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Une décision du Pape dès plus importante à l’égard de la FSSPX

publié dans regards sur le monde le 1 septembre 2015


 Pape François: « ceux qui s’approcheront des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés »

Ave c la reconnaissance officielle de la FSSPX en Argentine comme « association diocésaine », cette nouvelle décision du pape François fait avancer considérablement les choses vers une reconnaissance canonique de la FSSPX. Si je comprends bien le cours des choses, c’est le pape lui-même qui va raccrocher les wagons.  Ainsi tout se fera en douceur. Les opposants n’y pourront rien…sauf de quitter le navire…

SOURCE - Riposte Catholique – 1er septembre 2015


C’est la première fois, dans un document romain, que le pape François entend officiellement faciliter l’action de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). En effet, l’une des difficultés canoniques réside dans l’absence de juridiction des prêtres de la FSSPX, ce qui parasite la question de la validité des absolutions conférées par ces derniers. Pour remédier à cette difficulté, le pape François, dans une lettre à Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, établit « par (sa) propre disposition que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés. »

De sa propre initiative, le pape François supplée lui-même le défaut de juridiction des prêtres de la FSSPX. Théologiquement, le pape peut le faire. Le cardinal Journet disait que certaines communautés séparées pouvaient bénéficier d’une juridiction de la part du pape, visant ainsi les orthodoxes. La question est débattue. Dans cette même lettre, le pape François espère également que,« dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité. » Le souhait d’un rapprochement avec la FSSPX n’est pas abandonné et l’on avait cru que l’élection d’un nouveau pape changerait la situation. Il n’en est rien.
Après le geste de Buenos Aires par lequel la FSSPX a été assimilée, par l’Église d’Argentine, à une association diocésaine, le pape entend marquer son souci d’identifier, autant que possible, la FSSPX à un organisme catholique. Peut-être que le pape souhaite couper court à certaines polémiques diocésaines qui insinuent que la FSSPX serait schismatique et coupée de l’Église…
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(1)Texte de la lettre du pape François à Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation

A mon vénéré frère
Mgr Rino Fisichella
président du Conseil pontifical
pour la promotion de la nouvelle évangélisation

L’approche du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde me permet de me concentrer sur certains points sur lesquels je considère qu’il est important d’intervenir afin de permettre que la célébration de l’Année Sainte soit pour tous les croyants un véritable moment de rencontre avec la miséricorde de Dieu. Je désire en effet que le Jubilé soit une expérience vivante de la proximité du Père, permettant presque de toucher du doigt sa tendresse, afin que la foi de chaque croyant se renforce et que le témoignage devienne ainsi toujours plus efficace.

Ma pensée va, en premier lieu, à tous les fidèles qui, dans chaque diocèse ou comme pèlerins à Rome, vivront la grâce du Jubilé. Je désire que l’indulgence jubilaire soit pour chacun une expérience authentique de la miséricorde de Dieu, qui va à la rencontre de tous avec le visage du Père qui accueille et pardonne, oubliant entièrement le péché commis. Pour vivre et obtenir l’indulgence, les fidèles sont appelés à accomplir un bref pèlerinage vers la Porte Sainte, ouverte dans chaque Cathédrale ou dans les églises établies par l’évêque diocésain, ainsi que dans les quatre basiliques papales à Rome, comme signe du désir profond de véritable conversion. De même, j’établis que l’on puisse obtenir l’indulgence dans les sanctuaires où est ouverte la Porte de la Miséricorde et dans les églises qui sont traditionnellement identifiées comme jubilaires. Il est important que ce moment soit uni, avant tout, au Sacrement de la Réconciliation et à la célébration de la sainte Eucharistie par une réflexion sur la miséricorde. Il sera nécessaire d’accompagner ces célébrations par la profession de foi et par la prière pour ma personne et pour les intentions que je porte dans mon cœur pour le bien de l’Eglise et du monde entier.

Je pense, en outre, à ceux qui, pour divers motifs, n’auront pas la possibilité de se rendre à la Porte Sainte, en premier lieu les malades et les personnes âgées et seules, que leurs conditions empêchent souvent de sortir de chez eux. Pour ces personnes, il sera d’une grande aide de vivre la maladie et la souffrance comme expérience de proximité au Seigneur qui, dans le mystère de sa passion, mort et résurrection, indique la voie maîtresse pour donner un sens à la douleur et à la solitude. Vivre avec foi et espérance joyeuse ce moment d’épreuve, en recevant la communion ou en participant à la Messe et à la prière communautaire, également à travers les divers moyens de communication, sera pour elles la façon d’obtenir l’indulgence jubilaire. Ma pensée va aussi aux détenus, qui font l’expérience de la restriction de leur liberté. Le Jubilé a toujours constitué l’opportunité d’une grande amnistie, destinée à toucher de nombreuses personnes qui, bien que méritant une peine, ont toutefois pris conscience de l’injustice qu’elles ont commise, et désirent sincèrement s’insérer à nouveau dans la société en apportant leur contribution honnête. Qu’à toutes ces personnes parvienne de façon concrète la miséricorde du Père qui désire être proche de ceux qui ont le plus besoin de son pardon. Dans les chapelles des prisons, elles pourront obtenir l’indulgence et, chaque fois qu’elles passeront par la porte de leur cellule, en adressant leur pensée et leur prière au Père, puisse ce geste signifier pour elles le passage de la Porte Sainte, car la miséricorde de Dieu, capable de transformer les cœurs, est également en mesure de transformer les barreaux en expérience de liberté.

J’ai demandé que l’Eglise redécouvre en ce temps jubilaire la richesse contenue dans les œuvres de miséricorde corporelle et spirituelle. L’expérience de la miséricorde, en effet, devient visible dans le témoignage de signes concrets comme Jésus lui-même nous l’a enseigné. Chaque fois qu’un fidèle vivra l’une ou plusieurs de ces œuvres en première personne, il obtiendra certainement l’indulgence jubilaire. D’où l’engagement à vivre de la miséricorde pour obtenir la grâce du pardon complet et total en vertu de la force de l’amour du Père qui n’exclut personne. Il s’agira donc d’une indulgence jubilaire plénière, fruit de l’événement lui-même qui est célébré et vécu avec foi, espérance et charité.

Enfin, l’indulgence jubilaire peut être obtenue également pour les défunts. Nous sommes liés à eux par le témoignage de foi et de charité qu’ils nous ont laissé. De même que nous les rappelons dans la célébration eucharistique, ainsi, nous pouvons, dans le grand mystère de la communion des Saints, prier pour eux afin que le visage miséricordieux du Père les libère de tout résidu de faute et puisse les accueillir dans ses bras, dans la béatitude qui n’a pas de fin.

L’un des graves problèmes de notre temps est sans aucun doute le changement du rapport à la vie. Une mentalité très répandue a désormais fait perdre la sensibilité personnelle et sociale adéquate à l’égard de l’accueil d’une vie nouvelle. Le drame de l’avortement est vécu par certains avec une conscience superficielle, qui semble ne pas se rendre compte du mal très grave qu’un tel acte comporte. Beaucoup d’autres, en revanche, bien que vivant ce moment comme un échec, considèrent ne pas avoir d’autres voies à parcourir. Je pense, en particulier, à toutes les femmes qui ont eu recours à l’avortement. Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu’il s’agit d’un drame existentiel et moral. J’ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste; pourtant, seule sa compréhension dans sa vérité peut permettre de ne pas perdre l’espérance. Le pardon de Dieu à quiconque s’est repenti ne peut être nié, en particulier lorsqu’avec un cœur sincère, cette personne s’approche du Sacrement de la Confession pour obtenir la réconciliation avec le Père. C’est également pour cette raison que j’ai décidé, nonobstant toute chose contraire, d’accorder à tous les prêtres, pour l’Année jubilaire, la faculté d’absoudre du péché d’avortement tous ceux qui l’ont provoqué et qui, le cœur repenti, en demandent pardon. Que les prêtres se préparent à cette tâche importante en sachant unir des paroles d’authentique accueil à une réflexion qui aide à comprendre le péché commis, et indiquer un itinéraire de conversion authentique pour pouvoir obtenir le pardon véritable et généreux du Père qui renouvelle tout par sa présence.

Une dernière considération s’adresse aux fidèles qui, pour diverses raisons, désirent fréquenter les églises où les offices sont célébrés par les prêtres de la Fraternité Saint Pie X. Cette Année jubilaire de la Miséricorde n’exclut personne. Certains confrères évêques m’ont fait part en plusieurs occasions de leur bonne foi et pratique sacramentelle, unie toutefois à la difficulté de vivre une situation pastorale difficile. J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité. Entre temps, animé par l’exigence de répondre au bien de ces frères, j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés.

M’en remettant à l’intercession de la Mère de la Miséricorde, je confie à sa protection la préparation de ce Jubilé extraordinaire.

Du Vatican, le 1er septembre 2015.

FRANCISCUS

 

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Réaction de la Maison Générale de la FSSPX
FSSPX

Facultés accordées par le pape François à la Fraternité Saint-Pie X: communiqué de la Maison générale de Menzingen

1 SEPTEMBRE 2015 / 1 COMMENTAIRE / 1723 VUES
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La Fraternité sacerdotale Saint-Pie X a réagi à cette mesure inattendue du pape François. Voici le communiqué, daté du 1er septembre 2015, de la Maison générale  de la Fraternité Saint-Pie X sur la lettre du pape François à l’approche de l’Année sainte:

La Fraternité Saint-Pie X apprend, par la presse, les dispositions que le pape François a prises à l’occasion de la prochaine Année sainte. Dans le dernier paragraphe de sa lettre adressée, ce 1er septembre 2015, à Mgr Rino Fisichella, président du Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation, le Saint-Père écrit : « J’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint-Pie X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés. »

La Fraternité Saint-Pie X exprime sa reconnaissance au Souverain Pontife pour ce geste paternel. Dans le ministère du sacrement de pénitence, elle s’est toujours appuyée, en toute certitude, sur la juridiction extraordinaire que confèrent les Normae generales du Code de droit canonique. A l’occasion de cette Année sainte, le pape François veut que tous les fidèles qui souhaitent se confesser aux prêtres de la Fraternité Saint-Pie X puissent le faire sans être inquiétés.

Lors de cette année de conversion, les prêtres de la Fraternité Saint-Pie X auront à cœur d’exercer avec une générosité renouvelée leur ministère au confessionnal, suivant l’exemple de dévouement inlassable que le saint Curé d’Ars a donné à tous les prêtres.

Menzingen, le 1er septembre 2015

 

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les réactions des médias:

La Croix.

 » La Fraternité Saint-Pie-X exprime sa « reconnaissance » au pape François »

Confession lors du pèlerinage
de Tradition entre Chartres et Paris,
organisé pour la Pentecôte,
par la Fraternité sacerdotale Saint Pie X.
SOURCE - Nicolas Senèze – La Croix – 2 septembre 2015


La Fraternité Saint-Pie-X a salué le « geste paternel » du pape qui a décidé de reconnaître licites les absolutions données en confession par ses prêtres pendant l’Année de la miséricorde.

La Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) s’est réjouie dans un communiqué diffusé mardi 1er septembre, de la décision du pape François de reconnaître licites, pendant toute l’Année de la miséricorde, les absolutions données en confession par ses prêtres.

« J’établis, par ma propre disposition, que ceux qui, au cours de l’Année sainte de la miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le sacrement de la réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés », a écrit le pape dans une lettre où il précise les modalités de cette année jubilaire qui doit s’ouvrir le 8 décembre prochain.

« GESTE PATERNEL »

Même si les excommunications qui pesaient sur la FSSPX ont été levées en 2009 par Benoît XVI, depuis cette date, leurs prêtres « n’exercent de façon légitime aucun ministère dans l’Église », avait rappelé en novembre 2012 la commission pontificale Ecclesia Dei , en charge du dialogue avec les lefebvristes à Rome.
Les sacrements qu’ils célèbrent, s’ils sont valides, sont donc illicites aux yeux de l’Église catholique.
« La Fraternité Saint-Pie-X exprime sa reconnaissance au Souverain Pontife pour ce geste paternel », s’est félicitée la maison généralice de la FSSPX, basée à Menzingen (Suisse), dans un communiqué diffusé mardi soir.

« JURIDICTION DE SUPPLÉANCE »

Elle rappelle néanmoins que, « dans le ministère du sacrement de pénitence, elle s’est toujours appuyée, en toute certitude, sur la juridiction extraordinaire que confèrent les normae generales du Code de droit canonique ».
En effet, alors que les sacrements de la réconciliation et du mariage ne peuvent être célébrés que par des prêtres en communion avec leurs évêques, l’Église peut reconnaître une « juridiction de suppléance », notamment dans des cas de détresse et de nécessité.
« En cas de danger de mort, tout prêtre, même dépourvu de la faculté d’entendre les confessions, absout validement et licitement de toutes censures et de tous péchés tout pénitent, même en présence d’un prêtre approuvé », énonce le canon 976 du Code de droit canonique.

« LE PAPE DÉSIRE LA RÉCONCILIATION »

Pour la FSSPX, la « crise » que traverserait l’Église, l’« apostasie » professée depuis le concile Vatican II et les doutes sur la validité de certains sacrements après la rénovation liturgique voulue par le concile, mettraient des fidèles dans un tel « état de nécessité », les forçant à s’adresser à ses prêtres.
Par ailleurs, dans son communiqué, la FSSPX s’abstient de répondre à l’appel du pape qui dit espérer « que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité ».
« Le pape désire la réconciliation, mais il appartient à ceux qui sont séparés de l’Église de retrouver la pleine communion avec le successeur de Pierre », confiait en mars dernier à La Croix le cardinal Gerhard Ludwig Müller, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et président de la commission Ecclesia Dei.
« Nous faisons tout ce qui est possible. Mais les conditions pour une pleine communion avec Rome sont les mêmes pour tous les baptisés : la foi, les sacrements, la reconnaissance de l’autorité du pape », ajoutait-il, rappelant ainsi les conditions du Préambule doctrinal soumis à la FSSPX sous le pontificat de Benoît XVI.
Nicolas Senèze
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*Le Figaro »

[Jean-Marie Guénois - Le Figaro] Le pape François tend la main aux «intégristes»

SOURCE - Jean-Marie Guénois – Le Figaro – 1er septembre 2015

Dans une lettre préparant l’Année Sainte de la Miséricorde que le Pape lance le 8 décembre prochain, François fait un pas de plus vers les «intégristes» de la Fraternité Saint Pie X et réaffirme aussi la notion «d’indulgence» pourtant honnie par les protestants. Il rappelle enfin que tous les prêtres seront autorisés à absoudre «le péché d’avortement».

François aime les paradoxes. Le jour où il reçoit au Vatican, Mgr Jacques Gaillot – réhabilitant de facto, cet évêque français très social et progressiste qui fut pourtant destitué par Rome sous le pontificat de Jean-Paul II – le pape argentin tend une main inattendue aux fidèles de Mgr Lefebvre, membres de la Fraternité Saint Pie X, plus connus sous le noms «d’intégristes».
Déjà en janvier 2009, Benoît XVI qui cherchait la réconciliation avec cette branche dissidente de l’Église catholique avait levé les «excommunications» qui frappaient les évêques de cette Fraternité. Mais François pose un pas de plus en leur direction.
Dans une lettre publiée le 1er septembre et adressée à l’un de ses collaborateurs, Mgr Rino Fisichella, chargé d’organiser «le Jubilé de la Miséricorde» – une «Année Sainte» (8 décembre 2015 au 20 novembre 2016) voulue par François pour affirmer que l’Église catholique n’est pas un code moral mais un lieu de la «miséricorde divine» qui «pardonne tout» – il confie une charge d’importance aux prêtres de la Fraternité Saint Pie X.Le rite latin ancien qu’ils célèbrent n’a jamais été remise en cause
«Cette année de la miséricorde, écrit le Pape, n’exclut personne». Ainsi «j’établis, par ma propre disposition, que ceux qui au cours de l’Année Sainte de la Miséricorde s’approcheront, pour célébrer le Sacrement de la Réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint Pie X, recevront une absolution valide et licite de leur péché».
Jamais en effet les prêtres et les fidèles de la Fraternité Saint Pie X n’ont été excommuniés. Jamais non plus la validité de la messe selon le rite latin ancien qu’ils célèbrent n’a été remise en cause, mais deux sacrements, le mariage et celui de la réconciliation (la confession) posaient certains problèmes de légitimité juridique aux yeux du droit canonique.
C’est ce blocage que François vient de faire sauter en reconnaissant la «bonne foi et pratique sacramentelle» de la Fraternité Saint Pie X qui demeure certes dans une «situation pastorale difficile». Le Pape précisant toutefois: «J’espère que dans un proche avenir, l’on pourra trouver les solutions pour retrouver une pleine communion avec les prêtres et les supérieurs de la Fraternité.»
Tous les prêtres auront «la faculté d’absoudre le péché d’avortement»
Autre paradoxe: l’objet principal de la lettre de ce Pape très œcuménique et soucieux de dialogue avec les autres confessions chrétiennes, est de renforcer la notion «d’indulgence» traditionnellement liée à toute année sainte mais concept qui a toujours été sévèrement critiqué par les protestants.
Le pape François étend notamment cette «indulgence» aux «prisonniers» mais aussi aux «défunts». «Je désire, écrit le pape, que l’indulgence jubilaire soit pour chacun une expérience authentique de la miséricorde de Dieu, qui va à la rencontre de tous avec le visage du Père qui accueille et pardonne, oubliant entièrement le péché commis.»
Enfin, le Pape confirme ce que Mgr Fisichella avait déjà précisé le 6 mai 2015 et qui n’est pas une nouveauté:pendant cette Année Sainte tous les prêtres auront «la faculté d’absoudre le péché d’avortement» écrit le Pape. Ce qui se pratique déjà dans l’Église car l’évêque donne habituellement à des prêtres des diocèses ce pouvoir aujourd’hui renforcé par François. Il explique ainsi la portée de ce geste: «Je pense, en particulier, à toutes les femmes qui ont eu recours à l’avortement. Je connais bien les conditionnements qui les ont conduites à cette décision. Je sais qu’il s’agit d’un drame existentiel et moral. J’ai rencontré de nombreuses femmes qui portaient dans leur cœur la cicatrice de ce choix difficile et douloureux. Ce qui a eu lieu est profondément injuste ; pourtant, seule sa compréhension dans sa vérité peut permettre de ne pas perdre l’espérance. Le pardon de Dieu à quiconque s’est repenti ne peut être nié, en particulier lorsqu’avec un cœur sincère, cette personne s’approche du Sacrement de la Confession pour obtenir la réconciliation avec le Père.»
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Réaction de M l’Abbé Pierpaolo Petrucci, de la fsspx: Nous sommes heureux de ce geste paternel

SOURCE - Abbé Pierpaolo Petrucci, fsspx – texte publié en italien dans iltempo.it - 3 septembre 2015


«Ce que le Pape a fait est incroyable, magnifique, nous sommes très heureux, tous autant que nous sommes : les cinq prêtres, les deux frères, les volontaires, ainsi que les cinq religieuses françaises qui sont ici».

La journée d’hier a été une journée de fête pour la Communauté sacerdotale Saint Pie X, au 45 de la via Trilussa à Albano, aux portes de Rome.
Pourtant c’est un volontaire qui nous répond le premier au téléphone du prieuré lefebvriste, qui est également le quartier général du Supérieur du District d’Italie, l’abbé Pierpaolo Petrucci.
C’est là également que réside le prieur, Don Aldo Rossi. Nous demandons au volontaire de nous passer les numéros « un », et lui nous répond ainsi : « Eux sont toujours à genoux, en prière, il ne sont pas comme les prêtres modernes. Ils viennent de finir le Chapelet (nous sommes en fin d’après-midi, ndr.) et à présent ils lisent leur Bréviaire » nous répond-il, nous invitant à rappeler plus tard.
C’est le soir que nous parlons avec le Supérieur des lefebvristes italiens.
Q./ Don Pierpaolo Petrucci, que pensez-vous de cette disposition du Pape François?
«Nous sommes très heureux et pleins de reconnaissance envers le Souverain Pontife qui a décrété que les personnes qui durant l’Année Sainte de la Miséricorde iront célébrer le Sacrement de la Réconciliation auprès des prêtres de la Fraternité Saint Pie X, recevront validement et licitement l’absolution de leurs péchés. Mais nous avons de tout temps administré validement et licitement les Sacrements en vertu des normes générales du Code de Droit canon à cause de cette crise qui perturbe l’Église».
Q./C’est l’évêque d’Albano qui vous avait communiqué l’interdiction de dire la Messe l’année dernières après les funérailles de Priebke que vous aviez célébrée?
« Non, disons que nous l’avons appris par la presse».
Q./C’est là un beau pas en arrière par rapport à la «gifle» que vous aviez reçue l’an dernier.
« Ce qui est important c’est que de la part du Pape il y ait une reconnaissance juridique, sans demande de contre-partie. De fait c’est la reconnaissance, en un certain sens,de la licité de notre ministère qui avait été remise en question ».
Q./Cette disposition du Saint Père est-elle un signal que la voie s’aplanit pour les négociations difficiles qui sont en cours entre le Vatican et les chefs de la Fraternité, pour la reprise des relations à l’avenir sur le plan ecclésial et en totale obéissance au Pape?
«Oui, même si notre totale obéissance n’a jamais été en question. Ce qui se passe, c’est que lorsque cette autorité est employée contre la Tradition, nous sommes obligés de résister parce qu’il faudrait obéir avant tout à Dieu, puis aux hommes, et non pas le contraire».
Propos recueillis par Grazia Maria Coletti

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