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Deux evêques de la FSSPX s’expriment sur leur fameux « Chapitre Général » de juillet 2012: Mgr Tissier de Mallerais et Mgr Williamson.

publié dans regards sur le monde le 27 septembre 2012


A- Conférence de Mgr Tissier de Mallerais au prieuré Saint-Louis-Marie Grignon de Montfort à Gastines.

SOURCE – Mgr Tissier de Mallerais, fsspx – Transcription par « Chrysogone » du forum « Un évêque… » – 16 septembre 2012

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Voici la relation (d’après des notes complètes dont j’ai vérifié la justesse) de la fin de la conférence de Mgr TISSIER de MALLERAIS le 16 septembre 2012 au prieuré St Louis Marie Grignon de Monfort sur le thème “L’esprit de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X”.

Le Matin, Mgr Tissier avait confirmé une cinquantaine de personnes à la collégiale de Thouars, la conférence lui avait été demandée par le précédent prieur. Je n’ai écrit que la partie qui concerne l’actualité.

Pendant une heure Mgr Tissier a raconté l’histoire de Mgr Lefebvre et de la Fraternité, car « son esprit, c’est son histoire ». Il a fini cette partie en disant que Mgr Lefebvre était en paix à la fin de sa vie, car il avait tout mis en place pour assurer la continuation de ses œuvres.

C’est là que commence la relation, (Mgr Tissier de Mallerais a parlé sans lire ses notes) :

« Mgr Lefebvre avait transmis tout ce qu’il avait reçu. Tout l’héritage du père Le Floc’h, du séminaire, toute son expérience, ils les avait transmis dans la fraternité et ça continue à marcher, mais à condition que nous continuions avec le même esprit de combat.

Il n’est pas question de rendre les armes en pleine bataille, nous n’allons pas chercher l’armistice alors que la guerre fait rage : avec Assise 3 ou 4 l’année dernière ; avec la béatification d’un faux bienheureux le pape Jean-Paul II. Une chose fausse, une fausse béatification. Et l’exigence sans cesse rappelée par Benoît XVI d’accepter le Concile et les réformes du magistère post-conciliaire. Il l’a dit sans cesse. Il l’avait dit à Mgr Fellay lors de l’audience qu’il lui avait accordé en août 2005 : Pour être catholique il faut accepter le Concile et les réformes, et le magistère d’après le Concile. C’est public puisque Mgr Fellay avait eu une interview après en expliquant ce qui c’était passé.

Et voilà qu’en 2012, six ans après, que le pape revient en touche avec nous pour nous proposer une solution en or, une prélature personnelle que Mgr Lefebvre avait déjà présenté lui-même au cardinal Gagnon. C’est l’initiative de Mgr Lefebvre ; il avait dit : “Voilà, si vous nous accordez un évêque nous pourrions faire une prélature personnelle de la Fraternité Saint Pie X qui inclurait les œuvres amies” : les Dominicains, les Capucins, les Dominicaines, les Bénédictines, les Bénédictins.., toute la famille de la Tradition.

Visiblement, en 1988 la très Sainte Vierge n’avait pas voulu de cela, puisque en l’espace d’une nuit c’était terminé, le 5 mai Mgr Lefebvre avait signé et le 6 mai au matin c’était terminé. Ça n’a pas duré plus de 10 heures l’accord de 1988. Eh bien, l’accord imaginé en 2011-2012 a duré six mois, ça n’a pas été béni par la Sainte Vierge. (Nous avons prié rosaire sur rosaire, et nous continuons, c’est très bien) mais la Très Sainte Vierge n’a pas appuyé cette idée visiblement. Elle n’a pas marché dans ce chemin, puisque le 30 juin (c’est un secret que je vous révèle mais ce sera rendu public), le 30 juin 2012 le Pape écrivait de sa blanche main une lettre à notre supérieur général, Mgr Fellay, signée de sa main : “Je vous confirme effectivement, pour être vraiment réintégrés dans l’Église (passons sur l’expression) il faut vraiment accepter le concile Vatican II et le magistère post-conciliaire.”

C’est en principe un point d’arrêt, parce que cela nous ne pouvons pas l’accepter quand même ; ça nous ne le signerons quand même pas. On peut préciser, parce que le concile c’est si vaste que vous y trouvez de bonnes choses, mais ce n’est pas l’essentiel du Concile.

Le Concile sur quoi l’analyser ? Sur trois documents : la liberté religieuse, l’œcuménisme, et la collégialité.
La collégialité qui détruit le pouvoir du Pape qui n’ose plus résister aux conférences épiscopales, qui détruit la pouvoir des évêques qui n’osent plus résister aux conseil épiscopal, qui détruit le pouvoir des curés qui n’osent plus résister au conseil paroissial et aux laïcs dans les paroisses.
L’œcuménisme qui fait respecter les valeurs de salut des fausses religions et du protestantisme, des choses fausses…
Et puis la liberté religieuse qui laisse volontiers construire librement des mosquées dans nos pays…
Évidemment, ça nous ne pouvons pas le signer. Du fait qu’on nous demande de le signer, les accords ne marchent pas. Je dirais que sur ce point il n’y a pas d’accord, il n’y aura pas d’accord.

C’est tout ce que je peux vous dire, je ne pense pas que Rome va nous lâcher. La Rome moderniste va revenir en touche à touche avec nous, c’est inévitable. Ils sont décidés ; ils sont persévérants ; ils veulent nous amener au Concile, alors prions.

Personnellement, jamais je ne signerai des choses comme ça, c’est clair.

Jamais je n’accepterai de dire que la nouvelle messe est légitime ou licite, je la dirai souvent invalide comme disait Mgr Lefebvre.

Jamais je n’accepterai de dire : “Dans le concile, si on interprète bien, oui peut-être quand même, qu’on pourrait le faire correspondre avec la Tradition, on pourrait trouver un sens acceptable.” Jamais je n’accepterai de dire ça. Ça serait un mensonge, il n’est pas permis de dire un mensonge, même s’il s’agissait de sauver l’Église.

Je vous dit ce que je pense. Alors je pense que vous n’avez pas à avoir peur parce que je ne suis pas seul à penser comme cela dans la Fraternité.

Et puis voilà, faisons confiance à la Sainte Vierge qui nous a tiré d’un très mauvais pas, c’est vrai. Cette année elle nous a tiré de ce mauvais pas, elle n’a pas voulu de cette histoire d’accord. A savoir, que nous allions à Rome pour nous soumettre aux autorités conciliaires. Certes, ils sont l’autorité dans l’Église, le Pape est pape successeur de Pierre, mais il est aussi le représentant de ce système d’église, qui coiffe l’Église, qui paralyse l’Église, qui empoisonne l’Église, ce que l’on appelle l’église conciliaire par commodité de langage. Ce n’est pas une autre Église, c’est un nouveau type d’église, c’est une nouvelle religion qui a pénétré dans l’Église catholique, soutenue par les papes et toute la hiérarchie, tous les évêques à part quelques exceptions rarissimes.

Comment voulez-vous chers fidèles que nous soumettions à une telle hiérarchie ? Ça aurait été impossible de collaborer, ça aurait été une collaboration de pacotille, un mensonge. Jamais nous n’aurions collaboré et nous aurions été sans cesse persécutés, menacés par ces évêques et par Rome. Comment voulez-vous survivre dans de telles conditions ? Avec l’obligation de signer un texte un texte mensonger, ah non !

Voilà telle est ma détermination comme évêque de la Fraternité, et je pense que c’est la détermination de tout le monde.

Alors, il y a eu ce chapitre général que nous avons réuni au mois de juillet, où nous avons pris des décisions très douces, softs comme on dit. A savoir, présenter à Rome de tels obstacles que Rome n’ose plus nous ennuyer, mettre des conditions pratiquement irréalisables pour les empêcher de nous faire de nouvelles propositions.

Mais le démon est malin, je pense qu’ils vont revenir à l’attaque, je me prépare gentiment aussi à nous défendre et la Fraternité se défendra.

Mgr Fellay nous a présenté cela à Ecône, à la retraite sacerdotale et je peux vous dire confidentiellement, mais comme c’est enregistré je ne vous dirais rien (rire collectif), qu’il nous a donné des paroles un peu consolantes quand même. Voilà ce que je peux vous dire, un peu consolantes et encourageantes.

Sur ce, faisons confiance à la Vierge Immaculée, immaculée dans sa Foi comme le disait la pape Saint Pie X. Elle pourra nous garder intègres et nous garder cet esprit de combat, qui est l’esprit de la Fraternité Saint Pie X. L’esprit de combat pour la foi, pour la messe, pour le sacerdoce, et pour le Christ-Roi. Merci.»

Observation : la conférence a été enregistrée par le prieuré St Louis-Marie Grignon de Monfort, ils vendent de CD de la conférence 5 €.

 

B- Mgr Williamson, sur son Blog « Kyrie Eleison »

 Déclaration réversible

 SOURCE – Mgr Williamson, fsspx – Commentaire Eleison – 22 septembre 2012

Peut-être pas tout dans le Chapitre Général de la Fraternité Saint Pie X de Juillet en Suisse n’a été désastreux, mais de ses deux documents officiels, les «Six Conditions» sont «d’une faiblesse alarmante» (cf.EC 268, 1er Septembre), tandis que la «Déclaration» finale laisse beaucoup à désirer. Voici un résumé très bref de ses dix paragraphes:–
1 Nous remercions Dieu des 42 ans d’existence de notre Fraternité. 2 Nous avons redécouvert notre unité après la crise récente (vraiment?), 3 pour professer notre foi 4 en l’Eglise, dans le Pape, dans le Christ Roi. 5 Nous adhérons au Magistère constant de l’Eglise, 6 comme à sa Tradition constante. 7 En nous unissant à tous les catholiques qui souffrent la persécution, 8 nous prions pour que nous viennent en aide la Très Sainte Vierge Marie, 9 Saint Michel, 10 et Saint Pie X.Voilà une Déclaration qui ne manque pas de piété, dont Saint Paul dit qu’elle est utile à tout (I Tim.IV, 8). Néanmoins, auprès de ses deux disciples, Timothée et Tite, il insiste constamment sur la nécessité de la doctrine qui est quand même le fondement de la véritable piété. Hélas, en ce qui concerne la doctrine la Déclaration n’est pas si forte. Au lieu de fustiger les erreurs doctrinales du Concile qui ont dévasté l’Église au cours des 50 dernières années, la Déclaration ne contient dans ses paragraphes les plus doctrinaux, 5 et 6, qu’une faible condamnation de ces erreurs. Par contre elle met en relief la constance du Magistère et de la Tradition de l’Église, ce qui est tout à fait juste, mais cela constitue un argument trop facile à renverser de la part d&rsq uo;un Conciliaire. Voyons de quelle façon:Le paragraphe 5 qualifie les nouveautés du Concile Vatican II comme «étant entachées d’erreurs», alors que le Magistère constant de l’Eglise est «ininterrompu»: «Par son acte d’enseignement, le Magistère transmet le dépôt révélé en parfaite harmonie avec tout ce que l’Eglise entière a toujours cru, en tout lieu». Ce qui implique, bien sûr, que Rome devrait faire passer Vatican II à la blanchisserie, pour enlever les taches. Mais voyons ce qu’un Romain pourrait répliquer: – «La façon dont le Chapitre exprime la continuité du Magistère est en tout point admirable! Mais ce Magistère, c’est nous autres Romains , et nous, nous déclarons que le Vatican II est en continuité avec le passé, sans taches!».Il en est de même pour le paragraphe 6. La Déclaration dit: «La Tradition constante de l’Eglise transmet et transmettra jusqu’à la fin des temps l’ensemble des enseignements nécessaires au maintien de la Foi et au salut», et alors il faut viser à un retour des autorités de l’Église à la Tradition. Riposte d’un Romain: «La façon dont le Chapitre décrit la manière dont la Tradition maintient la Foi est tout à fait admirable! Mais c’est nous, les Romains, qui sommes les gardiens de cette Tradition et nous, nous disons qu’en vertu de l’herméneutique de la continuité Vatican II n’interrompt pas la Tradition, mais la continue. Ce qui fait que le Chapitre se trompe complètement en prétendant que nous devons y revenir».Quel contraste entre la vulnérabilité de cette Déclaration et la force de l’attaque irréversible lancée par Mgr. Lefebvre contre les erreurs du Vatican II dans sa Déclaration célèbre de novembre, 1974. Il y déclare que la Rome Conciliaire n’est pas la Rome catholique parce que la réforme Conciliaire est «naturaliste, Teilhardienne, libérale et Protestante…toute entière empoisonnée…provenant de l’hérésie et conduisant à l’hérésie», etc., etc. Sa conclusion est un refus catégorique d’avoir quoi que ce soit à faire avec la nouvelle Rome, puisqu’elle n’est en rien la Rome véritable.Lisez sur Internet les deux Déclarations et voyez laquelle des deux est, sans risque d’erreur, la trompette qui appelle à la bataille nécessaire (I Cor.XIV,8)! On est amené à se demander combien des capitulants de 2012 ont jamais étudié les paroles et les raisonnements du grand Archévêque.

 

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