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Le Pape François à Cuba

publié dans regards sur le monde le 2 octobre 2015


Le Pape muet à Cuba

sur la question des droits de l’homme

(Bulletin d’André Noël N° 2439 du 28 septembre 2015)

Cuba est l’une des dernières dictatures communistes et ce n’est pas la moins redoutable. Le pape y est allé en visite officielle. Face à la misère, la corruption, face à la surveillance permanente des citoyens par la police politique, qu’a prôné François, à quoi a-t-il appelé ? Voici : « Notre révolution passe par la tendresse, par la joie qui se fait toujours proximité, qui se fait toujours compassion, à nous impliquer pour servir dans la vie des autres, pour visiter le malade, le détenu », il veut que l’Eglise chemine « avec nos frères. »

C’est tout. Pas une allusion aux droits de l’homme qui lui sont si chers et pourtant violés tous les jours, car il n’est pas venu à Cuba, dit-il, pour « susciter la controverse » mais pour « embrasser le peuple cubain ». Pas tout le peuple ! Car une partie de ce peuple est en prison, l’autre en liberté surveillée.

D’habitude, dans ses voyages, il visite les détenus ; là, on ne l’y a pas autorisé, il s’est incliné. Il est vrai que ce sont des prisonniers politiques. Il a d’avance accepté cette interdiction en priant le dictateur Raul Castro de saluer « tous ceux que pour des motifs variés, je ne pourrai pas rencontrer ». Tandis qu’il disait la messe un groupe d’opposants qui criaient « Liberté ! Liberté ! » a été immédiatement arrêté par la police mêlée à la foule des fidèles et ce devant le pape qui a continué à dire la messe sans ciller, feignant de n’avoir rien vu ni entendu.

On a de même arrêté les Dames blanches avant qu’elles puissent atteindre la nonciature apostolique pour remettre une lettre au pape. Il n’avait pas, il est vrai, demandé à les rencontrer. Ces Dames blanches sont des femmes qui, depuis des années, avec fidélité et courage, tous les dimanches, à la fin de la grand-messe, se rendent sur le trottoir de la principale avenue de La Havane une fleur à la main, et brandissent le portrait d’un frère, d’un parent, d’un ami emprisonné, demandant la libération des prisonniers politiques. Tout aussi régulièrement, elles sont arrêtées par les sbires de Castro omniprésents, menottées, frappées, jetées dans un fourgon. Mais elles persévèrent.

François a attendu d’être aux USA pour évoquer, avec Obama, le sort des migrants qui, via le Mexique, tentent clandestinement de pénétrer chez l’Oncle Sam. Mais il n’a pas parlé avec Raul Castro de ceux qui, depuis 1959, fuient ce que la propre soeur de Castro a appelé « une prison entourée d’eau ».

Il y a eu des migrants noyés en Méditerranée mais il y en a eu bien plus dans le golfe de Floride où ont péri, tentant de gagner des milieux plus hospitaliers dans de misérables rafiots, des Cubains qui voulaient fuir le « paradis socialiste ». Il n’a pas eu un mot pour ceux-là, lui qui se veut pourtant le père de tous…

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