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De l’humilité.

De l’humilité.

publié dans paroisse saint michel le 31 juillet 2010


Prédication pour le 10ème dimanche après la Pentecôte.

De l’humilité.

« Quiconque s’élève sera humilié et quiconque s’humilie sera élevé »

Cette phrase merveilleuse trouve son illustration, son application dans la vie de tous les saints. Tous ont été humbles. Tous ont été en conséquence élevés sur les autels.

Cette humilité c’est trouvé tout d’abord, dans le plus grand des saints, Celui qui est la Sainteté même : NSJC. Cette humilité éclate dans son incarnation aux yeux de tous ceux qui ont une juste idée de sa divinité. L’humilité de son Incarnation est ravissante et évidente: « Bien qu’il fut Dieu, il s’est anéanti lui-même en prenant la condition de créature, en se rendant semblable aux hommes ; il s’est manifesté comme homme par tout ce qui a paru de lui » (Phil 2 6-7). Quelle humiliation que celle-là. Et dès lors, depuis cette Incarnation, durant sa vie mortelle, le Christ ne connut qu’abaissement et faiblesse, allant jusqu’au comble de l’anéantissement : la Croix. Et cette crucifixion sera la raison de son élévation, de son exaltation, parce qu’elle fut d’abord l’accomplissement de la volonté de Dieu. « Quiconque s’élève sera humilié et quiconque s’humilie sera élevé »

Au spectacle contemplé de l’Incarnation du Verbe, MBCF, on pourrait dire que l’humilité est bien une attitude de dépouillement de soi-même pour pouvoir mieux accomplir la volonté de Dieu. On pourrait définir équivalemment que l’humble étant vide de lui-même, dépouillé de lui-même, peut être tout ouvert à la volonté de Dieu. Il peut être plein de la volonté de Dieu. C’est le divin qui l’habite supplantant l’humain.

L’être humble serait ainsi à l’opposé radical de l’orgueilleux, plein de lui-même et de l’esprit mondain. L’esprit mondain, en effet, occupé par la « concupiscence de la chair », par la «concupiscence des yeux et l’orgueil de la vie » supplante, en lui, l’élément divin, l’élément révélé, par l’élément humain, Il supplante Dieu par l’homme, il substitue ses propres droits aux droits de Dieu, du Christ et de son Eglise. L’orgueilleux se substitue lui-même à Dieu et s’en attribue les droits et les honneurs. Et cette attitude orgueilleuse n’en reste pas au seul niveau individuel. Elle dépasse l’individu et s’étale même au grand jour dans l’organisation sociale qui foule aux pieds toute religion et toute doctrine révélée et va jusqu’à bannir Dieu de tout le domaine public. Orgueilleux, plein de lui-même, est ce monde moderne. Il succombe à la tentation de Satan : « vous serez comme des dieux »

Oui ! L’orgueilleux est au antipode de l’esprit chrétien, esprit chrétien qui, lui, vit dans l’admiration de l’humilité du Verbe, qui, pour accomplir la volonté de son Père, accepta de se dépouiller de lui-même. C’est ainsi que l’on peut dire que le Christ est l’archétype, le modèle d’âme humble.

Mais il y a une autre personne dans l’Evangile qui nous donne l’exemple de l’humilité, une des caractéristiques du « Royaume de Dieu ». C’est Notre Dame

Notre Dame est la perfection même dans la pratique de cette vertu chrétienne. Son chant du Magnificat en est le plus bel exemple.

Et Marie dit : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante.(ou sur son humble servante). Voici, en effet, que désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses.
Et son nom est saint, et sa miséricorde d’âge en âge, est pour ceux qui le craignent. Il a fait œuvre de force avec son bras; il a dissipé ceux qui s’enorgueillissaient dans les pensées de leur cœur; il a renversé de leur trône les potentats, et il a élevé les humbles; il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches les mains vides. Il a pris soin d’Israël son serviteur,
se ressouvenant de sa miséricorde, — ainsi qu’il l’avait promis à nos pères, —
en faveur d’Abraham et de sa race, à jamais. « 

C’est certainement une des plus belles prières de l’Evangile.

ND confesse devant sa cousine Elizabeth, sa bassesse, son humilité. « Il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante ». Saint Jérôme traduit ici le texte grec par « humilitatem ancillae suae ». Ce terme ancilla, servante, sera repris par Saint Jérôme dans le texte de l’Annonciation. En effet ND, elle-même, se définit, là, comme la « servante du Seigneur », ancilla Domini : « Dixit autem Maria : Ecce ancilla Domini, fiat secundum verbum tuum. Et discessit ab illa angelus ». Et c’est alors que ND fut « pleine de Dieu ». Ce que confesse quelques jours plus tard Sainte Elizabeth qui lui dit dans sa salutation, pleine d’allégresse : « Et unde hoc mihi ut veniat mater Domini mei ad me ? » C’est l’humilité de la servante qui attire les yeux du Seigneur, sur ND, mieux encore qui la constitue mère de Dieu : « Mater Dei ».

C’est aussi l’humilité de publicain de l’Evangile qui attira l’attention de Dieu et lui valut sa « justification » « Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre ». Ainsi, de ND au publicain, tirons une première loi : c’est l’humilité qui justifie. C’est l’humilité qui comble ND de grâces, et mieux encore qui fait d’elle la « mater Dei ». Ce sont là, à n’en pas douter, de grandes grâces. De ces grâces, l’humilité en est la raison. A bon entendeur, salut !

Et la conséquence de ces grâces reçues, soit la justification pour le publicain, soit la maternité divine pour notre Dame, c’est la joie de l’âme comblée: « mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur », « Et exsultavit spiritus meus in Deo salutari meo ».

Exultare est un verbe particulièrement joyeux. Il veut dire : sauter, bondir, rebondir, s’élancer, bouillonner quand il s’agit des flots. On le traduira par bondir de joie, exulter. Telle fut la joie de ND à la confession de son humilité, raison de son élévation à la grâce sublime de la maternité divine.

Vous noterez l’union de trois termes qui semblent comme s’appeler les uns les autres : l’humilité, la joie exubérante, exultante, la grandeur, ici dans le cas de ND, la maternité divine. Ces trois termes se tiennent : l’humilité est raison de la joie et raison de la grandeur. Raison de la grandeur : c’est bien la confession de son humilité qui lui a valu de la part de Dieu tant d’honneur, en faire la mère de Dieu. L’humilité s’allie parfaitement à la grandeur. Elle n’exclut pas la grandeur, mieux elle l’appelle. Mais cette grandeur insufflée ne trouble pas l’âme humble car elle ne s’attribue rien à elle-même. Mais elle attribue tout à Dieu. Tout vient de Dieu. Rien ne vient d’elle. Tout est l’oeuvre du « Sauveur », son Seigneur. ND le confesse lorsqu’elle dit « Mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur ». Elle le confesse de nouveau lorsqu’elle dit : « Voici, en effet, que désormais toutes les générations me diront bienheureuse, parce que le Puissant a fait pour moi de grandes choses. Et son nom est saint, et sa miséricorde d’âge en âge, est pour ceux qui le craignent ». Sa béatitude ne vient pas d’elle, mais de sa maternité divine, mais cette maternité divine est le fruit de « la Puissance divine », raison de son humilité.

Et parce qu’elle sait que tout vient de Dieu, parce qu’elle sait que toutes les grâces dont son âme est ornée, viennent de Dieu, elle est obligé de chanter la gloire de son Dieu : « Mon âme glorifie le Seigneur, et mon esprit tressaille de joie en Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante.(ou sur son humble servante). Ainsi reconnaissons que l’âme humble sait « glorifier le Seigneur » ; sait chanter la gloire de Dieu parce q u’elle voit en toutes choses l’œuvre magnifique du Seigneur. C’est l’attitude de psalmiste que sait louer le Seigneur dans ses œuvres « Alleluia ! Chantez à Dieu un cantique nouveau ; que sa louange retentisse dans l’assemblée des saints ! Qu’Israël se réjouisse en son Créateur, que les fils de Sion tressaillent en leur Roi ! Qu’ils louent son nom dans leurs danses, qu’ils le chantent avec le tambourin et la harpe! Car Dieu se complaît dans son peuple, il glorifie les humbles en les sauvant. Les fidèles triomphent dans la gloire, ils tressaillent de joie sur leur couche. Les louanges de Dieu sont dans leur bouche; et ils ont dans leurs mains un glaive à deux tranchants » (Psaume 149)
C’est ce que nous avons fait, tout à l’heure, en chantant le Gloria in Excelsis Deo.
Ainsi, MBCF, retenons cette quatena aurea, cette chaîne d’or : elle est constituée des mots suivants, des vertus suivantes : humilité, joie, grandeur, magnanimité, confession de la Puissance de Dieu, chant de la gloire de Dieu.
Sur la terre comme au Ciel. Voilà les marques du chrétien, du disciple du Christ, du dévot de ND, de l’élu. Encore une fois, je vous dis : en bon entendeur, salut.

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