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La Passion rédemptrice

publié dans la doctrine catholique le 21 mars 2013


17. Année de la foi: Dimanche des Rameaux

La Passion rédemptrice

« Le mystère pascal de la Croix et de la Résurrection du Christ est au centre de la Bonne Nouvelle que les apôtres, et l’Église à leur suite, doivent annoncer au monde. Le dessein sauveur de Dieu s’est accompli “ une fois pour toutes ” (He 9, 26) par la mort rédemptrice de son Fils Jésus-Christ. L’Église reste fidèle à “ l’interprétation de toutes les Écritures ” donnée par Jésus lui-même avant comme après sa Pâque : “ Ne fallait-il pas que le Messie endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? ” (Lc 24, 26-27. 44-45). Les souffrances de Jésus ont pris leur forme historique concrète du fait qu’il a été “ rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes ” (Mc 8, 31) qui l’ont “ livré aux païens pour être bafoué, flagellé et mis en croix ” (Mt 20, 19). » (571-572)


La mort rédemptrice dans le dessein du salut

+ “ Jésus livré selon le dessein bien arrêté de Dieu ” :

599 La mort violente de Jésus n’a pas été le fruit du hasard dans un concours malheureux de circonstances. Elle appartient au mystère du dessein de Dieu, comme S. Pierre l’explique aux Juifs de Jérusalem dès son premier discours de Pentecôte : “ Il avait été livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu ” (Ac 2, 23). Ce langage biblique ne signifie pas que ceux qui ont “ livré Jésus ” (Ac 3, 13) n’ont été que les exécutants passifs d’un scénario écrit d’avance par Dieu.

600 A Dieu tous les moments du temps sont présents dans leur actualité. Il établit donc son dessein éternel de “ prédestination ” en y incluant la réponse libre de chaque homme à sa grâce : “ Oui, vraiment, ils se sont rassemblés dans cette ville contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate avec les nations païennes et les peuples d’Israël (cf. Ps 2, 1-2), de telle sorte qu’ils ont accompli tout ce que, dans ta puissance et ta sagesse, tu avais prédestiné ” (Ac 4, 27-28). Dieu a permis les actes issus de leur aveuglement (cf. Mt 26, 54 ; Jn 18, 36 ; 19, 11) en vue d’accomplir son dessein de salut (cf. Ac 3, 17-18).

+ “ Mort pour nos péchés selon les Écritures ” :

601 Ce dessein divin de salut par la mise à mort du “ Serviteur, le Juste ” (Is 53, 11 ; cf. Ac 3, 14) avait été annoncé par avance dans l’Écriture comme un mystère de rédemption universelle, c’est-à-dire de rachat qui libère les hommes de l’esclavage du péché (cf. Is 53, 11-12 ; Jn 8, 34-36). S. Paul professe, dans une confession de foi qu’il dit avoir “ reçue ” (1 Co 15, 3) que “ le Christ est mort pour nos péchés selon les Écritures ” (ibidem ; cf. aussi Ac 3, 18 ; 7, 52 ; 13, 29 ; 26, 22-23). La mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant (cf. Is 53, 7-8 et Ac 8, 32-35). Jésus lui-même a présenté le sens de sa vie et de sa mort à la lumière du Serviteur souffrant (cf. Mt 20, 28). Après sa Résurrection, il a donné cette interprétation des Écritures aux disciples d’Emmaüs (cf. Lc 24, 25-27), puis aux apôtres eux-mêmes (cf. Lc 24, 44-45).

603 Jésus n’a pas connu la réprobation comme s’il avait lui-même péché (cf. Jn 8, 46). Mais dans l’amour rédempteur qui l’unissait toujours au Père (cf. Jn 8, 29), il nous a assumés dans l’égarement de notre péché par rapport à Dieu au point de pouvoir dire en notre nom sur la croix : “ Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ” (Mc 15, 34 ; Ps 22, 1). L’ayant rendu ainsi solidaire de nous pécheurs, “ Dieu n’a pas épargné son propre Fils mais l’a livré pour nous tous ” (Rm 8, 32) pour que nous soyons “ réconciliés avec Lui par la mort de son Fils ” (Rm 5, 10).

+ Dieu a l’initiative de l’amour rédempteur universel :

604 En livrant son Fils pour nos péchés, Dieu manifeste que son dessein sur nous est un dessein d’amour bienveillant qui précède tout mérite de notre part : “ En ceci consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés et qui a envoyé son Fils en victime de propitiation pour nos péchés ” (1 Jn 4, 10 ; cf. 4, 19 ;Rm 5, 8).

605 Cet amour est sans exclusion, Jésus l’a rappelé en conclusion de la parabole de la brebis perdue : “ Ainsi on ne veut pas, chez votre Père qui est aux cieux, qu’un seul de ces petits ne se perde ” (Mt 18, 14). Il affirme “ donner sa vie en rançon pour la multitude ” (Mt 20, 28) ; ce dernier terme n’est pas restrictif : il oppose l’ensemble de l’humanité à l’unique personne du Rédempteur qui se livre pour la sauver (cf. Rm 5, 18-19). L’Église, à la suite des apôtres (cf. 2 Co 5, 15 ; 1 Jn 2, 2), enseigne que le Christ est mort pour tous les hommes sans exception : “ Il n’y a, il n’y a eu et il n’y aura aucun homme pour qui le Christ n’ait pas souffert ” (Cc. Quiercy en 853 : DS 624).


Le Christ s’est offert Lui-même pour nos péchés

606 Le Fils de Dieu, “ descendu du ciel non pour faire sa volonté mais celle de son Père qui l’a envoyé ” (Jn 6, 38), “ dit en entrant dans le monde : (…) Voici je viens (…) pour faire ô Dieu ta volonté. (…) C’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés par l’oblation du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes ” (He 10, 5-10).

607 Ce désir d’épouser le dessein d’amour rédempteur de son Père anime toute la vie de Jésus (cf. Lc 12, 50 ; 22, 15 ; Mt 16, 21-23) car sa passion rédemptrice est la raison d’être de son Incarnation : “ Père, sauve-moi de cette heure ! Mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure ” (Jn 12, 27).

+ “ L’Agneau qui enlève le péché du monde ” :

608 Après avoir accepté de Lui donner le Baptême à la suite des pécheurs (cf. Lc 3, 21 ; Mt 3, 14-15), Jean-Baptiste a vu et montré en Jésus l’Agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde (cf. Jn 1, 29. 36). Il manifeste ainsi que Jésus est à la fois le Serviteur souffrant qui, silencieux, se laisse mener à l’abattoir (cf. Is 53, 7 ; Jr 11, 19) et porte le péché des multitudes (cf. Is 53, 12), et l’agneau Pascal symbole de la rédemption d’Israël lors de la première Pâque (cf. Ex 12, 3-14 ; Jn 19, 36).

609 En épousant dans son cœur humain l’amour du Père pour les hommes, Jésus “ les a aimés jusqu’à la fin ” (Jn 13, 1) “ car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime ” (Jn 15, 13). Ainsi, dans la souffrance et dans la mort, son humanité est devenue l’instrument libre et parfait de son amour divin qui veut le salut des hommes. En effet, il a librement accepté sa passion et sa mort par amour de son Père et des hommes que Celui-ci veut sauver : “ Personne ne m’enlève la vie, mais je la donne de moi-même ” (Jn 10, 18). D’où la souveraine liberté du Fils de Dieu quand il va lui-même vers la mort (cf. Jn 18, 4-6 ; Mt 26, 53).

+ Le « oui » du Christ lors de son agonie à Gethsémani :

612 La coupe de la Nouvelle Alliance, que Jésus a anticipée à la Cène en s’offrant lui-même (cf. Lc 22, 20), il l’accepteensuite des mains du Père dans son agonie à Gethsémani (cf. Mt 26, 42) en se faisant “ obéissant jusqu’à la mort ” (Ph 2, 8 ; cf. He 5, 7-8). Jésus prie : “ Mon Père, s’il est possible que cette coupe passe loin de moi… ” (Mt 26, 39). Ilexprime ainsi l’horreur que représente la mort pour sa nature humaine. En effet celle-ci, comme la nôtre, est destinée à la vie éternelle ; en plus, à la différence de la nôtre, elle est parfaitement exempte du péché (cf. He 4, 15) qui cause la mort (cf. Rm 5, 12) ; mais surtout elle est assumée par la personne divine du “ Prince de la Vie ” (Ac 3, 15), du “ Vivant ” (Ap 1, 17 ; cf. Jn 1, 4 ; 5, 26). En acceptant dans sa volonté humaine que la volonté du Père soit faite (cf. Mt 26, 42), il accepte sa mort en tant que rédemptrice pour “ porter lui-même nos fautes dans son corps sur le bois ” (1 P 2, 24).

+ La mort du Christ est le sacrifice unique et définitif :

613 La mort du Christ est à la fois le sacrifice Pascal qui accomplit la rédemption définitive des hommes (cf. 1 Co 5, 7 ; Jn 8, 34-36) par l’Agneau qui porte le péché du monde (cf. Jn 1, 29 ; 1 P 1, 19) et le sacrifice de la Nouvelle Alliance(cf. 1 Co 11, 25) qui remet l’homme en communion avec Dieu en le réconciliant avec Lui par le sang répandu pour la multitude en rémission des péchés (cf. Mt 26, 28).

614 Ce sacrifice du Christ est unique, il achève et dépasse tous les sacrifices (cf. He 10, 10). Il est d’abord un don de Dieu le Père lui-même : c’est le Père qui livre son Fils pour nous réconcilier avec lui (cf. 1 Jn 4, 10). Il est en même temps offrande du Fils de Dieu fait homme qui, librement et par amour, offre sa vie à son Père par l’Esprit Saint, pour réparer notre désobéissance.

615 “ Comme par la désobéissance d’un seul la multitude a été constituée pécheresse, ainsi par l’obéissance d’un seul la multitude sera constituée juste ” (Rm 5, 19). Par son obéissance jusqu’à la mort, Jésus a accompli la substitution du Serviteur souffrant qui “ offre sa vie en sacrifice expiatoire ”, alors qu’il portait le péché des multitudes qu’il justifie en s’accablant lui-même de leurs fautes (cf. Is 53, 10-12). Jésus a réparé pour nos fautes et satisfait au Père pour nos péchés (cf. Cc. Trente : DS 1529).

616 C’est “ l’amour jusqu’à la fin ” (Jn 13, 1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d’expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ. Il nous a tous connus et aimés dans l’offrande de sa vie (cf. Ga 2, 20 ; Ep 5, 2. 25). Aucun homme, fût-il le plus saint, n’était en mesure de prendre sur lui les péchés de tous les hommes et de s’offrir en sacrifice pour tous. L’existence dans le Christ de la Personne divine du Fils, qui dépasse et, en même temps, embrasse toutes les personnes humaines, et qui le constitue Tête de toute l’humanité, rend possible son sacrifice rédempteur pour tous.

617 “ Par sa sainte passion, sur le bois de la Croix, Il nous a mérité la justification ” enseigne le Concile de Trente (DS 1529) : soulignant le caractère unique du sacrifice du Christ comme “ principe de salut éternel ” (He 5, 9). Et l’Église vénère la Croix en chantant : “ Salut, O Croix, notre unique espérance ” (Hymne “ Vexilla Regis ”).

Pour aller plus loin :
- Catéchisme de l’Eglise Catholique, Ire partie, 2e section, ch. 2, art. 4, § 2 : Jésus est mort crucifié :http://www.vatican.va/archive/FRA00…

Résolution pratique :
- « La Croix est l’unique sacrifice du Christ “ seul médiateur entre Dieu et les hommes ” (1 Tm 2, 5). Mais, parce que, dans sa Personne divine incarnée, “ il s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme ” (GS 22, § 2), il “ offre à tous les hommes, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal ” (GS 22, § 5). Il appelle ses disciples à “ prendre leur croix et à le suivre ” (Mt 16, 24) car “ il a souffert pour nous, il nous a tracé le chemin afin que nous suivions ses pas ” (1 P 2, 21). Il veut en effet associer à son sacrifice rédempteur ceux-là même qui en sont les premiers bénéficiaires (cf. Mc 10, 39 ; Jn 21, 18-19). Cela s’accomplit suprêmement en la personne de sa Mère, associée plus intimement que tout autre au mystère de sa souffrance rédemptrice (cf. Lc 2, 35) : « En dehors de la Croix il n’y a pas d’autre échelle par où monter au ciel. » (Ste. Rose de Lima, vita). » (618) – Suis-je fidèle à suivre le Christ sur le chemin de la Croix pour mériter de participer à sa gloire ?

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