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Synode sur l’Amazonie

publié dans nouvelles de chrétienté, regards sur le monde le 11 juillet 2019


Correspondance européenne | 369, Eglise catholique

Synode sur l’Amazonie : Messieurs les cardinaux et les évêques, est-ce vraiment cette Eglise que vous voulez ?

Les premières réactions face à l’Instrumentum Laboris pour le Synode sur l’Amazonie se sont essentiellement focalisées sur l’ouverture aux prêtres mariés et l’insertion des femmes dans l’ordre sacramentel de l’Église.

Mais l’Instrumentum Laboris va plus loin : c’est un manifeste de l’éco-théologie de la Libération qui propose une « cosmovision » panthéiste et égalitaire, qui pour un catholique est inacceptable.

Comme le soulignait fort bien José Antonio Ureta, on ouvre tout grand les portes du Magistère « à la théologie India et à l’éco-théologie, qui sont deux dérivés latino-américains de la Théologie de la Libération. Dont les chantres, après l’effondrement de l’URSS et l’échec du “socialisme réel”, ont attribué aux peuples indigènes et à la Nature le rôle historique de force révolutionnaire de trempe marxiste » (https://edwardpentin.co.uk/amazon-synod-working-document-criticized-for-serving-neo-pagan-agenda/)

Dans le document publié par le Saint-Siège le 17 juin 2019, c’est l’Amazonie qui « fait son entrée » comme « un nouveau sujet » dans la vie de l’Église (n. 2).

Or qu’est-ce que l’Amazonie ? Ce n’est pas seulement un lieu physique, une « biosphère complexe » (n.10) ; c’est aussi « une réalité pleine de vie et de sagesse » (n. 5), qui se transforme en paradigme conceptuel et qui nous appelle à une conversion : « pastorale, écologique et synodale » (n. 5). L’Église, pour jouer son rôle prophétique, doit se mettre à l’écoute des « peuples amazoniens » (n. 7). Ces peuples sont capables de vivre « en intercommunication » avec tout le cosmos (n. 12), mais leurs droits sont menacés par les intérêts économiques des multinationales qui, comme disent les indigènes de Guaviare (Colombie), « ont coupé les veines de notre Terre Mère » (n. 17). L’Église écoute « les cris des peuples et aussi de la terre » (n. 18), car en Amazonie « le territoire est un lieu théologique à partir duquel la foi est vécue et constitue également une source particulière de la révélation de Dieu » (n. 19).

Une troisième source de la Révélation vient donc s’ajouter donc à la Sainte Écriture et à la Tradition : et c’est l’Amazonie, territoire où « tout est connecté » (n. 20), tout est « relié de façon constitutive, formant un tout vital » (n. 21). En Amazonie, l’idéal du communisme est réalisé. Car, dans le collectivisme tribal, « tout est partagé, les espaces privés – typiques de la modernité – sont minimes ».

Les peuples indigènes se sont libérés du monothéisme et sont en train de reconquérir l’animisme et le polythéisme. En fait, comme indiqué au n. 25 : « La vie des communautés amazoniennes qui ne sont pas encore affectées par l’influence de la civilisation occidentale se reflète dans les croyances et les rites concernant l’action des esprits, de la divinité – appelée de multiples manières – avec et sur le territoire, avec et en relation avec la nature. Cette cosmovision est résumée dans le “mantra” du pape François : “tout est connecté” (LS 16, 91, 117, 138, 240) ».

Le document insiste sur le fait que la « cosmovision » amazonienne contient une « sagesse ancestrale, une réserve vivante de la spiritualité et de la culture indigène » (n. 26). Par conséquent, « les premiers peuples amazoniens ont beaucoup à nous apprendre. (…) Les nouvelles voies d’évangélisation doivent être construites dans le dialogue avec ces sagesses ancestrales dans lesquelles se manifestent les germes de la Parole » (n. 29).

La richesse de l’Amazonie consiste en ce qu’elle n’est pas monoculturelle ; en ce qu’elle est « un monde multiethnique, multiculturel et multireligieux » (n. 36) ; avec lequel il est nécessaire pour nous d’entamer le dialogue.

Les peuples amazoniens « nous confrontent à la mémoire du passé et aux blessures causées par les longues périodes de colonisation. C’est pourquoi le pape François a demandé “humblement pardon, non seulement pour les offenses perpétrées par son Église, mais pour les crimes commis contre les populations indigènes pendant ce que l’on a appelé la Conquête de l’Amérique”. Dans ce passé, l’Église a parfois été complice des colonisateurs, et c’est ce qui a étouffé la voix prophétique de l’Évangile » (n. 38).

L’« écologie intégrale » inclut « la transmission de l’expérience ancestrale, des cosmologies, des spiritualités et des théologies des peuples indigènes, qui consiste à prendre soin de la Maison Commune » (n. 50). « Dans leur sagesse ancestrale – ces peuples – ont cultivé la conviction que toute la création est connectée, qu’elle mérite notre respect et notre responsabilité. La culture amazonienne, qui intègre les êtres humains à la nature, devient un point de référence pour la mise en application d’un nouveau paradigme d’écologie intégrale » (n. 56).

L’Église doit se dépouiller de son caractère romain et assumer « un visage amazonien ». « Le visage amazonien de l’Église trouve son expression dans la pluralité de ses peuples, de ses cultures et de ses écosystèmes. Cette diversité nécessite une option pour une Église “sortante” et missionnaire, incarnée dans toutes ses activités, ses expressions et ses langues » (n. 107). « Une Eglise au visage amazonien dans toutes ses innombrables nuances se doit d’être une Église “en sortie” (ou “sortante”) (cf. EG 20-23), qui laisse derrière elle une tradition coloniale monoculturelle, cléricale et qui s’impose. Elle se doit de savoir discerner et assumer sans peur aucune les différentes expressions culturelles des peuples » (n. 110).

Le souffle panthéiste qui anime la nature amazonienne est un leitmotiv du document : « L’Esprit créateur qui remplit l’univers (cf. Sagesse 1,7) est l’Esprit qui pendant des siècles a nourri la spiritualité de ces peuples, bien avant même l’annonce de l’Evangile. Et qui les pousse à l’accepter à partir de leurs cultures et de leurs traditions » (n. 120).

C’est pourquoi, « il est nécessaire de saisir ce que l’Esprit du Seigneur a enseigné à ces peuples au cours des siècles : la foi en Dieu le Père-Mère Créateur, le sens de la communion et de l’harmonie avec la terre, le sens de la solidarité avec ses compagnons, le projet du “bien vivre”, la sagesse des civilisations millénaires que les anciens possèdent et qui a des effets sur la santé, la cohabitation, l’éducation et la mise en valeur de la terre, le rapport étroit avec la nature et la “Terre nourricière”, la capacité de résistance et de résistance et de résilience des femmes en particulier, les rites et les expressions religieuses, les rapports avec les ancêtres, le comportement contemplatif et le sens de la gratuité, de la célébration et de la fête et le sens sacré du territoire » (n. 121 ).

En outre, dans le cadre d’une « saine décentralisation » de l’Église, « les communautés demandent aux Conférences épiscopales d’adapter le rite eucharistique à leurs cultures ». « L’Église doit s’incarner dans des cultures amazoniennes possédant un sens aigu de la communauté, de l’égalité et de la solidarité, pour lesquelles le cléricalisme n’est pas accepté sous ses différentes formes de manifestation. Les peuples indigènes possèdent une riche tradition d’organisation sociale où l’autorité est en rotation et animée d’un sens profond du service. À partir de cette expérience d’organisation, il conviendrait de reconsidérer l’idée que l’exercice de la compétence (pouvoir du gouvernement) doit être lié à tous les domaines (sacramentel, judiciaire, administratif) et en permanence au sacrement de l’ordre » (n. 127).

Partant du principe que « le célibat est un cadeau pour l’Église », il est demandé que « dans les zones les plus reculées, on se penche sur la possibilité de conférer l’ordination sacerdotale à des anciens, de préférence indigènes, respectés et acceptés par leur communauté, même s’ils peuvent avoir déjà constitué une famille stable, ceci en vue de garantir les Sacrements qui accompagnent et soutiennent la vie chrétienne » (n. 129).

En outre, il est nécessaire « de garantir aux femmes leur suprématie, ainsi que des espaces plus vastes et plus pertinents dans le domaine de la formation : théologie, catéchèse, liturgie et écoles de foi et de politique » et « d’identifier le type de ministère officiel pouvant être confié aux femmes, en tenant compte du rôle central qu’elles jouent aujourd’hui dans l’Église amazonienne ».

Qu’ajouter à tout ce qui précède? Les évêques, successeurs des Apôtres, et les cardinaux, conseillers du pape dans la gouvernance de l’Église, vont-ils se taire devant ce manifeste politique et religieux qui renverse la doctrine et la pratique du Corps Mystique du Christ?

(Roberto de Mattei, dans le blog de Aldo Maria Valli, Duc in Altum : https://www. aldomariavalli.it/2019/06/20/sinodo-amazzonia-signori-cardinali-e-vescovi-davvero-volete-questa- Eglise/)

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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