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Le festival de Cannes (1) Le film de Bouchareb

Le festival de Cannes (1) Le film de Bouchareb

publié dans nouvelles de chrétienté le 22 mai 2010


Bataille d’Alger – Bataille de Cannes : la colonisation inversée

 Ce commentaire est à lire par tous ceux qui aiment la vraie patrie: la France. C’est un article paru dans Présent du 22 mai 2010.

« En écoutant le Colonel Trinquier et Yacef Saadi parler tous les deux, 13 années seulement après la fin de la guerre d’Algérie, ce qui saute aux yeux c’est combien l’entretien est courtois et cordial entre ces deux acteurs directs de l’Histoire. Ce qui est effrayant dans la situation d’aujourd’hui, c’est que du côté français comme du côté algérien, aucun des protagonistes n’a participé à rien et on découvre qu’exceptés les Pieds Noirs parce que le festival a lieu à Cannes et non à Alger, tous ceux qui parlent ou évoquent cette histoire ne sont que les fils ou les petits-fils des combattants.

 

Et quand les enfants se mettent à parler des actions de leurs parents, immanquablement l’inflation de l’héroïsme et de l’invention entre en piste. Les enfants parlent de la mort mais ils ne savent pas ce qu’est la mort. Ils parlent de la torture en singes savants mais ignorent tout de ce qu’elle représente pour celui qui la subit comme pour celui qui l’utilise. Ils parlent du terrorisme comme des livres en ne sachant rien de la réalité du terrorisme. Ce ne serait rien s’il ne s’agissait que de bavardage de cafés du Commerce sans lendemain. Ce n’est pas le cas.

 Le film de Bouchareb n’a plus rien à voir avec le film de Yacef Saadi. Cet homme le dit, il déclare que son rôle est accompli, qu’il a accompli sa tâche, sa mission est terminée, il semble d’ailleurs assez satisfait de lui-même. Tandis que Bouchareb est lui-même un militant de la cause algérienne qui n’a pas baissé les armes. Et il a quelques atouts dans la manche qui peuvent expliquer ses certitudes, sa foi en l’avenir et sa conviction que la guerre d’Algérie continue et qu’elle est à nouveau en bonne voie d‘être gagnée par les mêmes.

Monsieur Bouchareb est citoyen français alors que Yacef Saadi est fier d‘être devenu algérien.

 

Le film de Yacef Saadi n’est pas produit par la France, ce serait une aberration d’imaginer cela à l‘époque. Il est totalement produit par le FLN et par l’Algérie.

 Le journaliste qui interroge les deux hommes est parfaitement neutre et ne perdons pas de vue, encore une fois, qu’il s’adresse à des acteurs directs des événements.

Ce journaliste ne prend pas partie pour l’un ou l’autre des protagonistes, il ne déclare pas que les adversaires du film à l‘époque sont proches des milieux de l’extrême droite. D’ailleurs le général Salan était plutôt de gauche, il était républicain et franc-maçon.

 Le film n’est pas présenté au Festival de Cannes.

Il n’y a pas à cette époque en France une colonisation de peuplement de quinze millions au moins de musulmans prêts demain à en découdre pour continuer la bataille d’Alger sur le territoire français.

Il n’y a pas alors, en France non plus, des millions de Français disposés à remplacer des milliers d‘églises par des milliers de mosquées au nom de la tolérance et de la fin de l’Histoire.

 Il n’y avait pas, en France à cette époque, une faune intellectuelle, journalistique et politique capable d’accepter, au nom de la création artistique, les témoignages exclusifs de terroristes vainqueurs en réputant d’extrême droite les moindres contestataires de ces terroristes et les moindres partisans d’une conformité avec les exactitudes historiques.

 Il n’y avait pas, enfin, en France, une FNACA de plusieurs dizaines de milliers d’anciens combattants dévoyés qui festoient chaque 19 Mars pour célébrer la victoire militaire et diplomatique de l’Algérie du FLN sur la France de Charles De Gaulle.

 

Si Monsieur Bouchareb est le moyen moderne de la perpétuation d’une conquête qui avait commencé avec l’alliance entre Hitler et les Oulémas, il est surtout très clair que sans la capitulation française latente autant que massive, sans la totale reddition morale de la France, rien de tout cela n’arriverait. Un conquérant est surtout puissant de la faiblesse de celui qui est conquis.

Comprenons bien, pour illustrer le propos,  que la France est aujourd’hui le pays où quelques centaines de milliers de Français qui travaillent, qui paient l’impôt, qui essaient de se bien conduire, qui votent, qui ont un casier vierge et qui ont pour préoccupation essentielle de subvenir aux besoins de leur famille, circulent sans permis de conduire sous le harcèlement impitoyable de la Gendarmerie pendant que toute l’administration judiciaire du même pays se met martel en tête pour libérer au plus vite de dangereux criminels en invoquant l’humanité impérative de leur réinsertion.

Il est amusant d’entendre Trinquier rappeler que le dilemme algérien avait été un choix entre l’intégration ou l’indépendance.

Et Trinquier pensait sincèrement alors que si l’indépendance algérienne l’emportait la question de l’intégration serait résolue et révolue.

On se souvient que dans son livre Alain Peyrefitte évoque un propos de Charles De Gaulle accusant le président Soustelle d’avoir une « cervelle de colibri » à cause de sa volonté intégrationniste. Et Soustelle, c’est bien lui qui fut un des chefs de… l’OAS !

Et De Gaulle, l’ennemi de l’intégration, De Gaulle l’ennemi de l’OAS, De Gaulle qui avoue détester les Arabes, c’est lui qui est présenté comme le libérateur et comme l’artisan génial de l‘émancipation algérienne !

Ce que Trinquier n’imagine pas alors, ce que Yacef Saadi ne suppose pas encore et ce que le journaliste ignore évidemment, c’est qu’à l’Algérie française qui vient de mourir succédera bientôt la France algérienne, selon les vœux exactement contraires de la géniale stratégie gaullienne.

Cette intégration que Soustelle voulait et que De Gaulle refusait, elle est pourtant devenue une réalité sous des aspects pires que ceux que les plus pessimistes imaginaient. Ce n’est même pas à une intégration à quoi les Français assistent, c’est à une véritable colonisation.

Qui aurait pensé, un seul instant, au moment de cette rencontre télévisée, en 1975 sans doute, entre le Colonel Trinquier et Yacef Saadi que 35 années plus tard seulement, et en France même, il serait débattu au Parlement du port du voile intégral par des femmes musulmanes ?

 Le 13 mai 1958 à Alger et le 4 juin suivant, lors de la venue impériale de Charles De Gaulle dans cet Alger dont il faisait le tapis rouge de sa conquête du pouvoir, des milliers de femmes musulmanes brûlaient alors en public leur voile. Le 4 juin 1958 c‘était la liberté de l’humanité qui gagnait. De Gaulle renversa délibérément le destin de l’Histoire en donnant la victoire à Mahomet. Par arrivisme international, par haine de l’autre, par méchanceté naturelle, il sépara l’Algérie de la France, persuadé qu’il empêchait la France d‘être arabisée, alors que si elle ne l’avait pas été pendant les 130 années qui avaient précédé, c‘était que la présence française en Algérie était précisément la caution de cette préservation. En livrant l’Algérie à elle-même il signait la colonisation de la France par l’Algérie à brefs délais aussi sûrement que l’enfant prodigue est certain de revenir un jour chez son père, quand bien même son père lui-même l’aurait mis dehors.

Ce pauvre député des Alpes-Maritimes qui pleure sur les effets du malheur sans se donner le mal d’en étudier les causes est bien à plaindre. Quant à emboîter le pas d’un pareil candide, nos amis gagneraient à exiger de lui qu’il accomplisse tout de même un petit effort d’inventaire.  Au même moment l’ambassadeur français en Algérie propose que l’armée algérienne vienne défiler sur les Champs-Elysées un de ces prochains 14 Juillet. Le précédent ambassadeur avait déclaré le 14 juillet 2008 devant la représentation algérienne que les 27 000 soldats de la France tombés en Algérie étaient « sans doute morts pour une cause qui n‘était pas la leur ».

Ces dhimmis qui parlent aussi légèrement de ce qu’ils ignorent ne sont pas « proches des milieux de l’extrême droite ». Assurément.  On les sent plutôt devenir les voisins intimes du centre du milieu du cercle d’un arrivisme psychiatrique visible comme le nez au milieu de la figure. Il est notable qu’au moment où les responsables de la France politique, culturelle, administrative et intellectuelle baissent leurs brailles avec le plus de zèle enthousiaste face au flot grondant de ce que Giscard d’Estaing a appelé, non sans un délicat humour,  une « invasion », la chronique judiciaire de la délinquance est désormais défrayée par des beurettes en folie. Les Oulémas nous délèguent leurs femmes. A tout seigneur tout honneur !

En ayant négligé d’honorer chez nous ces Harkis qui avaient fait le choix de la France, nous ne nous sommes pas seulement contentés de nous déshonorer et de couvrir nos âmes de honte, nous avons montré à ceux qui convoitent la prochaine étape de la mission que leur ordonne le Prophète que nous sommes infiniment méprisables parce que nous ne respectons pas notre parole.

 Nous avons ouvert la porte des cimetières où dorment les soldats d’Afrique morts pour la France aux profanateurs. En humiliant ceux qui ont choisi notre camp, en les parquant dans des camps lamentables, en offrant aux vainqueurs du FLN le soin d’égorger et d’enterrer vifs et par dizaines de milliers ceux que la France a refusé chez elle alors qu’elle leur devait tout, en violant les propres accords passés avec un adversaire qui n’en demandait pas le centième, en jetant à la mer un peuple français d’Algérie en vertu d’une singerie référendaire qui éberluerait Machiavel en personne, nous avons donné à Bouchareb et à tous les siens, naturalisés Français ou pas, les clés de la maison.

Pendant que les journalistes songent à épingler les contestataires en leur découvrant une nouvelle varicelle fasciste, pendant que les organisateurs du Festival se frottent les mains dans l’illusion hallucinée de bouger les lignes, pendant que le Français moyen ne pense plus qu’à « ne pas se prendre la tête » et garder assez d’économie pour son prochain divertissement balnéaire,  pendant que le président Sarkozy gesticule d’ignorance tout en faisant son beurre comme un rapace qui sait que la vie est courte et qu’il faut se presser de profiter, les Fils du Prophète, eux, lisent le Coran, prient, se souviennent, s’entraînent et s’arment. Ils savent qu’ils ont un ventre mou à éventrer, que le peuple français est bon à prendre et que personne dans ce pays ne sait plus rien de Roger Degueldre ni ne se nomme Vladimir Poutine.

Cinq députés français découvrent ce que la France entière ou presque avait découvert en 1958 et les 572 députés restants restent bouche bée et prudents en attendant la suite. A quoi pense un élu ? A être réélu, règle de base du principe démocratique.

Et alors que Soustelle combattait pour le choix de l’intégration et les gaullistes pour celui du largage, moins d’un demi siècle plus tard les nouveaux colonisateurs sont conquérants chez nous, indépendants chez eux et les maîtres, déjà, du Festival de Cannes où la présence de tous les autres intervenants restera devant l’Histoire une simple anecdote, comme on peut parler d’un championnat de foutebole américain  qui aurait eu lieu le même jour que Pearl Harbor.

Vitus

 

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