoire de l&#8217;Eglise, on se rappellera de ce texte qui reconnaît que la messe de saint Pie V n’a jamais été abrogée.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous savez, lorsqu&#8217;une matière est reprise dans toute son ampleur, lorsque le législateur reprend une loi pour la modifier de fond en comble, on considère que la loi précédente est abrogée. Il en va de même des lois liturgiques. Qu&#8217;il y ait donc cette affirmation, en deux mots : « numquam abrogatam, jamais abrogée », c&#8217;est d’une force ! On a de la peine à le concevoir, mais enfin le législateur sait ce qu&#8217;il dit : « Elle n&#8217;a jamais été abrogée ». De dire qu&#8217;une loi n’a pas été abrogée, cela veut dire qu&#8217;elle s&#8217;est maintenue dans l&#8217;état où elle était auparavant. La loi précédente, la messe de toujours, c&#8217;est donc la loi universelle, c&#8217;est la messe de l&#8217;Eglise. Lorsque le pape actuel affirme que la messe n’a jamais été abrogée, cela veut dire qu’elle est toujours en vigueur, qu’elle continue à être la messe de l’Eglise. Il ne s&#8217;agit plus de permission, de privilège etc., c&#8217;est la loi de l&#8217;Eglise, autrement dit un droit universel de tout catholique, prêtre ou fidèle. C’est ce qui est expressément reconnu dans le fameux Motu proprio de 2007.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est fondamental, même si d’autres parties du texte sont discutables, et que nous ne sommes pas d’accord du tout avec elles. Mais si l’on considère la vigueur que ce Motu proprio donne à la messe contre ses détracteurs, c’est vraiment très très fort. On se demande comment jamais dans le futur on pourra démolir cette messe.</p>
<p style="text-align: justify;">De ce point de vue, l’avènement de Benoît XVI a été comme un déclic. Quoiqu&#8217;on pense, quoiqu&#8217;on dise de la personne elle-même, une nouvelle ambiance est apparue. Au Vatican même cette arrivée a donné du courage à ceux, appelons-les conservateurs, qui jusque-là frôlaient les murs… Peut-être d’ailleurs encore maintenant les frôlent-ils ! parce que la pression ou l&#8217;oppression des progressistes est toujours là ; ce qui rend le gouvernement même presque impossible.</p>
<p style="text-align: justify;">L’ambiance en tout cas a changé. On le voit dans la nouvelle génération qui, elle, n&#8217;est plus liée au concile. Pour les nouvelles générations et tous ceux qui ont 20 ans aujourd&#8217;hui, le concile, c&#8217;est le millénaire passé, c&#8217;est quelque chose de bien vieux. Cette génération qui n’a pas connu le concile, et qui voit l&#8217;Eglise dans un état si piteux, se pose nécessairement des questions. Elle se pose des questions d&#8217;une manière tout à fait différente de ceux qui ont vécu le concile, de ceux qui l&#8217;ont fait et qui y sont viscéralement attachés, parce qu&#8217;ils voulaient démolir le passé, parce qu&#8217;ils voulaient tourner la page.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette nouvelle génération ressent un vide, elle est ouverte, elle cherche, elle jette sur nous un regard de sympathie mais éprouve en même temps vis-à-vis de nous de la méfiance parce que nous sommes marqués, exclus… Cependant une espèce d&#8217;effervescence dans la jeunesse inquiète les progressistes à tel point qu’aujourd&#8217;hui ils se posent la question : « L’avenir de l&#8217;Eglise, sera-t-il progressiste ou conservateur ? »</p>
<p style="text-align: justify;">Dans certains séminaires modernes les professeurs constatent avec effroi que le choix des séminaristes se porte sur des ouvrages plus sérieux que ceux qui leur sont proposés ; ce phénomène est assez généralisé. J&#8217;ai eu des aveux d&#8217;évêques, ou de professeurs de séminaire. Un professeur de séminaire m’a dit littéralement : « Je ne peux plus donner mon cours comme avant, les séminaristes m’obligent à être beaucoup plus conservateur ». Ce n’est encore qu’une tendance, mais c’est très intéressant. Plusieurs textes émanant de Rome demandent des réformes dans les études, dans les séminaires, dans les universités. Ce sont manifestement des coups de frein. Malheureusement, on a l&#8217;impression qu’ils restent lettre morte – et je pense qu&#8217;on n&#8217;a pas tort de le penser. Néanmoins on voit ces efforts, c&#8217;est déjà quelque chose, ce n’est plus le pur modernisme.</p>
<p style="text-align: justify;">Un élément très important, vraiment très important, ce sont les premières attaques sur le concile qui n’émanent pas de nous mais de personnes reconnues, qui portent un titre, tel Mgr Gherardini qui ne s’est pas contenté d’écrire un seul livre mais qui continue d’écrire, et de façon de plus en plus hardie. Lorsque je l&#8217;ai rencontré, il m’a tenu ce propos : « Il y a 40 ans que j&#8217;ai ces choses sur la conscience, je ne peux pas paraître devant le Bon Dieu sans les dire ». En fait il est pour ainsi dire avec nous, mais il utilise une forme d’expression très romaine, très prudente, circonstanciée, tout en disant ce qu’il a à dire.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce même contexte, le 22 décembre 2005, le pape a prononcé son célèbre discours à la Curie dans lequel il condamne une ligne d&#8217;interprétation du concile, la fameuse ligne de rupture. A la première lecture, je vous avoue avoir pensé que nous étions visés ! mais par la suite je ne suis rendu compte qu’il parlait des progressistes.</p>
<p style="text-align: justify;">Parce que justement le pape dénonçait et condamnait ceux qui voient dans le concile une rupture avec le passé. Bien sûr s&#8217;il y a quelqu&#8217;un qui voit dans le concile une rupture avec le passé, c&#8217;est bien nous. Et pour étayer notre propos, nous ne craignons pas de citer les Congar, les Suenens, ceux qui ont dit que c&#8217;était la Révolution de 89 dans l&#8217;Eglise, ou la Révolution d&#8217;octobre 1917, la révolution russe. Ce sont des paroles très fortes. Et puis, ce n’est pas seulement nous, c&#8217;est tout le monde qui a pu constater que ce concile avait été un grand changement, un véritable chamboulement. Même Paul VI a reconnu qu’alors qu’il attendait une brise légère, c’est une grande tempête qui s’était déchaînée… Eh bien, cette ligne de rupture dénoncée, c’est la condamnation de ceux qui voient dans le concile une rupture avec le passé. Le pape condamne cette attitude qui voudrait faire appel à « l&#8217;esprit du concile » pour revendiquer un Vatican III, une révolution permanente…</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais faire ici une remarque, car peut-être nous abusons-nous. Lorsqu’on voit condamner l’herméneutique de la rupture, on pense immédiatement que l’autre est l’herméneutique de la continuité. Or le pape n’a pas parlé de l’« herméneutique de la continuité », mais de l’« herméneutique de la réforme ». Ce n&#8217;est pas la même chose ! En continuant le texte, on voit bien qu’il est pour le concile, qu’il est pour tout ce contre quoi nous sommes ! Dans ce concile, tout ce que nous attaquons, lui il le défend. Mais néanmoins on voit très bien qu&#8217;il condamne une ligne. C’est un commencement, mais évidemment ce n’est pas suffisant ; cela montre seulement que les autorités ont pris conscience que quelque chose ne va pas dans l’Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">Poursuivons. Le 2 juillet 2010, Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, a donné à Wigratzbad, aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre, une conférence sur Lumen Gentium portant justement sur cette question de l’interprétation du concile. Ces questions d&#8217;interprétation sont quelque chose de très moderne, il faut bien le comprendre. Mais je voudrais vous montrer qu’il y a des choses qui bougent, même si de notre côté nous espérons que ce n’est qu’un début et que les choses iront plus loin. Nous, nous n’hésitons pas à attaquer le concile en tant que tel, en mettant l’accent sur ce qui ne va pas.</p>
<p style="text-align: justify;">A Rome, la position de Mgr Pozzo, et on peut dire celle du pape, est encore en révérence totale à l’égard du concile, mais il voit qu&#8217;il y a des choses qui ne vont pas. Il ne dira pas encore « c’est la faute du concile », mais « c’est la faute de la manière de comprendre le concile ». Il s&#8217;agit justement de l&#8217;interprétation, ou de l&#8217;herméneutique. Si Rome avoue maintenant qu’il y a une manière fausse d’interpréter le concile, cela laisse évidemment supposer qu’il y en a une qui est juste. Mais, sur beaucoup de points que nous condamnons au niveau de la chose elle même (sans en regarder la cause), on constate que finalement, sans oser trop le dire, ils sont d&#8217;accord.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans la conclusion de ses conférences à Wigratzbad, Mgr Pozzo parlera d’une idéologie « conciliaire », puis d’une idéologie « para-conciliaire ». Le terme d’idéologie désigne quelque chose de mauvais, une erreur, c’est même un système d’erreurs. Essayez de comprendre ce que veut dire cette phrase : « une idéologie para-conciliaire s&#8217;est emparée du concile depuis le début en se superposant à lui ». Cela veut dire que d’après lui, le concile depuis le début n’a pas été compris comme il le devait. C&#8217;est–à-dire que la seule manière qui restait aujourd’hui de pouvoir comprendre le concile était fausse. C’est une curieuse manière de vouloir sauver le concile, tout en reconnaissant que ce qui a été dit du concile depuis 40 ans est faux ! Même si ce n’est qu’un début d’aveu, il faut en prendre note. Evidemment, cela ne nous suffit pas, mais c&#8217;est quand même fort intéressant de voir comment ils essayent de s&#8217;en sortir. C&#8217;est de l&#8217;équilibrisme&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;">On entend des phrases telles que : « Le concile n’est pas appliqué, le concile est mal compris, c’est pour cela que cela ne va pas dans l’Eglise ». Encore faut-il l’expliquer ! Pourquoi cela ne va pas dans l&#8217;Eglise ? Parce qu’on n&#8217;a pas réussi à appliquer le concile. Mais alors, qu&#8217;est-ce qu&#8217;ils ont fait pendant ces 40 ans ? C’est là un gros problème. Qui était responsable de l&#8217;interprétation du concile pendant ces 40 années ? Si ce ne sont pas les autorités à Rome, c’est qu’elles ont dormi pendant 40 ans, elles ont laissé faire les autres, qu’ont-elles fait ? Voyez-vous, il y a quand même beaucoup de questions qu&#8217;on peut introduire à partir même de leur point de départ où se dessine un début d&#8217;aveu.</p>
<p style="text-align: justify;">Le pape parle de l&#8217;esprit du concile en le condamnant alors que toutes les réformes ont été faites dans l&#8217;esprit du concile. Qu&#8217;est ce qui reste ? Et maintenant, on nous dit qu&#8217;il y a une idéologie conciliaire qui s&#8217;est emparée du concile depuis le début!</p>
<p style="text-align: justify;">On peut imaginer le concile se trouvant dans une bulle ; on voit la capsule extérieure mais on n’arrive pas à l’intérieur. De sorte qu&#8217;on ne voit que cette capsule extérieure et non pas le concile ; on n&#8217;arrive plus à parvenir au concile. C&#8217;est très moderne comme idée, comme perspective. On aimerait bien savoir qui est à l’origine de l’idéologie para-conciliaire, celle qui s’est emparée du concile pour faire en sorte qu’on ne puisse plus le comprendre comme les Pères conciliaires l’avaient voulu… Il serait intéressant de le savoir. Autant de questions qui viennent à l’esprit, parce que cela commence à bouger. On se rend compte que ce qui était tabou commence à branler, alors on essaie de sauver le tabou en l’entourant d’une bulle. Aujourd’hui, vous avez le droit de tirer sur la bulle, mais pas sur ce qui est dedans. Vous pouvez dénoncer l’idéologie para-conciliaire, mais ne touchez pas au concile.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans ce contexte, Mgr Gherardini dont je parlais tout à l’heure va aller un peu plus loin en touchant au concile. Je pense que c&#8217;est le premier personnage officiel, renommé, qui ose le faire. Sa qualité de doyen de la Faculté de théologie du Latran, chanoine de Saint-Pierre, directeur de la revue Divinitas lui donne autorité. A 85 ans, il a parlé à Rome, et des personnes qui n’étaient pas de notre côté ont abordé les questions du concile. Mgr Schneider, un évêque, a même proposé de faire un Syllabus sur le concile, dans le but d’épurer et de condamner tout ce qui n’est pas clair dans Vatican II, toutes les propositions qui sont ambiguës.</p>
<p style="text-align: justify;">Tous ces événements me font penser à une casserole d’eau sur le feu qui commence à former les premières bulles. Ce n’est pas encore l’ébullition, mais ça commence à chauffer. Pendant ce temps, nous restons dans l’expectative.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Abbé Lorans</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Lors d’une récente prédication au séminaire de Winona, vous avez dit que nous n’étions pas en rapport avec Rome, mais avec “les Rome”. Quelle est l’ambiance au Vatican actuellement ? Pouvez-vous nous aider à y voir un peu plus clair ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Mgr Fellay</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">En Valais, une montagne, le Zinalrothorn, culmine à 4.000 mètres ; l’une de ses arrêtes s’appelle le Rasoir et mesure une dizaine de mètres de long. Le seul moyen de la passer est à califourchon, ou encore d’un côté, vous avez alors les mains sur la crête et les pieds sur la face, avec de chaque côté 500 ou 1.000 mètres de chute. J’ai l’impression que non seulement cela s’applique à nos rapports avec Rome, mais plus encore que c’est franchement un fil d’équilibriste. C’est pourquoi j’utilise carrément le terme de « contradictions ».</p>
<p style="text-align: justify;">En juin 2009, j’avais demandé un rendez-vous au cardinal Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège, pour tenter de tirer au clair ces contradictions. Après avoir beaucoup insisté, la réponse suivante est arrivée : « le cardinal Levada vous recevra ». C’est la diplomatie romaine ! J’aimerais vous donner quelques exemples de ces contradictions pour vous montrer le climat qui règne à Rome, c&#8217;est à dire dans quoi ou avec quoi on travaille, c’est très difficile.</p>
<p style="text-align: justify;">Certains éléments ont déjà été abordés dans la première partie de cette conférence, mais il est bon de les résumer en les regroupant.</p>
<p style="text-align: justify;">Nos rapports avec Rome se sont fortement tendus peu après la sortie du décret sur la levée des excommunications, le 21 janvier 2009. Au mois de mars, à Sitientes, jour des ordinations au sous-diaconat, les évêques allemands ont mis sur pied une stratégie pour essayer de nous « mettre dehors ». Mgr Zollitsch, le président de la Conférence épiscopale allemande, a déclaré à un groupe de députés : « D’ici la fin de l’année, la Fraternité Saint-Pie X sera à nouveau hors de l’Eglise ». Je tiens ces propos de l’un des députés, c’est une information directe. Ils avaient donc leur plan pour contrer l’argument de la levée de l’excommunication qu’ils ne pouvaient plus utiliser.</p>
<p style="text-align: justify;">On voit très bien que les progressistes ont essayé d’utiliser deux pistes. La première est celle du concile. Pour que la Fraternité Saint-Pie X puisse prétendre à une reconnaissance canonique, elle doit reconnaître le concile et en accepter toutes les réformes, ainsi que le magistère de tous les papes depuis le concile. C’est très fort, car ils savent parfaitement que nous n’accepterons jamais de marcher dans une telle voie. C’est de fait rendre impossible cette reconnaissance canonique. Il est facile ensuite de nous condamner d’être contre le concile, preuve que nous sommes schismatiques, etc.</p>
<p style="text-align: justify;">La seconde est une ligne plus disciplinaire, celle de l’obéissance. Il est quand même curieux que juste après la levée des excommunications par Rome, l’évêque de Ratisbonne, dans le diocèse duquel est situé notre séminaire de Zaitkofen, interdise à nos évêques les ordinations de nos propres séminaristes ! Mais c&#8217;est ce qu&#8217;il a fait. Cela fait 30 ans que notre séminaire se trouve sur son territoire sans qu’il soit jamais intervenu ! Il choisit juste le moment de la levée des excommunications pour prendre cette décision… La Conférence des évêques allemands s’est empressée de renchérir par la bouche de Mgr Zollitch qui a déclaré : « Si ces évêques font ces ordinations, le pape doit les excommunier ». Il est descendu à Rome pour faire pression sur le pape et sur le cardinal Bertone.</p>
<p style="text-align: justify;">Et je reçois, dix jours avant ces ordinations, une communication téléphonique du cardinal Castrillón qui me dit : « Cela m’ennuie de vous faire une demande qui va vous sembler un peu curieuse, mais le pape n&#8217;a pas que des amis, les évêques allemands font pression, vous feriez une faveur au pape en ne faisant pas ces ordinations en Allemagne ». Après en avoir conféré avec mes Assistants et avec autres évêques, il a été décidé de faire un geste, sans que ce soit une capitulation. A Sitientes, il n&#8217;y aura donc pas d&#8217;ordination à Zaitkofen, mais les séminaristes deviendront ce jour-là sous-diacres… à Ecône. Et puis il est bien entendu que c&#8217;est un geste qu&#8217;on ne fait qu’une fois ; donc les ordinations de juin sont maintenues. Nous voulions que cela soit compris à Rome non pas comme une capitulation, mais comme un geste. Cela ne leur a pas plu et m’a valu une nouvelle lettre…</p>
<p style="text-align: justify;">Deux jours avant Sitientes, nouveau coup de téléphone du cardinal Castrillón, le troisième en une semaine, c&#8217;est quand même une pression forte ! Cette fois, l&#8217;ordre est net : « Vous désobéissez formellement, vous allez retomber dans vos censures. Il ne faut pas faire ces ordinations. Il faut demander au pape la permission mais je vous assure – il parlait en italien – quasi immediatamente, quasi immédiatement, vous allez recevoir la permission ». Il a ajouté : « D’ici Pâques la Fraternité sera reconnue ». « Je ne comprends pas, ai-je répondu, un texte officiel (une note de la Secrétairerie d’Etat) vient de sortir stipulant que la Fraternité ne sera pas reconnue tant qu&#8217;elle ne reconnaîtra pas le concile, vous savez parfaitement ce que nous pensons du concile, comment pouvez-vous dire cela ?! » Réponse du cardinal : « Ce texte n&#8217;est pas signé ; il s’agit de textes administratifs, de textes politiques ; et puis ce n&#8217;est pas ce que pense le pape ».<br />
Alors maintenant qui dois-je croire ? Croire le cardinal au téléphone (c’est par oral, il n&#8217;y a aucune trace), ou bien le texte officiel ?<br />
Au point où en étaient les choses, j&#8217;ai écrit au pape pour l’informer tout simplement de ce qui se passait. Je lui ai demandé de ne pas voir dans ces ordinations un acte de rébellion mais un acte de survie posé dans des circonstances complexes et difficiles. Et la chose est passée.<br />
D&#8217;ailleurs je ne vois pas comment ils auraient réussi à nous condamner pour avoir ordonné des sous-diacres, puisque chez eux les sous-diacres n&#8217;existent pas ! Etre puni pour quelque chose qui n’existe pas, c’était quand même difficile.<br />
Et après il y a eu les ordinations au diaconat et à la prêtrise, et c&#8217;est passé. Mais les évêques allemands ont essayé de les empêcher. C’est quand même une petite victoire ! Réalisez que nous sommes une toute petite congrégation, une petite congrégation qui se bat contre une conférence épiscopale, pas n&#8217;importe laquelle, et on gagne. On a gagné. C&#8217;est invraisemblable… Mais il ne s’agit pas de nous&#8230; Les conflits sont de toutes sortes, mais d’abord doctrinaux.<br />
Le pape Benoît XVI a osé reconnaître [lors de l’audience du 29 août 2005, à Castel Gandolfo , NDLR] : « Peut-être y a-t-il, peut-être pourrait-on dire qu’il y a état de nécessité en France, en Allemagne ». Remarquez que dans un état de nécessité, les organismes nécessaires au bon fonctionnement d’un corps social ne fonctionnent plus, c’est une espèce de sauve-qui-peut ; chacun se sauve d’abord, puis collabore à aider les autres comme il le peut. C’est une situation invraisemblable. Vous voyez la contradiction : d’un côté on vous dit que la Fraternité ne peut pas être reconnue, mais de l’autre on vous dit qu’elle est reconnue puisque le pape vous reconnaît. Alors quid ?<br />
Je vais vous citer d’autres exemples de contradictions qui nous montrent qu’il y a divers courants à Rome, dont certains très puissants. Essayez de savoir dans lequel se trouve le pape ? Ce n’est pas évident.<br />
En septembre de l’année passée, c’est donc tout récent, un prêtre américain d’une Congrégation (il me semble que sont les Augustiniens) nous a rejoint. Au mois de septembre 2010, il reçoit une lettre de son provincial à laquelle est jointe une lettre de la Congrégation des religieux confirmant la décision du Provincial, et qui dit ceci : « Vous n&#8217;êtes plus membre des Augustiniens parce que vous avez rejoint la Fraternité ». La lettre de la Congrégation des religieux dit très précisément ceci : « Le père Untel (je ne cite pas son nom) n&#8217;appartient plus à votre Congrégation, il est excommunié parce qu’il a perdu la foi en rejoignant formellement le schisme de Mgr Lefebvre ». C&#8217;est daté du mois de septembre de l&#8217;année passée ! En conséquence pour Rome, rejoindre la Fraternité c’est rejoindre un schisme et perdre la foi, et on se retrouve excommunié. Je suis allé à Rome avec ce papier, évidemment !<br />
Lorsque j’ai commencé à lire ce passage à Mgr Pozzo – secrétaire d’Ecclesia Dei ; le président en est le cardinal Levada qui est en même temps préfet de la Congrégation de la Foi – il m’a arrêté au milieu de la phrase en me disant : « Je sais déjà tout ça, on s&#8217;en est occupé il y a deux semaines. Nous avons dit à la Congrégation des religieux qu&#8217;ils ne sont pas compétents pour dire cela et qu&#8217;ils doivent réviser leur jugement ». Il a continué en me disant : « Cette lettre voici comment il faut la traiter… Comme ça ». Et de joindre le geste expressif de la déchirer. Ainsi, voilà comment une instance romaine me dit qu&#8217;il faut traiter un document officiel d&#8217;une autre instance romaine, de la manière la plus radicale qu&#8217;on puisse imaginer en la mettant au panier, en la déchirant…. C&#8217;est quand même un peu fort ! Sur le fond, cela signifie qu&#8217;à Rome certaines instances des congrégations, des dicastères nous déclarent schismatiques, hérétiques, ayant perdu la foi, alors que d’autres nous considèrent comme catholiques, presque comme normaux, n&#8217;ayant plus aucune peine, plus aucune censure. Quelle confusion !<br />
Vous voyez que l’on peut vraiment parler de contradictions ; des personnes au gouvernement à Rome ont des perspectives sur nous diamétralement opposées ! Ainsi, pendant que se déroulent les fameuses discussions théologiques, nos prêtres logent à Sainte-Marthe – c&#8217;est le bâtiment où logent les cardinaux quand il y a des consistoires, des conclaves, et qui sert d&#8217;habitude à recevoir les évêques – et ils disent la messe à Saint-Pierre. Alors pendant que d’un côté l’on discute de doctrine, de l&#8217;autre côté nos prêtres sont hérétiques ou schismatiques ? Cela ne tient pas debout.<br />
Un autre exemple encore plus récent. Cette fois-ci dans l&#8217;ordre de l&#8217;interprétation ; il s’agit du tout dernier texte sur la messe, Universae Ecclesiae. Trois ans après le Motu proprio Summorum Pontificum, un nouveau texte est sorti qui concerne l&#8217;application du texte précédent. Ce texte est fort intéressant.<br />
Une analyse des dispositions qui sont prises montre deux mouvements que l’on peut considérer comme radicalement opposés, ce qui fait que nous considérons le résultat d’un air interrogatif. La première ligne, qui est manifeste, est une ligne d&#8217;ouverture, on sent une volonté de donner, de mettre à la disposition des catholiques du monde entier non seulement la messe, mais toute la liturgie de l&#8217;Eglise de toujours dans tous ses aspects.</p>
<p style="text-align: justify;">En son début, le document romain affirme que le Motu proprio est une loi universelle. Ce n&#8217;est pas un privilège – une loi privée réservée à un petit groupe – mais une loi universelle, c’est-à-dire valable pour tout le monde. Il précise que sa volonté était de permettre l&#8217;accès à la messe traditionnelle aux fidèles du monde entier. C’est on ne peut plus explicite !<br />
Ensuite vous avez d&#8217;autres dispositions qui vont encore beaucoup plus loin, puisque tous les livres liturgiques sont cités, pour être mis à disposition. Tous. C&#8217;est invraisemblable. Cela ne peut pas se faire s&#8217;il n&#8217;y a pas une volonté, s&#8217;il n&#8217;y a pas une intention justement de rouvrir, de redonner vie à tout ce trésor, sinon ça n&#8217;a pas de sens. On y parle par exemple du Rituel. C&#8217;est très intéressant, le Rituel, qu’y trouve-t-on ? Vous y trouvez d&#8217;abord tous les sacrements, ceux qui sont donnés par le prêtre, et puis aussi les exorcismes. Dire que le Rituel est à disposition, cela signifie que toutes les bénédictions, tout ce monde liturgique d&#8217;antan est vraiment remis à disposition. Cela ne peut pas se faire, s&#8217;il n&#8217;y a pas l’intention de faire revivre tout ce trésor. Cela n’aurait aucun sens de le mettre à disposition si on voulait en même temps lui fermer la porte !<br />
Il en va de même du Cérémonial des évêques ou du Pontifical… On insiste pour dire que les évêques peuvent utiliser le Pontifical. Pour le Bréviaire, les prêtres sont libres d’utiliser l&#8217;ancien Bréviaire, tout en précisant que s’ils prennent l&#8217;ancien Bréviaire, il doivent en respecter toutes les rubriques. Pourquoi ? Parce qu&#8217;avec le nouveau Bréviaire, on peut choisir ad libitum parmi les petites heures, tandis qu’avec l&#8217;ancien Bréviaire, on doit tout dire. C&#8217;est un peu curieux. Tout cela dépasse de beaucoup ce que nous avions demandé au départ dans notre fameux préalable, à savoir la messe pour tous. Or ce n’est pas seulement la messe, mais toute la liturgie et sous tous ses aspects. C&#8217;est une des lignes qui est manifeste.<br />
A côté, vous avez la ligne vraiment contraire, avec deux restrictions majeures. La première au sujet des ordinations : « Les ordinations selon l&#8217;ancien Pontifical, ne peuvent être données que pour les groupes qui sont sous l’autorité d&#8217;Ecclesia Dei ». Pourquoi pas les autres ? Parce que les évêques n’en veulent pas dans les diocèses et que Rome veut éviter trop de problèmes avec les évêques en laissant la possibilité du choix aux séminaristes. Pourquoi d&#8217;un côté tout mettre à disposition, et puis là pour une partie si importante, si capitale, les ordinations, là, tout bloquer ?<br />
La deuxième restriction majeure concerne la qualité des fidèles qui peuvent jouir des dispositions du Motu proprio…<br />
Quelques numéros plus bas, on insiste pour dire que le Pontifical est mis librement à disposition. Bien sûr, il n&#8217;y a pas que les ordinations dans le Pontifical, le rituel des confirmations par exemple y figure. Or on précise que les confirmations peuvent être données selon l’ancien rite. C&#8217;est vraiment un curieux mélange. Il n&#8217;est pas possible que l’on puisse trouver deux intentions aussi contraires dans un même texte. Comment est-ce possible ? L&#8217;explication que je vois, c&#8217;est qu’il y a effectivement au moins deux forces contraires à Rome, chacune d&#8217;elle essayant de mettre sa griffe. A la fin, on en arrive à des espèces de compromis ingérables et indigestes.<br />
J’en reviens à Mgr Pozzo et son conseil de déchirer le fameux texte de la Congrégation des religieux. Il a, à ce moment-là – ce que je viens de vous dire peut l’illustrer un petit peu – il a ajouté ceci : « Il faut, vous devez dire à vos prêtres et à vos fidèles, que ce n’est pas tout ce qui vient de Rome qui vient du pape ». Je lui ai répondu : « Mais ce n&#8217;est pas possible, comment voulez-vous que des prêtres, des fidèles recevant un texte de Rome puissent porter un tel jugement ? La réaction serait très simple : un texte me plaît, il vient du pape, il ne me plaît pas, il ne vient pas du pape. Cette attitude est d’ailleurs condamnée par saint Pie X.<br />
Le Vatican, c&#8217;est la main du pape. Mais ces paroles de Mgr Pozzo contiennent un message, un message gravissime : le pape n’a pas le contrôle de sa maison. Cela veut dire que lorsque des choses nous arrivent de Rome effectivement, malheureusement, on pense immédiatement à l&#8217;autorité suprême, au Souverain Pontife, au pape. Eh bien non ! ça ne vient pas du pape.<br />
Telle est la situation de l&#8217;Eglise. C&#8217;est ce que j&#8217;appelle une situation de contradiction, selon les cas plus ou moins marquée, cette fois-ci toutefois elle l&#8217;est moins. C&#8217;est une situation vraiment dure, très difficile. Comment naviguer dans ces vents contraires ?</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Abbé Lorans</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Monseigneur, puisqu&#8217;on sait que vous allez à Rome, le 14 septembre prochain, rencontrer le cardinal Levada, dans quelles dispositions y allez-vous ? Quel est votre état d’esprit ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Mgr Fellay</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je me réfère un peu à ce qui s&#8217;est passé auparavant pour la levée des excommunications… Je ne sais pas si vous vous en souvenez mais cet été-là, en 2008, fut un peu chaud ; il y eut ce qu&#8217;on a appelé l&#8217;ultimatum. Je me rappelle un petit événement… On me remet un texte qui dit en substance ceci : « Si Mgr Fellay n&#8217;accepte pas les conditions très claires que nous allons lui imposer, ce sera très grave » Le cardinal Castrillón Hoyos déclarait même : « Jusqu&#8217;ici je disais que vous n&#8217;étiez pas schismatique ; si vous continuez, je ne le peux plus ». C&#8217;était vraiment très tendu. Je leur ai répondu : « Vous dites qu’il faut que je respecte les conditions, mais lesquelles ? » Ils se taisent. Silence. J’ai demandé à nouveau : « Vous dites qu&#8217;il y a des conditions, mais qu&#8217; attendez-vous de moi ? » A ce moment-là, le cardinal d&#8217;une voix très grave &#8211; c&#8217;était vraiment très solennel &#8211; a prononcé presque à mi-voix et lentement : « Si vraiment vous pensez en conscience que vous pouvez dire ces choses-là aux fidèles, eh bien ! dites-les ». Vous pouvez imaginer combien c&#8217;était haut en émotion !<br />
J’ai déclaré à M. l’abbé Nély qui m&#8217;accompagnait, que j’étais frustré ; il m’affirma qu’il s’agissait vraiment d’un ultimatum. A ma demande, il est retourné le lendemain à la Commission Ecclesia Dei pour obtenir des précisions sur les fameuses conditions. Il leur a fallu une demi-heure pour rédiger en cinq points des conditions qui disaient tout et rien. Je devais ainsi promettre de pratiquer la charité ecclésiale. Qu’est-ce que cela veut dire ? Enfin, j&#8217;ai écrit un petit mot au pape, et l&#8217;ultimatum n’était plus à l’ordre du jour. Mais on ne peut pas dire que tout allait bien… Au mois de décembre suivant, les relations s’étant quelque peu détendues, j&#8217;ai écrit une lettre au cardinal pour reprendre contact.</p>
<p style="text-align: justify;">Entre temps il y avait eu Lourdes. C&#8217;était aussi épique, voici brièvement une petite anecdote : nous avons pu utiliser la basilique pour notre pèlerinage, mais les évêques étaient interdits de messe par l&#8217;évêque du lieu. Trois jours avant le pèlerinage, j&#8217;ai parlé au téléphone avec le cardinal Castrillón à qui j&#8217;ai promis d’écrire une lettre ; au cours de la conversation il a abordé la question du pèlerinage : « J’ai su que vous faisiez un pèlerinage, ce sera magnifique, il y aura beaucoup de monde ». Je lui ai répondu : « C&#8217;est beau, en effet, mais il y a une fausse note ». – « Ah bon ! ». – « Oui, les évêques ne peuvent pas célébrer ». – « Des évêques censurés, hors de l&#8217;Eglise, c&#8217;est normal, on ne peut pas leur donner la permission de dire la messe ». – « Et les anglicans, ils ne sont pas excommuniés ? » &#8211; « Que voulez-vous dire ? ». – « Que les anglicans, eux, ont pu célébrer dans la basilique de Lourdes ». – « C’est vrai ? Avez-vous des documents ? On va s&#8217;occuper de ça ». Nous étions sur le départ pour Lourdes, j’ai vite glané sur Internet quelques petites choses pour les lui envoyer.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les documents officiels de Lourdes, tout le programme était bien marqué ; pendant toute une semaine, ils étaient sept ‘évêques’ à concélébrer, sept ‘messes’ en présence du cardinal Kasper, tous les ministres étaient anglicans, et l&#8217;homélie par un anglican, je ne dis pas un évêque car les anglicans sont tous des laïcs, ce ne sont pas de vrais prêtres, encore moins de vrais évêques.</p>
<p style="text-align: justify;">Ceci pour vous montrer le climat : d’un côté on cherche à nous anéantir et de l’autre on s’occupe de nous au point de déranger le pape un après-midi à cause de cette histoire de Lourdes. J’ai profité de la lettre que j&#8217;ai finalement écrite au cardinal Castrillón, au mois de décembre, pour lui rapporter les propos de l&#8217;évêque de Tarbes pour qui, si nous cessions de nous dire catholiques, nous pourrions alors célébrer la messe. Je lui expliquais : « Ainsi donc vous voulez qu&#8217;on sorte de l&#8217;Eglise pour qu&#8217;on puisse avoir les églises, cela ne tient pas debout ! » J’étais un peu sec.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 17 décembre, j&#8217;avais appris qu&#8217;il y avait une réunion à Rome dont le but était de réfléchir s&#8217;il ne fallait pas déclarer le schisme de la Fraternité, ou éventuellement excommunier Mgr Fellay au motif qu&#8217;il favorisait une attitude schismatique dans la Fraternité. J&#8217;ai envoyé ma lettre… Un mois plus tard, il n&#8217;y avait plus d&#8217;excommunication !</p>
<p style="text-align: justify;">Bien sûr, il y avait notre croisade du Rosaire. Mais après la lettre que je leur avais envoyée, je pensais que ce ne serait pas de sitôt. En effet, le cardinal Castrillón m’a informé qu&#8217;il y avait eu deux réunions de cardinaux : une première où ils ont discuté des excommunications, la conclusion fut négative ; puis une deuxième dont la conclusion a été qu’ils pouvaient très bien reconnaître la Fraternité. Cela m’a été révélé plusieurs mois après…</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Abbé Lorans</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><em>Monseigneur, vous nous montrez que les lignes de partage se déplacent quelque peu. Cette université d&#8217;été est consacrée à l&#8217;apologétique, est-ce que l&#8217;attitude des fidèles et des prêtres attachés à la tradition devrait à votre avis aussi changer ? Est-ce que c&#8217;est une période où il faut tenir compte précisément de la réalité qui nous est faite, et des situations qui nous sont données par la Providence ?</em></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Mgr Fellay</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Je pense qu’il faut garder une extrême prudence. Cette situation de contradiction forcément va susciter toutes sortes de bruits, de rumeurs dans tous les sens, voilà pourquoi il faut vraiment, si je puis parler ainsi, tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de parler, et j’ajouterais même : avant de croire quelque chose. Il faut regarder les faits, ne pas courir après les bruits si vous ne voulez pas &laquo;&nbsp;tourner en bourrique&nbsp;&raquo; !</p>
<p style="text-align: justify;">Le cardinal Levada m’a invité le 14 septembre ainsi que les deux Assistants généraux. C&#8217;est quelque chose de nouveau. On dit qu’on a abordé tous les thèmes doctrinaux, qu’une réunion est maintenant nécessaire pour évaluer ces discussions théologiques et parler du futur. On dit qu’il y aura une proposition d’accord pratique, je n’en sais rien. Cela émane de partout : l’abbé Aulagnier dit qu’ils vont faire comme ça et que la Fraternité va refuser. Je n’en sais rien. Même Mgr Williamson en a parlé, je ne sais pas d’où il a reçu ses informations ; il paraît d’un porte-parole d’Ecclesia Dei… Qui est ce porte-parole ? Je n’en sais rien. Des bruits persistent, peut-être y aura-t-il du nouveau ? Il y a beaucoup de monde qui parle ; Rome ne dément pas mais je n’ai toujours rien reçu. On demeure dans l’expectative.</p>
<p style="text-align: justify;">Si leur objectif reste toujours l’acceptation du concile par la Fraternité, les discussions ont été assez claires pour montrer que nous n’avons pas l’intention de nous engager dans cette voie. En 2005 déjà, après cinq heures de discussions au cours desquelles j’avais fait le tour et passé en revue toutes nos objections contre les erreurs, la situation de l’Eglise d’aujourd’hui, le Droit canon, je peux vous assurer que les échanges étaient tendus. Le cardinal Castrillón avait conclu : « Je ne peux pas dire que je sois d&#8217;accord avec tout ce que vous avez dit, mais vos propos montrent que vous n’êtes pas en dehors de l&#8217;Eglise. Ecrivez au pape pour lui demander d’enlever l&#8217;excommunication ».</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai compris alors que Rome était prête à faire un geste, sinon cette demande n’avait aucun sens. Ma réponse n’a pas été immédiate, car en fait, pour nous, il n’y a jamais eu d’excommunication. C’est pourquoi la lettre que j’ai écrite au pape ne demandait pas la levée mais l’annulation ou le retrait du décret, car celui-là, il existe. A ceux qui disent que j’ai demandé la levée de l’excommunication, je leur réponds que c’est faux. Le cardinal Castrillón m’a même écrit : « Vous demandez qu&#8217;on retire le décret, on va vous enlever l&#8217;excommunication ». C&#8217;est très clair, ils savent ce qu&#8217;ils disent.</p>
<p style="text-align: justify;">Alors pour connaître l’exacte situation… Pour ma part, j&#8217;en suis à vous dire que ce qui va arriver demain, je ne le sais pas. Cela peut aller de la déclaration de schisme jusqu’à la reconnaissance de la Fraternité. Je ne veux pas spéculer. J&#8217;essaie de prévenir les situations, de réfléchir à ce qu&#8217;il faut faire dans tel ou tel cas de figure.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;un côté, je préconise une extrême prudence, de ne pas courir après les bruits, d’en rester aux faits, au réel. Mon impression est que Rome se moque de ce qui est dit ; les paroles fusent dans tous les sens mais n’ont guère de valeur. Ne vous affolez pas. C&#8217;est un peu comme Notre-Seigneur, on vous dira il est ici, il est là, n&#8217;y allez pas, restez.</p>
<p style="text-align: justify;">D’un autre côté, je retiens des discussions doctrinales qu’en soi elles n&#8217;apportent pas un grand bien dans l’immédiat, parce que c&#8217;est la rencontre de deux mentalités qui s&#8217;entrechoquent. J’en garde l’image d’un tournoi où deux chevaliers croisent le fer, s’élancent, mais passent à côté l’un de l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ne peuvent en tout cas pas dire qu’on est d’accord. Si nous sommes d’accord sur un point, c’est que sur aucun point nous ne sommes d’accord ! Evidemment, si on parle de la Sainte Trinité on est d&#8217;accord… Mais le problème n’est pas là : quand on parle du concile, on parle de certains problèmes nouveaux, que nous appelons des erreurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a ce bruit selon lequel on nous ferait des propositions. Mais à quelles conditions ? Y aura-t-il des conditions ? A mon point de vue, il serait invraisemblable qu&#8217;il n&#8217;y en ait pas. Certains disent que ce n’est pas possible, que jusqu&#8217;à présent ils ont toujours essayé de nous faire avaler le concile. Moi je ne sais pas. La seule chose que je dis, c’est : “on continue”. Nous avons nos principes, et le premier d’entre eux, c&#8217;est la Foi. A quoi servirait-il de recevoir un quelconque avantage ici-bas si on doit mettre en jeu la Foi ? c&#8217;est impossible. Et sans la Foi il est impossible de plaire à Dieu, donc notre choix est fait. D&#8217;abord la Foi, et à tout prix, elle passe même avant une reconnaissance par l&#8217;Eglise. Il faut avoir cette force.</p>
<p style="text-align: justify;">Je voudrais dire une dernière chose : quelque chose bouge, et dans ce quelque chose qui bouge, il y a des âmes assoiffées, elles viennent de l&#8217;état désastreux de l&#8217;Eglise aujourd&#8217;hui, elles n&#8217;arrivent pas comme des âmes parfaites, mais il faut s&#8217;en occuper. Jusqu&#8217;ici nous avons eu une attitude de défense. Cependant il ne faut pas avoir peur d&#8217;introduire un élément d&#8217;attaque, un élément plus positif : aller vers les autres pour essayer de les gagner tout en faisant preuve de la plus grande prudence, car l’hostilité n’est pas finie. Imaginez que Rome nous reconnaisse tout à coup, j&#8217;ai de la peine à le croire, mais que se passerait-il alors ? Vous croyez que les progressistes vont changer vis-à-vis de nous ? Mais pas du tout ! D&#8217;une part ils vont continuer à nous rejeter comme ils l&#8217;ont toujours fait, ou ils vont essayer de nous faire avaler leur venin ; nous refuserons et le conflit repartira de plus belle, ne vous faites pas d&#8217;illusions. Si Rome nous reconnaissait, ce serait encore plus dur que maintenant. Maintenant, nous bénéficions d’une certaine liberté. Il faudra bien qu’un jour l&#8217;Eglise nous reconnaisse comme catholiques, mais ce ne sera pas facile.</p>
<p style="text-align: justify;">De la part de Rome, il nous manque la clarté ; nous voudrions que Rome devienne de nouveau le phare de la vérité, mais c&#8217;est loin d’être le cas pour l&#8217;instant, c’est plus que flou&#8230; Pour notre part, fondamentalement nous ne changeons rien, nous continuons à nous axer sur la Foi, tout en étant prêts à aider les âmes qui souhaitent être aidées, même si elles ont des comportements qui laissent à désirer au départ. Il faut beaucoup de patience, de miséricorde tout en restant ferme, ce qui n’est pas facile ! Faisons attention à ne pas rejeter pour des raisons superficielles des âmes méritantes qui viendraient vers nous ; on ne veut pas n’importe qui, il ne faut surtout pas nous affaiblir, mais il faut être bon avec tout le monde. C’est une obligation aussi pour nous de grandir dans la vertu.</p>
<p style="text-align: justify;">Il faut rester dans le domaine surnaturel. L&#8217;apologétique consiste dans la défense de la Foi, mais surtout au niveau de la raison, afin d’essayer de convaincre. Mais ce n’est pas suffisant. Pour convaincre, il faut que la grâce passe, et la grâce est surnaturelle. Pour convaincre il faut un acte du Bon Dieu, il faut donc prendre des moyens surnaturels. Pour nous, cela veut dire mener une vie chrétienne profonde, intense. C&#8217;est bien plus important que le combat simplement apologétique, mais cela ne veut pas dire qu&#8217;il faille négliger le premier, les deux sont nécessaires, mais c’est une question d’ordre</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pour cette raison que je me permets d&#8217;insister sur notre croisade. Les victoires que nous remportons sur la Rome moderniste, ce n&#8217;est pas à nous qu&#8217;il faut les attribuer, mais sans aucun doute à la Sainte Vierge et à nos croisades. C’est à la fin de chacune des croisades nous avons obtenu soit la messe, soit la levée des excommunication, chaque fois après nous être tournés vers la Sainte Vierge, et dans des situations considérées comme impossibles. Il ne faut pas seulement compter sur la Sainte Vierge mais encore se ranger sous sa bannière, la suivre. C&#8217;est son temps.</p>
<p><em>(Le style oral a été conservé)</em></p>


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		<title>De l&#8217;interprétation du Concile Vatican II</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Aug 2011 12:42:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[QUESTIONS SUR L’INTERPRÉTATION DE VATICAN II   Ce texte que vous allez lire, est extrait de la &#171;&#160;lettre à nos amis prêtres&#160;&#187; du mois de juin 2011, de la FSSPX, lettre dirigée par M l&#8217;abbé Celier, prêtre de la même société sacerdotale.   J&#8217;aime  cet exposé et surtout sa conclusion: &#160;&#187;Mieux vaut admettre &#8230; que le Concile lui-même, [...]

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>QUESTIONS SUR L’INTERPRÉTATION DE VATICAN II</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/08/Vatican-II.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-5072" title="Vatican II" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/08/Vatican-II.jpg" alt="" width="220" height="183" /></a>Ce texte que vous allez lire, est extrait de la &laquo;&nbsp;lettre à nos amis prêtres&nbsp;&raquo; du mois de juin 2011, de la FSSPX, lettre dirigée par M l&#8217;abbé Celier, prêtre de la même société sacerdotale.  </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em>J&#8217;aime  cet exposé et surtout sa conclusion: &nbsp;&raquo;<strong>Mieux vaut admettre &#8230; que <span style="text-decoration: underline;">le Concile lui-même,</span> comme sa mise en œuvre officielle, <span style="text-decoration: underline;">souffre de certaines défaillances</span> qui expliquent pour une part les problèmes de la situation actuelle</strong> (même si la crise de l’Église ne se réduit pas à cette seule cause). </em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em>Cette conclusion que je crois juste a, de plus, l&#8217;avantage d&#8217;être en parfaite harmonie  et continuité avec le  jugement de Mgr Lefebvre  sur le Concile Vatican II. Comme j&#8217;ai eu l&#8217;occasion, déjà de le dire, la conférence donnée par Mgr Pozzo à la Fraternité saint Pierre en juillet 2010, que l&#8217;auteur de cet article analyse ici,  n&#8217;aurait pas été appréciée par Mgr Lefebvre. Le &laquo;&nbsp;problème&nbsp;&raquo; du Concile Vatican II ne relève pas seulement d&#8217;une simple interprétation, bonne ou mauvaise, des textes conciliaires, encore qu&#8217;il faille toujours choisir &laquo;&nbsp;l&#8217;herméneutique de continuité&nbsp;&raquo;, ce que Mgr Lefebvre appelait &laquo;&nbsp;accepter le Concile à la lumière de la Tradition..&nbsp;&raquo; Le problème du Concile Vatican II et de la crise qui en est suivie dans l&#8217;Eglise, ne relève pas seulement ni exclusivement d&#8217;une lecture &laquo;&nbsp;erronée de Vatican II&nbsp;&raquo; mais bien plus clairement de certains textes eux mêmes du Concile qui sont &nbsp;&raquo;défaillants&nbsp;&raquo; C&#8217;est ainsi que reste toujours valable le jugement général que Mgr Lefebvre portait, sur le Concile et la réforme conciliaire, le 21 novembre 1974. C&#8217;est ainsi que restent  valables aussi les lettres que Mgr Lefebvre et Mgr de Catro Mayer adressaient à Jean Paul II. Ils ne reduisaient pas la crise de l&#8217;Eglise et le problème du Concile Vatican II à une simple &laquo;&nbsp;herméneutique de continuité&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;de rupture&nbsp;&raquo;. Ils montraient que la crise de l&#8217;Eglise venait du Concile Vatican II lui-même et de certaines  défaillances des textes conciliaires. Et ils le précisaient bien clairement. J&#8217;en veux pour preuve les deux  lettres adressées à Jean Paul II juste après Assise. Je me permettrai de citer la première à la fin de la &laquo;&nbsp;Lettre à nos amis-prêtres&nbsp;&raquo;.(1)</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em>Ainsi à la question : &laquo;&nbsp;la situation actuelle de l’Église serait-elle exclusivement le fruit d’une « lecture » erronée de Vatican II, qui ne pourrait trouver aucun fondement dans les textes de ce concile, non plus que dans les actes officiels du Magistère romain subséquent&nbsp;&raquo;, la &laquo;&nbsp;lettre à nos amis prêtres&nbsp;&raquo; répond par la négative et conclut bien davantage en disant : &laquo;&nbsp;<strong>Mieux vaut admettre une cause plus simple et plus obvie : que le Concile lui-même, comme sa mise en œuvre officielle, souffre de certaines défaillances qui expliquent pour une part les problèmes de la situation actuelle&nbsp;&raquo; de l&#8217;Eglise.</strong></em></span></p>
<p><strong>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Le 2 janvier 2011, sous le titre évocateur « Lire les signes des temps » (on sait que les « signes des temps », il y a un demi-siècle, furent l’un des slogans de ceux qui voulaient accomplir la « révolution conciliaire »), l’éditorialiste de la Documentation catholique écrit : « Résolument, Benoît XVI privilégie une “herméneutique de la continuité” dans la lecture du concile Vatican II. Pour<br />
lui, il ne serait pas heureux d’opérer une rupture avec l’héritage de la tradition de l’Église ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le père Jean-François Petit, qui signe ce texte, ajoute immédiatement : « C’est dans cette direction que semble s’orienter l’Église en France ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deux questions importantes au regard de l’histoire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce texte pose en réalité deux questions sur lesquelles nous estimons utile de proposer quelques documents et réflexions, en suivant toutefois l’ordre inverse de l’auteur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Première question</strong> : si l’Église en France s’oriente désormais vers une « herméneutique de la continuité », s’agit-il simplement de l’approfondissement d’une tendance déjà ancienne, ou au contraire de la fin d’une adhésion au moins partielle à « l’herméneutique de la rupture » ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Deuxième question</strong> : <span style="text-decoration: underline;">la situation actuelle de l’Église serait-elle exclusivement le fruit d’une « lecture » erronée de Vatican II, qui ne pourrait trouver aucun fondement dans les textes de ce concile, non plus que dans les actes officiels du Magistère romain subséquent ?</span><br />
 </p>
<p style="text-align: justify;"><strong>L’herméneutique de continuité chez les traditionalistes en 1965…</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Pour commencer, quelle a donc été l’attitude (officielle) de l’Église en France concernant l’interprétation de Vatican II, à la suite même de ce concile ? C’est ce qu’un peu d’histoire va nous rappeler, au moment du quarante-cinquième anniversaire des événements.</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les derniers mois du concile Vatican II, la revue Itinéraires, principale revue « traditionaliste » de l’époque, dirigée par Jean Madiran, publiait des textes qui sont l’expression la plus claire de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’herméneutique de continuité ».<br />
Jean Madiran mettait d’abord en garde contre un « esprit du Concile » qui ne serait pas celui de ses textes promulgués : « Il est vrai que je n’entends pas bien ce qu’est “l’esprit du Concile” contredistingué de l’Esprit-Saint ; il est vrai que je conçois mal comment “l’esprit du Concile” peut être différent des décisions promulguées par le même concile » (novembre 1965, p. 27).</p>
<p style="text-align: justify;">Il exposait ensuite le principe essentiel de «<strong> l’herméneutique de continuité »</strong> : « Nous recevons les décisions du Concile en conformité avec les décisions des conciles antérieurs. Si tels ou tels textes devaient paraître, comme il peut arriver à toute parole humaine, susceptibles de plusieurs interprétations, nous pensons que l’interprétation juste est fixée précisément par et dans la conformité avec les précédents conciles et avec l’ensemble de l’enseignement du Magistère. Nous croyons à l’Église des papes et des conciles, non point à une Église qui serait celle d’un seul concile. (…) Par définition, l’enseignement d’un concile prend place dans le contexte et dans la continuité vivante de tous les conciles. Ceux qui voudraient nous présenter l’enseignement du Concile hors de ce contexte et en rupture avec cette continuité nous présenteraient une pure invention de leur esprit, sans aucune autorité » (janvier 1966, pp. 22-23).</p>
<p style="text-align: justify;">Enfin, Madiran soulignait la nécessité de faire les distinctions requises : « Nous recevons les décisions du Concile en nous préoccupant de connaître la note théologique qui convient à chacune d’elles. (…) Les diverses notes théologiques qui conviennent à chacun des différents textes conciliaires<br />
promulgués n’apparaissent pas toujours clairement. Mais ce n’est point à nous qu’il revient de les fixer (…). Nous les attendons de l’autorité compétente. D’avance nous pouvons déclarer que nous recevons chacune des décisions conciliaires avec la note théologique qui est la sienne et non<br />
autrement » (janvier 1966, p. 23).</p>
<p style="text-align: justify;">Or ces déclarations si claires, si fortes, si motivées en faveur de ce qu’on appelle désormais « <strong>l’herméneutique de continuité</strong> », parues au moment même de la clôture du Concile, et qui manifestent tant d’heureuse clairvoyance, ces déclarations ont valu à Jean Madiran et à Itinéraires <strong>une</strong><br />
<strong>solennelle condamnation de l’épiscopat français</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;">Le 23 juin 1966, en effet, paraissait une « Mise en garde des cardinaux et du Conseil permanent de l’épiscopat français » (publiée dans la Documentation catholique du 17 juillet 1966, col. 1285- 1288, cette même Documentation catholique qui nous vante désormais avec enthousiasme « l’herméneutique de continuité »). <span style="text-decoration: underline;">Les évêques déclaraient qu’ils « considèrent comme un devoir de mettre en garde les fidèles contre des articles parus notamment dans des magazines comme Le Monde et la vie, des revues comme Itinéraires et Défense du foyer, des bulletins comme Lumière », en raison de leur opposition à « l’esprit du renouveau entrepris », c’est-à-dire le fameux « esprit du Concile », comme on l’appelait aussi.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un changement substantiel d’orientation de l’épiscopat français ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il est donc tout à fait réjouissant d’apprendre aujourd’hui par la Documentation catholique que, désormais, « c’est dans cette direction que semble s’orienter l’Église en France », c’est-à-dire celle de « <strong>l’herméneutique de continuité</strong> ». Mais il ne faut pas oublier les faits qu’a enregistrés l’histoire.</p>
<p style="text-align: justify;">Il ne faut pas oublier que « l’herméneutique de continuité » a d’abord et premièrement été le fait des « traditionalistes ». Il ne faut pas oublier que ceux qui se proclament aujourd’hui les plus fervents défenseurs de Vatican II contre les méchants « traditionalistes » ont hier condamné, rejeté, combattu « l’herméneutique de continuité » au nom de « l’esprit du Concile », c’est-à-dire en vérité au nom de ce que le Pape actuel appelle <strong>« l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture ».</strong> Il ne faut pas oublier que cette rupture avec le passé de l’Église, cette idée de Vatican II comme commencement absolu de l’Église, a d’abord et premièrement été le fait des évêques français. Il ne faut pas oublier que si « l’Église en France » déclare privilégier enfin «<strong> l’herméneutique de continuité »,</strong> c’est seulement après l’avoir fortement et longuement combattue, c’est seulement après avoir très largement favorisé « <strong>l’herméneutique de rupture ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Une conférence de Mgr Guido Pozzo, de la Commission Ecclesia Dei</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Dans une conférence donnée le 2 juillet 2010 aux prêtres de la Fraternité Saint-Pierre au séminaire de Wigratzbad et consacrée à la mise en œuvre du concile Vatican II, Mgr Guido Pozzo a proposé un très clair exposé de la thèse des tenants de « <strong>l’herméneutique de continuité »,</strong> <span style="text-decoration: underline;">concernant l’innocence absolue du concile Vatican II et du Magistère romain subséquent dans la crise que subit l’Église depuis un demi-siècle.</span></p>
<p style="text-align: justify;">Le Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei y déclare notamment : «<span style="text-decoration: underline;"> Le point vraiment déterminant du travail de désorientation et de confusion qui a caractérisé et caractérise encore notre époque <strong>ne provient pas du concile Vatican II en tant que tel</strong>,</span> <span style="text-decoration: underline;"><strong>et il n’est pas l’enseignement objectif contenu dans ses documents, mais c’est l’interprétation de cet enseignement</strong></span><strong> ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Juste avant, Mgr Pozzo a d’ailleurs souligné le « contraste existant d’une part entre les documents officiels de Vatican II, le Magistère postérieur des Papes, les interventions de la Congrégation pour la Doctrine de la foi et, d’autre part, tant d’idées ou de déclarations ambiguës, douteuses et souvent contraires à la saine doctrine catholique, qui se sont multipliées dans des milieux catholiques et en général dans l’opinion publique ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le prélat romain, au cours de sa longue conclusion, affirme également ceci : « Quelle est l’origine de la discontinuité, ou de la rupture avec la tradition ? C’est ce que nous pouvons appeler l’idéologie conciliaire, ou plus exactement para-conciliaire, qui s’est emparée du Concile depuis le début, en se superposant à lui. <span style="text-decoration: underline;">Avec cette expression, on n’entend pas quelque chose qui regarde les textes du Concile, ni l’intention des acteurs, mais le cadre général d’interprétation dans lequel le Concile a été placé et qui agit comme une sorte de conditionnement intérieur de la lecture successive des faits et des documents.</span> Le Concile n’est pas l’idéologie para-conciliaire, mais dans l’histoire de l’événement ecclésial et des moyens de communication de masse, on a largement opéré la mystification du Concile, ce qui est précisément l’idéologie para-conciliaire ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les autorités de l’Église ont-elles été empêchées d’agir ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="text-decoration: underline;">Cette thèse soutient donc que la crise actuelle proviendrait de ce que le concile Vatican II aurait été massivement mal interprété et mal compris.</span></strong><br />
Cette thèse n’est, certes, ni impossible et invraisemblable en soi ; mais il faudrait, pour que cela arrive, que les autorités de l’Église, dont le rôle est précisément d’interpréter authentiquement les documents conciliaires et de les mettre correctement en œuvre, en aient été empêchées. Ce qui aurait pu se produire, par exemple, au IIIe siècle, lorsque les papes étaient sauvagement martyrisés les uns après les autres ; au XIe siècle, lorsque saint Grégoire VII était combattu militairement par l’empereur Henri IV et mourait assiégé et en exil ; à la fin du XIVe siècle, lorsque l’Église était déchirée entre deux voire trois papes qui se combattaient mutuellement, etc.<br />
Mais, sauf erreur de notre part, durant le demi-siècle qui vient de s’écouler, la structure de l’Église a fonctionné normalement. Les autorités ecclésiastiques disposaient de tous les moyens nécessaires à leur fonction, elles n’étaient ni empêchées d’agir ni persécutées. Comment comprendre alors qu’elles n’aient pas réussi à mettre en œuvre le Concile selon son sens obvie et ses intentions<br />
réelles ? Si cela était vrai, ce serait un mystère étonnant et, pour tout dire, véritablement incroyable.<br />
<strong></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un concile mis en œuvre par ceux qui l’avaient fait</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a plus. Pour la première fois dans l’histoire, en raison de l’allongement de la durée de la vie, un concile a pu être interprété directement par ceux mêmes qui l’avaient fait et qui, à l’évidence, savaient pertinemment ce qu’il contenait, ce qu’il promettait, ce qu’il permettait.<br />
Et tout d’abord le pape Paul VI a vécu et régné pendant treize ans après la clôture de Vatican II, temps tout à fait suffisant pour mettre en œuvre le Concile selon son véritable esprit, et pour combattre énergiquement le faux esprit qui pouvait le polluer. De grands Papes réformateurs ont eu un pontificat de même durée, voire moins long : Saint Grégoire le Grand a régné quatorze ans, saint Grégoire VII a régné douze ans, saint Pie V a régné sept ans, saint Pie X a régné onze ans.<br />
Paul VI était entouré des cardinaux qui avaient dirigé le Concile, des évêques qui avaient participé au Concile, des experts qui avaient travaillé au Concile. La plupart des participants au Concile n’ont quitté ce monde que durant le pontificat de Jean-Paul II. Qui lui-même a participé très activement à Vatican II comme évêque. Et qui a eu, comme successeur, un homme qui fut durant le Concile l’expert du cardinal Frings (un des dix membres du Conseil de présidence).<br />
Ce qui signifie que, quarante-cinq après la fin de ce concile, nous avons encore à la tête de l’Église un homme qui sait précisément comment celui-ci s’est déroulé, et quel a été son véritable esprit, sa réelle orientation. Jamais dans l’histoire de l’Église, peut-on dire, les participants d’un concile n’ont eu autant de temps pour le mettre en œuvre par eux-mêmes.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Admettre une cause logique plutôt qu’une explication imaginaire</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Si donc l’on nous dit que, malgré ces conditions exceptionnellement favorables, Vatican II n’a pas encore commencé d’être interprété et compris correctement ; ou que du moins sa mise en œuvre a été tellement imparfaite que personne ne peut comprendre aujourd’hui la réelle intention de ce concile, cela signifierait que les critiques de la Fraternité Saint-Pie X seraient très largement en dessous de la réalité, celle d’une Église devenue depuis un demi-siècle un véritable « bateau fantôme » sans gouvernail ni direction, abandonnée à tous les vents : ce qui n’est pas vrai.<br />
<span style="text-decoration: underline;"><strong>Mieux vaut admettre une cause plus simple et plus obvie : que le Concile lui-même, comme sa mise en œuvre officielle, souffre de certaines défaillances qui expliquent pour une part les problèmes de la situation actuelle</strong></span> (même si la crise de l’Église ne se réduit pas à cette seule cause). ■</p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</p>
<p style="text-align: justify;">(1): Déclaration de Mgr Lefebvre et de Mgr Antonio de Catro Mayer, du 2décembre 1986 faisant suite à la visite de Jean-Paul II à la Synagogue et au congrès des religions à Assise</p>
<p style="text-align: justify;">&laquo;&nbsp;Rome nous a fait demander si nous avions l’intention de proclamer notre rupture avec le Vatican à l’occasion du Congrès d’Assise.</p>
<p style="text-align: justify;">La question nous semblerait plutôt devoir être la suivante :</p>
<p style="text-align: justify;">Croyez-vous et avez-vous l’intention de proclamer que le Congrès d’Assise consomme la rupture des Autorités romaines avec l’Eglise Catholique ?</p>
<p style="text-align: justify;">Car c’est bien cela qui préoccupe ceux qui demeurent encore catholiques.</p>
<p style="text-align: justify;">Il est bien évident en effet que depuis le Concile Vatican II, le Pape et les Episcopats s’éloignent toujours plus nettement de leurs prédécesseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout ce qui a été mis en œuvre pour défendre la foi par l’Eglise dans les siècles passés, et tout ce qui a été accompli pour la diffuser par les missionnaires, jusqu’au martyre inclusivement, est désormais considéré comme une faute dont l’Eglise devrait s’accuser et se faire pardonner.</p>
<p style="text-align: justify;">L’attitude des onze Papes qui depuis 1789 jusqu’en 1958 ont, dans des documents officiels, condamné la Révolution libérale, est considérée comme « un manque d’intelligence du souffle chrétien qui a inspiré la Révolution ».</p>
<p style="text-align: justify;">D’où le revirement complet de Rome depuis le Concile Vatican II, qui nous a fait redire les paroles de Notre-Seigneur à ceux qui venaient l’arrêter : <em>Haec est hora vestra et potestas tenebrarum</em> (c’est ici votre heure et la puissance des ténèbres ; Luc 22, 52-53).</p>
<p style="text-align: justify;">Adoptant la religion libérale du protestantisme et de la Révolution, les principes naturalistes de J-J. Rousseau, les libertés athées de la Constitution des Droits de l’Homme, le principe de la dignité humaine n’ayant plus de rapport avec la vérité et la dignité morale, les Autorités romaines tournent le dos à leurs prédécesseurs et rompent avec l’Eglise Catholique, et elles se mettent au service des destructeurs de la Chrétienté et du Règne universel de Notre-Seigneur Jésus-Christ.</p>
<p style="text-align: justify;">Les actes actuels de Jean-Paul II et des Episcopats nationaux illustrent d’année en année ce changement radical de conception de la foi, de l’Eglise, du sacerdoce, du monde, du salut par la grâce.</p>
<p style="text-align: justify;">Le comble de cette rupture avec le magistère antérieur de l’Eglise s’est accompli à Assise, après la visite à la Synagogue. Le péché public contre l’unicité de Dieu, contre le Verbe Incarné et Son Eglise fait frémir d’horreur : Jean-Paul II encourageant les fausses religions à prier leurs faux dieux : scandale sans mesure et sans précédent.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous pourrions reprendre ici notre Déclaration du 21 novembre 1974, qui demeure plus actuelle que jamais.</p>
<p style="text-align: justify;">Pour nous, demeurant indéfectiblement attachés à l’Eglise Catholique et Romaine de toujours, nous sommes obligés de constater que cette Religion moderniste et libérale de la Rome moderne et conciliaire s’éloigne toujours davantage de nous, qui professons la foi catholique des onze Papes qui ont condamné cette fausse religion.</p>
<p style="text-align: justify;">La rupture ne vient donc pas de nous, mais de Paul VI et Jean-Paul Il, qui rompent avec leurs prédécesseurs.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce reniement de tout le passé de l’Eglise par ces deux Papes et les Evêques qui les imitent est une impiété inconcevable et une humiliation insoutenable pour ceux qui demeurent catholiques dans la fidélité à vingt siècles de profession de la même foi.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous considérons donc comme nul tout ce qui a été inspiré par cet esprit de reniement : toutes les Réformes post-conciliaires, et tous les actes de Rome qui sont accomplis dans cette impiété.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous comptons avec la grâce de Dieu et le suffrage de la Vierge fidèle, de tous les martyrs, de tous les Papes jusqu’au Concile, de tous les Saints et Saintes fondateurs et fondatrices des Ordres contemplatifs et missionnaires, pour nous venir en aide dans le renouveau de l’Eglise par la fidélité intégrale à la Tradition.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Buenos Aires, le 2 décembre 1986.</p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">S. Exc. Mgr LEFEBVRE, <em>Archevêque-Evêque émérite de Tulle</em></p>
<p style="text-align: justify;">S. Exc. Mgr Antonio de CASTRO MAYER, <em>Evêque émérite de Campos en parfait accord avec la présente Déclaration.</em></p>


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		<title>En la fête de saint Louis:«Enseignements de Saint Louis à son fils le Prince Philippe.</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Aug 2011 13:15:18 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[«Enseignements de Saint Louis à son fils le Prince Philippe. Sur le blog de “Mesnil-Marie&#160;&#187;, on lit le texte habituellement reçu (en français contemporain) des fameux “Enseignements” que le saint monarque mit par écrit à l&#8217;intention de son fils, le Prince Philippe, qui lui succèdera comme Philippe III le Hardi. Cher fils, je t&#8217;enseigne premièrement que [...]

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			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><span style="color: #cc0000;"><strong>«Enseignements de Saint Louis à son fils le Prince Philippe.</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><strong>Sur le blog de “Mesnil-Marie&nbsp;&raquo;, on lit le texte habituellement reçu (en français contemporain) des fameux “Enseignements” que le saint monarque mit par écrit à l&#8217;intention de son fils, le Prince Philippe, qui lui succèdera comme Philippe III le Hardi.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Cher fils, je t&#8217;enseigne premièrement que tu aimes Dieu de tout ton cœur et de tout ton pouvoir, car sans cela personne ne peut rien valoir.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/08/Saint-Louis-imaginé-par-Le-Greco.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-5060" title="Saint Louis imaginé par Le Greco" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/08/Saint-Louis-imaginé-par-Le-Greco.jpg" alt="" width="200" height="257" /></a>Tu dois te garder de toutes choses que tu penseras devoir lui déplaire et qui sont en ton pouvoir, et spécialement tu dois avoir cette volonté que tu ne fasses un péché mortel pour nulle chose qui puisse arriver, et qu&#8217;avant de faire un péché mortel avec connaissance, que tu souffrirais que l&#8217;on te coupât les jambes et les bras et que l&#8217;on t&#8217;enlevât la vie par le plus cruel martyre.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Si Notre Seigneur t&#8217;envoie persécution, maladie ou autre souffrance, tu dois la supporter débonnairement, et tu dois l&#8217;en remercier et lui savoir bon gré, car il faut comprendre qu&#8217;il l&#8217;a fait pour ton bien. De plus, tu dois penser que tu as mérité ceci (et encore plus s&#8217;il le voulait) parce que tu l&#8217;as peu aimé et peu servi, et parce que tu as fait beaucoup de choses contre sa volonté.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Si Notre Seigneur t&#8217;envoie prospérité, santé du corps ou autre chose, tu dois l&#8217;en remercier humblement, et puis prendre garde qu&#8217;à cause de cela il ne t&#8217;arrive pas de malheur causé par orgueil ou par une autre faute, car c&#8217;est un très grand péché de guerroyer Notre Seigneur de ses dons.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Cher fils, je t&#8217;enseigne que tu entendes volontiers le service de la sainte Église, et quand tu seras à l&#8217;église, garde-toi de perdre ton temps et de parler vaines paroles. Dis tes oraisons avec recueillement ou par bouche ou de pensée, et spécialement sois plus recueilli et plus attentif à l&#8217;oraison pendant que le corps de Notre Seigneur jésus Christ sera présent à la messe, et puis aussi pendant un petit moment avant.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Cher fils, je t&#8217;enseigne que tu aies le cour compatissant envers les pauvres et envers tous ceux que tu considéreras comme souffrants ou de cour ou de corps ; et selon ton pouvoir soulage-les volontiers ou de soutien moral ou d&#8217;aumônes.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Prends garde que tu sois si bon en toutes choses qu&#8217;il soit évident tu reconnaisses les générosités et les honneurs que Notre Seigneur t&#8217;a faits de sorte que, s&#8217;il plaisait à Notre Seigneur que tu aies l&#8217;honneur de gouverner le royaume, tu sois digne de recevoir l&#8217;onction avec laquelle les rois de France sont sacrés.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Cher fils, s&#8217;il advient que tu deviennes roi, prends soin d&#8217;avoir les qualités qui appartiennent aux rois, c&#8217;est-à-dire que tu sois si juste que, quoi qu&#8217;il arrive, tu ne t&#8217;écartes de la justice. Et s&#8217;il advient qu&#8217;il y ait querelle entre un pauvre et un riche, soutiens de préférence le pauvre contre le riche jusqu&#8217;à ce que tu saches la vérité, et quand tu la connaîtras, fais justice.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Sois bien diligent de protéger dans tes domaines toutes sortes de gens, surtout les gens de sainte Église ; défends qu&#8217;on ne leur fasse tort ni violence en leurs personnes ou en leurs biens.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Cher fils, je t&#8217;enseigne que tu sois toujours dévoué à l&#8217;Église de Rome et à notre saint-père le Pape, et lui portes respect et honneur comme tu le dois à ton père spirituel.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Mets grande peine à ce que les péchés soient supprimés en ta terre, c&#8217;est-à-dire les vilains serments et toute chose qui se fait ou se dit contre Dieu ou Notre-Dame ou les saints : péchés de corps, jeux de dés, tavernes ou autres péchés. Fais abattre tout ceci en ta terre sagement et en bonne manière.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Cher fils, je te donne toute la bénédiction qu&#8217;un père peut et doit donner à son fils, et je prie Notre Seigneur Dieu Jésus-Christ que, par grande miséricorde et par les prières et par les mérites de sa bienheureuse Mère, la Vierge Marie, et des anges et et des archanges, de tous les saints et de toutes les saintes, il te garde et te défende que tu ne fasses chose qui soit contre sa volonté, et qu&#8217;il te donne grâce de faire sa volonté afin qu&#8217;il soit servi et honoré par toi ; et puisse-t-il accorder à toi et à moi, par sa grande générosité, qu&#8217;après cette mortelle vie nous puissions venir à lui pour la vie éternelle afin de le voir, aimer et louer sans fin. Amen.</strong></span></p>


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		<title>Entretien avec M. l’abbé Philippe Laguérie,</title>
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		<pubDate>Mon, 01 Aug 2011 21:36:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[30 juillet 2011 [Disputationes Theologicae] Entretien avec M. l’abbé Philippe Laguérie, Modérateur général de l’Institut du Bon-Pasteur SOURCE &#8211; Disputationes Theologicae &#8211; 30 juillet 2011 Voilà un très beau texte, à lire. La précision que M l&#8217;abbé Philippe Laguérie apporte en matière liturgique, sur le problème de la &#171;&#160;légitimité de la Nouvelle Messe&#160;&#187; &#8211; qui a  [...]

<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/4095/mon-cours-de-catechisme-pour-adultes-abbe-philippe-laguerie/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Mon Cours de catéchisme pour adultes (Abbé Philippe Laguérie)'>Mon Cours de catéchisme pour adultes (Abbé Philippe Laguérie)</a></li>
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<li><a href='http://www.revue-item.com/4302/l%e2%80%99eveque-de-cahors46-mgr-norbert-turini-a-finalement-econduit-l%e2%80%99abbe-philippe-laguerie-dans-la-proposition-de-ce-dernier-d%e2%80%99acheter-un-important-domaine-immobilier-du-dioces/' rel='bookmark' title='Permanent Link: L’Evêque de Cahors(46), Mgr Norbert Turini, a finalement éconduit l’Abbé Philippe Laguérie dans la proposition de ce dernier d’acheter un important domaine immobilier du diocèse du Lot, le centre de la Visitation à Saint Céré [...].'>L’Evêque de Cahors(46), Mgr Norbert Turini, a finalement éconduit l’Abbé Philippe Laguérie dans la proposition de ce dernier d’acheter un important domaine immobilier du diocèse du Lot, le centre de la Visitation à Saint Céré [...].</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><span style="color: #cc0000;"><strong>30 juillet 2011</strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>[Disputationes Theologicae] Entretien avec M. l’abbé Philippe Laguérie, Modérateur général de l’Institut du Bon-Pasteur</strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>SOURCE &#8211; Disputationes Theologicae &#8211; 30 juillet 2011</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="color: #cc0000; text-decoration: underline;"><em>Voilà un très beau texte, à lire. La précision que M l&#8217;abbé Philippe Laguérie apporte en matière liturgique, sur le problème de la &laquo;&nbsp;légitimité de la Nouvelle Messe&nbsp;&raquo; &#8211; qui a  fait couler tant d&#8217;encre,  est de la plus grande importance. Il parle de &laquo;&nbsp;légitilité canonique&nbsp;&raquo;. Cette précision est utile et nécessaire. Elle nous permettra de sortir de &laquo;&nbsp;l&#8217;équivoque&nbsp;&raquo;. et d&#8217;assurer enfin l&#8217;unité des esprits, unité si nécessaire.</em></span></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="text-decoration: underline;"><strong><span style="color: #cc0000; text-decoration: underline;"><em>Cette précision est utile à tous et à toutes les communautés de la Tradition.</em></span></strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</em></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><em>Cinq années se sont écoulées depuis la fondation de l’Institut du Bon-Pasteur. Pour les amateurs de chiffres, la jeune communauté internationale compte à ce jour 25 prêtres – le plus récent ordonné à St Eloi le 25 juin par SE le cardinal Castrillon-Hoyos – et autant de séminaristes venus de divers pays (France, Brésil, Pologne, Italie…) qui reçoivent leur formation à Courtalain, dans le diocèse de Chartres.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em>Sans détours, comme à son habitude, M. l’abbé Philippe Laguérie a bien voulu répondre à quelques questions sur la position théologique et liturgique de l’Institut du Bon-Pasteur et sur sa situation présente dans le paysage ecclésial.</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><em>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;</em></span></p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
<strong>Disputationes Theologicae</strong> : <em>Monsieur l’abbé, deux des piliers de votre Institut approuvé par le Saint Siège en 2006 sont bien connus : usage exclusif des livres liturgiques de 1962 (Statuts et Décret d’érection), engagement à l’étude critique constructive des points de doctrine qui, dans le texte du concile Vatican II ou dans la liturgie, paraissent difficilement conciliables avec la Tradition (Acte d’adhésion des premiers membres). Cinq ans après, Rome a édicté des précisions magistérielles et juridiques : votre position a-t-elle évoluée ?</em></p>
<p><em><span style="color: #cc0000;"><strong>Abbé Philippe Laguérie :</strong></span> Notre p</em>osition théologique et liturgique fondamentale approuvée par le Saint-Siège en 2006 n’a pas changé depuis notre fondation, fort heureusement. Mais elle a dû prendre en compte, bien sûr, toutes les précisions magistérielles romaines postérieures, avec la joie que vous savez. Tant, sur le plan générique, du discours du pape du 25 décembre 2005 devant la Curie que, sur le plan spécifique, par exemple, de la déclaration du 16 juillet 2007 (l’herméneutique du « Subsistit in ») que j’ai saluée avec enthousiasme (cf. mon blog, blog.institutdubonpasteur.org, 25/07/2007). Quant à la loi liturgique, nous avons reçu comme une bénédiction pour l’Eglise le Motu Proprio du 7 juillet 2007, que vient renforcer l’Instruction Universae Ecclesiae du 13 mai 2011.</p>
<p><strong>Disp. Th.</strong> : <em>Comment donc recevez-vous aujourd’hui le concile Vatican II ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : C’est simple : nous recevons le texte de tous les conciles, et notamment du concile Vatican II, selon les normes définies par l’Eglise. Les théologiens savent quelles sont ces normes, rappelées dans Lumen Gentium n° 25, et ce qu’elles signifient[1].</p>
<p><strong>Disp. Th. :</strong><em> Pouvez-vous expliciter ces « normes » ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : L’IBP reçoit fidèlement les normes du Magistère de l’Eglise. Elles sont traditionnelles. Pour simplifier, l’adhésion à un document du Magistère, même non infaillible, venant de l’autorité suprême, suppose non seulement le respect qui lui est dû, mais requière en outre une herméneutique de conformité avec la Tradition quant à son interprétation. Cette adhésion due recouvre, par nature, des degrés d’assentiment variable, selon la forme revêtue par le Magistère : définitions infaillibles ou non, magistère ordinaire universel ou non, magistère solennel ou non, etc. ; ou pour résumer, selon que l’Eglise veut obliger ou non tous les fidèles à un assentiment ou une obéissance de foi. Pour Vatican II, on sait qu’il s’agit d’un concile pastoral non contraignant pour la foi (sauf sur les points antérieurement définis), dont la réception authentique est encore en cours ou à venir, comme l’a si bien exprimé S. E. le cardinal Ricard à Lourdes en 2006.</p>
<p><strong>Disp. Th. :</strong> <em>N’y a-t-il pas une difficulté, si recevoir le concile, c’est donner son adhésion à un texte dont le sens authentique n’est pas encore fixé ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>A. Lag :</strong></span> C’est en effet la difficulté à laquelle le pape ouvre une voie de résolution. Le sens (certifié par Rome en conformité avec la Tradition) de l’ensemble des textes n’est pas encore totalement connu, car il n’a pas été déterminé en chaque point par l’Autorité Suprême ; la réception du sens authentique du concile reste par conséquent, elle aussi, en suspend sur ces points non élucidés qui ont paru induire une rupture. C’est ce que signifie : « La réception authentique est encore à venir ». Une liberté respectueuse est donc laissée pour interroger de façon critique et non polémique le texte de ce magistère nouveau, voire en proposer une reformulation en continuité avec la Tradition. C’est ce qu’a fait le Saint-Père dans la déclaration précitée (signée du cardinal Lévada) sur le fameux « subsistit in » de Lumen Gentium ch. I, §8. Il n’est plus permis à un catholique de penser que cette expression ne désigne pas l’être et même la permanence dans l’être entre l’Eglise du Christ et l’Eglise Catholique. Et par notre acte d’adhésion fondateur, nous nous sommes engagés, bien modestement mais résolument à travailler dans ce sens.</p>
<p><strong>Disp. Th.</strong> : <em>Quelle est votre position quant à « l’herméneutique de rupture » des textes conciliaires, blâmée par le discours du Saint Père du 22 décembre 2005 ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Comme l’ont dit et publié à l’époque plusieurs d’entre nous, conformément à ce discours de Benoît XVI à la Curie (22/12/2005), nous rejetons fermement, à propos des textes du concile Vatican II, « l’herméneutique de la rupture » et le faux « esprit du concile ». Ces postures dialectiques ont majoré l’importance et l’autorité du concile, comme un « super dogme » qui serait « Plus important que celui de Nicée » qui définit l’identité de nature entre le Père et le Fils, autrement dit la divinité du Christ ! Elles ont causé des dégâts considérables dans de grandes parties de l’Eglise, avec des interprétations théologiques (faux dialogue interreligieux, refondation de l’Eglise du concile, fausse ecclésiologie, fausse collégialité, fausses théologies de la célébration, de la libération, de la liberté religieuse, etc.) contraires au Magistère et à l’orthodoxie. Avec parfois des réactions symétriques chez les plus ardents défenseurs de l’orthodoxie… Le chapitre 1 de « Lumen Gentium » est composé pour deux-tiers de citations du Nouveau Testament ! Dans sa foi, chaque théologien, chaque fidèle a le droit et le devoir de lire paisiblement dans la « continuité » de la Tradition les textes magistériels de l’autorité suprême, ceux du passé comme ceux à venir. C’est la grande libération du fameux 22 décembre 2005…</p>
<p><strong>Disp. Th. :</strong> <em>Qu’est-ce que ce discours de Benoît XVI vous inspire ? A-t-il modifié votre position sur Vatican II ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Ce texte libérateur du Pape Benoît XVI est un discours de réforme audacieuse, qui ramène le texte du concile et son avenir à leurs justes proportions théologiques. Il est antérieur à notre fondation et n’a donc en rien changé la position de notre Institut. C’est plutôt notre Institut qui s’est appuyé sur ce texte magistral. Au fond, le Saint Père invite les théologiens et tous les fidèles à repenser leur attitude par rapport au texte de Vatican II : d’un côté, à ne plus en faire le texte fondateur d’une nouvelle église. Mais pas davantage à en faire un prétexte de rejet global, polémique et systématique, qui serait en rupture avec l’autorité du Saint Père. Personne ne peut nier ou rejeter ce texte : il est là, historique, magistériel. Tant que le sens conforme à la Tradition n’est pas donné d’en haut en tous points, ce concile reste, certes, un texte du Magistère à recevoir, mais sujet à tant d’interrogations interprétatives qu’il est prudent de ne le recevoir qu’au rythme de l’interprétation authentique. Voilà 45 ans que les théologiens les plus divers proposent des interprétations possibles et contradictoires du sens de « Dignitatis Humanae » sur la liberté religieuse. Idem pour « l’Unité spirituelle du genre humain » souvent citée et jamais définie. Etc.…</p>
<p><strong>Disp. Th.</strong> : <em>Où vous situez-vous exactement entre ces deux postures symétriques ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Je m’efforce de voir les choses d’un peu plus haut, à l’invitation du Saint-Père. Le « mérite », si l’on peut dire, de l’évènement Vatican II me paraît celui-ci : poser aujourd’hui, avec le recul du temps, les problématiques essentielles de la modernité à la foi traditionnelle, (Même si ces problématiques sont parfois complètement obsolètes : le Net n’existait pas en 1962 et la mondialisation donnée comme inéluctable facteur de paix sur les § 83 à 90 de « Lumen Gentium » a carrément échoué !) Comme disait S.E. le Cardinal Ricard à Lourdes (Cf. sup) « Il faut relire (Vatican II) à nouveaux frais et en retenir ce qui peut l’être ». Il y a du pain sur la planche. Mais attention, le texte touche parfois aux dogmes de l’Eglise, comme en témoignent les trois premières encycliques du Pape Jean-Paul II. Par l’interprétation authentique, par « L’herméneutique de réforme » du texte, qu’il s’agit de relire désormais dans la continuité avec la Tradition, le concile est remis à sa place théologique : non plus un super dogme, mais un texte magistériel composite, rappelant ici la tradition, ouvrant là un espace de recherche, n’obligeant jamais la foi (hormis les points déjà définis) ; mais présentant de sérieuses difficultés d’interprétation : dépassé en certaines parties, soumis sur d’autres à des interrogations critiques fondamentales, ou qui induisent, par les ambiguïtés du texte, des ruptures herméneutiques béantes ; mais qui ouvrent par là même des problématiques passionnantes au Magistère futur. Pour conclure sur ce point, « l’herméneutique de continuité ou de réforme », qui consiste à rechercher un sens au texte en conformité avec la Tradition, vise à réformer, sinon le texte, en tout cas son interprétation et par là même son sens, son importance et sa réception.</p>
<p><strong>Disp. Th.</strong> : <em>Sur la question liturgique, comment votre Institut a-t-il reçu l’Instruction Universae Ecclesiae du 13 mai 2007 ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Nous recevons cette Instruction du cardinal Levada comme un document de droit liturgique positif. Il vient à point nommé, pour confirmer, préciser et faire appliquer la loi liturgique universelle posée par le Motu Proprio Summorum Pontificum, rétablissant le droit – jamais abrogé légitimement – du missel de Jean XXIII. C’est un bon document dont nous voyons déjà quelques fruits concernant l’IBP : en France, des évêques nous ont confié sans difficulté deux missions, et ont accepté une nouvelle implantation dans leur diocèse depuis cette Instruction. Alors qu’auparavant, tout semblait plus difficile.</p>
<p><strong>Disp. Th.</strong> <em>: Concernant le paragraphe 19 de cette instruction, l’encre a coulé dans la presse (par ex. La Croix) : certains ont voulu y voir une semonce contre certaines communautés traditionnelles…</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Ces gens feraient bien de relire d’abord le §2 et le §3 de l’Instruction, qui cite le Motu Proprio : « chaque Église particulière doit être en accord avec l’Église universelle, non seulement sur la doctrine de la foi et sur les signes sacramentels, mais aussi sur les usages reçus universellement de la tradition apostolique ininterrompue ». Cette Instruction entend rappeler que la communion des églises locales suppose l’obéissance à la loi liturgique universelle édictée par Rome, et donc au Motu proprio, justement, que beaucoup rechignent à appliquer.</p>
<p><strong><span style="color: #000000;">Disp. Th.</span></strong><em><strong><span style="color: #000000;"> :</span></strong> Mais n’êtes-vous pas concerné par ce paragraphe 19 ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab.Ph. L.</strong></span> : Tout comme l’ensemble de l’Instruction Universae Ecclesiae, ce paragraphe 19 ne pose aucune difficulté. Supposer d’ailleurs qu’il concerne l’I.B.P. alors qu’il vise d’autres communautés serait une galéjade. Dois-je vous le citer ? « Que les fidèles du Christ qui réclament la célébration selon la forme extraordinaire ne prêtent pas leur concours ou ne donnent pas leur nom aux associations qui attaquent (Impugnent) la validité ou légitimité du Saint-Sacrifice de la messe selon la forme ordinaire, ou encore ne soient hostiles (Sint infensae), de quelque manière, au Souverain Pontife Romain, Pasteur de l’Eglise Universelle ». Puisqu’il s’agit du droit liturgique universel en vigueur, l’IBP atteste la validité théologique et la légitimité canonique des célébrations de la messe et des sacrements dans la &laquo;&nbsp;forme ordinaire&nbsp;&raquo;, conformément à ce paragraphe 19. Ce paragraphe ne porte pas non plus atteinte à notre acte d’adhésion fondateur, qui nous engage encore, de façon constructive, dans le nouveau mouvement liturgique, en vue d’enrichissements possibles du missel de Paul VI souhaités par Benoît XVI lui-même, suivi par un cardinal Burke ou un Mgr Bux.</p>
<p><strong>Disp. Th. :</strong> <em>Pourquoi alors ne pas célébrer la &laquo;&nbsp;forme ordinaire&nbsp;&raquo; ?</em></p>
<p><strong><span style="color: #cc0000;">Ab. Ph. L.</span></strong> : Si on les reçoit dans l’esprit de l’Eglise, à la lumière du Droit Canon et du Motu Proprio Summorum Pontificum, nos constitutions approuvées par Rome sont très claires. Le décret d’érection de l’Institut du Bon-Pasteur confère à ses membres « le droit de célébrer vraiment comme leur rite propre la Sainte Liturgie en usant des livres liturgiques codifiés par le Bx Jean XXIII en 1962 » (ibidem ; cf. Statuts de l’IBP, Ar.1 §2). Ce droit propre de l’IBP implique l’observance du canon 846 §2 : « Le ministre célèbrera les sacrements selon son rite propre ». Cette disposition générale englobe le missel, le rituel et le pontifical de 1962, ainsi que le bréviaire (Décret d’érection ; Statuts, art.1 §2 ; confirmé par Universae Ecclesiae, §35 ; §§28-32). Ainsi, le charisme propre de l’Institut du Bon-Pasteur garantit concrètement pour ses membres la liberté et le droit d’adhérer à la &laquo;&nbsp;forme extraordinaire&nbsp;&raquo;, qui sont offerts à l’Eglise entière par le Motu Proprio. Et puisque « la forme extraordinaire doit être conservée avec l’honneur qui lui est due » (Universae Ecclesiae, §6), puisque qu’encore le Motu Proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI certifie la légitimité du missel de 1962 « jamais abrogé », ce droit propre pour l’IBP est légitime.</p>
<p><strong>Disp.Th.</strong> : <em>Quel est alors votre contact avec les célébrations dans la &laquo;&nbsp;forme ordinaire&nbsp;&raquo; ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L</strong></span>. : De par son charisme propre, les membres de l’IBP célèbrent la liturgie ou y assistent selon l’usage de la &laquo;&nbsp;forme extraordinaire&nbsp;&raquo;. Par rapport à l’assistance selon la &laquo;&nbsp;forme ordinaire&nbsp;&raquo;, notre Institut est soumis au Droit Canon et au Motu Proprio – en tenant compte de la lettre et de l’esprit de nos statuts – et se contente d’en exiger l’observance. Les membres de l’IBP ont donc la liberté d’agir selon la loi générale étant saufs le droit propre (Décret d’érection et CIC c. 846) et la fidélité au caractère propre de l’Institut (CIC c. 578). Dans les diocèses où ils sont missionnés, il est pour eux notamment convenable, selon les exigences démontrées du bien commun, d&#8217;accepter les invitations des évêques à être présent aux moments significatifs de la vie du diocèse, par exemple les messes d’ordinations et chrismales qui réunissent autour de son évêque le presbyterium de l’église locale, mais aussi tel pèlerinage, des débats théologiques sur des problèmes actuels…, et surtout des agapes fraternelles entre prêtres ! L’Institut ne « réglemente » en rien au-delà de ses statuts, du droit de l’Eglise et de son Magistère, tout simplement parce qu’il est une œuvre d’Eglise. Fort heureusement d’ailleurs, puisque « l’Esprit vivifie et la lettre tue ». La fidélité à l’Eglise est aussi une question d’esprit. Le pape Benoît XVI a rendu à tous cette « glorieuse liberté des enfants de Dieu », cette « faculté de se mouvoir dans le bien », comme l’appelait le pape Léon XIII.</p>
<p><strong>Disp.Th.</strong> : <em>Merci pour cet entretien, M. l’abbé. Une question supplémentaire : quelles sont vos perspectives pour l’Institut?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Au plan concret, les projets en cours exigent, de soi, la plus grande discrétion. En attendant de pouvoir vous en dire plus, Je puis seulement vous annoncer l’installation prochaine d’une maison générale formée. Au cœur de l’Eglise, les services sont variés et il n’en est pas de petit. De la paroisse personnelle à l’aumônerie de malades, en passant par les écoles, les simples missions paroissiales ou les remplacements de confrères…, l’Institut du Bon-Pasteur s’y engage volontiers, selon ses possibilités et se développe humblement, mais sûrement.</p>
<p><strong>Disp.Th. :</strong> <em>Observez-vous une évolution du contexte ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : Les choses évoluent de façon évidente, trop lentement ou trop vite selon les points de vue. Peu importe, « ça tourne », comme disait Galilée de la terre, que d’aucuns avaient arrêtée à leur guise. L’abondance de la moisson, les contacts personnels qui se multiplient, l’écoute nouvelle des évêques qui répondent à la demande, les avancées romaines (en particulier le document Universae Ecclesiae qui établit la Commission Ecclésia Dei comme « juge » de l’application du Motu Proprio)… Tout concourt à une mutation des esprits et des cœurs qui ouvre le champ à la liturgie traditionnelle, via les « Instituts spécialisés » (comme les appelaient le Cardinal Castrillon-Hoyos), qu’on le veuille ou non. Les années 70 sont bien mortes et les années 90 s’en vont aussi…</p>
<p><strong>Disp.Th. :</strong> <em>Et les obstacles, les difficultés ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L.</strong></span> : J’en profite pour rectifier une erreur aussi répandue que funeste. On veut croire que les réticences à notre égard (qui proviennent surtout des inévitables tiraillements internes de notre fondation et non point du positionnement doctrinal de l’Institut, au contraire, comme me le rappelait Mgr Pozzo il y a quelques jours), me mettraient dans l’embarras pour placer des prêtres que nous aurions en surnombre. C’est complètement faux ! Aucun de nous n’est au chômage, je vous prie de le croire et, à la vérité, je ne puis pourvoir à toutes les nécessités, à l’étranger comme en France. La formation sacerdotale, prunelle de nos yeux, et œuvre silencieuse de longue portée, suppose un investissement de nombreux prêtres professeurs à plein temps (actuellement quatre résidents pour six années d’études). Je reporte des missions, bien malgré moi, pour des prêtres qu’on me demande. Nous serions deux fois plus nombreux que la tâche ne manquerait point.</p>
<p><strong>Disp.Th.</strong> : <em>M. l’abbé, merci, un mot pour la fin ?</em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Ab. Ph. L</strong></span>. : Si l’urgence reste de former de bons prêtres, alors confions à la Providence le soin de remplir notre séminaire de belles et nombreuses vocations. L’avenir est là, et non de gémir sur les malheurs des temps. L’Institut du Bon-Pasteur est vraiment une œuvre providentielle et, unique en son genre. Impossible sans le discours du 22 décembre 2005 qui la précède de quelques mois, elle anticipe cependant de quelques mois encore sur la restauration liturgique du Motu Proprio. Merci au pape et à l’Eglise de ce cadeau magnifique qui nous place si près du centre de l’histoire et du cœur de l’Eglise…</p>
<p>&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<br />
[1] Pour le concile, cf. Concile Vatican II, Lumen Gentium n° 25 ; Cal Periclès Felici, Secrétaire général de ce concile en 1965 ; Code de droit canonique CIC 1983, c. 749, 1-3 ; c. 752 ; Jean-Paul II, Ad Tuendam Fidem, 1998, etc.</p>


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		<title>Du Motu Proprio : Summorum Pontificum     à     son décret d’application : Universae ecclesiae.</title>
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		<pubDate>Wed, 20 Jul 2011 21:43:27 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Du Motu Proprio : Summorum Pontificum à son décret d’application : Universae ecclesiae. Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI publiait le Motu Proprio intitulé Summorum Pontificum. Dans ce texte, il reconnaît explicitement que le Missel traditionnel n’a jamais été abrogé, qu’il ne pouvait pas l’être et qu’en conséquence tout prêtre demeure libre d’en [...]

<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/4519/lapplication-du-motu-proprio-summorum-pontificum/' rel='bookmark' title='Permanent Link: L&#8217;application du Motu Proprio Summorum Pontificum'>L&#8217;application du Motu Proprio Summorum Pontificum</a></li>
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<li><a href='http://www.revue-item.com/1868/mgr-pozzosecretaire-de-la-commission-ecclesia-deison-interpretation-du-motu-proprio-de-benoit-xvi-summorum-pontificum/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Mgr Pozzo,secrétaire de la commission Ecclesia Deison interprétation du Motu Proprio de Benoît XVI Summorum Pontificum'>Mgr Pozzo,secrétaire de la commission Ecclesia Deison interprétation du Motu Proprio de Benoît XVI Summorum Pontificum</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Du Motu Proprio : <em>Summorum Pontificum</em></strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>à</strong></span><br />
<span style="color: #cc0000;"><strong>son décret d’application : <em>Universae ecclesiae.</em></strong></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Le 7 juillet 2007, le pape Benoît XVI publiait le Motu Proprio intitulé <em>Summorum Pontificum.</em> Dans ce texte, il reconnaît explicitement que le Missel traditionnel n’a jamais été abrogé, qu’il ne pouvait pas l’être et qu’en conséquence tout prêtre demeure libre d’en user. C’est ce qu’expriment ces mots de l’article 1 : « Il est donc permis de célébrer le sacrifice de la messe suivant (….) le Missel romain (traditionnel) (…) jamais abrogé ».</p>
<p style="text-align: justify;">« Jamais abrogée » : « <em>nunquam abrogatam</em> ». En deux mots, le MP règle le sort de l’interdiction odieuse, injuste et illégale qui, depuis quarante ans, prétendait frapper la messe traditionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette affirmation est fortifiée par le commentaire que fait le pape lui-même dans sa lettre aux évêques: « Ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé et, par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisé ».</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est-à-dire que l’interdiction longuement répétée était illicite, comme le fait remarquer Jean Madiran.</p>
<p style="text-align: justify;">Et plus loin, le pape écrit : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improvise se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est confirmer l’importance de la coutume dans l’Eglise : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous&#8230; ». Il en est ainsi de la messe tridentine. Elle est une coutume immémoriale, ce qui lui donne, sous ce seul rapport « une pérennité intrinsèque en tant que monument incomparable de la foi ». Par conséquent, la « pérennisation » de la messe traditionnelle n’est ni à octroyer ni à ôter, comme l’écrivait M de Saventhem à Mgr Ré, le substitut de la Secrétairerie d’Etat, elle est simplement à reconnaître et à faire respecter dans les dispositions réglant son emploi à côté, éventuellement des rites nouveaux, si ils sont. Et ils sont.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est précisément ce que fait le pape Benoît XVI dans son MP <em>Summorum Pontificum.</em> Il veut faire respecter par une disposition légale la messe tridentine.</p>
<p style="text-align: justify;">Et c’est pourquoi le MP fut reçu par le monde de la Tradition avec une immense joie, une immense reconnaissance, un grand émerveillement. Tous ses sentiments se sont exprimés, pour beaucoup, par le chant de l’éternel <em>Te Deum</em>, avec la crainte cependant qu’il ne soit pas reçu facilement par les épiscopats et que son application en soit rendue difficile.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>A-Brève histoire du MP Summorum Pontificum.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">C’est qu’en effet depuis quarante ans, les épiscopats du monde entier, mais tout particulièrement français, et même l’épiscopat suisse, s’étaient dressés contre « cette messe de toujours ». &#8211; Vous en savez ici, au Brésil, quelque chose avec l’opposition farouche de Mgr Novarro, successeur de Mgr de Castro Mayer sur le siège de Campos, le 15 novembre 1981 -</p>
<p style="text-align: justify;">Prenons nos exemples en Suisse :</p>
<p style="text-align: justify;">Mgr Adam, évêque de Sion, publiait en janvier 1973, une « mise au point » affirmant interdit de célébrer selon le rite de saint Pie V « qui a été aboli (sic) par la Constitution <em>Missale romanum</em> de 1969 ». Et Mgr Adam précisait : « La présente déclaration est faite sur renseignement authentique et indication formelle de l’Autorité ».<br />
Au mois de janvier suivant, c’était l’assemblée plénière des évêques suisses qui proclamait : « Il n’est plus permis de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V »<br />
Partout c’était le même refrain officiel : « L’obéissance à l’Eglise interdit de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V dans quelque circonstance que ce soit ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et la catastrophe, ce fut le discours consistorial du 24 mai 1976, déclarant que la nouvelle messe « a été promulguée pour prendre la place de l’ancienne », substitution à laquelle il fallait donner « une prompte soumission au nom de l’autorité suprême ». « C’est au nom de la Tradition, disait le Pape, lors de ce consistoire, que nous demandons à tous nos fils, à toutes les communautés catholiques de célébrer dans la dignité et la ferveur la liturgie réformée »</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi la messe nouvelle devenait obligatoire ; elle seule devait être célébrée. Elle seule était la loi. La messe traditionnelle était interdite.</p>
<p style="text-align: justify;">« C’est donc avec une profonde amertume, mais aussi avec une paternelle espérance que nous nous adressons une fois de plus à ce confrère (Mgr Lefebvre), à ses collaborateurs et à ceux qui se sont laissés entraîner par eux…Nous comprenons leur attachement sentimental à des formes de culte et de discipline auxquelles ils étaient habitués, qui pendant longtemps ont été pour eux un soutien spirituel et dans lesquelles ils avaient trouvé une nourriture spirituelle. Mais nous avons le ferme espoir qu’ils sauront réfléchir avec sérénité et sans parti pris et qu’ils voudront admettre qu’ils peuvent trouver aujourd’hui le soutien et la nourriture auxquels ils aspirent dans les formes renouvelées que le Concile Vatican II et nous même avons décrétées comme nécessaire pour le bien de l’Eglise, pour son progrès dans le monde contemporain, pour son unité ».<br />
Les « intentions pontificales » ne peuvent pas être exprimées d’une manière plus claire. Les formes canoniques n’ont peut-être pas été respectées – c’est la thèse de M l’abbé Dulac défendue avec brio à l’époque &#8211; la messe traditionnelle cependant, dans la pensée, du moins, de la hiérarchie, a vécu. Elle n’est plus.</p>
<p style="text-align: justify;">Telle fut la version officielle jusqu’en 1978.</p>
<p style="text-align: justify;">A partir de 1978, et plus nettement à partir de 1984, avec la lettre <em>Quattuor abhinc annos</em>, et plus nettement encore avec le MP de JP II <em>Ecclesia Dei adflicta</em>, on a vu le langage se faire moins catégorique, évitant les termes d’<em>obligation</em> du rite nouveau et <em>d’interdiction</em> du rite traditionnel. On est alors passé peu à peu, dit Jean Madiran, à un régime d’<em>autorisation préalable</em>, &#8211; c’était la « pratique» de la lettre Quattuor abhinc annos, ainsi que d’Ecclesia Dei adflicta – il fallait demander l’autorisation à l’évêque du lieu &#8211; ce qui laissait supposer, mais implicitement cette fois, que l’interdiction existait toujours. Toutefois elle n’était plus absolue. Des dérogations pouvaient être obtenues, des dispenses données.</p>
<p style="text-align: justify;">D’autant que la curie romaine et certains cardinaux, archevêques et évêques, &#8211; certainement les plus compétents -, comprenaient que l’interdiction avait été un abus de pouvoir. Mais ils ne l’ont pas dit malgré la tendance grandissante aux repentances de toutes sortes.</p>
<p style="text-align: justify;">Ils ne l’ont pas dit tout de suite, ils l’ont même « caché ».</p>
<p style="text-align: justify;">Par exemple : on a su, mais seulement en 1995, par une révélation du Cardinal Stickler, que JP II avait réuni une commission <em>ad hoc</em>, composée de neuf cardinaux, à laquelle il avait posé deux questions :<br />
-la messe tridentine a-t-elle été abolie ?<br />
-et un évêque peut-il interdire un de ses prêtres en situation canonique normale, de dire la messe tridentine ?</p>
<p style="text-align: justify;">A la première question, 8 cardinaux sur 9, ont répondu que la messe tridentine n’avait jamais été abolie. A la seconde, qu’un évêque ne pouvait pas interdire à son prêtre de dire cette messe. Ils firent même des propositions au Souverain Pontife, l’une d’entre elles reconnaissait la légalité, la légitimité du rite de Jean XXIII, de 1962 : « Pour chaque messe célébrée en langue latine – avec ou sans fidèles présents &#8211; le célébrant a le droit de choisir librement entre le missel de Paul VI (1970) et celui de Jean XXIII (1962). Si le célébrant choisit le missel de Paul VI, il doit s’en tenir aux rubriques du dit missel. Si le célébrant choisit le Missel de Jean XXIII, il est tenu d’employer les rubriques dudit missel, mais il peut<br />
-employer soit la langue latine, soit la langue vulgaire pour les lectures ;<br />
-puiser dans les Préfaces et les prières du Propre de la messe supplémentaires, contenues dans le missel de Paul VI, et introduire des <em>preces universales</em> (les fameuses intercessions). Le calendrier liturgique pour les fêtes sera celui choisi par le célébrant ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le pape, pourtant favorable à une telle mesure, au dire même du cardinal Stickler, ne publia rien à cause de la pression de certains épiscopats.</p>
<p style="text-align: justify;">Nous étions en 1986.</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi en raison du silence des meilleurs, l’interdiction de fait de la messe tridentine continuait d’être la règle. L’interdiction demeurait toujours. En effet le MP <em>Ecclesia Dei adflicta</em> de 1988 n’a pas substantiellement modifiée la « législation » de Paul VI. <span style="text-decoration: underline;">La loi générale en matière liturgique était encore à cette époque en faveur de la messe nouvelle.</span></p>
<p style="text-align: justify;">J’en veux pour preuve la réponse de Mgr Re à M de Saventhem, président honoraire d’<em>Una Voce</em>. Il lui écrivait le 17 janvier 1994 : « par le MP Ecclesia Dei l’usage du missel romain approuvé en 1962 a été concédé à certaines conditions. Les diverses dispositions prises depuis 1964 avait pour but de faciliter la vie ecclésiale d’un certain nombre de fidèles, sans pérenniser pour autant les formes liturgiques antérieures. La loi générale demeure l’usage du rite rénové depuis le Concile, alors que l’usage du rite antérieur relève actuellement de privilèges qui doivent garder le caractère d’exceptions ».</p>
<p style="text-align: justify;">Les termes du prélat sont claires : « la loi générale demeure l’usage du rite rénové depuis le Concile alors que l’usage du rite antérieur relève actuellement de privilèges qui doivent garder le caractère d’exceptions ».</p>
<p style="text-align: justify;">Nous étions le 17 janvier 1994.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois certaines personnalités d’importance, à la même date, comme le cardinal Ratzinger soutenu par le cardinal Stickler, commençaient à prendre leur distance par rapport à de telles affirmations, à une telle législation. Oui, dès 1994, c’est la date de son livre « le sel de la terre », le cardinal Ratzinger écrivait : « Je suis certes d’avis que l’on devrait accorder beaucoup plus généreusement à tous ceux qui le souhaitent le droit de conserver l’ancien rite. On ne voit d’ailleurs pas ce que cela aurait de dangereux ou d’inacceptable. Une communauté qui déclare soudain strictement interdit ce qui était jusqu’alors pour elle tout ce qu’il y a de plus sacré et de plus haut, et, à qui l’on présente comme inconvenant le regret qu’elle en a, se met elle-même en question. Comment la croirait-on encore ? Ne va-t-elle pas interdire demain ce qu’elle prescrit aujourd’hui ? Malheureusement la tolérance envers les fantaisies aventureuses est chez nous presque illimitée,, mais elle est pratiquement inexistante envers l’ancienne liturgie. On est sûrement ainsi sur le mauvais chemin ».</p>
<p style="text-align: justify;">Dans son livre testament, « Ma vie. Souvenirs », il dit avoir été « consterné par l’interdiction de l’ancien missel. Car cela ne s’était jamais vu dans toute l’histoire de la liturgie ». Il reprendra cette idée en 1998 à Rome lors du pèlerinage des communautés Ecclesia Dei. S’appuyant sur l’autorité du Cardinal Newman, il leur dit : « Il est bon de rappeler ici ce qu’a constaté le cardinal Newman qui disait que l’Eglise dans toute son histoire n’avait jamais aboli ou défendu des formes liturgiques orthodoxes, ce qui serait tout à fait étranger à l’Esprit de l’Eglise…De tels rites peuvent mourir, si le sujet qui les a portés historiquement disparaît ou si ce sujet s’est inséré dans un autre cadre de vie. L’autorité de l’Eglise peut définir et limiter l’usage des rites dans des situations historiques diverses – mais jamais elle les défend purement et simplement ».</p>
<p style="text-align: justify;">De telles déclarations d’un cardinal, du cardinal, préfet de la Congrégation de la doctrine de la foi, étaient, on le comprend, très importantes…et allaient tôt ou tard modifier les choses et les esprits…</p>
<p style="text-align: justify;">Mais dans les faits, même encore en 1998-1999, l’interdiction de la liturgie ancienne était toujours de rigueur.</p>
<p style="text-align: justify;">Le cardinal Medina eut l’occasion de le rappeler en 1999, le 3 juillet 1999 au cardinal Bonicelli, ou le 17 octobre 1999 dans ce que l’on a appelé en France, l’affaire de la FSSP : à tous, Rome rappelait que « la loi générale demeurait l’usage du rite rénové depuis le Concile alors que l’usage du rite antérieur relevait actuellement de privilèges qui devaient garder le caractère d’exception ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le mal fait dans l’Eglise par cette interdiction n’était toujours pas réparé à cette époque. Dans les paroisses, dans les écoles, dans les mouvements catholiques, on continuait à professer que la messe traditionnelle n’était plus permise. On l’a donc répété pendant quarante ans. L’espace, largement, d’une génération.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fallut attendre 2001 pour voir la législation « Medina », du nom du préfet de l’époque de la Congrégation des sacrements et de la liturgie, se « lézarder » et ne plus être appliquée dans la totalité d’un diocèse. Ce fut à l’occasion de la création de l’administration apostolique Saint Jean Marie Vianney à Campos au Brésil. Le pape JP II, dans sa lettre du 25 décembre 2001  <em>Ecclesiae unitas</em> , déclarait : « On confirmera à l’administration apostolique la faculté de célébrer l’eucharistie et la liturgie des heures selon le rite romain et la discipline liturgique codifiée par notre prédécesseur Saint Pie V, avec les adaptations introduites par ses successeurs jusqu’au bienheureux Jean XXIII ».<br />
Ainsi la loi générale pour ce diocèse n’était plus le nouveau missel, mais bien le missel antérieur.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce qui fut confirmé par le décret d’érection signé par le cardinal Re : « La faculté est accordée à l’administration apostolique de célébrer la sainte eucharistie, les autres sacrements, la liturgie des heures et les autres actions liturgiques selon le rite romain et la discipline liturgique de saint Pie V, avec les adaptations que ses prédécesseurs ont introduites jusqu’au bienheureux Jean XXIII ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’enseignement du cardinal Ratzinger portait ses premiers fruits. Enfin ! Il avait déclaré, en 1994, nous l’avons vu : « Il est important aussi de cesser de bannir la forme de la liturgie en vigueur jusqu’en 1970 » C’était chose faite pour l’administration apostolique saint Jean Marie Vianney, en 2001.</p>
<p style="text-align: justify;">Il fallut attendre encore sept ans pour voir cette nouvelle législation appliquée à l’Eglise universelle</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi avec le MP de Benoît XVI, la messe traditionnelle était non pas <em>libéralisé</em>, comme beaucoup l’écrivirent, mais l<em>ibérée</em> comme le fit justement remarquer Jean Madiran.</p>
<p style="text-align: justify;">Parce qu’elle ne pouvait pas être valablement interdite.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette impossible interdiction fut rappelée sans interruption jusqu’à maintenant dans les milieux de la Tradition.</p>
<p style="text-align: justify;">Cela avait été immédiatement dit dès le début. Les réfractaires à l’interdiction, au nom du droit naturel avec Louis Salleron, au nom du droit canon avec l’abbé Raymond Dulac, au nom du dogme, avec le P Calmel, de Mgr de Castro Mayer, de Mgr Lefebvre et du cardinal Ottaviani, ont, dès 1969-1970, protesté qu’un commandement aussi injuste que celui de l’interdiction de la messe traditionnelle ne pouvait obliger en conscience.<br />
Le cardinal Ottaviani, dans sa lettre de présentation du <em>Bref Examen Critique</em> au Pape Paul VI écrivait :</p>
<p style="text-align: justify;">« Nous sommes assurés que ces considérations (celles exposées dans le Bref Examen Critique), directement inspirées de ce que nous entendons par la voix vibrante des pasteurs et du troupeau, devront trouver un écho dans le coeur paternel de Votre Sainteté, toujours si profondément soucieux des besoins spirituels des fils de l&#8217;Eglise. Toujours les sujets, pour le bien desquels est faite la loi, ont eu le droit et plus que le droit, le devoir, si la loi se révèle tout au contraire nocive, de demander au législateur, avec une confiance filiale, son abrogation.</p>
<p style="text-align: justify;">C&#8217;est pourquoi nous supplions instamment Votre Sainteté de ne pas vouloir que &#8212; dans un moment où la pureté de la foi et l&#8217;unité de l&#8217;Eglise souffrent de si cruelles lacérations et des périls toujours plus grands, qui trouvent chaque jour un écho affligé dans les paroles du Père commun &#8212; nous soit enlevée la possibilité de continuer à recourir à l&#8217;intègre et fécond Missel romain de saint Pie V, si hautement loué par Votre Sainteté et si profondément vénéré et aimé du monde catholique tout entier ».</p>
<p style="text-align: justify;">Vous imaginez le poids de telles affirmations, sous la plume d’un cardinal !</p>
<p style="text-align: justify;">La déclaration du Père Calmel fit aussi sensation. Ecrite en novembre-décembre 1969, quelques mois seulement après la publication du nouvel Ordo Missae, elle parut en janvier 1970. « Elle fut la première de ce genre et de cet éclat », dit Jean Madiran. Elle demeure au premier rang des apologie de la messe catholique traditionnelle, latine et grégorienne selon le missel romain de saint Pie V. « Avec une résolution tranquille, continue Jean Madiran, elle s’engage : « Je m’en tiens à la messe traditionnelle »… « La déclaration du Père Calmel fut un chef-d’œuvre, elle fut un acte, elle est un exemple ».</p>
<p style="text-align: justify;">Ainsi pendant quarante ans, toute une génération de catholiques militants, membres religieux ou laïcs de l’Eglise militante – deux générations &#8211; a subi cette opposition à la messe tridentine sans céder, a ouvertement contesté l’interdiction arbitraire de la messe traditionnelle. Nous pensons à nos morts : le cardinal Ottaviani, le Père Calmel, l’abbé Raymond Dulac ; Mgr Renatto Pozzi, Mgr Lefebvre, Mgr de Castro Mayer, le P Guérard des Lauriers. Et parmi les laïcs : Critina Campo, Luce Quénette. Louis Salleron, Eric de Saventhem.</p>
<p style="text-align: justify;">Sans cette mâle réaction des catholiques et tout particulièrement de Mgr Lefebvre et de Mgr de Castro Mayer, nul doute que le MP de Benoît XXVI n’aurait pas vu le jour, tout simplement parce qu’elle aurait été sans objet, la messe traditionnelle ayant tout simplement disparue de nos églises.</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>B-Analyse du MP Summorum Pontificum.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Comme nous l’avons dit en introduction, la qualité essentielle du Motu Proprio tient dans sa reconnaissance explicite que le Missel traditionnel n’a pas été abrogé, qu’il ne pouvait pas l’être comme coutume immémoriale dans l’Eglise et qu’en conséquence tout prêtre demeure libre d’en user.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ce qu’exprime très clairement l’article 1 §2 du MP : « Il est donc permis de célébrer la Sacrifice de la Messe romain promulguée par le bienheureux Jean XXIII en 1962 et jamais abrogé ». Ce rite du bienheureux Jean XXIII est appelé « forme extraordinaire de la liturgie de l’Eglise ». M. l’abbé Barthe reconnaît que l’expression « forme extraordinaire » convient parfaitement à ce rite, l’autre, celui de Paul VI étant dit « rite ordinaire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette déclaration de la libre célébration dans l’Eglise du rite traditionnelle, dit extraordinaire, est corroborée dans la lettre d’accompagnement aux évêques. Là, Benoît XVI leur dit : « Ce Missel n’a jamais été juridiquement abrogé, et, par conséquent, en principe, il est toujours resté autorisée ». Et un peu plus loin, Benoît XVI ajoute : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste ».</p>
<p style="text-align: justify;">Tout cela fut, je vous l’ai dit, reçu et accueilli avec grande joie.</p>
<p style="text-align: justify;">Toutefois le MP affirme la prétendue continuité doctrinale entre la messe tridentine et le <em>Novus Ordo Missa</em>e.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est l’affirmation de l’article 1 §1 du MP: « Le Missel romain promulgué par Paul VI est l’expression ordinaire de la <em>« lex orandi</em> » de l’Église catholique de rite latin. Le Missel romain promulgué par S. Pie V et réédité par le B. Jean XXIII doit être considéré comme l’expression extraordinaire de la même «<em> lex orandi</em> » de l’Église et être honoré en raison de son usage vénérable et antique. Ces deux expressions de la «<em> lex orandi</em> » de l’Église n’induisent aucune division de la « <em>lex credendi</em> » de l’Église ; ce sont en effet deux mises en oeuvre de l’unique rite romain ».</p>
<p style="text-align: justify;">Le décret d’application, signé par le cardinal William Levada, préfet de la Congrégation, le 13 mai 2011, dira à l’identique: « Les textes du Missel romain du Pape Paul VI et de la dernière édition de celui du Pape Jean XXIII sont deux formes de la liturgie romaine, respectivement appelées ordinaire et extraordinaire : il s’agit de deux mises en œuvre juxtaposées de l’unique rite romain. L’une et l’autre forme expriment la même <em>lex orandi</em> de l’Eglise ». (n°6)</p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien affirmer clairement, comme le fait remarquer M l’abbé Celier dans la « lettre à nos frères prêtres » de juin 2011, « l’équivalence théologique, liturgique et spirituelle du Missel de Paul VI avec le Missel traditionnel » (p.2)<br />
Ce principe d’ « équivalence » est exprimé à plusieurs endroits de <em>Summorum Pontificum</em> ainsi que dans la lettre aux évêques, par exemple : « Il n’est pas convenable de parler de deux versions du Missel Romain comme s’il s’agissait de deux Rites (…) il n’y a aucune contradiction entre l’une et l’autre édition du Missale romanum ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il est étonnant de lire cette affirmation sous la plume de Benoît XVI alors que l’on sait qu’il a tellement loué Mgr Gamber, alors que l’on sait qu’il nous l’a présenté comme un maître en matière liturgique, d’une grande culture historique. Il nous le donne en exemple. Or ce dernier, dans son livre « La liturgie en question » lorsqu’il parle du rite de Paul VI et du rite traditionnel, parle très clairement de deux rites différents, il appelle le rite traditionnel<em> : ritus romanus</em>, alors qu’il donne au rite de Paul VI, le nom de <em>ritus modernus</em>. Pour lui, l’un n’est pas l’autre.</p>
<p style="text-align: justify;">Je suis cette position de Mgr Gamber.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme je l’ai dit plus haut, Mgr Lefebvre, avec le Père Calmel, avec Mgr de Castro Mayer…et leurs disciples, a toujours présenté « des critiques » sur plusieurs points du Missel de Paul VI et des critiques doctrinales. Mgr Lefebvre, comme Mgr de Castro Mayer – celui-ci lorsqu’il reçut à Campos le Bref Examen Critique le fit immédiatement traduire en portugais pour l’adresser à ses prêtres &#8211; a toujours affirmé avec le cardinal Ottaviani, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans sa lettre au Pape Paul VI du 3 septembre 1969 que : « le nouvel <em>Ordo Missae</em> s’éloigne d’une façon impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe, définie à jamais par le Concile de Trente ».</p>
<p style="text-align: justify;">Et le cardinal Alfons Maria Stickler, bibliothécaire de la Sainte Eglise romaine et archiviste des Archives secrètes du Vatican, écrivait le 27 novembre 2004, à l’occasion de la réédition du Bref examen critique des cardinaux Ottaviani et Bacci : « L’analyse du<em> Novus ordo</em> faite par ces deux cardinaux n’a rien perdu de sa valeur ni, malheureusement, de son actualité… Les résultats de la réforme sont jugés dévastateurs par beaucoup aujourd’hui. Ce fut le mérite des cardinaux Ottaviani et Bacci de découvrir très vite que la modification des rites aboutissait à un changement fondamental de la doctrine. »</p>
<p style="text-align: justify;">C’est bien en raison des graves carences du <em>Novus Ordo Missae</em> et des réformes introduites sous Paul VI que l’on peut s’interroge sérieusement, non point sur la validité de principe, du moins sur la « légitimité de la Sainte Messe » selon la forme ordinaire.<br />
Il est difficile, comme l’avait noté dans sa déclaration de janvier 1970 le Père Calmel, de considérer la messe de saint Pie V et celle de Paul VI, dans une même « tradition apostolique ininterrompu ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette idée exprimée hier par nos maîtres vient de trouver une nouvelle actualité et de nouveaux défenseurs, lors d’un colloque qui s’est tenu en juillet 2011 à<em> Cork</em>, en Irlande sous la haute présidence du Cardinal Burke, préfet de la Congrégation de la Signature apostolique. <strong>Dom Cassian Folsom</strong>, prieur du monastère bénédictin de Norcia (Italie) a donné la première communication. Il a précisément cité le Motu Proprio <em>Summorum Pontificum</em> qui affirme que les deux missels exprimeraient « une même foi ». Il s’est interrogé sur cette affirmation. Pour lui, elle est difficilement recevable au regard des faits. Il fit remarquer que le missel de 1970 laisse transparaître des positions contestables de la théologie contemporaine. C’est la position de Mgr Gamber. Il la reprend à son compte. Pour Dom Folsom, ainsi que pour Mgr Gamber, ainsi que pour nous, le <em>Novus Ordo Missae</em> a introduit une rupture radicale avec l’ancien missel. De plus, il est doté d’un esprit fort anti-rubriciste. Ce que reconnaissait du reste, le Cardinal Ratzinger dans sa conférence conclusive à Fontgombault le 24 juillet 2001 disant qu’il fallait mettre fin à toutes les improvisations liturgiques actuelles. Ainsi pour Dom Folsom et pour Mgr Gamber, le rite de Paul IV est non un développement du rite romain, mais bel et bien un nouveau rite. Alors comment comprendre l’affirmation du Pape disant que les deux missels « expriment une même foi » ? Le bénédictin a proposé que ce soit plutôt « un objectif à atteindre » à l’occasion de la mise en œuvre de la Réforme de la Réforme que souhaite le pape et qui devrait permettre de corriger la liturgie issue du Concile Vatican II.<br />
Je ne suis pas loin de partager ce point de vue. Quoi qu’il en soit, il est nécessaire que les divergences profondes entre la messe traditionnelle et le <em>Novus Ordo Missae</em> soient levées.<br />
Mais reconnaissons cependant que le MP<em> Summorum Pontificum</em> de 2007 et son décret d’application de 2011 constituent une étape importante dans la reconnaissance des droits de la messe traditionnelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Et sous ce rapport ce texte est une excellente chose car, comme le dit M l’abbé Barthe dans son article de Présent « il favorise le relèvement du sacrifice de la messe, et donc du sacerdoce catholique » et par conséquent il favorise le relèvement de la sainte Eglise. Il conclut son article de Présent par ces mots : « Sous cet aspect, l’affirmation apparemment modeste, mais définitive, que la liturgie antérieure à la réforme de Vatican II n’a jamais été abolie, est un des germes les plus précieux de la revitalisation à venir du catholicisme ».</p>
<p style="text-align: justify;">C’est ce que reconnaît aussi la FSSPX, dans sa lettre à nos frères prêtres du mois de juin : « La Fraternité saint Pie X se réjouit du fait que, grâce au MP, de plus en plus de prêtres puissent célébrer selon le Missel traditionnel, de plus en plus de fidèles puissent bénéficier de ces célébrations. Et donc tout ce qui rendra plus facile, plus pérenne, plus large, plus universelle la liberté reconnue par le MP est accueilli avec ferveur par la FSSPX. Car chaque fois que le Missel traditionnel regagne du terrain, c’est le rayonnement spirituel, apostolique et missionnaire de l’Eglise qui grandit ». (p 3)</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>C- Sur la récente instruction Universae ecclesiae</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;">Nous suivons ici la présentation qu’en fit, lors de sa publication, M l’abbé Celier dans sa lettre à nos frères prêtres. J’imagine que je dois être de ceux là ! C’est une analyse simple des articles du document :</p>
<p style="text-align: justify;">« Annoncée depuis le 30 décembre 2007, par le cardinal Tarcisio Bertone, l’Instruction <em>Universae Ecclesiae</em> sur l’application du Motu Proprio S<em>ummorum Pontificum</em> (7 juillet 2007) a été rendue publique le 13 mai 2011 par la Commission pontificale Ecclesia Dei.</p>
<p style="text-align: justify;">Signé par le cardinal William Levada, Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, et par Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission Ecclesia Dei, ce document romain paraît après que les évêques du monde entier ont pu adresser à Rome le bilan des trois ans écoulés depuis la publication du Motu Proprio, conformément au souhait de Benoît XVI dans sa lettre d’accompagnement du 7 juillet 2007.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce délai important manifeste combien l’application de <em>Summorum Pontificum</em> a rencontré de difficultés auprès des évêques. En sorte qu’<em>Universae Ecclesiae</em> a officiellement pour but « de garantir une interprétation correcte et une juste application du Motu Proprio <em>Summorum Pontificum</em> » (n°12), mais aussi et surtout de faciliter une application à laquelle les Ordinaires ne consentent qu’avec parcimonie. Le décalage prévisible entre le droit de la messe traditionnelle, reconnu par le Motu Proprio, et le fait de cette reconnaissance par les évêques » était prévisible.</p>
<p style="text-align: justify;">Sur ce point, de la réaffirmation de la messe traditionnelle, « c’est dans un esprit positif que nous recevons cette instruction. Elle nous semble en substance, fortifier, consolider la doctrine du MP, donc la liberté du Missel traditionnel, et en ce sens elle mérite d’être considérée comme un heureux progrès. La plupart des points de cette instruction donnent du poids au MP en son principe essentiel, à savoir la valeur et la liberté du Missel Traditionnel.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce MP, dit l’instruction, est une loi universelle pour l’Eglise (n°2), un acte du Magistère du Pontife romain et de son<em> munu</em>s propre (n° 8).</p>
<p style="text-align: justify;">Le missel traditionnel doit être conservé avec l’honneur qui lui est du (n° 6) comme un trésor précieux (n° 8) qui doit être accessible à tous les fidèles et même garanti et assuré réellement (n° 8) et notamment par l’évêque diocésain qui prendra les mesures nécessaires en ce sens (n°14) en accord avec le mens du Pontife romain exprimé clairement dans le MP (n° 13)</p>
<p style="text-align: justify;">La commission <em>Ecclesia Dei</em> est munie par le Souverain Pontife des pouvoirs ordinaires pour veiller à l’application du MP pouvant désormais produire des décrets et des textes, veiller à l’édition des textes liturgiques traditionnels et recevoir des recours juridiques (n° 9-11)</p>
<p style="text-align: justify;">Le groupe de fidèles n’a pas de nombre fixe, il peut être assez petit, de paroisses voire de diocèses différents ; les lieux de pèlerinage doivent offrir la possibilité de rite traditionnel (n° 15-18)</p>
<p style="text-align: justify;">Les Ordinaires doivent offrir aux prêtres, mais aussi aux séminaristes, la possibilité d’apprendre à célébrer le rite traditionnel (n° 21).</p>
<p style="text-align: justify;">La question du Triduum pascal, qui n’avait pas bien été comprise, est précisée de façon compréhensible par tous et de plus, il est signalé que les offices de ces jours peuvent être répétés au profit du rite traditionnel ; (n° 33).</p>
<p style="text-align: justify;">Les ordres religieux bénéficiant de livres liturgiques traditionnels propres peuvent les utiliser (n° 34), ce qui ouvre la voie à reconnaître demain les rites traditionnels locaux, tel le rite lyonnais. Etc.</p>
<p style="text-align: justify;">L’article 30 est intéressant en ce qu’il témoigne d’une collision entre les rites traditionnels et le nouveau droit canonique de 1983 qui a pris certaines options incompatibles : ici, entre des rites liturgiques (les quatre ordres mineurs et le sous diaconat) représentant clairement un déploiement du sacrement de l’ordre et un droit canonique qui ne reconnaît l’entrée en cléricature que par le diaconat.</p>
<p style="text-align: justify;">On retrouve le même genre de difficulté avec l’article 31 sur le Pontifical traditionnel pour les ordinations diocésaines : des indults vont sans doute être demandés par certains évêques lorsque le futur prêtre se prépare à exercer un ministère lié au moins en partie au rite traditionnel. Il est probable que d’autres difficultés de ce genre apparaissent et que naisse ainsi progressivement un droit canonique partiellement propre au rite traditionnel ».</p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Quant à l’article 19 du décret</strong></span> qui a fait beaucoup parler, je m’en tiendrai au jugement de Jean Madiran exprimé dans Présent du samedi 21 mai 2011</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà tout d’abord l’article lui-même:<br />
« Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà l’article de Jean Madiran : sous le titre « une autre lecture<br />
« Le dix-neuvième paragraphe de l’Instruction brandi par La Croix contre les traditionalistes s’oppose à ce que l’on nie « la validité ou la légitimité » de la messe nouvelle. Revenons donc aux bases classiques de sa contestation : la validité et la légitimité du Missel de Paul VI ne sont pas mises en cause dans le Bref examen critique présenté par le cardinal Ottaviani, et pas davantage dans le livre de Louis Salleron La nouvelle messe auquel se référait Mgr Lefebvre lors de son interrogatoire par les cardinaux inquisiteurs. Les critiques fondamentales de la nouvelle messe promulguée en 1969 n’ont pas été un procès en illégitimité ni en invalidité.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Parenthèse.</strong> On m’objectera peut-être que la FSSPX « s’interroge sérieusement sur la légitimité » du Missel de Paul VI. Mais légitimité ne paraît pas avoir le même sens dans l’Instruction et dans l’interrogation de la FSSPX. Dans l’Instruction, il s’agit d’affirmer que le Pape a le pouvoir légitime de promulguer un Missel. Cette « légitimité » d’origine est distincte du fait : le Missel de Paul VI « s’éloigne d’une manière impressionnante, dans l’ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la sainte messe, définie à jamais par le concile de Trente » (Ottaviani).<br />
A mon avis, le Missel de Paul VI avait commencé à entrer dans l’illégitimité avec son usage, qui en a été fait aussitôt, comme arme par destination contre la messe traditionnelle, dont l’interdiction fut invalide et gravement coupable. <strong>Fin de la parenthès</strong>e ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><span style="color: #cc0000;">Aujourd&#8217;hui, il faut ajouter le commentaire de M l&#8217;abbé Philippe laguérie sur cet article 19, exprimé dans son interview sur Disputationes theologicae. (Voir mon site et la rubrique &laquo;&nbsp;Regards sur le monde&#8230;)</span></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Quant à l’article 8</strong></span> : Le décret Universae ecclesiae parle ouvertement dans son article 8 c de la nécessaire « réconciliation dans l’Eglise ». C’est clairement exprimé dans le § 8 c : « Le Motu Proprio Summorum Pontificum constitue une expression remarquable du magistère du Pontife romain et de son munus propre – régler et ordonner la sainte liturgie de l’Église – et il manifeste sa sollicitude de Vicaire du Christ et de Pasteur de l’Église universelle.<br />
Il se propose :<br />
a) d’offrir à tous les fidèles la liturgie romaine dans l’usus antiquior, comme un trésor à conserver précieusement ;<br />
b) de garantir et d’assurer réellement l’usage de la forme extraordinaire à tous ceux qui le demandent, étant bien entendu que l’usage de la liturgie latine en vigueur en 1962 est une faculté donnée pour le bien des fidèles et donc à interpréter en un sens favorable aux fidèles qui en sont les principaux destinataires ;<br />
<strong>c) de favoriser la réconciliation au sein de l’Église.</strong><br />
Sur ce sujet très important, permettez-moi ces quelques remarques :<br />
Cette réconciliation sera doctrinale et liturgique ou ne sera pas.<br />
Elle doit donc s’initier dans les séminaires. Si l’on veut vraiment «parvenir à une réconciliation interne au sein de l’Eglise » comme le demande expressément le cardinal Levada, il faut en prendre les moyens. La « réconciliation » passe nécessairement par la formation au séminaire. Il y faudra des générations. Il faut la vouloir. Aux séminaristes, il faut donc apprendre le sens des choses liturgiques ; il faut apprendre le latin. Benoît XVI le demande expressément. La liturgique, son ordre, son symbolisme demandent tout une étude, un apprentissage, une pratique. Les années de séminaires sont nécessaires à cette fin. Qui en prend les moyens ?<br />
Le texte romain qui précise les résolutions du Motu Proprio <em>Summorum Pontificum</em> prévoit que les séminaristes apprennent la célébration de la messe aussi dans le rite « tridentin ». A la bonne heure ! Cela va dans le bon sens.<br />
Si cela ne se fait pas, nous risquons d’avoir une juxtaposition de communautés, de prêtres. Ils chercheront à vivre dans l’amitié, une amitié retrouvée au niveau des diocèses, des doyennés. C’est important. Mais ce n’est pas suffisant. Le conflit relevant de la doctrine, il faut nécessairement restaurer l’enseignement de la théologie thomiste, le sens de la liturgie dans le clergé.<br />
Mais cette réconciliation sera difficile<br />
Pourquoi ?<br />
Il faut mesurer la crise qui touche l’Eglise. Elle est doctrinal et liturgique.<br />
Sur le plan liturgique, deux mondes s’affrontent : la liturgie tridentine, la liturgie « moderniste ». Elles sont incompatibles l’une à l’autre. Sur ce sujet, il me semble que M l’abbé Barthe l’exprime fort bien dans une synthèse difficilement dépassable, dans son dernier livre : « la messe à l’endroit », à la page 11et 12. Nous assistons dans la liturgie moderne à une « déritualisation ». Venez assister à une messe chrismale et vous en serez convaincu ! Vous avez également un « pluralisme » rituel…Qu’est devenue dans bien des églises la messe de Paul VI ? Vous avez également « un aplatissement du symbolisme liturgique », l’envahissement d’une « pédagogie de monitions », bien évidemment « le retournement de l’autel, si possible placé au centre de l’assemblée, la mue du célébrant hiérarchique en acteur personnel ». Oui ! Ce sont là quelques caractéristiques de la liturgie moderne. « Tout a contribué, dit-il, à faire (bien gauchement d’ailleurs) du culte divin une sorte de théâtralité accordée à la modernité, et donc, à faire que la dramaturgie liturgique cesse largement d’être … une réprobation de ce monde ». Or la vraie « liturgie chrétienne au sein du monde moderne ne peut qu’être critique de ce monde ». C’est très juste. La liturgie classique est « théandrique ». Le monde moderne « anthropocentrique ». Le culte divin est louange et adoration de Dieu. Le monde moderne est replié sur lui-même. Ainsi « s’adapter à ce monde, c’est disparaître. Ce qui est advenu »….Dès lors, « l’aspect de rupture de l’univers rituel catholique par rapport à la modernité individualiste a ainsi largement disparu. La conciliation – d’autant plus maladroite qu’elle est par la force des choses partielle – avec la « culture » que cette modernité sécrète fait que le culte divin a cessé d’avoir la pleine force d’invitation à tout « restaurer dans le Christ » . C’est ainsi que le profane, d’une manière non totale, certes, mais cependant d’une manière assez massive, est entrée dans le sanctuaire. : « idéologiquement, par la refabrication de rites où le subjectif de la célébration du groupe centré sur lui-même s’impose sensiblement par un abandon de l’hiératisme rituel, de la langue sacrée, de la prière « vers le Seigneur », de l’adoration exprimée au moyen d’une gestuelle et d’un silence de prosternation. On a ainsi concédé à la société moderne une atténuation de ce qu’elle n’est plus en mesure d’entendre : la valeur de la messe comme sacrifice offert pour les péchés, la présence réelle du Christ sous les espèces eucharistiées, la différence/similitude du sacerdoce de l’Homme-Dieu exprimant précisément l’action du Christ-Tête ». (p. 11-12). Ces dernières valeurs, rappelées heureusement ici par l’abbé Barthe, sont essentielles à la doctrine catholique et parfaitement exprimée dans le rite tridentin. Oui ! Sa « gestuelle » et ses prières les expriment à la perfection. Elles sont de l’essence du sacrifice de la messe.</p>
<p style="text-align: justify;">Ce sont bien, alors, deux mondes qui s’affrontent. Ils sont incompatibles, inconciliables. Cette critique n’est pas outrancière. Elle est juste. Voilà la réalité, même si elle ne s’exprime pas partout, dans les églises paroissiales, heureusement, dans toute cette acuité.<br />
Les choses en sont là aujourd’hui.<br />
Il faut procéder à l’arrêt de ce qui est devenu une vraie subversion. Il faut comme le dit M l’abbé Barthe, « subvertir cette idéologie d’ouverture ».<br />
On peut légitiment se poser la question : la liturgie de Paul VI, ici décrite, est-elle seulement réformable ?<br />
L’Eglise doit nécessairement restaurer sa tradition liturgique.<br />
Il n’y aura pas de réconciliation profonde et donc d’unité des esprits et des cœurs dans le monde sacerdotal -ce qui est hautement souhaitable – sans la réforme liturgique. La réconciliation par la réforme liturgique doit être le maître mot aujourd’hui … dans l’Eglise.<br />
Mais dans cette réforme qui aboutira à une vraie réconciliation, il faut avoir le sens du possible et, dans ce domaine liturgique, aller du mieux au bien. M l’abbé Barthe suggère, dans un premier temps, de retenir cinq points :<br />
-« Réintroduire l’usage de la langue liturgique latine, spécialement par l’utilisation du chant grégorien ( kyriale, Pater, si possible chant des parties du propre de la messe),<br />
-Distribuer la communion selon le mode traditionnel,<br />
-User de la première prière eucharistique, si possible en latin, et sans trop élever la voix,<br />
-Orienter la célébration vers le Seigneur au moins à partir de l’offertoire,<br />
-User en silence de l’offertoire traditionnel.<br />
Avec en parallèle, la célébration de « la forme extraordinaire », la forme tridentine, qui viendra tout naturellement s’intégrer dans une vie liturgique paroissiale animée de cette réforme et qui la soutiendra efficacement. Et voilà pourquoi Benoît XVI demande la célébration paroissiale du rite tridentin au milieu du rite « ordinaire ». (p. 96)<br />
Voilà qui serait beaucoup. Voilà qui favoriserait réellement une réconciliation sacerdotale.<br />
Voilà ce que veut le pape.</p>


<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/4519/lapplication-du-motu-proprio-summorum-pontificum/' rel='bookmark' title='Permanent Link: L&#8217;application du Motu Proprio Summorum Pontificum'>L&#8217;application du Motu Proprio Summorum Pontificum</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/5569/une-parole-forte-et-motivee-deveque-clairement-en-faveur-de-lapplication-du-motu-proprio-summorun-pontificum-mais-en-italie/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Une parole forte et motivée d&#8217;évêque clairement en faveur de l&#8217;application du Motu Proprio &laquo;&nbsp;Summorun Pontificum&nbsp;&raquo;&#8230;mais en Italie.'>Une parole forte et motivée d&#8217;évêque clairement en faveur de l&#8217;application du Motu Proprio &laquo;&nbsp;Summorun Pontificum&nbsp;&raquo;&#8230;mais en Italie.</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/1868/mgr-pozzosecretaire-de-la-commission-ecclesia-deison-interpretation-du-motu-proprio-de-benoit-xvi-summorum-pontificum/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Mgr Pozzo,secrétaire de la commission Ecclesia Deison interprétation du Motu Proprio de Benoît XVI Summorum Pontificum'>Mgr Pozzo,secrétaire de la commission Ecclesia Deison interprétation du Motu Proprio de Benoît XVI Summorum Pontificum</a></li>
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		<title>il n’y a pas seulement des divergences, mais bien des contradictions</title>
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		<pubDate>Tue, 28 Jun 2011 10:02:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[ &#160;&#187;Il n’y a pas seulement des divergences à Rome, mais bien des contradictions&#160;&#187;!   Voilà les paroles que Mgr Fellay a prononcées le 17 juin 2011 lors de son homélie des ordinations au séminaire de Winona, aux USA. C&#8217;est malheureusement une réalité. Ce n&#8217;est pas nouveau. Depuis le Concile Vatican II, c&#8217;est même très fréquent. [...]

<ul><li><a href='http://www.revue-item.com/445/benoit-xvi-et-ladoration-liturgique-la-reforme-de-la-reforme-en-cours/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Benoît XVI et l&#8217;adoration liturgique: la réforme de la Réforme&#8230;en cours'>Benoît XVI et l&#8217;adoration liturgique: la réforme de la Réforme&#8230;en cours</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/2366/a-propos-d%e2%80%99une-petite-phrase-communique-de-mgr-marc-aillet/' rel='bookmark' title='Permanent Link: A propos d’une petite phrase; Communiqué de Mgr Marc Aillet'>A propos d’une petite phrase; Communiqué de Mgr Marc Aillet</a></li>
<li><a href='http://www.revue-item.com/3839/un-nouveau-livre-sur-la-messe-de-paul-vi-esthetique-de-la-nouvelle-messe/' rel='bookmark' title='Permanent Link: Un nouveau livre sur la &laquo;&nbsp;messe de Paul VI&nbsp;&raquo; :&nbsp;&raquo;Esthétique de la nouvelle messe'>Un nouveau livre sur la &laquo;&nbsp;messe de Paul VI&nbsp;&raquo; :&nbsp;&raquo;Esthétique de la nouvelle messe</a></li>
</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/06/Ordination-Winona-Juin-2011.jpg"></a></p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong> &nbsp;&raquo;Il n’y a pas seulement des divergences à Rome, mais bien des contradictions&nbsp;&raquo;!</strong></span></p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Voilà les paroles que Mgr Fellay a prononcées le 17 juin 2011 lors de son homélie des ordinations au séminaire de Winona, aux USA. C&#8217;est malheureusement une réalité. Ce n&#8217;est pas nouveau. Depuis le Concile Vatican II, c&#8217;est même très fréquent.</p>
<p style="text-align: justify;">Mgr Fellay en donne rapidement plusieurs preuves, des preuves terribles. Vous pouvez les lire dans son homélie que vous trouverez dans la rubrique &laquo;&nbsp;Nouvelles de Chrétienté&nbsp;&raquo; en date du 28 juin 2011. </p>
<p style="text-align: justify;">Oui! <strong>Les &laquo;&nbsp;contradictions à Rome sont vraiment  profondes&nbsp;&raquo;.</strong> Et il en conclut :<strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>&laquo;&nbsp;Tout cela montre que le combat continue. Or il y a deux dangers aujourd’hui. L’un consiste à dire que tout est en ordre, tout est fini, le combat est terminé : c’est une immense illusion. Je peux vous garantir, mes bien chers Frères, que si un jour Rome régularise finalement notre situation canonique, <span style="text-decoration: underline;">le combat commencera,</span> ce ne sera pas la fin ! Mais nous n’y sommes pas encore&nbsp;&raquo; !</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Je suis heureux de lire ces paroles. Elles m&#8217;ont fait penser à ce que j&#8217;écrivais dans mon livre : &laquo;&nbsp;L&#8217;enjeu de l&#8217;Eglis: la messe &nbsp;&raquo; au livre III, chapitre VI sous le titre : La division interne du Magistère&nbsp;&raquo;. Je me permets de le soumettre, de nouveau, à votre attention. Ces pages auront le mérite de démontrer que notre différence avec Mgr Fellay n&#8217;était pas si grande que cela. Et pourtant je fus jeté dehors comme un mal propre. N&#8217;y aurait-il pas là aussi une contradiction?  Certainement pour moi, une profonde souffrance!</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="color: #cc0000;"><strong>Chapitre VI LA DIVISION INTERNE DU MAGISTÈRE</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Outre les paroles du Cardinal Ratzinger et de Dom Gérard, ce qui m’a aussi frappé dans ces journées romaines du 24 et 26 octobre 1998 et dans les discours échangés, fut la différence de langage entre le Cardinal Ratzinger, le 24 octobre et le Souverain Pontife, le 26 octobre. J’avais nettement l’impression que le discours du 26 octobre, lu par le Pape, avait été préparé pour corriger le discours personnel du Cardinal prononcé l’avant-veille. J’y voyais même l’expression publique « d’une division interne du Magistère ».</strong><br />
<strong>C’est là une expression du Révérend Père Joseph de Sainte Marie, un « maître ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Ce constat de « division » pouvait, vous l’imaginez, avoir son importance pour nous. On nous présente, volontiers, comme des fils rebelles, touchés par le mal du siècle: le libre examen. Mais à quelle autorité fallait-il obéir? Le dilemme n’était pas simple. Toutes les congrégations romaines ne représentent-elles pas le Pape? La Congrégation pour la doctrine de la foi tout autant que la Secrétairerie d’État.</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Alors!</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici ce que j’écrivais sous le titre: les 24 et 26 octobre 1998, Rome ou La division interne du Magistère. Ces réflexions ne pouvaient-elles pas servir à qui de droit? J’étais à plein dans mon rôle d’assistant général.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">La hiérarchie catholique ne parle plus le même langage ni dans le « temps » ni dans l’« espace ». Elle n’enseigne plus d’une façon identique et de la même manière les vérités du Credo. Il y a, semble-t-il, non seulement tergiversations dans le gouvernement mais contradictions, même dans<br />
l’exposé de la Foi de la part de ceux qui ont pour mission d’enseigner le troupeau.<br />
Pour prendre une image, on pourrait dire que la hiérarchie « claudique » – elle marche d’un pas « désuni », elle perd de sa beauté, de son élégance, elle perd de son maintien. Oui, l’Église semble désunie dans sa hiérarchie – il y a comme un effritement de sa cohésion interne. À tel point que certains peuvent parler de « division interne du Magistère ». Cette situation est terrible. Terrible pour l’Église. Terrible pour les fidèles qui voient le corps social de l’Église qu’ils aiment, comme se « désintégrer », comme « se lacérer » en raison de ce double langage. Ce qui nous oblige, nous les fidèles et les prêtres, à nous attacher à la Tradition universelle connue, acceptée de l’Église catholique dans son catéchisme (Itinéraires n° 205 p. 5).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette division interne du Magistère nous est apparue, de nouveau, exprimée publiquement lors des journées d’action de grâces des Communautés « Ecclesia Dei Adflicta », les 24 et 26 octobre derniers à Rome. Elles furent accueillies par le Cardinal Ratzinger, puis par le<br />
Pape. Nous n’avons pas entendu le même langage dans ces deux<br />
bouches. Nous n’avons pas vu la même analyse de la crise liturgique au niveau des dicastères romains : celle de la Congrégation pour la doctrine de la foi présidée aujourd’hui par le Cardinal Ratzinger et celle de la Secrétairerie d’État présidée par le Cardinal Sodano, dicastère qui a dû préparer le discours du Pape du 26 octobre.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette division interne du Magistère est déplorable. Mais elle n’est pas nouvelle. Elle s’est manifestée, hier, en 1968, lors de la publication de l’Encyclique Humanae vitae. Elle s’est encore manifestée lors de la publication du Novus Ordo Missae, en 1969. Elle s’est manifestée également en bien des affaires : Schillebecckx, Hung, Fox, Boff, pour ne citer que les plus connues, mais plus particulièrement encore lors de l’affaire Drewermann (1991) et, enfin, lors de la publication de la lettre apostolique sur le sacerdoce : Ordinatio sacerdotalis, le 28 mai 1995.</p>
<p style="text-align: justify;">Venons-en à nos journées d’octobre dernier.</p>
<p style="text-align: justify;">Vous connaissez tous maintenant ces discours.<br />
Le Cardinal Ratzinger veut expliquer les difficultés que rencontrent les évêques à accepter les communautés « Ecclesia Dei Adflicta » dans leur diocèse en raison de leur attachement « exclusif » (?) à l’ancienne liturgie. Les évêques considèrent, dit-il, cet attachement à la liturgie ancienne « comme un élément de division qui ne fait que troubler la communauté ecclésiale ». Ils ne veulent pas favoriser la division dans leur diocèse, disent-ils, ni « une résistance indue aux décisions conciliaires et à ses légitimes réformes ». C’est la deuxième objection.</p>
<p style="text-align: justify;">Le Cardinal réfute joliment ces objections. Il rappelle l’œuvre du Concile Vatican II, de sa Constitution « de Sacra Liturgia » et rappelle opportunément l’attitude habituelle de l’Église en matière liturgique : le respect des formes liturgiques de l’Église dès lors qu’elles sont orthodoxes. Il affirmait : « Il est bon de rappeler ici ce qu’a constaté le Cardinal Newmann qui disait que l’Église, dans toute son histoire, n’avait pas aboli ou défendu des formes liturgiques orthodoxes, ce qui serait tout à fait étranger à l’esprit de l’Église… L’autorité de l’Église peut définir et limiter l’usage des rites et des situations historiques diverses, mais jamais elle ne les<br />
défend purement et simplement ». Il dit ensuite que « le Concile a ordonné une réforme des livres liturgiques, mais il n’a pas interdit les livres antérieurs ». Il reprend, ici, devant les communautés « Ecclesia Dei (adflicata) » la pensée qu’il écrivait tout récemment encore dans son<br />
livre La Mia Vita. Je suis bien de cet avis… Mais respectueusement, je ferai<br />
remarquer, au Cardinal, que c’est pourtant ce qu’a fait le Pape<br />
Paul VI lors de son discours consistorial du 24 mai 1976. Ainsi se trouve-t-il en contradiction ouverte avec le Saint- Père, le Pape Paul VI. Qui dit vrai. Le Pape ? Le Cardinal ? Souvenez-vous des propos de Paul VI au Consistoire du 24 mai 1976. Il couvre de son autorité suprême l’ensemble de l’œuvre<br />
conciliaire et de la réforme liturgique. En sa qualité invoquée de successeur de Pierre et de Vicaire du Christ, il ordonne qu’on accepte en bloc « les enseignements du Concile luimême, les réformes qui en découlent, son application graduelle mise en œuvre par le Siège apostolique et les conférences épiscopales sous son autorité voulue par le Christ »… « Au nom<br />
de l’autorité supérieure qui nous vient du Christ, nous exigeons<br />
une prompte soumission à toutes les réformes liturgiques, disciplinaires,<br />
pastorales mûries ces dernières années en application des décrets conciliaires ». C’est clair ! Il entre même dans le détail sur le problème de<br />
la Messe. « C’est au nom de la Tradition elle-même que nous demandons<br />
à tous nos fils et à toutes les communautés catholiques de célébrer avec dignité et ferveur les rites de la liturgie rénovée. L’adoption du Nouvel Ordo Missae n’est certainement pas laissée à la libre décision des prêtres ou des fidèles »… « Le Nouvel Ordo a été promulgué pour prendre la place de<br />
l’ancien, après une mûre délibération et afin d’exécuter les décisions du Concile ». Cette affirmation de Paul VI est, comme on le voit à l’évidence, en contradiction avec les paroles prononcées par le Cardinal Ratzinger invoquant, lui, l’autorité du Cardinal Newmann.</p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une opposition évidente entre les affirmations du Cardinal Ratzinger et du Pape Paul VI. Même si l’on fait abstraction de la vérité – qui dit le vrai ? qui dit le faux ? – tout le monde, même un enfant, vous dira qu’elles sont contradictoires. Et cela est grave au sommet de la hiérarchie.<br />
Le Pape, sans le dire mais dans les faits, affirme que le nouvel « Ordo » a été promulgué pour prendre la place de l’ancien. C’est bien vouloir interdire et donc abolir dans les faits le rite ancien, dit de saint Pie V. Le Cardinal vous dit « l’autorité de l’Église peut définir et limiter l’usage des rites dans des situations historiques diverses, mais jamais elle ne les défend purement et simplement ». C’est pourtant ce qu’a fait pratiquement, concrètement le Pape Paul VI : « Le Nouvel Ordo a été promulgué pour prendre la place de l’ancien… » Et il ajoute : « après une mûre délibération ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais poursuivons.</p>
<p style="text-align: justify;">Toujours dans le même discours consistorial du Pape Paul VI, nous allons découvrir encore une nouvelle opposition entre les deux personnalités en cause. Après avoir dit que le nouvel « Ordo » a été promulgué pour<br />
prendre la place de l’ancien, Paul VI invoque, pour fonder sa décision, l’autorité du Concile de Trente, équiparant l’œuvre liturgique du Concile Vatican II avec celle du Concile de Trente. « De la même manière, notre prédécesseur, saint Pie V, avait rendu obligatoire le Missel révisé sous son autorité après le Concile de Trente. La même prompte soumission, nous<br />
l’ordonnons au nom de la même autorité suprême qui nous<br />
vient du Christ ». Paul VI invoque donc le précédent de saint Pie V. Parce qu’il a, lui, Paul VI, dans sa réforme de la Messe, procédé de la même manière – haud dissimili ratione – que saint Pie V, il peut de la même manière rendre, à son tour, sa réforme obligatoire. Mais justement la manière de procéder ne fut pas la même et l’obligation, non plus.<br />
Le Cardinal, lui-même, le fait remarquer dans son livre La Mia Vita. Il dit que les deux œuvres ne sont pas équivalentes. L’une, le Concile de Trente, a seulement « restauré » la liturgie de la Messe dans sa forme primitive. La « révision » de saint Pie V, conforme aux requêtes du Concile de Trente, n’a<br />
pas pour but la fabrication d’un Missel nouveau, mais l’unification et la réglementation de la Messe traditionnelle. Comme le disait à l’époque Jean Madiran : « la différence est abyssale ». (Itinéraires n° 205). Le Cardinal est très clair : « Bien sûr, on fit croire que c’était tout à fait normal. Le Missel<br />
précédent avait été conçu par Pie V en 1570, à la suite du Concile de Trente. Il était normal qu’après quatre cents ans et un nouveau Concile, un nouveau Pape présente un nouveau Missel » (La Mia Vita p. 132)<br />
Qui a fait croire cela ? Mais le Pape Paul VI lui-même ! « Mais la vérité historique – il faut mesurer l’importance des mots – est tout autre, écrit le Cardinal. Pie V s’était contenté de réviser le Missel romain en usage à l’époque comme cela se fait normalement dans une histoire qui évolue… Il s’agissait d’un processus continu de croissance et d’épurement sans rupture. Pie V n’a pas créé de Missel. Il n’a fait que réviser le Missel, phase d’une longue évolution. La nouveauté, après le Concile de Trente, était d’un autre ordre ». Là, le Cardinal rappelle l’histoire : l’irruption du<br />
Protestantisme dans le champ ecclésial, la pagaille qui s’en suivit<br />
dans l’Église. Et il poursuit : « Dans cette confusion devenue possible par manque de législation liturgique uniforme et par l’existence datant du Moyen Âge, le Pape décida d’introduire le Missale Romanum, livre de Messe de la ville de Rome, comme indubitablement catholique, partout où l’on ne pouvait se référer à des liturgies remontant à au moins deux cents ans. Dans le cas contraire, on pourrait en rester à la liturgie vigueur car son caractère catholique pourrait alors être considéré comme assuré. Il ne pouvait donc être question d’interdire un Missel traditionnel juridiquement valable jusqu’alors ». Mais c’est bien ce qu’a fait le Pape Paul VI lors du<br />
Consistoire de 1976…</p>
<p style="text-align: justify;">Division ?<br />
Oui ! Une « Divisions interne du Magistère » peut être constatée dans les paroles et les actes de l’autorité. Elle est au principe du trouble de l’Église. Elle peut aussi expliquer une légitime réserve, une observation attentiste. Le Cardinal le constate très simplement, du reste : « Le décret d’interdiction de ce Missel a opéré une rupture dans l’histoire liturgique dont les conséquences ne pouvaient qu’être tragiques » (p. 134)… « Voilà ce qui nous a porté un énorme préjudice ».</p>
<p style="text-align: justify;">L’Église se déchire. Cela devient « inéluctable ». Ces propos sont du Cardinal lui-même. Les mesure-t-on à leur juste valeur ?</p>
<p style="text-align: justify;">Le drame est que cette division dans la hiérarchie se poursuit… de la même manière et sur le même sujet, la réforme liturgique issue du Concile Vatican II, avec le Pape Jean-Paul II Jean-Paul II, de fait, reçoit les communautés Ecclesia Dei Adflica, le surlendemain, le 26 octobre. Il accueille très paternellement les fidèles et les prêtres, les encourage, leur dit qu’il confirme bien sa position de 1988 sur la liturgie, demande aux évêques une légitime ouverture à la liturgie ancienne. C’est son désir formel… Tout le monde s’en réjouit. Il justifie alors son désir, son souhait, ce désir, ce souhait, en se fondant, lui aussi, sur l’œuvre conciliaire et du Concile de Trente et du Concile Vatican II.<br />
C’est là que le Saint-Père « équipare », lui aussi, l’œuvre du Concile Vatican II à celle du Concile de Trente. Ces deux Concile « se sont particulièrement attachés, dit-il, à éclairer le mystère de la foi »… C’est un sujet controversé… L’un et l’autre Conciles « ont entrepris des réformes nécessaires pour le bien de l’Église », dit le Pape Jean-Paul II. Ainsi de la réforme liturgique de la Messe de Paul VI. Il répète ce que disait le Pape<br />
Paul VI : ce qu’a réalisé le Concile de Trente, le Concile Vatican<br />
II l’a fait à son tour. Il n’y a pas lieu, semble-t-il, conclut le Pape,<br />
de s’opposer à ces deux réformes. Elles sont légitimes. C’est<br />
pourquoi il invite « les évêques à avoir une compréhension et une attention pastorale renouvelées aux fidèles attachés à l’ancien rite ». D’autant que la réforme tridentine, aux dires du Pape, a été faite « dans le souci de la continuité avec la Tradition ».<br />
Pourquoi donc alors cette opposition, cet acharnement de la hiérarchie, de Rome même contre ce rite tridentin. C’est incompréhensible<br />
! Mais on pourrait de même dire… cette fois au<br />
sujet de la réforme de Vatican II : qu’elle a été entreprise « dans le souci de la continuité avec la Tradition apostolique » et qu’elle mérite même soumission !<br />
Je veux bien le croire, l’admettre. Je le souhaiterais vivement. Mais alors qu’on veuille bien me prouver que l’article 7 de l’Institutio Generalis, de la Constitution Missale Romanum est en continuité avec la Tradition Apostolique et le Magistère constant de l’Église. J’y vois, moi, une expression « de la tradition protestante, nullement la continuité de la Tradition Apostolique ».<br />
Le n° 47 de la Constitution « Sacro Sanctum Concilium » exprime bien la foi catholique sur le Sacrifice de la Croix. C’est le même enseignement que celui de Concile de Trente. La continuité est réelle. Oui. Par contre, le n° 7, le n° 48 de l’Insitutio Generalis de la Constitution « Missale Romanum » se rapprochent franchement de la thèse protestante sur la Cène.</p>
<p style="text-align: justify;">Division ! Opposition dans la hiérarchie.<br />
Le Cardinal Ottaviani vous dit : « Que la réforme liturgique s’éloigne de la foi catholique ». Le Pape Jean-Paul II vous parle de continuité dans la transmission du dépôt et vous dit que la réforme liturgique issue du<br />
Concile Vatican II a été réalisée « dans le souci de la continuité<br />
avec la Tradition Apostolique »…. L’Église, dans son Magistère, aujourd’hui « claudique » sur des points essentiels. C’est dramatique. Mais le Cardinal Ratzinger, lui-même, s’oppose aux Cardinaux Ottaviani et Bacci sur la réforme liturgique. Eux vous disent que la réforme liturgique s’éloigne gravement de la foi et s’en attristent et demandent son abrogation,<br />
son rejet (cf. leur lettre au Pape Paul VI). Le Cardinal Ratzinger, lui, s’est réjoui, sous un certain rapport, de la publication de la nouvelle liturgie. Il l’exprime dans son livre La Mia Vita : « Le plus grand événement, au début de mes années à Ratisbonne, fut la publication du Missel de Paul VI… Il était heureux d’avoir un texte liturgique normatif après une période d’expérimentation qui avait souvent profondément défiguré la liturgie » (p. 132). Il se réjouissait, à Ratisbonne, de la publication de la Messe de Paul VI, texte normatif. Le Cardinal Ottaviani, à la même époque, à Rome, s’en<br />
attristait. Le Cardinal Ratzinger ne voyait pas les graves imperfections<br />
de ce nouveau rite… Il semble n’y avoir pas été sensible… à l’époque.</p>
<p style="text-align: justify;">Et aujourd’hui ?</p>
<p style="text-align: justify;">Et de fait, ce n’est pas tant le nouveau rite de Paul VI qu’il critique, ce sont plutôt les abus, les improvisations, les créativités nombreuses et infidèles. Voilà pour lui, le drame. Il l’exprima clairement dans les couloirs de l’hôtel à la fin de la conférence, le 24 octobre. Le journaliste de 30a Giorni lui<br />
demande si la réforme liturgique de Paul VI a été infidèle au Concile de Vatican II, lui-même. Grave question ! Il répond : « Je dirais que l’on célèbre la Messe réellement selon le Missel de Paul VI si on y est fidèle ».<br />
Le Cardinal, ici, veut dire que le Nouvel Ordo Missae n’est pas, en soi, invalide. Nous sommes bien d’accord. Nous l’avons toujours dit. Autre un rite invalide, autre un rite équivoque.<br />
Il poursuit : « Le problème est seulement qu’il y a beaucoup de créativités, beaucoup de formes arbitraires qui déforment l’essence de cette Messe ».<br />
Le Cardinal Ottaviani, lui, s’exprimait différemment sur le rite nouveau et disait qu’il s’éloignait, en soi, de façon impressionnante de la foi catholique. Cela lui suffisait pour le rejeter.</p>
<p style="text-align: justify;">Division ? Oui ! Comme le dit le Révérend Père Joseph de Sainte Marie : « Division interne du Magistère ». On aime ou on n’aime pas la vérité. Elle est ou elle n’est pas. Elle n’est pas évolutive. Ni fonction du temps, de l’histoire ou des événements.</p>
<p style="text-align: justify;">« Veritas liberavit nos ».</p>


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		<title>Présentation de l’Exhortation apostolique « Verbun Dei » de Benoît XVI</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Jun 2011 20:33:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Les prêtres du diocèse de Versailles, attachés au missel romain tridentin, avaient été convoqués pour un entretien avec Mgr Aumonier sur le sujet de l&#8217;exhortation apostolique &#171;&#160;Verbum Dei&#160;&#187;. La réunion fut annulée au dernier moment et reporté en septembre prochain. J&#8217;avais étudié ce document et pris quelques notes. Je vous les livre.   Présentation de [...]

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><em><span style="color: #000000;"><strong>Les prêtres du diocèse de Versailles, attachés au missel romain tridentin, avaient été convoqués pour un entretien avec Mgr Aumonier sur le sujet de l&#8217;exhortation apostolique &laquo;&nbsp;Verbum Dei&nbsp;&raquo;. La réunion fut annulée au dernier moment et reporté en septembre prochain. J&#8217;avais étudié ce document et pris quelques notes. Je vous les livre.</strong></span></em></p>
<p><em><span style="color: #cc0000;"> </span></em></p>
<p><span style="color: #cc0000;"><strong>Présentation de l’Exhortation apostolique « Verbun Dei » de Benoît XVI</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/06/Benoît-XVI-à-Castel-Gandolfo.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-4892" title="Benoît XVI à Castel Gandolfo" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/06/Benoît-XVI-à-Castel-Gandolfo.jpg" alt="" width="193" height="180" /></a>Cette « exhortation apostolique post-synodale » intitulée « Verbum Dei » a été publiée en la sixième année du Pontificat de Benoît XV, le 30 septembre 2010.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle fait suite à la XII assemblée synodale ordinaire qui s’est tenue au mois d’octobre 2008 sur convocation du pape qui lui fixa comme objet de réflexions: la « Parole de Dieu et la Mission de l’Eglise ».</p>
<p style="text-align: justify;">Cette assemblée synodale s’est tenue en pleine année paulinienne, (28 juin 2008 au 29 juin 2009). Le pape le souligne très fortement dans l’introduction du document : « comment, dit-il, ne pas se souvenir que, durant tout le Synode, le témoignage de l’Apôtre Paul nous a accompagnés! Il a été providentiel, en effet, que la XIIe Assemblée générale ordinaire se soit tenue au cours de l’année consacrée à la figure du grand Apôtre des Gentils, à l’occasion du bimillénaire de sa naissance. Son existence a été totalement caractérisée par le zèle pour la diffusion de la Parole de Dieu. Comment ne pas entendre dans notre cœur l’écho de ses paroles vibrantes se référant à sa mission de messager de la Parole divine: «tout cela, je le fais à cause de l’Évangile» (1 Co 9, 23); «Je n’ai pas honte d’être au service de l’Évangile – écrit-il dans la Lettre aux Romains – car il est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui est devenu croyant» (1, 16). Quand nous réfléchissons sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Église, nous ne pouvons pas ne pas penser à saint Paul et à sa vie donnée pour faire entendre à tous l’annonce du salut du Christ » (§ 4).</p>
<p style="text-align: justify;">Cette exhortation apostolique veut donner non seulement la synthèse des travaux de la XII assemblée synodale, mais également une réflexion personnelle du Souverain Pontife. Il le dit clairement dans l’introduction :<br />
« Par cette Exhortation apostolique, je désire que les acquis du Synode influencent efficacement la vie de l’Église: dans la relation personnelle avec les Saintes Écritures, dans leur interprétation au cours de la liturgie et dans la catéchèse, de même que dans la recherche scientifique, afin que la Bible ne demeure pas une Parole du passé, mais une Parole vivante et actuelle. Dans ce but j’entends présenter et approfondir les résultats du Synode ».</p>
<p style="text-align: justify;">Il fera cet approfondissement en prenant pour guide le Prologue de saint Jean. Il écrit : je ferai « une référence constante au Prologue de l’Évangile de Jean (Jn 1, 1-18), dans lequel nous est communiqué le fondement de notre vie: le Verbe, qui depuis le commencement est auprès de Dieu, s’est fait chair et a habité parmi nous (cf. Jn 1, 14). Il s’agit d’un texte admirable, qui offre une synthèse de toute la foi chrétienne. De cette expérience personnelle que fut pour lui la rencontre du Christ et l’engagement à sa suite, Jean, que la Tradition identifie au «disciple que Jésus aimait» (Jn 13, 23; 20, 2; 21, 7.20), «a tiré une certitude intime : Jésus est la Sagesse de Dieu incarnée, il est sa Parole éternelle qui s’est faite homme sujet à la mort».[13] Que celui qui «vit et crut» (Jn 20, 8) nous aide nous aussi à appuyer notre tête sur la poitrine du Christ (cf. Jn 13, 25), d’où ont jailli du sang et de l’eau (cf. Jn 19, 34), symboles des Sacrements de l’Église. Suivant l’exemple de l’Apôtre Jean et des autres auteurs inspirés, laissons-nous guider par l’Esprit Saint afin de pouvoir aimer toujours plus la Parole de Dieu. » (§ 5)</p>
<p style="text-align: justify;">Cette exhortation apostolique est très longue. Elle comprend pas moins de 84 pages et 382 notes. Ce n’est pas une petite affaire de lire un tel document.</p>
<p style="text-align: justify;">Elle est divisée en trois parties:</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>-La Ière partie est intitulée </strong>: « Verbum Dei » que le français traduit par « le Verbe qui parle ». Cette partie définit ce qu’est la « parole de Dieu » c’est pourquoi nous ne sommes pas étonnés de lire en exergue de cette partie le verset 1 du Prologue de saint Jean : «Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. […] Et le Verbe s’est fait chair» (Jn 1, 1. 14)</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>-La 2ème partie est intitulée</strong> : « Verbum in Ecclesia ». La version française a pour titre : « La parole de Dieu et l’Eglise. ». En exergue nous avons la citation de Jn 1 12 «Mais à tous ceux qui l’ont accueilli, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu» (Jn 1,12. C’est là, dans cette partie et la suivante, que nous trouvons les nombreuses exhortations du Pape et du Synode sur « la Parole de Dieu » dans l’Eglise.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est là, dans la 2ème partie que nous trouvons traités les deux sujets essentiels à la vie de l’Eglise :<br />
<strong>- la liturgie et la parole de Dieu. </strong></p>
<p style="text-align: justify;">En voici les thèmes<br />
La Parole de Dieu dans la sainte liturgie [52]<br />
La Sainte Écriture et les Sacrements [53]<br />
La Parole de Dieu et l’Eucharistie [54]<br />
La sacramentalité de la Parole [56]<br />
La Sainte Écriture et le Lectionnaire [57]<br />
Proclamation de la Parole et ministère du lectorat [58]<br />
L’importance de l’homélie [59]<br />
L’opportunité d’un Directoire homilétique [60]<br />
Parole de Dieu, Réconciliation et Onction des malades [61]<br />
Parole de Dieu et Liturgie des Heures [62]<br />
La Parole de Dieu et le Livre des Bénédictions [63]<br />
Suggestions et propositions concrètes pour l’animation liturgique [64]<br />
a) Célébrations de la Parole de Dieu [65]<br />
b) La Parole et le silence [66]<br />
c) Proclamation solennelle de la Parole de Dieu [67]<br />
d) La Parole de Dieu dans l’église [68]<br />
e) Exclusivité des textes bibliques dans la liturgie [69]<br />
f) Chant liturgique bibliquement inspiré [70]<br />
g) Attention particulière aux aveugles et aux sourds [71]</p>
<p style="text-align: justify;">J’ai été particulièrement intéressé dans cette partie par deux § : le §56 intitulé « La sacramentalité de la Parole de Dieu » et le § 66 intitulé « la Parole et le silence » (§ 66). Je vous dirais pourquoi tout à l’heure.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- la parole de Dieu dans la vie ecclésiale.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">En voici les thèmes<br />
Rencontrer la Parole de Dieu dans la Sainte Écriture [72]<br />
L’animation biblique de la pastorale [73]<br />
Dimension biblique de la catéchèse [74]<br />
Formation biblique des chrétiens [75]<br />
La Sainte Écriture dans les grands rassemblements ecclésiaux [76]<br />
Parole de Dieu et vocations [77]<br />
a) Parole de Dieu et ministres ordonnés [78-81]<br />
b) La Parole de Dieu et les candidats à l’Ordination [82]<br />
c) Parole de Dieu et Vie consacrée [83]<br />
d) La Parole de Dieu et les fidèles laïcs [84]<br />
e) La Parole de Dieu, le mariage et la famille [85]<br />
La lecture orante de la Sainte Écriture et la Lectio divina [86-87]<br />
La Parole de Dieu et la prière mariale [88]<br />
La Parole de Dieu et la Terre Sainte [89]</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>-La 3ème partie est intitulée </strong>: « Verbum mundo » que le français rend en disant : « La mission de l’Eglise : annoncer la Parole de Dieu », en exergue nous avons la citation de Jn 1 18 :«Nul n’a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tourné vers le sein du Père, lui l’a fait connaître» (Jn 1,18). L’objet de cette partie est consacré à l’annonce de l’Evangile « ad gentes » qui est la mission essentiel de l’Eglise. C’est l’œuvre de la hiérarchie mais aussi de tous les laïcs au seul titre de leur baptême.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le but essentiel de cette exhortation apostolique </strong>– que le Pape exprime tout le long du document – est parfaitement synthétisé dans sa conclusion : « je désire encore une fois exhorter le Peuple de Dieu tout entier, les Pasteurs, les personnes consacrées et les laïcs à s’engager pour devenir toujours plus familiers des Écritures Saintes. Nous ne devons jamais oublier qu’à la base de toute spiritualité chrétienne authentique et vivante, se trouve la Parole de Dieu annoncée, écoutée, célébrée et méditée dans l’Église. Cette intensification de la relation avec la Parole divine se réalisera avec d’autant plus d’élan que nous serons davantage conscients de nous trouver, dans l’Écriture comme dans la Tradition vivante de l’Église, face à la Parole définitive de Dieu sur le monde et sur l’histoire ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais il dit cela également dans l’introduction et plus particulièrement dans la première partie où <strong>il consacre un très beau commentaire sur « la Parole de Dieu et la Vierge Marie </strong>». « Elle méditait tout cela dans son cœur ». On pourrait résumer la pensée du pape en disant : ce que fut Notre Dame vis-à-vis de la « Parole de Dieu », tout fidèle doit l’être vis-à-vis de l’Ecriture Sainte. En ce sens Marie est vraiment l’archétype de tout vrai chrétien.</p>
<p style="text-align: justify;">Mais que fut la Vierge Marie vis-à-vis de la Parole de Dieu ?</p>
<p style="text-align: justify;">Il écrit :<br />
« 27. Les Pères synodaux ont déclaré que le but fondamental de la XIIe Assemblée était avant tout de «renouveler la foi de l’Église dans la Parole de Dieu»; c’est pourquoi, il est nécessaire de regarder là où la réciprocité entre la Parole de Dieu et la foi s’est accomplie parfaitement, c’est-à-dire en la Vierge Marie, «qui par son ‘oui’ à la Parole de l’Alliance et à sa mission, accomplit parfaitement la vocation divine de l’humanité».[79] La réalité humaine, créée par le Verbe, trouve vraiment son plein accomplissement dans la foi obéissante de Marie. De l’Annonciation à la Pentecôte, elle se présente à nous comme la femme totalement disponible à la volonté de Dieu. Elle est l’Immaculée Conception, celle qui est «pleine de la grâce» de Dieu (cf. Lc 1, 28), docile à la Parole divine de façon inconditionnelle (cf. Lc 1, 38). Sa foi obéissante place son existence à chaque instant face à l’initiative de Dieu. Vierge à l’écoute, elle vit en pleine syntonie avec la volonté divine; elle garde dans son cœur les événements de la vie de son Fils, en les ordonnant en une seule mosaïque (cf. Lc 2, 19.51).[80]<br />
À notre époque, il est nécessaire que les fidèles soient initiés à mieux découvrir le lien entre Marie de Nazareth et l’écoute croyante de la Parole divine. J’exhorte aussi les chercheurs à approfondir le plus possible le rapport entre la mariologie et la théologie de la Parole. On pourra en tirer un grand bénéfice autant pour la vie spirituelle que pour les études théologiques et bibliques. En effet, ce que l’intelligence de la foi a saisi concernant Marie se situe au centre le plus intime de la vérité chrétienne. En réalité, l’Incarnation du Verbe ne peut être pensée en faisant abstraction de la liberté de cette jeune fille qui, par son assentiment, coopère de façon décisive à l’entrée de l’Eternel dans le temps. Elle est la figure de l’Église à l’écoute de la Parole de Dieu qui, en elle, s’est faite chair. Marie est aussi le symbole de l’ouverture à Dieu et aux autres; de l’écoute active qui intériorise, qui assimile et où la Parole divine devient la matrice de la vie.<br />
28. À ce point, je désire attirer l’attention sur la familiarité de Marie avec la Parole de Dieu. ( Marie, femme à l’écoute de la Parole de Dieu, mais aussi familiarité de Marie avec la Parole de Dieu …). C’est ce qui resplendit avec une force particulière dans le Magnificat. Ici, en un certain sens, on voit comment elle s’identifie à la Parole, ( Marie, identifiée même à la Parole de Dieu) comment elle entre en elle; dans ce merveilleux cantique de foi, la Vierge exalte le Seigneur avec sa propre Parole: «Le Magnificat, – portrait, pour ainsi dire, de son âme – est entièrement tissé de fils de l’Écriture Sainte, de fils extraits de la Parole de Dieu. On voit ainsi apparaître que, dans la Parole de Dieu, Marie est vraiment chez elle, elle en sort et elle y rentre avec un grand naturel. Elle parle et pense au moyen de la Parole de Dieu; la Parole de Dieu devient sa parole, et sa parole naît de la Parole de Dieu. De plus, se manifeste ainsi que ses pensées sont au diapason des pensées de Dieu, que sa volonté consiste à vouloir avec Dieu. Étant profondément pénétrée par la Parole de Dieu, ( Marie, pénétrée par la Parole de Dieu) elle peut devenir la mère de la Parole incarnée».[81]<br />
En outre, la référence à la Mère de Dieu nous montre comment l’agir de Dieu dans le monde implique toujours notre liberté parce que, dans la foi, la Parole divine nous transforme. De même, notre action apostolique et pastorale ne pourra jamais être efficace si nous n’apprenons pas de Marie à nous laisser modeler par l’œuvre de Dieu en nous: «l’attention pleine d’amour et de dévotion à la figure de Marie comme modèle et archétype de la foi de l’Église, est d’une importance capitale pour opérer aujourd’hui aussi un changement concret de paradigme dans la relation de l’Église avec la Parole, aussi bien dans l’attitude d’écoute orante qu’à travers la générosité de l’engagement pour la mission et l’annonce».[82]<br />
Contemplant chez la Mère de Dieu une existence totalement modelée par la Parole, (La vie de Marie donne l’exemple d’une existence totalement modelées par la Parole ), nous découvrons que nous sommes, nous aussi, appelés à entrer dans le Mystère de la foi par laquelle le Christ vient demeurer dans notre vie. Chaque chrétien qui croit, nous rappelle saint Ambroise, conçoit et engendre en un certain sens, le Verbe de Dieu en lui-même: s’il n’y a qu’une seule Mère du Christ selon la chair, en revanche, selon la foi, le Christ est le fruit de tous.[83] Donc ce qui est arrivé à Marie peut arriver en chacun de nous, chaque jour, dans l’écoute de la Parole et dans la célébration des Sacrements ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>« Familiariser tous les chrétiens avec la parole de Dieu </strong>» c’est le but de cette exhortation apostolique. &#8211; On pourrait multiplier les citations de ce genre.</p>
<p style="text-align: justify;">C’est à cette lumière que l’on peut analyser les différentes exhortations du document pontifical.<br />
Par exemple, c’est à cette lumière qu’il analyse la liturgie dans l’Eglise,<br />
C’est ainsi qu’il exhorte vivement évêques, prêtres, diacres, religieux et fidèles…à rester en contact fréquent avec l’Ecriture Sainte.</p>
<p style="text-align: justify;">A cette lumière, on comprend parfaitement toutes les exhortations pastorales des deux dernières parties du document, la première étant une étude plus abstraite, plus théologique de la « Parole de Dieu ».</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà comment j’analyse ce document : on peut analyser tous les paragraphes à la lumière de ce but : familiariser tout chrétien dans l’Eglise à la Parole de Dieu.</p>
<p style="text-align: justify;">Il termine par une magnifique méditation sur la <strong>« Parole de Dieu et la joie » </strong>que j’aimerai vous donner :</p>
<p style="text-align: justify;">« L’Assemblée synodale nous a permis d’expérimenter ce qui est contenu dans le message johannique: l’annonce de la Parole crée la communion et apporte la joie. Il s’agit d’une joie profonde qui jaillit du cœur même de la vie trinitaire et qui se communique à nous dans le Fils. Il s’agit de la joie, comme don ineffable, que le monde ne peut donner. On peut organiser des fêtes, mais pas la joie. Selon l’Écriture, la joie est un fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5, 22), qui nous permet de pénétrer dans la Parole et de faire en sorte que la Parole divine entre en nous en portant ses fruits pour la vie éternelle. En annonçant la Parole de Dieu dans la force de l’Esprit Saint, nous désirons communiquer aussi la source de la vraie joie, non une joie superficielle et éphémère mais celle qui jaillit de la conscience que seul le Seigneur Jésus a les paroles de la vie éternelle (cf. Jn 6, 68) :</p>
<p style="text-align: justify;">« 124. Cette relation intime entre la Parole de Dieu et la joie est manifestée avec évidence chez la Mère de Dieu. Rappelons les paroles de sainte Élisabeth: «Heureuse celle qui a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur» (Lc 1, 45). Marie est bienheureuse parce qu’elle a la foi, qu’elle a cru, et que dans cette foi, elle a accueilli dans son sein le Verbe de Dieu pour le donner au monde. La joie provenant de la Parole peut maintenant s’étendre à tous ceux qui, dans la foi, se laissent transformer par la Parole de Dieu. L’Évangile de Luc nous présente à travers deux textes ce Mystère d’écoute et de joie. Jésus affirme: «Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui entendent la Parole de Dieu, et qui la mettent en pratique» (8, 21). Et, face à l’exclamation d’une femme qui, au milieu de la foule, entend exalter le ventre qui l’a porté et le sein qui l’a allaité, Jésus révèle le secret de la vraie joie: «Heureux plutôt ceux qui entendent la parole de Dieu, et qui la gardent!» (Lc 11, 28). Jésus indique la vraie grandeur de Marie, en ouvrant ainsi à chacun de nous la possibilité de cette béatitude qui naît de la Parole écoutée et mise en pratique. C’est pourquoi, à tous les Chrétiens, je rappelle que notre relation personnelle et communautaire avec Dieu dépend de l’accroissement de notre familiarité avec la Parole divine. Enfin, je m’adresse à tous les hommes, également à ceux qui se sont éloignés de l’Église, qui ont abandonné la foi ou qui n’ont jamais entendu l’annonce du salut. À chacun, le Seigneur dit: «Voici que je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui; je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi» (Ap 3, 20).<br />
<strong>Que chacune de nos journées soit donc façonnée par la rencontre renouvelée du Christ, le Verbe du Père fait chair: il est à l’origine et à la fin et «tout subsiste en lui» (Col 1, 17). Faisons silence pour écouter la Parole du Seigneur et pour la méditer, afin que, par l’action efficace de l’Esprit Saint, elle continue à demeurer, à vivre et à nous parler tous les jours de notre vie. </strong>De cette façon, l’Église se renouvelle et rajeunit grâce à la Parole du Seigneur qui demeure éternellement (cf. 1 P 1, 25;Is 40, 8). Ainsi, nous pourrons nous aussi entrer dans le grand dialogue nuptial par lequel se clôt l’Écriture Sainte: «L’Esprit et l’Épouse disent: ‘Viens!’ […] Celui qui témoigne de tout cela déclare: ‘Oui, je viens sans tarder.’ – Amen! Viens, Seigneur Jésus!» (Ap 22, 17.20).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les § 56 et 66 du document.</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Mais je vous ai dit que j’ai été particulièrement touché par les § 56 et 66 de la deuxième partie du document, ceux où il parle de la «<strong> sacramentalité de la Parole de Dieu »</strong> et du <strong>« silence » dans la liturgie</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici ce qu’il dit sur le silence dans la liturgie </strong>(§66).</p>
<p style="text-align: justify;">C’est un thème fréquemment abordé par Benoît XVI quand il parle de liturgie. Vous pouvez retrouver les mêmes idées dans son livre « l’esprit de la liturgie » en la quatrième partie du livre : « la forme de la liturgie » aux pages 163 et suivantes : « Parole et silence ».</p>
<p style="text-align: justify;">« 66. De nombreuses interventions des Pères synodaux ont insisté sur la valeur du silence en lien avec la Parole de Dieu et sa réception dans la vie des fidèles.[231] En effet, la Parole ne peut être prononcée et entendue que dans le silence, extérieur et intérieur. Notre temps ne favorise pas le recueillement et, parfois, on a l’impression qu’il y a comme une peur à se détacher, même momentanément, des moyens de communication de masse. C’est pourquoi il est nécessaire aujourd’hui d’éduquer le Peuple de Dieu à la valeur du silence. Redécouvrir le caractère central de la Parole de Dieu dans la vie de l’Église veut dire redécouvrir le sens du recueillement et de la paix intérieure. La grande Tradition patristique nous enseigne que les Mystères du Christ sont liés au silence;[232] par lui seul, la Parole peut faire en nous sa demeure, comme chez Marie, qui est inséparablement la femme de la Parole et du silence. Nos liturgies doivent faciliter cette écoute authentique: Verbo crescente, verba deficiunt. [233]<br />
Que cette valeur resplendisse particulièrement dans la liturgie de la Parole, qui «doit se célébrer de manière à favoriser la méditation».[234] Le silence, quand il est prévu, est à considérer «comme une partie de la célébration».[235] C’est pourquoi j’exhorte les Pasteurs à encourager les moments de recueillement, par le moyen desquels, avec l’aide de l’Esprit Saint, la Parole de Dieu est reçue dans le cœur ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>C’est un des biens de la liturgie tridentine, surtout pendant le canon romain</strong>.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Voici maintenant ce qu’il dit sur la sacramentalité de la parole de Dieu et le sacrement eucharistique</strong>. (§56)</p>
<p style="text-align: justify;">Permettez que je situe le problème.</p>
<p style="text-align: justify;">Une des critiques que les cardinaux Ottaviani et Bacci ont présenté, en 1969, au Pape Paul VI sur sa Réforme liturgique, le NOM, dans ce qu’on a appelé « le Bref examen critique » concerne précisément la présence de NSJC dans la Parole de Dieu et dans le sacrement de l’Eucharistie. Les deux cardinaux ont insisté sur l’aspect équivoque de la réforme liturgique sur ce point. Sont-ce là deux présences identiques, qualitativement homogènes ? L’une n’est-elle pas différente de l’autre ?</p>
<p style="text-align: justify;">Certains textes de « l’Institutio Generalis » entretiennent une équivoque sur ce point:<br />
Je fais court et ne citerai que quelques textes :</p>
<p style="text-align: justify;">-Au n° 1, « (dans la messe), les mystères de la Rédemption sont rappelés au long de l&#8217;année, de telle sorte qu&#8217;ils deviennent en quelque manière présents ». Cela vaut, entre autres, pour la présence de Notre-Seigneur dans l&#8217;Eucharistie&#8230;</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>- Au n° 9, « quand les Écritures saintes sont lues dans l&#8217;église, Dieu lui-même parle à son peuple et le Christ présent dans sa parole annonce l&#8217;Évangile ».</strong></p>
<p style="text-align: justify;">- Au n° 28, « à la fin du chant d&#8217;entrée, le prêtre et toute l&#8217;assemblée font le signe de la croix. Tout de suite après, le prêtre, par une salutation, manifeste à l&#8217;assemblée réunie la présence du Seigneur ».<br />
On pourrait multiplier les citations</p>
<p style="text-align: justify;">La notion de présence de Notre Seigneur Jésus-Christ n&#8217;est pas absente de l&#8217;Institutio generalis, la preuve…ces quelques citations, mais, à l&#8217;aide de ces citations, l&#8217;Institutio generalis <strong>indique sans distinction </strong>(et c&#8217;est cette équivoque qui a choqué et qui choque toujours) la présence de Jésus dans la parole et l&#8217;Écriture sainte et dans l&#8217;assemblée réunie en son nom et la présence de Notre-Seigneur dans l&#8217;Eucharistie.<br />
Certes, Notre Seigneur Jésus-Christ est présent dans l&#8217;Écriture sainte, c&#8217;est son enseignement, sa doctrine.<br />
Certes, Notre Seigneur Jésus-Christ est présent dans l&#8217;assemblée des fidèles, puisque lui-même nous enseigne, dans l&#8217;Évangile : « Là où deux ou trois sont réunis en mon Nom, je suis au milieu d&#8217;eux ».</p>
<p style="text-align: justify;">Mais cette présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l&#8217;assemblée réunie en son Nom ou dans l’Ecriture sainte proclamée, pour vraie qu&#8217;elle soit, n&#8217;est <strong>qu&#8217;une présence spirituelle,</strong> tandis que la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l&#8217;Eucharistie est <strong>une présence substantielle,</strong> ce qui est tout différent, essentiellement différent.</p>
<p style="text-align: justify;">Autre la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l&#8217;Écriture sainte, autre la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l&#8217;Eucharistie ! Comme l’ont fait remarquer les cardinaux dans le Bref examen critique, la présence substantielle de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l&#8217;Eucharistie est assimilée dans l&#8217;Institutio generalis à la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans la parole de Dieu. Mais ce sont deux choses de nature différente. La présence dans l&#8217;Écriture sainte n&#8217;a de réalité que selon l&#8217;usage qu&#8217;on en fait, tandis que la présence réelle et substantielle est objective, permanente et indépendante de la réception qui en est faite dans le sacrement. Si bien que le texte de l&#8217;Institutio generalis entretient une équivoque grave sur le plan doctrinal et cette équivoque sur la notion de présence induit à penser que la présence spirituelle de Notre Seigneur Jésus-Christ dans l&#8217;Écriture sainte est qualitativement homogène à la présence substantielle de Notre Seigneur Jésus-Christ, propre au sacrement de l&#8217;Eucharistie ; ce qui est une grave erreur.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Or cette équivoque est corrigée dans le texte de Verbum Dei. </strong>C’est le N° 56</p>
<p style="text-align: justify;">Voyez : au sujet de la sacramentalité de la Parole, il écrit :</p>
<p style="text-align: justify;">« 56, 2. <strong>La sacramentalité de la Parole se comprend par analogie à la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin consacrés.[</strong>197] En nous approchant de l’autel et en prenant part au banquet eucharistique, nous communions réellement au Corps et au Sang du Christ. La proclamation de la Parole de Dieu dans la célébration implique la reconnaissance que le Christ lui-même est présent et s’adresse à nous[198] pour être écouté. Sur l’attitude à avoir aussi bien envers l’Eucharistie qu’envers la Parole de Dieu, saint Jérôme affirme: «Nous lisons les Saintes Écritures. Je pense que l’Évangile est le Corps du Christ; je pense que les Saintes Écritures sont son enseignement. Et quand il dit: si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang (Jn 6, 53), ses paroles se réfèrent au Mystère [eucharistique], toutefois, le Corps et le Sang du Christ sont vraiment la Parole de l’Écriture, c’est l’enseignement de Dieu. Quand nous nous référons au Mystère [eucharistique] et qu’une miette de pain tombe, nous nous sentons perdus. Et quand nous écoutons la Parole de Dieu, c’est la Parole de Dieu et le Corps et le Sang du Christ qui tombent dans nos oreilles et nous, nous pensons à autre chose. Pouvons-nous imaginer le grand danger que nous courons?».[199] <strong>Le Christ, réellement présent dans les espèces du pain et du vin, est présent analogiquement dans la Parole proclamée dans la liturgie.</strong> Approfondir le sens de la sacramentalité de la Parole de Dieu, peut donc favoriser une compréhension plus unifiée du Mystère de la Révélation se réalisant «par des actions et des paroles intrinsèquement liées entre elles»,[200] qui profitera à la vie spirituelle des fidèles et à l’action pastorale de l’Église ».</p>
<p style="text-align: justify;">Nous aurions aimé lire ces précisions, nous aurions aimé trouver ce mot « analogique », « analogiquement » dans l’Institutio Generalis (de la constitution Missale romanum) lorsqu’il parle de la présence de NSJC dans l’Ecriture sainte ou dans l’assemblée réunie en son nom. Cela aurait évité bien des abus liturgiques scandaleux concernant la présence substantielle du Christ dans l’Eucharistie.</p>
<p style="text-align: justify;">Aussi est-ce un très heureux rappel que le pape fait de «<strong> la place centrale </strong>» &#8211; l’expression est de lui &#8211; que l’on doit réservé au tabernacle qui contient le Très Saint Sacrement, tout en sachant réserver à l’ambon, à la sainte Ecriture les places qui leur conviennent :<br />
« Une attention particulière sera réservée à <strong>l’ambon</strong> en tant que lieu liturgique depuis lequel est proclamée la Parole de Dieu. Il doit être placé en un endroit bien visible qui attire spontanément l’attention des fidèles pendant la liturgie de la Parole. Il est bon qu’il soit fixe, établi comme un élément sculpté en harmonie esthétique avec l’autel, de manière à représenter visiblement aussi le sens théologique des deux tables de la Parole et de l’Eucharistie. Depuis l’ambon, on proclame les lectures, le Psaume responsorial et l’annonce de la Pâque; on peut également y faire l’homélie et y dire la prière des fidèles.[239]<br />
Les Pères synodaux suggèrent en outre que, dans les églises, il y ait un lieu privilégié où l’on place la Sainte Écriture même en-dehors de la célébration.[240] <strong>En effet, il est bon que le livre qui contient la Parole de Dieu soit dans un endroit visible et honorable à l’intérieur du temple chrétien, sans pour autant priver de sa place centrale le tabernacle qui contient le Très Saint Sacrement.[241]</strong></p>


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		<title>Le &#171;&#160;gender&#160;&#187; au programme des lycées. Une autre étude.</title>
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		<pubDate>Mon, 06 Jun 2011 14:57:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[regards sur le monde]]></category>

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		<description><![CDATA[Le gender au programme des lycées   Inscrite officiellement dans les nouveaux programmes de SVT de Première (S, L et ES), la doctrine du gender fera désormais partie de l’enseignement obligatoire des lycées français à partir de la rentrée 2011. Le gender nie la complémentarité naturelle entre les sexes S’il fallait désigner un seul nom [...]

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</ul>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p><span style="color: #cc0000;"><strong>Le gender au programme des lycées</strong></span></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;"> </p>
<p style="text-align: justify;">Inscrite officiellement dans les nouveaux programmes de SVT de Première (S, L et ES), la doctrine du gender fera désormais partie de l’enseignement obligatoire des lycées français à partir de la rentrée 2011.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gender nie la complémentarité naturelle entre les sexes</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/06/Judith-Butler.bmp"><img class="alignleft size-full wp-image-4876" title="Judith Butler" src="http://www.revue-item.com/wp-content/uploads/2011/06/Judith-Butler.bmp" alt="" /></a>S’il fallait désigner un seul nom pour illustrer la doctrine du gender, ce serait assurément celui de la philosophe américaine Judith Butler qui viendrait immédiatement à l’esprit. L’ouvrage qu’elle a publié aux Etats-Unis en 1990 – Gender Trouble : Feminism and the subversion of Identity – demeure le modèle incontournable des programmes universitaires anglo-saxons sur la question[1]. De l’autre côté de l’Atlantique, aucun campus digne de ce nom n’est dépourvu de son département de gender studies. Toutefois, cette théorie n’aurait pu acquérir l’influence qu’elle exerce aujourd’hui sur la scène internationale sans la tenue en 1995 de la Conférence des Nations-Unies de Pékin sur la femme qui en a fait le cadre porteur d’une société nouvelle où les comportements sexuels seraient enfin débarrassés de leurs « archaïsmes moraux et religieux », comprenez chrétiens.</p>
<p style="text-align: justify;">Derrière le concept de gender se cache en effet une idéologie qui nie la différence sexuelle et la complémentarité naturelle entre l’homme et la femme. Le mot sexe qui renvoie trop à une détermination objective et naturelle est remplacé par celui de genre où féminin et masculin sont des constructions socioculturelles purement arbitraires qu’il est possible de défaire.</p>
<p style="text-align: justify;">Le gender qui fait déjà l’objet d’un enseignement obligatoire à Science-Po sera également au menu des cours de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) dans toutes les classes de première à partir de la prochaine rentrée. Le ministère de l’Education l’a en effet inclus dans le module « Féminin/Masculin » au programme de cette matière et plus particulièrement dans les nouveaux chapitres « Devenir homme ou femme » et « Vivre sa sexualité », qui prendront place après la partie consacrée à la « Maîtrise de la procréation » (Bulletin officiel spécial n. 9 du 30 septembre 2010, Thème 3-A).</p>
<p style="text-align: justify;">Avertie la semaine dernière par le lycée saint Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint-Esprit) qui venait de recevoir les tout nouveaux manuels de SVT des classes de 1ere L et ES issus de cette réforme (Nathan, Bordas et Belin), la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements opérés par le ministère de l’Education nationale par rapport aux précédents programmes. De même, la direction diocésaine de l’enseignement catholique a été immédiatement alertée.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Défaire la « matrice hétérosexuelle » de la société</strong></p>
<p style="text-align: justify;">D’une manière générale, les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle, rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des sexes. « Dans ce nivelage, la différence corporelle, appelée sexe, est minimisée, tandis que la dimension purement culturelle, appelée genre, est soulignée au maximum et considérée comme primordiale (…) Selon cette perspective anthropologique, la nature humaine n’aurait pas en elle-même des caractéristiques qui s’imposeraient de manière absolue : chaque personne pourrait se déterminer selon son bon vouloir, dès lors qu’elle serait libre de toute prédétermination liée à sa constitution essentielle »[2].</p>
<p style="text-align: justify;">Pour le gender en effet, l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination. A l’appui de cette thèse, Nathan cite ce texte hautement contestable : « Les sociétés forgent des modèles et des normes associés au féminin et au masculin. Dès le plus jeune âge, chacun va inconsciemment être imprégné par un schéma identitaire auquel il doit se conformer pour être accepté et reconnu par le groupe social. Ces attitudes sont tellement intériorisées que nous reproduisons les stéréotypes sans nous en rendre compte » (p.190). Le gender promeut une anthropologie alternative refusant que la différence sexuelle inscrite dans le corps possède naturellement un caractère identifiant pour la personne.</p>
<p style="text-align: justify;">Bordas fait lui aussi découler la prédominance de l’hétérosexualité du contexte culturel et social dans lequel nous baignons : « « Si dans un groupe social il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels » (p. 182).</p>
<p style="text-align: justify;">Pour illustrer leur démonstration, les manuels citent l’existence dans d’autres espaces culturels de « troisièmes genres », « ni homme ni femme », comme les Hijras en Inde (Belin, p. 145) ou les Mahu en Polynésie (Bordas, p. 176).</p>
<p style="text-align: justify;">Une fois inculqué aux élèves que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle vers l’autre sexe. Ne s’agit-il pas de dissocier la société de sa matrice hétérosexuelle comme le préconise Judith Butler ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le gender dissocie identité sexuelle et orientation sexuelle</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Conséquence logique du raisonnement, l’orientation sexuelle est clairement déconnectée de l’identité sexuelle, l’homosexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus. L’hétérosexualité n’a en aucun cas le privilège de l’universalité : « Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir 100% homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes » (Belin, p. 133).</p>
<p style="text-align: justify;">Bordas fait état d’« une étude récente qui montre bien l’influence du contexte culturel et social : à Hambourg en 1970, dans les années de la révolution sexuelle, 18% des adolescents avaient des activités homosexuelles alors qu’en 1990, avec le SIDA et les changements culturels, ils n’étaient plus que 2% » (p. 182). L’homosexualité serait donc élue d’autant plus facilement que la société l’accueillera « sans discrimination » (Nathan, p. 181).</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les bases biologiques du plaisir sexuel</strong></p>
<p style="text-align: justify;">D’une manière générale, c’est la sexualité humaine qui est totalement « désacralisée » au fil des pages. La masturbation, martèle Belin, jadis encouragée dans l’Antiquité, n’est devenue un « péché » qu’avec « l’avènement du monothéisme en Occident ». Heureusement, depuis les années 70 elle est à nouveau considérée « comme une activité sexuelle normale » (p. 139). Le même éditeur fait d’ailleurs de cette pratique un critère de puberté ou indicateur de maturité sexuelle (p. 132).</p>
<p style="text-align: justify;">Mais surtout, les nouveaux programmes font dépendre l’activité sexuelle de l’activation du « système de récompense » présent dans le cortex cérébral des primates hominoïdes (chimpanzé, bonobo, homme). Contrairement aux autres mammifères (mouton, rat,…) dont le comportement sexuel est contrôlé essentiellement par les hormones, la sexualité humaine est la résultante d’un circuit de récompense commandé par des aires cérébrales selon le schéma suivant : désir – action – satisfaction.</p>
<p style="text-align: justify;">L’évolution chez l’animal a abouti à une diminution de la dépendance hormonale au profit d’un contrôle cérébral devenu prépondérant chez l’homme. Pour Nathan, « le système de récompense fournit la motivation à notre comportement dans l’attente d’une gratification. Le comportement sexuel est ainsi guidé par la recherche du plaisir attendu » (p. 195). Son collègue Belin cite les propos d’un chercheur en neurosciences et sexologie : « Au cours de l’évolution, l’influence des hormones et des phéromones diminue tandis que l’influence de la cognition et du système de récompense cérébral augmente. Libérées des contraintes hormonales, les activités sexuelles peuvent exister dans de nombreuses situations qui n’ont plus aucun rapport avec la reproduction. Les récompenses cérébrales, perçues comme sensations érotiques intenses, deviendraient le principal facteur à l’origine des activités sexuelles » (p. 137). Pour ce chercheur, le système de récompense présent dans notre cerveau permet un comportement érotique essentiellement fondé sur « la maximalisation du plaisir ».</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Dissocier sexualité et procréation</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Ce modèle d’explication induit deux conséquences majeures sur le plan anthropologique.</p>
<p style="text-align: justify;">Premièrement, le cortex cérébral étant le support des fonctions cognitives de l’être humain (Nathan, p. 197), elles-mêmes modelées par le contexte culturel et éducatif de la société, l’idéologie du gender est « validée » sur le plan scientifique dans un raccourci saisissant. Nous adoptons certains comportements stéréotypés parce que notre cerveau a été stimulé depuis la plus petite enfance par des messages véhiculés par la société. Scientifiquement, l’hétérosexualité n’est pas une réalité fondatrice des relations humaines mais la conséquence de l’imprégnation du milieu social sur la composante cognitive de notre cortex.</p>
<p style="text-align: justify;">Les primates hominoïdes et singulièrement l’homme ayant dissocié leur comportement sexuel de la fonction de reproduction, la « maitrise technique de la procréation » est en quelque sorte un « produit culturel » qui s’inscrit nécessairement dans le cadre explicatif de la théorie de l’évolution. La procréation doit être radicalement désolidarisée de la sexualité. Les droits à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle sont bien les nouveaux impératifs catégoriques de la (r)évolution culturelle en cours, ceux qui permettront aux individus d’exercer un pouvoir effectif sur leurs corps sans lequel il n’y a pas de remise en cause possible des « valeurs traditionnelles ». N’est-ce pas les « féministes du gender » qui ont forgé dans les années 90 le concept de « santé reproductive » ? Aussi les trois manuels que nous avons pu étudier insistent-ils tous sur l’IVG médicamenteuse et la contraception d’urgence – dont la nouvelle pilule du lendemain EllaOne occupe déjà une place de choix –, qui sont autant de moyens de contrôler chimiquement la fonction de reproduction (cf. Nathan, p. 178).</p>
<p style="text-align: justify;">On l’a compris, le gender est particulièrement difficile à contrer intellectuellement. Vous aurez beau accumuler des arguments fondés sur la nature et la raison, vos adversaires vous rétorqueront qu’ils ne sont que la résultante de facteurs culturels, et qu’ils vous semblent d’autant plus évidents qu’ils ont une position hégémonique dans la société.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Le langage de l’amour vrai</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Experte en humanité, l’Eglise a pris la mesure depuis la Conférence de Pékin de la désintégration de l’ordre éthique et politique véhiculé par cette doctrine. Dans un document remarquable signé par celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, elle nous rappelle que « le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création [3]», qu’il existe des « valeurs masculines » et un « génie féminin » sur lesquels s’appuyer pour bâtir la civilisation de l’amour.</p>
<p style="text-align: justify;">Au cours de magnifique allocution du 13 mai devant les membres de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, Benoît XVI a proposé de « conjuguer la théologie du corps avec celle de l’amour » pour redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de la sexualité conjugale. Le Pape a en effet rappelé qu’il y a dans le corps de l’homme et de la femme « un langage qu&#8217;ils n&#8217;ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. (…).La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s&#8217;ouvre : la beauté intégrale, l&#8217;univers de l&#8217;autre personne et du « nous » qui naît dans l&#8217;union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l&#8217;amour ouvre vers Dieu, source de l&#8217;amour. L&#8217;union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, jusqu’à ce que l&#8217;homme et la femme deviennent également un seul esprit (…). Dans cette lumière, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n&#8217;est pas un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l&#8217;amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d&#8217;engendrer la vie et d&#8217;accueillir généreusement la vie nouvelle naissante ». Un discours à dix mille lieues de l’idéologie du gender, mais surtout capable de reproposer de manière convaincante aux jeunes qui nous sont confiés le dessein originel de Dieu et la vocation à laquelle ils sont appelés à répondre pour réaliser leur vraie nature d’homme ou de femme.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vers une objection de conscience ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. L’importance des changements opérés dans les classes de 1ère est telle qu’on peut parler sans exagérer d’une « zapatérisation » des programmes de l’Education nationale. Or, si l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées, on s’aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur le gender du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France ?</p>
<p style="text-align: justify;">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;</p>
<p style="text-align: justify;">[1] Judith Butler, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, La Découverte, Paris, 2005. Cf. aussi du même auteur, Défaire le genre, Editions Amsterdam, Paris, 2006.</p>
<p style="text-align: justify;">[2] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde, 31 mai 2004.</p>
<p style="text-align: justify;">[3] Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde, 31 mai 2004. Citons également le discours de Benoît XVI aux participants du congrès international « Femme et homme, l’humanum dans son intégralité », 9 février 2008.</p>


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