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Bernard et François: et si ça marchait?

publié dans regards sur le monde le 29 février 2016


 

Bernard & François: et si ça marchait ?

SOURCE - François Hoffmann – Monde et Vie – 24 février 2016

Dans un entretien donné aux États-Unis et relaté par DICI, l’organe international de communication de la FSSPX, Mgr Bernard Fellay est revenu sur le traitement romain du dossier « Écône ». Tout en avouant sa perplexité sur certaines prises de position papales, le supérieur de la FSSPX reconnaît que le pape François a fait beaucoup pour la Fraternité.

Àpropos des relations avec la FSSPX, François est dans une situation complexe. Personnellement, il se situe plutôt dans une optique théologique des « années 70 », mais il garde une piété traditionnelle. Du point de vue du « baromètre » de la bienveillance, François est certainement le pape le plus favorable en fait à la FSSPX. Si Paul VI était sévère au point d’avoir une part de responsabilité dans la « dissidence », Jean-Paul II et Benoît XVI, moins en friction avec Mgr Lefebvre, ont souhaité régler le dossier sur le plan doctrinal. On connaît l’échec de cette démarche qui ne fait que ressusciter l’interminable débat sur Vatican II. Outre le fait d’entraîner une crispation et une fragilisation supplémentaire de la FSSPX en interne, les discussions doctrinales ont davantage révélé un abîme que comblé un fossé. François se situe dans une optique différente. Il n’accorde guère d’importance à la question du préambule doctrinal et s’accommoderait d’un accord a minima.
François favorise le traitement « pragmatique » de la FSSPX
Mieux : pour l’année jubilaire, le pape a facilité le travail des prêtres de la FSSPX en leur garantissant une juridiction afin de lever le moindre doute sur la validité des confessions. Cette mesure est véritablement révolutionnaire.
En un paragraphe, François règle l’un des problèmes les plus concrets de la FSSPX, à qui l’on a tellement reproché le défaut de juridiction. Du coup, il se situe davantage dans la continuité de Benoît XVI, qui avait levé les excommunications des évêques ordonnés en juin 1988, que dans la ligne de Paul VI et Jean-Paul II. Ces derniers avaient cherché à résoudre le problème sous l’angle doctrinal. François, lui, l’aborde surtout sous l’angle canonique. Si Benoît XVI avait levé les excommunications des 4 évêques « lefebvristes», François fait cesser un flou juridictionnel, en facilitant les confessions au sein de la FSSPX. Cela permet de dépasser la controverse sur l’ampleur de l’état de nécessité (peut-elle justifier la mise en place d’une organisation parallèle ?). La juridiction, il vaut mieux l’obtenir du pape qu’à son corps défendant…
Mgr Fellay a précisé qu’il s’agissait d’un « pouvoir ordinaire d’entendre les confessions ». Dans cette même optique, Rome a reconnu à Mgr Fellay la qualité de juge de première instance pour juger les prêtres de la FSSPX.
Décryptage
Pour mieux comprendre l’attitude de Rome à l’égard de la FSSPX, il faut rappeler les «précédents». La position de Benoît XVI à l’égard des 4 évêques de la FSSPX peut se comprendre d’après la manière dont Rome a traité le cas des évêques chinois ordonnés, eux aussi, sans mandat pontifical, à partir d’avril 1958 (les deux sacres de Wuhan qui furent à l’origine de plusieurs dizaines de sacres). Depuis les années 70, les évêques chinois ainsi ordonnés ont été de plus en plus nombreux à obtenir une régularisation. On serait passé d’un tiers, à la fin des années 1980, à 95% d’évêques en situation « régulière ». Dans certains cas, les sacres se sont faits avec l’accord de Rome en sous-main. Aujourd’hui, il ne resterait que 5 évêques non régularisés, le cas le plus emblématique étant celui de Mgr Paul Lei Shiyin, évêque de Jiading, dont les accointances avec l’administration chinoise sont flagrantes. Certes, la situation de l’Église « officielle » en Chine n’est pas satisfaisante. Mais elle n’est pas à proprement schismatique. On comprend dans quelle optique Benoît XVI a levé les excommunications des évêques «lefebvristes », en janvier 2009. Rome est bien cet édredon qui a su absorber bien des dissidences et des situations irrégulières.
Les bons rapports du cardinal Bergoglio avec la FSSPX à Buenos-Aires
Certes, si le terrain a été défriché par Benoît XVI, il faut aussi reconnaître que François… comme le dit, Mgr Fellay lui-même « la FSSPX a une relation étroite avec lui ». Quand il siégeait à Buenos Aires, le cardinal Bergoglio avait facilité l’action de la FSSPX en Argentine, alors que la nonciature tenait une position différente. La Fraternité a pu obtenir la possibilité de demander pour ses prêtres des permis de séjour de façon parfaitement régulière au prix d’une reconnaissance de catholicité que l’archevêque leur a volontiers accordée. Au passage, si François a fait preuve d’hostilité non dissimulée envers les franciscains de l’Immaculée, il est loin d’avoir des relations exécrables avec des prélats au profil « conservateur », comme l’évêque de Coire (Suisse), Mgr Huonder. C’est avec l’appui de Rome que le cardinal Brandmüller et Mgr Schneider ont visité plusieurs séminaires de la FSSPX, il y a plus d’un an. La question de la FSSPX pourrait être l’aspect le plus significatif d’un pontificat paradoxal et inclassable.
François Hoffmann

Revue-Item.com

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