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L’inquiétude révélatrice des évêques suisses

L’inquiétude révélatrice des évêques suisses

publié dans flash infos le 5 décembre 2009


L’inquiétude révélatrice des évêques suisses

 

Après le référendum de dimanche où 57,5 % des électeurs helvètes ont rejeté la construction de nouveaux minarets – sans remettre en question ceux qui existent –, les évêques suisses se disent, dans un communiqué qu’ils ont signé en commun, « inquiets ». Ils estiment que le résultat sans ambiguïté de ce référendum « va aggraver » la situation des chrétiens dans les pays musulmans. « Il y aura des conséquences autres que celles souhaitées par la majorité des chrétiens qui ont voté oui à l’interdiction des minarets », ont prévenu les évêques au lendemain d’une réunion de la Conférence des évêques suisses à Lucerne. Cette interdiction « ne va pas soulager la situation des chrétiens dans les pays musulmans, mais l’aggraver », redoutent les évêques. L’inquiétude des prélats suisses est tout de même très révélatrice de l’état d’esprit dans lequel se trouvent les Européens par rapport aux pays musulmans. Un état de dépendance et de crainte. On est loin de la tolérance religieuse que nous prêchent à longueur de journée les idéologues maçonniques de la pensée unique… une tolérance à sens unique. Face aux pays musulmans, avec, installés sur nos territoires, une Eurabie en expansion continue, et aux ressortissants de plus en plus exigeants et de plus en plus conquérants, les dirigeants européens ont tout simplement la trouille. Refuser la moindre concession aux fils d’Allah, nés ou naturalisé dans les pays occidentaux, expose les chrétiens vivant en Orient à de meurtrières représailles. Sans parler des représailles économiques, demandées par Daniel Cohn-Bendit et auxquelles des dirigeants musulmans se sont empressés de faire écho. Le communiqué alarmiste des évêques suisses nous renseigne, mieux qu’un long discours, sur la vraie nature de l’islam (celle que les idéologues du politiquement correct voudraient bien nous cacher sous le manteau doré d’une imaginaire cohabitation harmonieuse) et la pusillanimité de nos responsables politiques à l’égard des mahométans.

 

Le référendum de dimanche n’inquiète pas seulement les prélats suisses. Il préoccupe aussi en France très fortement les princes qui nous gouvernent, leurs relais médiatiques et autres ayatollahs du cosmopolitisme. Sondages ou pas, nos élites « républicaines » savent parfaitement que si le même référendum était demain transposé en France, les résultats seraient très proches de celui de nos voisins suisses. Et que l’irruption déstabilisante de l’islam dans notre civilisation préoccupe également une forte majorité de Français. Du coup nos hommes politiques, à trois mois des élections régionales, sont très embarrassés. Ils marchent sur des œufs. C’est-à-dire qu’ils sont contraints à un périlleux exercice d’équilibrisme entre leurs électeurs et l’idéologie régnante. Entre ce qu’ils doivent dire et ce qu’ils ne peuvent pas dire. Le maire de Nice et ministre de l’Industrie Christian Estrosi (UMP) affirmait dans Le Figaro de jeudi : « Les minarets, ça n’appartient pas à l’architecture de notre pays. Ce n’est pas un élément essentiel ni dominant de la religion musulmane. C’est un faux débat (…). Il n’y aura pas de minarets à Nice, c’est clair. » Voilà pour ses électeurs. Cela étant dit, Christian Estrosi juge sévèrement l’interdiction des minarets votée par les Suisses. Il trouve ce genre de débat « malsain » parce que cela risque de « stigmatiser une religion ». Voilà pour les inquisiteurs du politiquement correct.

 

Même mouvement de balancier chez le ministre des Relations avec le parlement, Henri de Raincourt. « Les mosquées et les minarets, c’est différent. Les gens ont besoin de savoir où ils habitent. Les gens qui viennent chez nous doivent accepter notre mode de vie (…). La mondialisation, ce n’est pas la dénaturation de son pays. Parfois les gens ont le sentiment de ne plus reconnaître leur pays. » Par « dénaturation » Henri de Raincourt désigne « les gens qui viennent chez nous et qui veulent nous imposer leur façon de vivre. Par exemple la burqa. (…) On veut que les gens qui viennent chez nous acceptent notre mode de vie et ne cherchent pas à nous imposer le leur. Notre mode de vie, c’est le mode de vie français. Est-ce qu’on pourrait construire des églises en Arabie Saoudite » ? La question de la réciprocité devient de plus en plus à l’ordre du jour. La tolérance à sens unique, pour beaucoup de Français, ça suffit !

 

Où est la réciprocité ?

 

François Bayrou rappelle : « Je suis un croyant qui défend la laïcité et, pour tous les croyants, la liberté de pratiquer leur religion. En même temps je ne traite pas à la légère la grande peur qui est derrière ce débat : la peur de voir son pays, ses coutumes, ses traditions disparaître sous d’autres pratiques religieuses, plus prosélytes. » Cette peur doit être bien sûr apaisée et non attisée. Mais surtout il y a une question à traiter d’urgence : il faut une réciprocité dans la compréhension. Aujourd’hui, dans bien des pays où l’islam est religion officielle, les églises, les lieux de culte chrétiens, n’ont plus leur place et certains sont persécutés. Nous devons dire que cette compréhension qui est notre loi, nous exigeons qu’elle ne s’arrête pas à nos frontières. » Il est bon de l’entendre rappeler. Merci les Suisses !

 

On va se faire bouffer

 

La grande peur qu’évoque Bayrou c’est effectivement la crainte suscitée par un islam de plus en plus visible et envahissant dans l’espace public. Au point que beaucoup de Français et d’Européens considèrent ces communautés comme autant de postes avancés d’une planète islamique comptant un milliard quatre cent millions d’individus (le même chiffre, en euros, que la dette extérieure de la France).

 

La crainte de l’expansion islamique sur notre sol rentre aussi dans une exaspération plus large, engendrée par une immigration de peuplement sans frein ni limite. Une exaspération qu’exprime bien le maire UMP de Gussainville (Meuse) lorsqu’il déclare tout de go : « On va se faire bouffer. Y en a déjà 10 millions que l’on entretient à rien foutre. » Inutile de préciser que la classe politique, UMP en tête, tombe à bras raccourcis sur ce malheureux qui a osé dire tout haut ce que pense sans doute tout bas la majorité de ses administrés.

 

Ce référendum suisse met aussi en évidence une vérité plus strictement européenne. La souveraineté nationale, référence jadis des gaullistes, n’existe plus. Personne, même ceux qui se prétendent les héritiers du gaullisme, ne s’est insurgé contre les condamnations tombant tous azimuts sur les Suisses en rappelant simplement : La Suisse est un pays souverain, qui n’appartient pas à l’Union européenne et par conséquent les décisions qu’elle prend en matière d’architecture ou de religion ne regardent qu’elle. La souveraineté des peuples a été remplacée par la démocratie totalitaire façon Union européenne. Celle qui consiste à faire revoter les peuples dont le vote ne convient pas aux idéologues du globalisme. Un totalitarisme démocratique dont le Vert Daniel Cohn-Bendit se veut le chantre. Voir à ce sujet, les articles de Rémi Fontaine dans Présent d’hier et d’avant-hier…

 

Le référendum suisse perturbe aussi le débat sur l’identité nationale. Un débat bidon, qui devait être une manœuvre électorale, et dans lequel l’actualité venue de Suisse remet impromptu un vrai contenu. Du coup notre Président préfère s’esquiver (il a annulé le discours qu’il devait tenir vendredi à l’Institut Montaigne) et passer la patate chaude à Fillon…

JEAN COCHET (Présent du 5 décembre 2009)

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