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Fatima et le Pape François

publié dans nouvelles de chrétienté le 22 octobre 2013


Saint-Siège : Fatima et Pape François

De « Correspondance européenne » du 21 octobre 2013. A lire.

La cérémonie qui a eu lieu Place Saint-Pierre Dimanche 13 octobre a fait l’objet de beaucoup d’attentes mais aussi d’une grande déception. L’attente provenait de la nouvelle qui circulait : le Pape François aurait consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie, devant la statue originale de Notre-Dame de Fatima arrivée du Portugal. Les espoirs semblaient recevoir confirmation du fait que le Pape avait demandé à S.Em. le Cardinal José Policarpo, Patriarche de Lisbonne, de consacrer son ministère pétrinien à Notre-Dame de Fatima.

L’afflux des fidèles a commencé le samedi, lorsque la statue de Notre-Dame, arrivée en hélicoptère, a été vénérée par la foule avant de prendre le chemin du sanctuaire marial de l’Amour Divin, dans les environs de Rome. Le Dimanche, plus de 100 000 fidèles ont rempli la Place afin d’assister à la cérémonie. Nombreux étaient ceux qui espéraient que la consécration du Pape François comprenne une mention spécifique concernant la Russie. En effet, à Fatima, Notre-Dame a demandé un acte solennel et public de réparation et de consécration de la Russie au Cœur Immaculé de Marie, accompli par le Pape en union avec les Evêques du monde. Le Vénérable Pie XII, dans son Radio message au Portugal du 31 octobre 1942, consacra au Cœur Immaculé de Marie l’Eglise et le genre humain. Ce même Pape, consacra, le 7 juillet 1952, par la Lettre apostolique Sacro Vergente Anno, tous les peuples de la Russie à la Mère de Dieu. La Russie fut explicitement nommée mais vint à manquer l’union solennelle avec les Evêques catholiques du monde entier.

Le Concile œcuménique Vatican II aurait constitué une occasion extraordinaire pour répondre à la demande de Notre-Dame. En 1965, 510 Archevêques et Evêques de 78 pays souscrivirent une pétition par laquelle ils demandaient que le Pape, en union avec les Pères conciliaires, consacre le monde entier et en particulier la Russie et les autres nations dominées par le communisme au Cœur Immaculée de Marie. Le Vénérable Paul VI n’accueillit cependant pas la requête. Le Bienheureux Jean Paul II, après avoir été dramatiquement blessé lors de l’attentat du 13 mai 1981, attribua à Notre-Dame de Fatima une miraculeuse protection et se rendit, le 13 mai 1982, en pèlerinage à son sanctuaire, confiant et consacrant à Notre-Dame « ces hommes et ces nations qui ont particulièrement besoin de cette consécration ».

Une consécration analogue fut réitérée par ce même Pape le 25 mars 1984, Place Saint-Pierre, en présence de la statue de Notre-Dame, venue pour l’occasion du Portugal. Le Pape avait écrit aux Evêques du monde entier, leur demandant de s’unir à lui, mais tous ne reçurent pas l’invitation et peu nombreux furent ceux qui l’accueillirent. Pas même en cette occasion la Russie ne fut expressément nommée mais il fut seulement fait référence « aux peuples dont Tu attends notre consécration ». Un troisième acte de consécration de l’Eglise et de l’humanité à la Très Sainte Vierge Marie fut prononcé le 8 octobre 2000 devant la statue de Notre-Dame de Fatima, par ce même Bienheureux Jean Paul II, en présence de plus de 1 500 Evêques représentant l’Episcopat mondial. Benoît XVI fit divulguer le troisième secret de Fatima – dont le texte est cependant considéré comme incomplet par beaucoup – et, s’agenouillant devant l’image de Notre-Dame dans la chapelle des Apparitions de Fatima, le 12 mai 2010, il lui éleva une prière de consécration demandant la libération « de tous les dangers qui nous menacent ».

Les dévots de Fatima attendaient du Pape François un pas en avant par rapport à ses prédécesseurs mais ils ont été profondément déçus. Le Pape a prononcé d’un ton las une formule moins incisive que les précédentes, sans utiliser le mot consécration et sans citer ni Fatima ni le Cœur Immaculé, ni le monde, ni l’Eglise et encore bien moins la Russie. Le Pape, en un mot et contrairement à ce qui avait été annoncé, n’a pas consacré le monde au Cœur Immaculé de Marie. Il y a eu une mention générique à « Dieu qui ne se lasse jamais de se pencher avec miséricorde sur l’humanité affligée par le mal et blessée par le péché afin de la guérir et de la sauver » mais sans rappeler les dangers qui menacent l’humanité impénitente.

La Très Sainte Vierge Marie ne fut pas une femme prolixe et sentimentale et ses messages, lorsqu’ils sont authentiques, vont droit à l’essentiel. Ses paroles sont un don du Ciel pour confirmer les hommes dans la foi ou leur donner une orientation et un réconfort au milieu des difficultés. A Lourdes, en 1858, Marie scella le dogme de l’Immaculée Conception, promulgué quatre ans plus tôt par le Bienheureux Pie IX. A Fatima, en 1917, elle annonça un grand châtiment pour le monde s’il ne s’était repenti de ses péchés. Dans cette prophétie, que Benoît XVI a qualifiée d’« inachevée », Notre-Dame a voulu nous faire comprendre combien le monde vit une heure tragique de son histoire, rappelant chacun d’entre nous à ses responsabilités.

Un enseignement fort, dans la même ligne que celui de Fatima, nous provient d’un autre message marial, peu connu, dont le 13 octobre 2013 constituait le quarantième anniversaire : Akita. Akita est le nom du lieu, au Japon, où eurent lieu les apparitions de Notre-Dame à Sœur Agnès Katsuko Sasagawa, de l’Ordre des Servantes de l’Eucharistie. Le 13 octobre 1973, la religieuse reçut le dernier et le plus important des messages dans lequel Notre-Dame décrit le châtiment qui attend l’humanité en ces termes : « Si les hommes ne se repentent pas et ne s’amendent pas par eux-mêmes, le Père infligera un châtiment terrible à toute l’humanité. Ce sera un châtiment plus grand que le déluge, comme on n’aura jamais vu avant. Un feu tombera du ciel et va faire disparaître une grande partie de l’humanité, les bons comme les mauvais, n’épargnant ni les prêtres ni fidèles. Les survivants se trouveront si désolés qu’ils envieront les morts. Les seules armes qui vous resteront, seront le Rosaire et le Signe laissé par mon Fils. Chaque jour, récitez les prières du Rosaire. Avec le Rosaire, priez pour le Pape, les évêques et les prêtres. Le travail du diable s’infiltrera même dans l’Eglise de manière que l’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, et des évêques contre d’autres évêques. Les prêtres qui me vénèrent, seront méprisés et combattus par leurs Confrères. L’Eglise et les autels seront saccagés. L’Eglise sera pleine de ceux qui acceptent des compromissions et le démon pressera de nombreux prêtres et des âmes consacrées à quitter le service du Seigneur. « Le démon va faire rage en particulier contre les âmes consacrées à Dieu. La pensée de la perte de tant d’âmes est la cause de ma tristesse. Si les péchés augmentent en nombre et en gravité, il ne sera plus question de pardon pour eux ».

En avril 1984, S.Exc. Mgr John Shojiro Ito, Evêque de Niigata (Japon), après une enquête approfondie, déclara que les révélations d’Akita doivent être considérées d’origine surnaturelle et autorisa la vénération de la Sainte Mère d’Akita à l’intérieur du Diocèse. En juin 1988, S.Em. le Cardinal Ratzinger, alors Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, qualifia de digne de foi les événements d’Akita. L’Ambassadeur des Philippines près le Saint-Siège, SE Howard Dee a témoigné publiquement que, dans une conversation avec le Cardinal Ratzinger, ce dernier lui aurait confirmé que les messages de Fatima et d’Akita ont le même contenu. Les prophéties de Fatima et d’Akita prévoient des châtiments pour l’humanité et pour l’Eglise sur le plan naturel, politique et surtout spirituel, et nous rappellent que Dieu est infiniment miséricordieux parce qu’il est, tout d’abord, infiniment juste. Ce n’est pas l’heure des illusions, de l’optimisme, des sourires superficiels mais du sérieux et de la lutte, sachant que l’Immaculée a promis de nous assister jusqu’à son triomphe final. (Roberto de Mattei)

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