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« Liberté, j’écris ton nom »

publié dans regards sur le monde le 22 octobre 2013


France: Liberté j’écris ton nom…

Sur Correspondance européenne du 22 octobre 2013:

Liberté j’écris ton nom… sur le fronton des mairies où plus aucun maire n’aura le droit de l’invoquer pour refuser de célébrer des unions civiles contre-nature. C’est en effet sans surprise que le 18 octobre 2013 le Conseil constitutionnel a tranché. En refusant la possibilité pour les maires, au nom de leur liberté de conscience, de ne pas célébrer des unions entre personnes de même sexe «le Conseil a jugé qu’eu égard aux fonctions de l’officier de l’état civil dans la célébration du mariage, le législateur n’a pas porté atteinte à leur liberté de conscience. Il a jugé les dispositions contestées conformes à la Constitution».

Pour les quelques vingt-mille maires signataires d’une pétition en faveur de l’objection de conscience, il semblait en effet étonnant qu’un édile, élu au suffrage universel, «ne jouisse pas au minimum des mêmes garanties de liberté de conscience qu’un médecin, un avocat, un magistrat». C’est là que le bât blesse, et c’est extrêmement intéressant. Pour le conseil Constitutionnel, et donc le gouvernement – plus personne ne croit encore en la prétendue indépendance des «Sages» –, un maire, tout élu du peuple qu’il soit, doit avant tout exercer ses fonctions d’officier d’état civil au nom de l’exécutif : «le législateur a entendu assurer l’application de la loi par ses agents et garantir ainsi le bon fonctionnement et la neutralité du service public de l’Etat civil», peut-on lire dans le communiqué de presse du Conseil constitutionnel.

On passera sur la tartufferie d’une telle décision pour observer que l’on assiste à une fonctionnarisation de l’élu, processus observé dans les systèmes totalitaires, et qui n’est, en fait, que le fruit d’un système démocratique porté à son paroxysme. «Les vicissitudes publiques, en un mot comme en cent, montrent que les citoyens ne sont pas à la hauteur des principes neufs, à la hauteur des circonstances», voici ce que l’on pouvait entendre à La Convention, en 1793, comme le rapporte l’excellent professeur Xavier Martin, historien des idées politiques, dans un ouvrage qu’il vient de publier, S’approprier l’homme, un thème obsessionnel de la Révolution (Editions DMM, 2013). Il convient donc de corriger l’homme, de diriger sa conscience et si ce n’est pas possible, de la nier tout simplement.

Si cette décision était attendue, elle n’en constitue pas moins une nouvelle preuve, éclatante, de l’aveuglement et de l’absurdité politique dans laquelle évolue le gouvernement Hollande, désormais clairement à la dérive (moins de 24 % d’opinions favorables). «Un revers pour les opposants au « mariage pour tous » titrent voluptueusement les grands titres de la presse française. « Nous portons la question devant la Cour européenne des droits de l’homme, afin que soit institutionnalisée une clause de conscience pour les élus » répondent les élus opposés à la célébration des mariages homosexuels.

Dans le même temps, la France s’enflamme pour le sort d’une prétendue kosovare expulsée cette semaine avec toute sa famille vers ce que, en toute bonne fois, l’administration pensait être son pays d’origine. Las ! Leonarda n’est pas plus musulmane ni kosovare que vous et moi : elle est née en Italie comme tous ses frères et soeurs, sa mère vient de Sicile, il n’y a que son père qui est kosovar et qui a fuit son pays en 1999 pour se réfugier d’abord en Italie, puis en France, bien meilleure vache à lait que l’Italie, qui n’en finit plus de souffrir de la crise économique. Par trois fois, la Cour nationale du droit d’asile, pourtant bien docile, a tranché : à la famille de Leonarda, immigrés illégaux – bien en peine de fournir des papiers kosovars, puisqu’ils sont italiens ! – on a  refusé le statut de réfugiés politiques. L’expulsion, bien que tardive, est donc parfaitement légitime.

Les associations anti-racistes de tout poil, les socialistes mécontents aidés du Front de gauche qui subventionne et organise largement ce mouvement « spontané » d’une jeunesse « concernée » ont tôt fait de s’enflammer et de mobiliser des lycéens trop heureux de sécher les cours (on entendait, dans les rangs des manifestants : « qu’est-ce qu’on fait ? On va voir le dernier Woody Allen ?»). On remarquera qu’ici, il n’est pas question une seconde d’application de la loi, pourtant si laxiste en matière d’immigration.

Face à la pression de la rue, Manuel Valls rentre dare dare des Antilles et semble tout  décontenancé, en bon petit soldat socialiste qu’il est. Il ne comprend pas où il a « péché ». Même son ami Vincent Peillon lui offre un soutien qui a tout du coup de poignard dans le dos. Son désarroi serait presque tragi-comique si on n’était pas en train d’assister au délitement total d’une France en proie à la rue, à la barbarie. Il y a fort à parier que François Hollande tranchera, in fine, peut être après quelques atermoiements, en faveur du retour de Leonarda et de sa famille. Comme elle le clame elle-même sur toutes les ondes et les télévisions françaises, nombreuses, qui se pressent autour d’elle dans le lointain Kosovo dont elle ne comprend pas la langue et qui, dit-elle, n’est même pas son pays : « Je suis une star maintenant ! Je suis sûre qu’on va rentrer en France : c’est pas possible autrement » et son père d’ajouter : « on attend la réponse de Valls, qui est obligé de dire OK ! » et d’avouer, pas très malin mais toujours prolixe : « On a quitté l’Italie car c’est plus facile d’avoir des papiers en France. J’ai fait faire, pour 50 euros, un faux certificat de mariage à Paris, et j’ai dit qu’on était tous Kosovars ».

Entrée irrégulièrement en France en janvier 2009, la famille a cependant épuisé, en quatre ans, tous ses recours. Il poursuit : « Les Dibrani n’ont pas mérité cela! Savez-vous que pendant deux mois avant l’élection présidentielle, on a fait du porte-à-porte en distribuant des tracts du PS, on s’est tapé tous les meetings du Doubs pour crier “Vive Hollande!”? C’est la présidente de l’association des sans-papiers: elle nous a dit que si Hollande gagnait, on aurait des papiers! » (“Le Figaro”, 18 octobre 2013). Aveuglés d’idéologie, déconnectés de la réalité, Hollande et son gouvernement n’ont une fois de plus rien compris : au mépris de tout sens politique élémentaire, ils comptent empêcher des élus d’exercer leur charge en toute conscience, en invoquant la toute puissance de la loi républicaine et, en même temps, ils s’apprêtent à céder à la pression de la rue, et de leurs électeurs. Ils ont la mémoire courte : ont-ils oublié les formidables mobilisations anti-mariage gay de l’an dernier, qui ont allumé dans le cœur de la jeunesse française un feu qui n’est pas près de s’éteindre ? Mais surtout, se souviennent-ils que les élections municipales ont lieu dans quelques mois à peine, tandis que les sondages posent Marine Le Pen comme seule opposante crédible au gouvernement ? Ils voudraient se tirer une balle dans le pied qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. (Marie d’Armagnac)

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