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Le sang des martyrs

publié dans regards sur le monde le 28 juillet 2016


 

Le sang des martyrs est-il encore semence de chrétiens ?

 

 

Je veux bien mourir, même décapité, pour que la foi catholique renaisse, pour que les musulmans se convertissent.

 

Prêtre, professeur de philosophie & de théologie
Le prêtre martyrisé hier matin à Rouen a été assassiné à quelques kilomètres de chez moi. En célébrant la messe aujourd’hui, comme tous les prêtres rouennais, comme tous les catholiques de France, je ne pouvais m’empêcher de penser que j’aurais pu être à sa place.

Mourir martyr, mourir en célébrant le saint sacrifice de la messe, et être ainsi assimilé jusque dans la mort à Celui qui a donné sa vie pour moi sur la croix, à Celui à qui j’ai déjà donné ma vie au jour de mon ordination sacerdotale, je ne le refuse pas, même si je tremble en écrivant ces lignes.

Ce que je refuse, c’est qu’un tel sacrifice, celui de ce prêtre héroïque aujourd’hui – et peut-être le mien demain –, soit rendu inutile, stérile, à cause des paroles creuses et des discours faux de ceux, politiques ou religieux, qui refusent de voir la réalité, qui s’aveuglent volontairement par manque de courage, par manque de foi, par manque de virilité. Le père Jacques n’est pas mort pour le vivre ensemble ou pour la tolérance, pour le dialogue interreligieux ou pour les droits de l’homme. Il est mort, sacrifié, immolé, comme Jésus-Christ, innocent, pour sauver le monde du mal et de l’erreur. Car comme chrétiens, imitateurs du Christ, nous savons que c’est par la paix que l’on combat l’injustice, par la vérité que l’on détruit l’erreur, par la vertu que l’on triomphe de la décadence.

Encore faut-il savoir désigner ce qui est mal et ce qui est faux, et ne pas se satisfaire de l’indifférentisme absurde et du relativisme criminel. Le chrétien aime ses ennemis, mais pour cela, il doit savoir les désigner, et haïr leur erreur. Nous croyons, oui, qu’il faut prier pour le salut des hommes, et même de ses ennemis. Mais nous croyons aussi que la foi dans le bien et dans le vrai exige, tout autant, la défense de sa patrie et celle des innocents : « En plus d’un droit, la légitime défense peut être un devoir grave […]. La défense du bien commun exige que l’on mette l’injuste agresseur hors d’état de nuire. À ce titre, les détenteurs légitimes de l’autorité ont le droit de recourir même aux armes pour repousser les agresseurs de la communauté civile confiée à leur responsabilité » (Catéchisme de l’Église catholique, n° 2265).

Comme prêtre, comme chrétien, je suis prêt à donner ma vie pour défendre la vérité, pour sauvegarder le bien, pour témoigner que Dieu seul peut sauver le monde des plus sordides barbaries ; je veux bien mourir, même décapité, pour que la foi catholique renaisse, pour que les musulmans se convertissent ; pour que la France chrétienne se redresse, pour qu’elle retrouve la fierté et la joie de son baptême ; pour qu’une nouvelle jeunesse se lève, prête à donner sa vie face à ceux qui la prennent. Pour que des hommes libres, nobles, droits luttent à nouveau, sans peur, contre le mal, et que refleurisse notre civilisation, fondée sur Jésus-Christ et son Église. Pour que l’on puisse redire, comme le sage Tertullien, que « le sang des martyrs est semence de chrétiens ».

(Source Bd Voltaire)

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