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L’Évangile de Luc

publié dans la doctrine catholique le 18 octobre 2016


Saint Luc

L’Evangéliste

 

1-    L’auteur du troisième Evangile

 

Son auteur est Luc compagnon de l’Apôtre Saint Paul qui l’appelle : « le médecin bien aimé » (Col 4 14). Luc n’a pas vu le Seigneur  dans sa chair. Il n’ a donc pas été disciple immédiat de Jésus. Il n’a pas été, dans l’Eglise primitive, une personnalité de premier plan, mais il n’en apparait pas moins, à qui le lit attentivement, une personnalité très aimable et très attachante.

Originaire d’Antioche, Luc appartenait par sa naissance et son éducation au monde helléniste.

Converti au Christianisme de bonne heure, Luc a dû assister vers l’an 42 aux débuts de saint Paul à Antioche, en compagnie de Barnabé qui a été le rechercher à Tars, où il a passé trois ans après sa conversion sur le chemin de Dams.

Antioche est cette cité où, les chrétiens furent appelés, pour la première fois, de ce nom de « chrétiens » : « Voyez comme ils s’aiment »

L’admiration  affectueuse qui liera saint Luc aux destinées de l’Apôtre des Gentils – on le trouvera avec Saint Paul, à Rome lors de sa dernière captivité –  peut fort bien remonter à cette époque. Si Saint Paul était d’allure « chétive » en raison de son physique, il était d’une personnalité très forte et attirante. Et puis surtout le prestige de saint Paul tenait surtout au miracle de sa conversion, en conséquence au contraste entre hier et aujourd’hui. De persécuteur de l’Eglise, le voilà le pourfendeur de tout paganisme et le défenseur du saint Nom de Jésus et avec quelle pugnacité ! Et de fait, la grâce ne fut pas stérile dans ce nouveau converti. Saint Luc s’attachât à lui ! Et se vouât au service personnel de l’Apôtre. Il prit rang parmi les auxiliaires fidèles qui le suivirent dans ses voyages et l’aidèrent dans son œuvre d’évangélisation.

C’est ainsi qu’on trouve saint Luc avec Saint Paul dès la seconde grande expédition apostolique, vers l’an 50. Il est avec Silas et le jeune Thimothé : Act 15 36- 18 22. De Troas, ils partent pour la Macédoine.

C’est la vision du Macédonien : « Passe en Macédoine et viens à notre secours » qui l’attire dans cette région.
Ce groupe de quatre missionnaires arrive à Philippes. Philippes est une ville à domination romaine et païenne. On y parle le latin. Les Juifs sont peu nombreux, saint Luc nous compte avec beaucoup de détails pittoresques, la première évangélisation de Philippes, la conversion de Lydia (Act 16 14) à qui les « Seigneur ouvrit le cœur pour prêter attention à ce que disait saint Paul », les ennuis avec l’esclave et ses maîtres, l’emprisonnement de Paul, sa flagellation, sa libération et son expulsion de Philippes. Il faut lire ce récit de Saint Luc, dans les Actes des Apôtres. C’est passionnant ! Luc, quant à lui, va rester à Philippes, près de 12 ans.

La chrétienté de Philippes garda une place de choix dans le cœur de saint Paul.

On sait, pare les Actes, que Saint Paul, avec ses sept auxiliaires, descend sur Jérusalem pour porte des subsides pour l’église pauvre de Jérusalem. Il passe à Philippes et prend avec lui, Luc, qui redevient le compagnon de saint Paul et son médecin. Dès lors, jusqu’au bout, Luc sera le bon médecin, empressé et fidèle de saint Paul qui souffre de plus en plus. La présence de Saint Luc, médecin, lui est bien nécessaire.  Saint Paul est arrêté à Jérusalem. Saint Luc en profite pour parfaire sa connaissance de la vie du Christ et de l’histoire de l’Eglise naissante ; Là, il rencontre Jacques et les anciens de Jérusalem, plusieurs des saintes femmes, des disciples de la première heure, le diacre Philippe. Ce qu’il affirme dans son prologue de son Evangile, n’est pas paroles vaines et prétentieuses. C’est vrai. Il s’est renseigné avec précision.

En 59, Saint Paul  en  appelle à César. Il est conduit à Rome. Luc accompagne le prisonnier. Il prend part à tous les incidents de la traversé : Act 28. Col 4 10-14.

Il soigne Paul. Paul lui en sera très reconnaissant : Col 4 14 Philémon 24 ; 2 Tim4 11

Luc sera le dernier fidèle de Saint Paul lors de sa dernière captivité.

C’est vraissemblement à Rome que Luc écrira son évangile, après celui de Marc, après les grandes épitres de Paul, avant la persécution de Néron. On pense entre 63-64.

2-    Les traits caractéristiques du troisième Evangile

Un mot sur le prologue de cet Evangile : Luc 1 1-4.

Il faut remarquer le caractère harmonieux de ce prologue.

Il reçoit les enseignements avec le souci d’être bien informé. Il s’est appliqué à connaître exactement depuis le début les événements d’où est sortie la religion nouvelle. Luc a contrôlé soigneusement ses informations. Il veut en faire bénéficier « l’excellent Théophile ». Ce n’est pas un être de fiction. C’est sans doute un grec converti d’une haute situation sociale.

Les critiques s’accordent à dire que Luc a utilisé la catéchèse de saint Pierre telle qu’exprimée en saint Marc. Mais l’influence de saint Paul fut réelle. Paul a été l’illuminateur de Luc, non que Paul lui donna « les matériaux » de son évangile. Ce que l’Apôtre lui a donné plus que tout autre, c’est l’esprit qui interprète le message divin, l’intelligence profonde du mystère du Christ.

L’une des inspirations majeurs de saint Paul a été de faire resplendir ce qu’il a lui-même appelé la « philanthropie » (Tit 3 4) de Dieu, notre sauveur, qui par le Christ et dans le Christ, rachète, par un même sacrifice, justifie par une même grâce, sans les observances de la Loi mosaïque, unit par un même Esprit tous les hommes, Juifs et gentils, Grecs et barbares, citoyens libres et esclaves. Pas de privilèges de castes ou de races qui limite l’action de la grâce : le Christ est accessible à tous, sans passer par la Loi mosaïque et tous peuvent être sauvés par leur incorporation en Lui. C’est là « le mystère caché aux siècles et aux générations mais maintenant révélé aux saints » (Col 1 26) et que saint Paul a reçu mission de proclamer aux païens. Message d’espérance, Bonne Nouvelle, la meilleure qui pût être annoncée à ceux qui attendaient dans la nuit du paganisme l’aube des temps nouveaux. Rien d’étonnant qu’elle soit allé droit au cœur de Luc.

Ainsi lorsque Luc écrit son Evangile, cette doctrine du salut universel par Jésus a brillé devant lui comme la lumière directrice de son œuvre.

Dès lors, sur la face du Christ, il a fait resplendir la bonté miséricordieuse, la bénignité qui se penche sur toutes les misères et toutes les infirmités. Le Christ est le  sauveur universel des hommes. Sa naissance apporte la paix aux hommes qui sont objet de la bienveillance divine : Lc 2 14. Dès la présentation au Temple, L’Esprit Saint prophétise qu’il sera la lumière pour éclairer les nations Lc 2 32. Aux deux autres synoptiques, Luc, dans la prophétie d’Israël qui commence son apostolat, ajoute « et  toute chair verra le salut de Dieu » ( Lc 3 6)

Lors de sa prédication dans la Synagogue de Nazareth en Galilée, Jésus s’applique la prédiction du livre d’Isaïe sur la mission consolatrice et libératrice du serviteur de Yahvé et tous admirent les paroles de grâce tombées des lèvres du nouveau prophète (Lc 4 22)

On retrouve dans les actes et les paroles du Christ durant sa vie publique le même accent de l’universalité du salut : nul n’en est exclue, aucune condition humaine n’en est exclue : les Juifs gardiens de la promesse, comme le samaritain, les païens, comme le centurion de Capharnaüm et le centurion du calvaire, sur les gens de biens mais aussi sur les pécheurs, les publicains et les femmes publiques, sur les riches, comme Joseph d’Amathie, mais aussi et plus souvent sur les pauvres. Personne qui soit exclue du royaume de Dieu…. s’il veut bien toutefois répondre à l’appel qui le prévient.

Les paraboles qui sont propres à saint Luc, cherchent à mettre en évidence cet aspect universaliste et miséricordieux de l’Evangile. Ainsi le Bon Samaritain, le banquet où les invités se dérobent, la brebis égarée, la drachme, l’enfant prodigue, le pauvre Lazare et le mauvais riche, le pharisien et le publicain, les larmes de la pécheresse au pieds de Jésus, la  conversion de Zachée, le pardon du Christ à ses bureaux et le repentir du bon larron

Une parole de Jésus, à la fin de du ministère public résume bien tout l’esprit du Troisième Evangile : « Le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Luc est vraiment « l’historien de la mansuétude du Christ »

 

C’est à cette même idée qu’il faut rattacher l’insistance que met saint Luc à parler des femmes et à en relever le rôle, alors qu’elles étaient méprisées dans le monde antique. Elles aussi sont l’objet de la miséricorde de Jésus. O combien ! Saint Paul proclame l’égalité de tous dans le Christ : « Il n’y a plus ni Juifs, ni Grecs ; il n’y a plus ni esclave ni homme libre ; il n’y a plus d’homme et de femme car vous êtes tous uns dans le Christ Jésus ». Et ses Lettres attestent que la pratique répondait à sa théorie

Saint Luc est sur ce point en parfaite harmonie avec saint Paul. Le troisième évangile se distingue par l’attention spéciale données aux femmes Dès le début de l’Evangile avec Elizabeth, avec Anne, la prophétesse, la veuve de Naïm, la grande pécheresse à qui Jésus pardonne, la fille d’Abraham que Satan tenait courbée depuis 18 ans et que Jésus délivre le jour d’un Sabbat, la femme qui proclame bienheureuse la mère de Jésus, Marthe qui s’agite, Marie qui écoute, les filles de Jérusalem  qui pleurent. Au nombre des femmes qui suivent Jésus et ses disciples et surviennent à leurs besoins. Saint Luc est le seul à mentionner Suzanne et Jeanne femme de Chuza, l’intendant d’Hérode le tétrarque. (Lc 8 2)

Au milieu de toutes ses femmes une apparait plus nimbée de gloire et de lumière, c’est Marie. Luc nous laisse dans ses récits de l’Annonciation, de la Visitation, de la Nativité et de la Purification une belle image de ND, belle de pureté, d’humilité et d’amour de Dieu.

Certes Saint Paul influença saint Luc dans sa théologie, mais Luc faisait œuvre d’historien qui raconte et non de théologien. C’est-à-dire Saint Luc nous présente les enseignements de Jésus enveloppés dans les faits concrets ou énoncés en de brèves affirmations : Lc 7 47 ; Lc 18 14 ; Lc 19 9 ; Lc 23 42-43.

Mais attention cette bonté universelle n’est pas attitude débonnaire. Cette miséricorde n’est pas laisser faire. Ce n’est pas mièvrerie onctueuse. Et saint Paul est bien d’accord : voyez : rien n’est plus viril que son idéal du soldat du Christ, ceint de vérité, chaussé  de promptitude, casqué  d’espérance, armé de bouclier de la foi et du glaive de la parole (Eph 6 13-17). Voyez Lc 4 23 ;Lc6 24 ;Lc 13 3-5 ; Lc 13 9 ; Lc 16 19 ; Lc 11 39-52 ; Lc 19 42 ;Lc 21 25-28

Il faut noter aussi la note joyeuse du 3ème Evangile. On retrouve cette idée dans les beaux récits du début de l’Evangile et même dans les récits de la résurrection.

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