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La foi.

publié dans paroisse saint michel le 20 octobre 2012


21ème dimanche après la Pentecôte.

La foi.

« Et par-dessus tout, prenez le bouclier de la foi »

C’est l’enseignement de saint Paul aux Ephésiens.
C’est l’enseignement de Benoît XVI en ce début de l’année de la foi qu’il ouvrait solennellement le 11 octobre 2012, en ce 50ème anniversaire de l’ouverture du Concile Vatican II. Il a en effet inauguré, lors de son audience générale du mercredi, un cycle d’homélies consacrées à la foi
Il me semble que nous serions bien inspirés si nous suivions le chemin que nous trace le pape.

Voici son programme. « Dans les catéchèses de cette Année de la foi, je voudrais offrir une aide pour accomplir ce chemin, pour reprendre et approfondir les vérités centrales de la foi sur Dieu, sur l’homme, sur l’Eglise, sur toute la réalité sociale et cosmique, en méditant et en réfléchissant sur les affirmations du Credo. Et je voudrais qu’il en résulte clairement que ces contenus ou vérités de la foi (fides quae) se relient directement à « notre vécu » (NB : Je préférerais lire l’expression « à notre agir ») ; ils (ces contenus) demandent une conversion de notre existence, qui donne vie à une nouvelle manière de croire en Dieu (fides qua). Connaître Dieu, le rencontrer, approfondir les traits de son visage met en jeu notre vie, parce que Dieu entre dans les dynamismes profonds de l’être humain ».

Voici, vous dis-je, son programme. Pourquoi ne pas le suivre en cette année de la foi?

Et que disait-il dans sa première homélie.

Le but de cette année de la foi, sa raison, c’est que chacun d’entre nous « renouvelle son enthousiasme de croire en Jésus-Christ, unique Sauveur du monde », « ravive sa joie de marcher sur le chemin qu’il nous a indiqué » et « témoigne concrètement de la force transformante de la foi ».

Telles sont les objets de cette année de la foi : Enthousiasme de croire en NSJC ; Joie de marcher sur le chemin de l’Evangile ; Foi : force transformante de ma vie.

Enthousiasme de croire en NSJC car la foi et la foi seule, nous permet de « rencontrer et de connaître le Christ, vrai Dieu et vrai homme ». La foi nous permet de « rencontrer … une Personne vivante qui nous transforme en profondeur et nous révèle notre véritable identité d’enfants de Dieu ». En effet c’est Lui qui nous donne cette nouvelle identité, notre filiation divine. C’est la claire affirmation de saint Jean en son Prologue : « A tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Et dès lors en cette foi, en cette filiation divine, nous sommes « une nouvelle créature ». C’est un véritable changement. Dès lors, la foi n’intéresse pas seulement mon « savoir intellectuel », mais elle intéresse réellement toute ma vie. Comme le dit le Pape, la foi, « c’est un changement qui engage notre vie et tout notre être : nos sentiments, notre cœur, notre intelligence, notre volonté, notre corporéité, nos émotions, nos relations humaines. Avec la foi, tout change en nous et pour nous, et se dessinent alors clairement notre destin futur, la vérité de notre vocation dans l’histoire, le sens de la vie, le goût d’être des pèlerins en marche vers la patrie céleste ». Cette filiation divine que nous donne la foi est vraiment pour nous une nouvelle vie qui touche tout notre être. Qui nous donne le sens de la transcendance, de l’au-delà, le goût du ciel. Et c’est pourquoi la foi est source de joie et principe de charité. «

Avec les catéchèses de cette Année de la foi, nous dit le pape, nous voulons nous mettre en route pour fortifier ou retrouver la joie de la foi, en comprenant qu’elle n’est pas quelque chose d’étranger, de détaché de la vie concrète, mais qu’elle en est l’âme. La foi en un Dieu qui est amour, et qui s’est fait proche de l’homme en s’incarnant et en se donnant sur la croix pour nous sauver et nous rouvrir les portes du Ciel, indique de façon lumineuse que la plénitude de l’homme ne se trouve que dans la charité ». En ce sens, qu’elle ne se trouve qu’en Dieu. Et de fait, la véritable humanité, le véritable « humanisme » est fait de « relations riches d’amour, de compassion, d’attention et de service désintéressé envers l’autre ». C’est le fruit de la foi en la charité divine. Sans la foi en ce Dieu de Charité, ne se trouvent que « domination, possession, exploitation, réduction de l’autre à une marchandise par égoïsme, arrogance du moi replié sur lui-même » et voilà que « l’homme est alors appauvri, dégradé, défiguré ». On comprend que le Pape puisse conclure cette idée en disant : « La foi chrétienne, active dans la charité et forte dans l’espérance, ne limite pas mais humanise la vie, et même elle la rend pleinement humaine ».

Et le Pape de nous expliquer pourquoi cette foi est si transformante de notre vie quotidienne ?

Pourquoi ?

Parce qu’elle est connaissance de Dieu, elle nous fait connaître Dieu : « qui Il est », un Dieu d’amour, « comment il agit », un Dieu de miséricorde. Dans la foi et dans la Révélation, c’est « Dieu lui-même qui se communique, qui se raconte, qui se rend accessible ». La foi alors contemple et dès lors peut imiter : aimer, respecter, rendre justice. Dieu se révèle dans une longue histoire, l’Histoire Sainte, mais surtout dans le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu et dans le mystère de sa mort et de sa résurrection. Mais dans ces trois mystères, éclate l’amour substantiel de Dieu. L’Incarnation est un mystère d’amour : « Et Dieu a tellement aimé le monde qu’il en envoyé son Fils unique… » ; la mort, un mystère d’amour : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime ». La résurrection : c’est aussi un mystère d’amour : « je vais vous préparer une place pour que là ou je suis vous soyez, vous aussi ». Et la foi qui croit et contemple cela, transforme l’agir quotidien en ce « mode » divin.

Et le pape se pose enfin une question fondamentale : « Mais où trouvons-nous la formule essentielle de la foi ? Où trouvons-nous les vérités qui se sont fidèlement transmises et qui constituent la lumière pour notre vie quotidienne ? La réponse est simple : dans le Credo, dans la Profession de foi, ou Symbole de la foi » nous dit le Pape. Ce symbole de la foi est le résumé de la foi des Apôtres. Ils ont résumé ce qu’ils avaient reçu du Christ lui-même, « Je vous ai donc transmis en premier lieu ce que j’avais moi-même reçu », dira saint Paul. Tous, ils authentifient ces vérités par le sang de leur martyr, fondant ainsi les Eglises apostoliques. Ou voulez-vous trouver la vérité du Christ sinon dans les Eglises apostoliques, vous dira Tertullien dans son ouvrage fondamental « de praescriptione haereticorum » et ultimement dans l’Eglise fondée sur le martyr de Pierre, sur l’Eglise de Rome, « mère et maitresse de toutes les églises ». Ce n’est pas pour rien que le Christ a dit à Pierre et à Pierre seule : « tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon Eglise ». Là se trouve la vérité de Dieu. Et Pierre n’a pas reçu le soutien de l’Esprit Saint dans cette œuvre de fidélité pour inventer « une nouvelle foi » mais bien « pour garder fidèlement », comme le dira Pie XI, « cette vérité révélée », ces dogmes. Et c’est pourquoi de Rome seule vient toutes résolutions des crises, des hérésies. Hier comme aujourd’hui.

Enfin le pape conclut son homélie sur une description parfaite, me semble-t-il, du monde dans lequel nous vivons. Ce monde est aussi dangereux pour le chrétien. D’où l’importance de cette année de la Foi.
Ecoutez : « Aujourd’hui, nous vivons dans une société profondément changée même par rapport à un passé récent, et en mouvement continu. Les processus de la sécularisation et d’une mentalité nihiliste diffuse, dans laquelle tout est relatif, ont marqué fortement la mentalité commune. Ainsi, la vie est souvent vécue avec légèreté, sans idéaux clairs ni d’espérances solides, au sein de liens sociaux et familiaux inconsistants, provisoires. Et surtout, les nouvelles générations ne sont pas éduquées à la recherche de la vérité et du sens profond de l’existence qui dépasse le contingent, à la stabilité des affections, à la confiance. Au contraire, le relativisme pousse à ne pas avoir de points de repère fermes, le soupçon et l’inconstance provoquent des ruptures dans les relations humaines, alors que la vie est vécue dans des expériences qui durent peu, irresponsables. Si l’individualisme et le relativisme semblent dominer l’esprit de beaucoup de nos contemporains, on ne peut pas dire que les croyants soient totalement à l’abri de ces dangers, auxquels nous sommes confrontés dans la transmission de la foi….Le chrétien, souvent, ne connaît pas même le noyau central de sa foi catholique, du Credo, au point de laisser la place à un certain syncrétisme et à un relativisme religieux, (NB Je ne peux pas m’empêcher de dire ici : Mais à qui la faute…) sans idée claire sur les vérités à croire et sur la singularité salvifique du christianisme. Nous ne sommes pas si loin du risque de construire, pour ainsi dire, une religion « à la carte ».

La conclusion du Pape s’impose. Dans ce but, nous lui porterons notre concours :
« Il faut, ainsi nous tourner vers Dieu, le Dieu de Jésus-Christ, il faut que nous redécouvrions le message de l’évangile, que nous le fassions entrer plus profondément dans nos consciences et notre vie quotidienne ».
« Puisse le chemin que nous accomplirons cette année nous faire tous grandir dans la foi et dans l’amour du Christ, pour que nous apprenions à vivre, dans nos choix et nos actions quotidiennes, la vie bonne et belle de l’Evangile ». Amen.

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