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Rififi à Rolleboise 2

publié dans paroisse saint michel, regards sur le monde le 2 septembre 2018


Rififi à Rolleboise 2

Le 2 septembre 2018

Le 2 septembre 2018, selon les ordres de Mgr Aumonier, exprimés par lettre recommandée avec, je vous prie, accusé de réception, en date du 15 juin et confirmée le 8 août, toujours avec le même processus ( !), sans aucun dialogue préalable, humain, pastoral  et paternel, je devais quitter et le ministère de Rolleboise en raison de mon âge, 75 ans, et mon domicile, 29 avenue de Rolleboise à Maganville  78. Pour aller où ? Ce n’était pas son affaire ! Que je vois la chose avec mon propre supérieur ? L’odieux suivait l’odieux ! N’y-a-t-il pas des prêtres dans le diocèse de plus de 75 ans qui rendent encore des services pastoraux… ?  Il m’était dit également que M l’abbé Vedreenne, chapelain de Rolleboise,  viendrait présenter à la communauté mon successeur, M l’abbé TIGNERES, vice chapelain, ancien vicaire à Notre Dame des Armées à Versailles.

Le 2 septembre, rien de tout cela s’est réalisé. Le 2 septembre, j’ai célébré moi-même la messe et M l’abbé Védrenne n’est pas venu présenter mon successeur.

La conviction et la force ont vaincu l’injustice.

La situation, ce dimanche matin était cocasse. J’avais annoncé ma résolution, le dimanche précédent, de rester sur les lieux  et de célébrer moi-même la sainte Messe si je n’obtenais pas satisfaction. J’étais résolu. J’avais tout mon plan « d’attaque ». Certains fidèles craignaient cette tension, à juste titre…Mais ceux qui étaient à l’heure, ne virent aucun signe préparant une résistance « musclée », ils entendaient  de simples accords d’orgue, des vocalises des membres de la Chorale…Rien en effet qui présageait une résistance physique. Ils se tranquillisaient petit à petit. Ouf !

Que s’était-il donc passé durant cette semaine ?

Voici !

L’évêché avait perdu la trace du bon vicaire. Impossible de le joindre. Il a dû craindre cette situation un peu particulière en effet pour une première messe. Le Vicaire général, malgré toutes ses tentatives ne savait où le joindre. Je comprenais petit à petit qu’il ne serait pas là, le 2 septembre

J’avais obtenu que ce vice chapelain, s’il devait me remplacer, le fasse dans le cadre de l’Institut du Bon Pasteur (IBP). Je laisserais la place qu’à  cette condition ! Pourquoi retirer ce petit ministère à cette petite œuvre sacerdotale, reconnue par Benoît XVI comme œuvre pontifical. Nous l’accomplissions au mieux. Chasserait-il une communauté de Jésuites, une communauté de Dominicains par simple caprice…si le scandale n’était donné ? Chasserait-il les chanoines du Christ Roi de l’église de Port Marly ? Ce serait une vraie révolution dans le diocèse. Parce que ce serait injuste. Il y  a tant et tant d’église sans desservant…Pourquoi risquer de voir de nouveau fermer cette petite église de Rolleboise. M le Maire ne l’entendait pas ainsi. Je l’ai visité. Il m’a dit sa résolution de nous voir poursuivre cet apostolat…Si celui qui me remplaçait était un simple prêtre diocésain de Versailles, il y avait tout à craindre que la paroisse se divise et soit obligée de fermer…Etait-ce l’intention de l’évêque ? Comment le penser un seul instant… Nous ne sommes pas aimés. Il est vrai.  Mais de-là à penser qu’il voudrait voir encore une église fermer, de nouveau. Non ! Impossible.
J’ai fait savoir ma résolution : Je veux bien me retirer mais à la condition que mon successeur soit en relation avec l’IBP,  sinon membre de l’IBP. Mgr Aumonier sachant ma résolution, prit contact avec M l’abbé Vella, supérieur du District de l’IBP en France. Il fut arrêté entre les deux hommes que M l’abbé Tignères, vicaire de ND des Armées, prendrait ma succession, mais  comme membre de l’IBP, qu’il allait l’encourager à faire cette démarche auprès de notre Supérieur Général. Nous étions sur la bonne voie.

Toutefois nul contact avec M l’abbé Tignières, nul dialogue possible. Il n’était plus à son poste. Le 2 septembre était proche.  J’étais toujours aussi résolu.

J’en avertis M l’abbé Vedrenne par téléphone. Il exprima toujours sa résolution d’être là le 2 septembre et de présenter le nouvel abbé. Mais, mon père  le Vicaire Général n’arrive pas à le joindre. Il a disparu. Je contacte l’évêché, me dit-il. Et je vous recontacte. Mais je ne change pas de résolution. Il me faut des certitudes. Je vous recontacte. Rien jusqu’au samedi 1 septembre. Alors je lui envoie un courriel pour lui confirmer ma résolution de dire la messe et de prêcher, le 2 septembre.

J’étais d’autant plus résolu que je venais d’apprendre de M l’abbé Vella qui, lui, avait pu rejoindre M l’abbé Tignières, par courriel,  qu’il venait d’avoir un  franc échange téléphonique,  qu’il lui confirmait sa volonté de se rapprocher de l’IBP A tel point qu’il serait jeudi, 5 septembre, au séminaire de Courtalain pour faire notre connaissance. Il lui laissait entendre qu’il me connaissait de longue date et qu’il était abonné, alors qu’il était à Nantes, à «Nouvelles  de chrétienté » qu’il appréciait bien. J’avais ainsi la certitude qu’il ne serait pas là  le 2 septembre. Dans ces conditions, il était peu probable aussi d’avoir la présence de M l’abbé Védrenne. La voix était libre et pour la messe et pour la prédication.

Et de fait, j’ai pu faire, comme chaque dimanche les annonces. Et donner quelques précisions sur la suite des événements. J’annonçais que la passation de pouvoir se ferait comme le demandaient raisonnablement les fidèles, à Mgr Aumonier, le jour de la saint Michel. C’est tout de même le patron principal de notre église. On a le sens de la pastoral ou on ne l’a pas ! Le sens  administratif. Oui ! Comptez sur les évêques ! Qu’était pour nous le dimanche 2 septembre, le 15 dimanche après la Pentecôte…Un grand dimanche ! Certes ! Mais qu’est-ce  par rapport à la saint Michel, pour une église dédiée à saint Michel. J’annonçais également que cette messe, célébrée par M l’abbé Tignères serait suivie d’un repas pastoral. Que Mgr Aumonier, M l’abbé Védrenne y étaient très cordialement invités. J’ajoutais une autre précision importante. Il me faut la garantie que soit reconduit le contrat entre Versailles et l’IBP, reconnaissant notre présence dans le diocèse, renouvelable par tacite reconduction. Autrement je resterai jusqu’à satisfaction pleine et entière. En effet, deux sous de bon sens : si c’est un prêtre de l’IBP qui poursuit mon ministère à Rolleboise pourquoi ne pas le confirmer par un acte juridique. Je n’ai pas besoin du Droit Canon pour comprendre cela…

Tout cela étant dit j’ai donné mon sermon. J’ai choisi le sujet de la messe pour bien faire comprendre notre détermination de tout faire pour conserver cette église à la messe tridentine, l’IBP ayant un droit exclusif de célébrer cette messe. Notre présence est une garantie pour les fidèles

 

 

15ème  dimanche après la Pentecôte.

2018

 

Le saint sacrifice de la messe.

 

Avant de vous quitter, je voudrais vous dire les raisons de mon attachement à la messe tridentine, raison de notre présence dans cette église.

La Très Sainte Messe, qui est le résumé de notre Foi, qui est précisément notre catéchisme vivant, la Très Sainte Messe est dénaturée, elle est devenue équivoque, ambiguë. Les protestants peuvent la dire, les catholiques peuvent la dire. Elle s’éloigne d’une façon impressionnante de la doctrine catholique définie au Concile de Trente. Elle est plus une « narratio institutionis», le récit de l’institution de la Cène que le renouvellement non sanglant du sacrifice sanglant  de NSJC.

C’est pourquoi nous sommes attachés à la Sainte Messe de toujours. Et nous sommes attachés à la Sainte Messe parce qu’elle est le catéchisme vivant. Ce n’est pas seulement un catéchisme qui est inscrit et imprimé sur des pages qui peuvent disparaître, sur des pages qui ne donne pas la vie en réalité. Notre Messe est le catéchisme vivant, c’est notre Credo vivant. Le Credo n’est pas autre chose que l’histoire, je dirai, que le chant en quelque sorte de la rédemption de nos âmes par Notre Seigneur Jésus-Christ. Nous chantons les louanges de Dieu, les louanges de Notre Seigneur, notre Rédempteur, notre Sauveur qui s’est fait homme pour verser son sang pour nous et a donné ainsi naissance à son Eglise, au sacerdoce, afin que la Rédemption se continue, que nos âmes soient lavées dans le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ par le Baptême, par tous les Sacrements et qu’ainsi nous ayons participation à la nature divine de Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, à sa nature divine par l’intermédiaire de sa nature humaine et que nous soyons admis dans la famille de la Très Sainte Trinité pour l’éternité.

Voilà notre vie chrétienne, voilà notre Credo. Si la Messe n’est plus la continuation de la Croix de Notre Seigneur, du signe de sa Rédemption, n’est plus la réalité de sa Rédemption, ce n’est plus notre Credo. Si la Messe n’est plus qu’un repas, une eucharistie, un partage, si l’on peut s’asseoir autour d’une table et prononcer simplement les paroles de la consécration au milieu du repas, ce n’est plus notre Sacrifice de la Messe. Et si ce n’est plus le Saint Sacrifice de la Messe, ce n’est plus la Rédemption de Notre Seigneur Jésus-Christ qui s’accomplit.

Nous avons besoin de la Rédemption de Notre Seigneur, nous avons besoin du Sang de Notre Seigneur. Nous ne pouvons pas vivre sans le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est venu sur terre pour nous donner son Sang, pour nous communiquer sa Vie. Nous sommes créés pour cela, et notre Sainte Messe nous donne le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ. Son Sacrifice continue réellement, Notre Seigneur est réellement présent dans son Corps, dans son Sang, dans son Ame et sa Divinité.

C’est pour cela qu’Il a créé le sacerdoce et pour cela qu’il y a de nouveaux prêtres. Et c’est pour cela que nous voulons faire, à l’IBP, comme à Ecône… des prêtres qui continuent la Rédemption de Notre Seigneur Jésus-christ. Toute la grandeur, la sublimité du sacerdoce, la beauté du prêtre est de célébrer la Sainte Messe, prononcer les paroles de la consécration, faire descendre Notre Seigneur Jésus-Christ sur l’autel, continuer son sacrifice de la croix, répandre son Sang sur les âmes par le Baptême, par l’Eucharistie, par le Sacrement de Pénitence. Oh! La beauté, la grandeur du sacerdoce, une grandeur dont nous ne sommes pas dignes! Dont aucun homme n’est digne. Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu faire cela. Quelle grandeur! Quelle sublimité!

Et c’est cela que nous a transmis Mgr Lefebvre. C’est à cela que je désire être fidèle toute ma vie. Il nous a permis d’en  pénétrer le Mystère. Nous  n’en pénétreront jamais le mystère d’une manière parfaite, même si Dieu nous donne une longue vie ici-bas. Mais nous  aimons cette Messe. La messe est le soleil de ma vie, la raison d’être de ma vie sacerdotale pour donner Notre Seigneur Jésus-Christ aux âmes et non pas simplement pour rompre un pain de l’amitié dans lequel Notre Seigneur Jésus-Christ ne se trouve plus. Et donc la grâce n’existe plus dans des Messes qui seraient purement une Eucharistie, purement signification et symbole d’une espèce de charité humaine entre nous.

Voilà pourquoi nous sommes attachés à la Sainte Messe de toujours.

 

Et la sainte Messe est l’expression du Décalogue. Qu’est-ce que le Décalogue sinon l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Qu’est-ce qui réalise le mieux l’amour de Dieu et l’amour du prochain que la Sainte Sacrifice de la Messe? Dieu reçoit toute gloire par Notre Seigneur Jésus-Christ et par son Sacrifice. Il ne peut pas y avoir d’acte de charité plus grand pour les hommes que le Sacrifice de Notre Seigneur. Y a-t-il un acte plus grand de charité que de donner sa vie pour ceux que l’on aime? dit Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Par conséquent se réalise dans le Sacrifice de la Messe, le Décalogue: le plus grand acte d’amour que Dieu puisse avoir de la part d’un homme-Dieu, et le plus grand acte d’amour que nous puissions avoir de la part de Dieu pour nous. Voilà ce qu’est le Décalogue, c’est notre catéchisme vivant. Le Saint Sacrifice de la Messe est là qui continue le Sacrifice de la Croix. Les Sacrements ne sont que le rayonnement du Sacrement de l’Eucharistie. Tous les sacrements, en quelque sorte, sont comme des satellites du Sacrement de l’Eucharistie. Depuis le baptême jusqu’à l’Extrême Onction en passant par tous les autres Sacrements, ils ne sont que le rayonnement de l’Eucharistie, parce que toute grâce vient de Jésus-Christ qui est présent dans la Sainte Eucharistie.

Or le sacrement et le sacrifice sont intimement unis dans la Messe. On ne peut pas séparer le sacrifice du sacrement. Le catéchisme du Concile de Trente explique cela magnifiquement. Il y a deux grandes réalités dans le Sacrifice de la Messe: le sacrifice et le sacrement, le sacrement dépendant du sacrifice, fruit du sacrifice.

C’est cela toute notre sainte religion et c’est pourquoi nous sommes attaché à la Sainte Messe. Vous comprendrez maintenant, mieux peut-être que vous ne l’avez compris jusqu’ici, pourquoi nous défendons cette Messe, la réalité du Sacrifice de la Messe. Elle est la vie de l’Eglise et la raison d’être de l’Incarnation de Notre Seigneur Jésus-Christ. Et c’est la raison d’être de notre existence de nous unir à Notre Seigneur Jésus-Christ dans le Sacrifice de la Messe. Alors si on veut dénaturer notre Messe, nous arracher en quelque sorte notre Sacrifice de la Messe, nous faisons les gros yeux! Nous sommes déchirés et ne voulons pas qu’on nous sépare du Saint Sacrifice de la Messe.

Voilà pourquoi nous maintenons fermement notre Sacrifice de la Messe,

persuadés qu’aucune autorité dans l’Eglise  ne pourra jamais défendre de célébrer le Saint Sacrifice de la Messe de toujours. D’ailleurs le Pape saint Pie V a dit d’une manière solennelle, définitive, que quoi qu’il arrive dans le futur, on ne pourrait jamais empêcher un prêtre de célébrer ce Sacrifice de la Messe et que toutes les excommunications, toutes les suspenses, toutes les peines qui pourraient advenir à un prêtre parce qu’il célèbre ce Saint Sacrifice seraient nulle de plein droit. Pour l’avenir: « in futuro, in perpetuum ».

 

Par conséquent nous avons la conscience tranquille quoi qu’il nous arrive. Si nous pouvons être dans l’apparence de la désobéissance, nous sommes dans la réalité de l’obéissance. Voilà notre situation. Et il est bon que nous la disions, que nous l’expliquions parce que c’est nous qui continuons l’Eglise. Ce sont ceux qui dénaturent le sacrifice de la Messe, les Sacrements, nos prières, qui mettent les droits de l’homme à la place du Décalogue, qui transforme notre Credo, ce sont ceux-là qui sont dans la réalité de la désobéissance. Il est inconcevable que des évêques, des prêtres, qui ont été ordonnés pour cette Messe et dans cette Messe, qui l’ont célébrée pendant peut-être vingt ans, trente ans de leur vie sacerdotale, poursuivent maintenant celle-ci avec une haine implacable, nous chassent des églises, nous obligent à dire des Messes dans des granges, alors qu’elles sont faites pour être dites précisément dans ces églises construites pour dire ces Messes.

Encore une fois, il nous faut répéter cette parole, et la répéter toujours: « Jésus Christus heri, hodie et in saecula ». Si je suis avec Jésus-Christ d’hier, je suis avec Jésus-Christ d’aujourd’hui et je suis avec Jésus-Christ de demain. Je ne puis pas être avec Jésus-Christ d’hier sans être avec Celui de demain. Et c’est parce que notre Foi est celle du passé qu’elle est aussi celle de l’avenir. Voilà ce qu’il faut toujours croire, voilà ce qu’il faut maintenir à tout prix et ce sans quoi nous ne pouvons pas être sauvés.

 

 

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