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Veilleurs à nos armes !

publié dans nouvelles de chrétienté le 3 juillet 2013


Veilleurs à nos armes !

Il y a dans l’attitude des veilleurs d’aujourd’hui, qu’ils soient assis ou debout, une dimension métaphysique. Un appel à la transcendance, à la vie intérieure, mais aussi au chef temporel qu’il faut fermement cultiver, comme y invitait Dom Gérard dans sa Lettre aux 18-20 ans de l’an 2000 (éditions Sainte-Madeleine).

N’en déplaisent à certains de nos évêques, en cette terrible guerre du mariage, nos armes ne doivent pas s’abaisser pas devant le vote prétendument démocratique d’une loi inique (cf. Présent du 19 juin). Nos armes ne se limitent pas au dialogue démocratique ni au débat anthropologique, s’arrêtant en quelque sorte à l’humain trop humain sans référence à l’au-delà. C’est méconnaître l’homme que de ne lui promettre que de l’humain, disait déjà Aristote. L’humain, quelle que soit sa dignité supposée, lorsqu’il ne s’adosse pas à une transcendance certaine, conduit toujours à l’inhumain : la grimace du diable remplace alors pour l’homme le visage effacé de Dieu, commentait Gustave Thibon.

On est toujours surpris, observait il y a peu un commentaire sur le blog de Daoudal, d’entendre certains évêques donner l’impression qu’il y a deux vérités : une « seulement » chrétienne, et destinée exclusivement aux chrétiens (une « option » facultative en somme), et une vérité plus large, relevant d’une loi naturelle, s’adressant à tous, en quelque sorte plus universelle, plus respectable et comme « supérieure » à la précédente : « Lorsqu’ils parlent sur ce registre, ils ne parlent plus en dignitaires chrétiens… ?Comme si le sel chrétien n’était plus assez savoureux, pas à la hauteur de ce monde, qu’il fallait absolument inventer autre chose. »

De la même façon qu’ils réduisent incongrûment la loi d’Amour à une loi inférieure à la loi naturelle, ces supposés hommes de Dieu en arrivent à subordonner la loi naturelle à la loi démocratique plus respectable en somme et comme universelle ! Séparant, au nom de l’humain et du démocratique, ce que Dieu a voulu unir (naturel et surnaturel), on ne tarde pas alors à ouvrir l’humain à l’inhumain, même si c’est d’abord sous forme d’exception (comme on a fait pour l’avortement ou on veut faire pour l’euthanasie : voir ci-contre). Lorsqu’on ne désire plus appuyer le naturel par le surnaturel, c’est le naturel qui se plie à l’arbitraire. Une fois la transcendance ou le surnaturel subrepticement « ôtés », comme disait Chesterton, le naturel ainsi privé de la de la Révélation s’incline très vite devant l’argument transgressif du sécularisme ne retenant que ce qui n’est pas naturel, comme l’illustre monstrueusement le « mariage » gay. « Il nous faut accepter que l’éthique chrétienne ne soit plus à elle seule celle qui soutient et anime l’éthique de la société », concédait déjà Mgr Dubost à propos du tri embryonnaire du Téléthon. En remplaçant l’éthique chrétienne par la loi naturelle, c’est ce qu’exprime aujourd’hui le Conseil Famille et société de la Conférence des évêques de France à propos de la loi Taubira (cf. Présent du 8 juin) : — Il nous faut accepter démocratiquement que la loi naturelle ne soit plus à elle seule celle qui soutient et anime l’éthique de la société…

Eh bien non, nous n’acceptons pas d’entrer dans ce Panthéon relativiste ! Et même si nous distinguons pour mieux les unir l’ordre naturel et l’ordre surnaturel, nous n’acceptons pas de les voir ainsi artificiellement séparés par des clercs eux-mêmes qui se rallient idéologiquement à cette funeste démocratie religieuse. Car temporel et spirituel, naturel et surnaturel, politique et morale, morale et religion « c’est tout un », comme disait sainte Jeanne d’Arc. Nos armes humaines seront vaines sans les armes de Dieu.

« Revêtez-vous des armes de Dieu, afin que vous puissiez résister aux embûches de l’ennemi », écrivait saint Paul. « Car nous ne luttons pas contre des hommes, mais contre les forces invisibles, les puissances des ténèbres qui dominent le monde, les esprits du mal qui sont au-dessus de nous » (Eph 6, 12).

Les armes de sainte Thérèse

Veilleurs assis ou debout, nos armes doivent être celles des premiers chrétiens. Comme celles de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus dans son fameux poème Mes armes, que chantent aujourd’hui Natasha St-Pier et Sonia Lacen dans un CD curieusement en tête des ventes (1) :

« L’ange orgueilleux au sein de la lumière

S’est écrié : “Je n’obéirai pas !”

Moi je l’écris dans la nuit de la terre

“Je veux toujours obéir ici-bas.” (…)

Si du Guerrier j’ai les armes puissantes

Si je l’imite et lutte vaillamment

Comme la Vierge aux grâces ravissantes

Je veux aussi chanter en combattant

En souriant je brave la mitraille

Et dans tes bras, ô mon Epoux Divin

En chantant je mourrai, sur le champ de bataille

Les Armes à la main !… »

On ne saurait mieux conclure cet appel à la transcendance et au bon combat (eschatologique) qu’avec les mots de Dom Gérard dans son adresse aux jeunes qui se lèvent aujourd’hui comme veilleurs pacifiques, le chant de l’espérance aux lèvres : « Alors, debout ! Il est temps, le vent s’est levé ; voyez l’aurore rapide qui monte dans le ciel. Autour de vous, des monceaux d’or et d’argent. Vous êtes riche de Dieu, et on vous l’avait caché. Révoltez-vous contre le règne du mensonge. Abandonnez la télévision à ses esclaves consentants ; lisez les maîtres de votre culture religieuse et nationale, lisez vos mystiques, vos penseurs, vos poètes. Cherchez la vérité, obéissez-lui comme à une souveraine. Le goût de la vérité dans tous les ordres, religieux, intellectuel, moral, politique, c’est cela essentiellement qui est l’armature d’une civilisation, c’est cela qui a fait la chrétienté, et c’est cela, dans le rayonnement de l’amour, qui sera le principe de sa renaissance. »

(1) Album collectif composé par le chanteur Grégoire à partir des poèmes de sainte Thérèse, avec la participation de Natasha st-Pier, Anggun, les Stentors, Grégory Turpin, les petits chanteurs à la croix de bois, Michaël Lonsdale, Mgr di Falco.

• Voir aussi en page 4 la chronique de Jacques Trémolet de Villers : la grâce de notre jeunesse…

REMI FONTAINE

Article extrait du n° 7886
du Mercredi 3 juillet 2013

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