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G. Pepy et la SNCF

publié dans regards sur le monde le 1 janvier 2018


Pourquoi G. Pepy n’est-il pas limogé de la SNCF ?

 

Dans n’importe quel autre pays, le dirigeant d’une entreprise publique accumulant tant de déboires, de catastrophes, de dysfonctionnements et, hélas ! de morts, aurait été remercié depuis longtemps. A plus forte raison dans une entreprise privée ! Mais – et c’est là une exception française – ça n’arrive pas chez nous ; c’est pourquoi Guillaume Pepy est toujours le patron de la SNCF.

 

La liste est longue des tracas que l’on a fait subir aux passagers voyageant avec la SNCF, récemment, certes, mais aussi depuis que Pepy préside à ses destinées, c’est-à-dire depuis 2008. Ces dernières semaines, il y a donc eu une panne géante due à une défaillance informatique le 3 décembre à Montparnasse, puis une grande pagaille en raison d’une affluence de voyageurs supérieure à la capacité des trains à Bercy et, enfin, une panne électrique paralysant le trafic à Saint-Lazare. Il y eut plus grave en 2013 à Brétigny-sur-Orge : déraillement du train Corail Intercités Paris-Limoges en gare de Brétigny. Bilan : sept morts et trente blessés ! Plus récemment, le 14 novembre 2015, 11 personnes furent tuées et 42 blessées dans le déraillement d’un TGV près de Strasbourg. Un seul de ces faits aurait dû entraîner le limogeage du PDG alors que, seuls, des lampistes ont été sanctionnés. Et rappelons cette affaire ubuesque, heureusement non mortelle, en 2014: la compagnie ferroviaire avait commandé 341 rames TER. Ne s’est-elle pas aperçue lors de leur livraison qu’elles étaient trop larges pour pouvoir passer entre tous les quais des gares françaises ? Résultat : près de 1300 quais à raboter pour un coût estimé à 50 millions € ! Valérie Rabault, alors rapporteur du budget, avait demandé, en vain, la démission de Guillaume Pepy.

 

Il est toujours là. Après chaque « incident », le ministre des Transports convoque les responsables de la SNCF pour leur tirer les oreilles.

 

La prochaine fois, ce sera le 8 janvier, Guillaume Pepy y sera. Il a annoncé : « mon mandat est à la disposition du gouvernement » trop sûr qu’on ne lui retirera pas ! D’ailleurs, dans la lettre de convocation, il n’y a aucune menace de cet ordre. Il est convoqué pour exposer quelles mesures, il entend prendre pour éviter de nouveaux déboires aux usagers.

 

Pourquoi une telle mansuétude ?

 

Plusieurs raisons à cela. Allons des plus avouables à celles qui le sont moins.

 

Parmi les premières, il y a le fait que les « dysfonctionnements » actuels sont la conséquence inévitable, dit-on, d’un chantier de travaux de rénovation qui doit durer jusqu’en 2027. Dès lors, remplacer Pepy ne changerait rien et il y aura toujours à s’attendre à la survenance de nouveaux « incidents ».

Autre raison, politique celle-là. Bientôt doit être lancée la réforme des retraites qui devrait entraîner la fin du régime aussi spécial que confortable des cheminots. Macron se rappelle que c’est de là qu’est parti, sous Juppé, le mouvement de grèves de 1995, le plus important en France depuis mai 68. Or, Pepy s’entend plutôt bien avec la CGT, le nombre de jours de grève a diminué, ce qui est dû au fait qu’il leur cède facilement dans les né- gociations, salariales entre autres. On aura donc besoin de lui pour calmer les troupes si la réforme tourne mal. Autre raison, moins avouable celle-là, que le patron de LREM, Christophe Castaner, a indirectement exposée. Dans son souci d’épargner Pepy, il a déclaré : « Une chose est sûre, c’est que la responsabilité de tel ou tel incident ne pèse pas sur un seul homme. Elle pèse sur des choix stratégiques que notre pays a faits avec la SNCF : celui de privilégier les grandes infrastructures qui, quelquefois, se font à 15 ans, 20 ans, 30 ans. » Or, il se trouve qu’il y a quinze ans, en 2002, le directeur de la stratégie à la SNCF était une certaine… Elisabeth Borne, aujourd’hui ministre des Transports ! Sanctionner Pepy reviendrait à lui faire subir les conséquences de choix stratégiques auxquels elle a contribué. Le lobby qui soutient Pepy aurait vite fait de lui faire savoir et de le rappeler à l’opinion.

 

Hormis celui des frères particulièrement actif depuis Hollande, quel lobby ?

 

Celui des hauts fonctionnaires homosexuels. Cela existe et ce n’est pas nous qui le disons mais Raphaëlle Bacqué, journaliste au Monde qui l’a écrit dans un livre Ritchie (diminutif, de Richard) consacré au compagnon de Guillaume Pépy, Richard Descoings, le nom du patron de la SNCF figurant sur le faire-part de décès de Descoings, directeur de Sciences Po, retrouvé mort dans un hôtel de New York. L’auteur du livre n’a été poursuivi, ni pour diffamation, ni pour homophobie. Elle écrit : « Richard Descoings et Guillaume Pepy louent ensemble un appartement près de la place de la Madeleine, où se retrouve toute une génération de hauts fonctionnaires homosexuels venant de la Cour des comptes, du Quai d’Orsay, du Conseil d’Etat. » Interrogée à ce sujet par Léa Salamé sur France Inter, Raphaëlle Bacqué précise : « Quand je parle de ceux qui se font la courte-échelle, c’est le petit groupe que Richard Descoings forme autour de lui, qui est effectivement tout à fait …Ils sont tous issus de l’ENA, tous dans les grands corps de l’Etat, tous homosexuels, et ils vont s’entraider. »

 

C’est pour cela aussi que Guillaume Pepy n’est pas près d’être remercié…

(Source Le Bulletin d’André Noël)

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