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Entretien du Pape François au journal italien « Avvenire »

publié dans magistère du pape François le 29 novembre 2016


porte sainte pape françois

Depuis quelques semaines, le pape François ne cesse de donner de longs entretiens à différents médias religieux ou profanes, la Civiltà Cattolica, revue des jésuites, en octobre, La Repubblica, quotidien de la bien-pensance gauche caviar, début novembre, et jeudi dernier, 17 novembre, au quotidien des évêques d’Italie Avvenire. L’œcuménisme conciliaire, le jubilé et sa drôle de miséricorde, le dialogue inter-religieux sont les thèmes réitérés à satiété par un pontife qui n’a aucun doute d’être « docile à l’Esprit-Saint » et « porté par l’Esprit ».

Confronté à des églises qui ne font plus le plein mais se vident toujours plus, à un jubilé qui fut un flop en nombre de participants, à une place Saint-Pierre qui se désertifie lors de ses audiences, le pape met l’accent sur une communication engagée et propagandiste d’une idéologie moderniste qui n’attire plus des fidèles qui s’émancipent, un peu trop…

Communication qui sert aussi à redorer le blason d’un pape chouchou des médias du système, de la jet-set apatride des milliardaires et des stars d’Hollywood, des ONG immigrationnistes patentées, des intellectuels athées de gauche, des politiciens mondialistes et socialistes mais de plus en plus contesté à l’intérieur de l’Église officielle par une frange d’évêques conservateurs et par des catholiques conciliaires, épouvantés les uns et les autres par des gestes publics trop ouvertement progressistes et révolutionnaires.

François a envoyé valser trop violemment le dessein romain mis à l’honneur sous Benoît XVI d’une révolution lente, en catimini, en sourdine, dans la soie des « cappa magna », sous les dorures des Palais apostoliques, mêlant ordinaire et extraordinaire pour mieux circonvenir des mentalités sentimentalement conservatrices. Cela ne colle pas avec la maison Sainte-Marthe et son décor en forniqua, design années 70, ses fauteuils en faux cuir, ses soieries en polyester, d’où s’échappe une révolution criarde post-soixante-huitarde aux relents marxistes, inspirée par un Saint-Esprit docile aux instigations bergogliennes !

Le pape doit rattraper le coup de ces coups doctrinaux médiatiques qui ont amorcé une fronde cardinalice en chapeau et en chape. Son dernier plaidoyer pour son pontificat dévoyé, où se mêlent et s’entremêlent la glorification du Concile, nouvelle Pentecôte d’une Église obscurantiste, la nouvelle conception paradisiaque de la miséricorde divine ainsi qu’une lecture très mondaine et plus que charismatique de la Bonne Parole évangélique, est donc paru sur Avvenire.

François y répond aux questions de la journaliste Stefania Falasca.

« Père, que signifie pour vous cette Année de la miséricorde ?

Qui découvre d’être très aimé commence à sortir de la mauvaise solitude, de la séparation qui porte à haïr les autres et soi-même. J’espère que beaucoup de personnes ont découvert d’être aimées de Jésus et se sont laissées embrasser par Lui. La miséricorde est le nom de Dieu et aussi sa faiblesse, son point faible. Sa miséricorde le porte toujours au pardon, à oublier nos péchés. Il me plaît de penser que l’Omnipotent a une mauvaise mémoire. Une fois qu’il t’a pardonné, il oublie. Parce qu’il est heureux de pardonner. Pour moi cela suffit. Comme pour la femme adultère de l’Évangile « qui a beaucoup aimé ». « Parce que Lui m’a beaucoup aimé. » Tout le christianisme est là.

Mais cela a été un Jubilé « sui generis », avec beaucoup de gestes emblématiques…

Jésus ne demande pas de grands gestes, mais l’abandon et la reconnaissance. Sainte Thérèse de Lisieux, qui est docteur de l’Église, dans sa « petite voie » vers Dieu parle de l’abandon de l’enfant qui s’endort sans réserve dans les bras de son père et elle rappelle que la charité ne peut rester enfermer dans le fond. Amour de Dieu et amour du prochain sont deux amours inséparables.

Les intentions que vous aviez lancées ont-elles été réalisées ?

Mais moi je n’ai pas fait de plan. J’ai fait simplement ce que m’inspirait le Saint-Esprit. Les choses sont venues. Je me suis laissé porté par l’Esprit. Il s’agit seulement d’être docile au Saint-Esprit, de le laisser faire, Lui. L’Église est l’Évangile, c’est l’œuvre de Jésus-Christ. Ce n’est pas un chemin d’idées, un instrument pour les affirmer. Et dans l’Église les choses entrent dans le temps, quand le temps est mûr, quand il s’offre.

Aussi une Année Sainte extraordinaire…

Cela a été un processus qui a mûri dans le temps, par l’opération du Saint-Esprit. Avant moi, il y a eu saint Jean XXIII qui avec Gaudet mater Ecclesia et « le médicament de la miséricorde » a indiqué le sentier qu’il fallait suivre lors de l’ouverture du Concile, ensuite le bienheureux Paul VI, qui dans l’histoire du bon Samaritain a vu son paradigme. Puis il y a eu l’enseignement de saint Jean-Paul II, avec sa seconde encyclique Dives in misericordia, et l’institution de la fête de la Divine Miséricorde. Benoit XVI a dit que « le nom de Dieu est miséricorde ». Ils sont tous des piliers. C’est ainsi que l’Esprit porte en avant les processus dans l’Église, jusqu’à leur accomplissement.

Donc ce Jubilé a été le Jubilé du Concile, hic et nunc, où le temps de sa réception et le temps du pardon coïncident…

Faire l’expérience vécue du pardon qui embrasse l’entière famille humaine est la grâce que le ministre apostolique annonce. L’Église existe seulement comme instrument pour communiquer aux hommes le dessein miséricordieux de Dieu. Au Concile, l’Église a senti la responsabilité d’être dans le monde comme signe vivant de l’amour du Père. Avec Lumen Gentium elle est remontée aux sources de sa nature, l’Évangile. Cela déplace l’axe de la conception chrétienne d’un certain légalisme, qui peut être idéologique, vers la Personne de Dieu qui s’est fait miséricorde dans l’Incarnation de son Fils. Certains, – je pense à certaines critiques d’Amoris Laetitia – continuent à ne pas comprendre, ou c’est blanc ou c’est noir, même si c’est dans le flux de la vie qu’il faut discerner. Le Concile nous a appris cela, les historiens d’ailleurs nous disent qu’un Concile, pour être absorbé par le corps de l’Église, a besoin d’un siècle… Nous sommes à moitié.

Actuellement les rencontres et les voyages œcuméniques entrepris sont significatifs. A Lesbos avec le patriarche Bartolomé et Hieronymus, à Cuba avec le patriarche de Moscou Cyril, à Lund pour la commémoration conjointe de la Réforme luthérienne. Toutes ces initiatives avec les autres Églises chrétiennes ont-elles été favorisées par cette Année de la Miséricorde ?

Je ne dirais pas que ces rencontres œcuméniques sont le fruit de l’Année de la Miséricorde. Non. Parce qu’elles-aussi font partie d’un parcours qui vient de loin. Ce n’est pas une chose nouvelle. Ce sont seulement des pas en plus, le long d’un chemin commencé depuis longtemps. » (Traduction de Francesca de Villasmundo)

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« Actuellement les rencontres et les voyages œcuméniques entrepris sont significatifs. A Lesbos avec le patriarche Bartolomé etHieronymus, à Cuba avec le patriarche de Moscou Cyril, à Lund pour la commémoration conjointe de la Réforme luthérienne. Toutes ces initiatives avec les autres Églises chrétiennes ont-elles été favorisées par cette Année de la Miséricorde ?

Je ne dirais pas que ces rencontres œcuméniques sont le fruit de l’Année de la Miséricorde. Non. Parce qu’elles-aussi font partie d’un parcours qui vient de loin. Ce n’est pas une chose nouvelle. Ce sont seulement des pas en plus le long d’un chemin commencé depuis longtemps.

Depuis qu’a été promulgué le décret conciliaire Unitatis redintegratio, il y a plus de 50 ans, on a redécouvert la fraternité chrétienne basée sur l’unique baptême et sur la même foi en Christ, le chemin sur la voie de la recherche de l’unité a fait de petits et de grands pas en avant et a donné ses fruits. Je continue à suivre ces pas.

Ceux accomplis par vos prédécesseurs…

Tous ceux qui ont été accomplis par mes prédécesseurs. Un pas de plus avait été ce colloque de papa Luciani avec le métropolite russe Nikodim qui mourut entre ses bras. Embrassé au frère évêque de Rome, Nikodim lui dit beaucoup de belles choses sur l’Église. Je me rappelle les funérailles de saint Jean-Paul II, il y avait tous les chefs des Églises d’Orient : c’est ça la fraternité. Les rencontres et les voyages aident cette fraternité, la font croître.

Cependant vous avez, en moins de quatre ans, rencontré tous les primats et les responsables des Églises chrétiennes. Ces rencontres sillonnent votre pontificat. Pourquoi cette accélération ?

C’est le chemin du Concile qui avance, s’intensifie. Mais c’est le chemin, pas moi. Ce chemin est le chemin de l’Église. J’ai, il est vrai, rencontré les primats et les responsables mais mes prédécesseurs aussi ont eu leurs rencontres avec ceux-ci ou d’autres responsables. Je n’ai donné aucune accélération. Dans la mesure où nous allons de l’avant, le chemin semble aller plus vite, c’est le motus in fine velocior, pour parler selon la formule exprimée par la physique aristotélicienne.

Comment vivez-vous personnellement cette sollicitude dans les rencontres avec les frères des autres Églises chrétiennes ?

Je la vis avec beaucoup de fraternité. La fraternité se ressent. Il y a Jésus en elle. Pour moi ce sont tous des frères. Nous nous bénissons l’un l’autre, un frère bénit l’autre. Quand avec le patriarche Bartolomé et Hieronymus nous sommes allés à Lesbos, en Grèce, pour rencontrer les réfugiés, nous nous sommes sentis une seule chose. Nous étions un. Quand je suis allé chez le patriarche Bartolomé au Fanar d’Istanbul pour la fête de Saint André, cela a été une grande joie pour moi. En Géorgie, j’ai rencontré le patriarche Ilia qui n’avait pas été en Crête pour le concile orthodoxe. La syntonie spirituelle que j’ai eue avec lui a été profonde. Je me suis senti devant un saint, un homme de Dieu m’a pris la main, m’a dit de belles choses, plus avec des gestes qu’avec des paroles. Les patriarches sont des moines. On voit derrière une conversation que ce sont des hommes de prières. Cyril est un homme de prières. Le patriarche copte Twadros aussi, que j’ai rencontré. En entrant dans la chapelle, il enlevait ses chaussures et allait prier. Le patriarche Daniel de Roumanie m’a offert, il y a un an, un volume en espagnol sur saint Sylvestre de Mont Athos. Je lisais déjà la vie de ce grand saint moine quand j’étais à Buenos Aires : « Prier pour les hommes c’est versé son sang. » Les saints nous unissent dans l’Église, en actualisant son mystère. Avec nos frères orthodoxes, nous sommes en chemin, ce sont des frères, nous nous aimons, nous nous inquiétons ensemble, ils viennent étudier chez nous et avec nous. Bartolomé aussi a étudié ici.

Vous avez accompli de nombreux pas, totalement en accord dans les réciproques déclarations, avec le patriarche œcuménique Bartolomé, successeur de l’apôtre André. Pierre et André étaient frères : est-ce que l’amour qui transforma la vie des apôtres vous soutient ?

Pendant qu’ensemble nous saluions tout le monde, à Lesbos, il y avait un enfant vers lequel je m’étais incliné. Mais je n’intéressais pas cet enfant : il regardait derrière moi. Je me suis retourné et je vis pourquoi : Bartolomé avait les poches pleines de bonbons et il était en train de les donner aux enfants. Bartolomé, c’est un homme capable de porter en avant, parmi de nombreuses difficultés, le Grand Concile orthodoxe, de parler de théologie à haut niveau, et de rester simplement avec les enfants. Quand il venait à Rome, il occupait à Sainte Marthe la chambre où je suis maintenant. L’unique reproche qu’il m’ait fait est qu’il a du en changer.

Vous continuez à rencontrer fréquemment les chefs des autres Églises. Mais l’évêque de Rome ne doit-il pas s’occuper à temps plein de l’Église catholique ?

Jésus lui-même prie le Père pour demander que les siens soient une seule chose, pour que le monde croie. C’est sa prière au Père. Depuis toujours l’évêque de Rome est appelé à garder, à rechercher et à servir cette unité. Nous savons aussi que les blessures de nos divisions, qui lacèrent le corps du Christ, nous ne pouvons pas les guérir par nous-mêmes. Donc on ne peut pas imposer des projets ou des systèmes pour retrouver l’unité. Pour demander l’unité entre nous chrétiens nous pouvons seulement regarder Jésus et demander que le Saint-Esprit œuvre parmi nous. Que ce soit lui à faire l’unité. Dans la rencontre de Lund avec les Luthériens j’ai répété les paroles de Jésus quand il dit à ses disciples : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. »

Quel sens a eu la commémoration des cinq cents ans de la Réforme avec les Luthériens en Suède ? A-t-elle été une « fuite en avant » ?

La rencontre avec l’Église luthérienne à Lund a été un pas en plus sur le chemin œcuménique qui a débuté il y a 50 ans et dans le dialogue théologique catho-luthérien qui a donné ses fruits dans la Déclaration commune, signée en 1999, sur la doctrine de la justification. C’est-à-dire sur comment le Christ nous rend justes en nous sauvant avec sa Grâce nécessaire, ce qui est le point de départ des réflexions de Luther. Donc, retourner à l’essentiel de la foi pour redécouvrir la nature de ce qui nous unit. Avant moi, Benoît XVI avait été à Erfurt, et avait parlé sur ce sujet avec précision, avec beaucoup de clarté. Il avait répété que la question sur « comment je peux avoir un Dieu miséricordieux » avait pénétré dans le cœur de Luther, et était derrière chacune de ses recherches théologiques et intérieures. Il y a eu une purification de la mémoire. Luther voulait une réforme qui devait être comme un médicament. Puis les choses se sont cristallisées, les intérêts politiques du temps s’en sont mêlés, et on a terminé avec le cuius regio eius religio, par lequel on devait suivre la confession religieuse de qui avait le pouvoir.

Mais il y en a qui croit qu’avec ces rencontres œcuméniques vous voulez brader la doctrine catholique. Quelqu’un a dit que l’on veut « protestantiser » l’Église…

Cela ne m’enlève pas le sommeil. Je poursuis sur la route de qui m’a précédé, je suis le concile. Quant aux opinions, il faut toujours distinguer l’esprit qui les anime. Quand il n’y a pas de mauvais esprit, elles aident elles-aussi à cheminer. D’autres fois, on voit tout de suite que les critiques existent par-ci par-là seulement pour justifier une position déjà assumée. Elles ne sont pas honnêtes, elles sont faites avec du mauvais esprit pour fomenter des divisions. On voit tout de suite que certains rigorismes naissent d’un manque, de la volonté de cacher dans une armature sa propre et triste insatisfaction. Si vous regardez le film Le repas de Babette, vous verrez ce comportement rigide. « 

« Quand à Cuba vous avez rencontré le patriarche Cyril, vos premières paroles ont été : « Nous avons le même baptême. Nous sommes évêques. »

Quand j’étais évêque à Buenos Aires, j’étais heureux de toutes les tentatives mises en action par de nombreux prêtres pour faciliter l’administration des baptêmes. Le baptême est le geste avec lequel le Seigneur nous choisit, et si nous reconnaissons que nous sommes déjà unis dans le baptême cela veut dire que nous sommes unis sur ce qui est fondamental. C’est cette source commune qui unit tous les chrétiens et nourrit chacun de nos possibles nouveaux pas pour retourner à la pleine communion entre nous. Pour redécouvrir notre unité nous ne devons pas « aller au-delà » du baptême. Avoir le même baptême veut dire confesser ensemble que le Verbe s’est fait chair : c’est cela qui nous sauve. Toutes les idéologies et les théories naissent des personnes qui ne s’arrêtent pas à cela, qui ne restent pas dans la foi qui reconnaît Jésus venu dans la chair, et qui veulent « aller au-delà ». De là naissent toutes ces positions qui enlèvent à l’Église la chair du Christ, qui « désincarne » l’Église. Si nous regardons ensemble notre baptême commun, nous en venons aussi à être délivrés de la tentation du pélagianisme, qui veut nous convaincre que nous nous sauvons par nos propres forces, avec notre activisme. Et s’arrêter au baptême nous sauve aussi de la gnose. Cette dernière dénature le christianisme en le réduisant à un parcours de connaissances, qui peut s’abstenir d’une rencontre réelle avec le Christ.

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Le patriarche Bartolomé dans un entretien à Avvenire a dit que la racine de la division fut la pénétration d’une « pensée mondaine » dans l’Église. Pour vous-aussi, est-ce la cause de la division ?

Je continue à penser que le cancer dans l’Église c’est se glorifier mutuellement. Si quelqu’un ne sait pas qui est Jésus, ou ne l’a jamais rencontré, il peut toujours le rencontrer; mais si quelqu’un est dans l’Église, et se meut en elle juste parce que c’est à l’intérieur de l’Église qu’il cultive et alimente sa faim de domination et d’affirmation de soi, il a une maladie spirituelle, il croit que l’Église est une réalité humaine auto-suffisante, où tout bouge selon une logique d’ambition et de pouvoir. Dans la réaction de Luther il y avait aussi de cela : le refus de l’image d’une Église comme une organisation qui pouvait aller de l’avant en se passant de la Grâce du Christ, ou en la considérant comme une possession assurée, garantie à priori. Et cette tentation de construire une Église autoréférentielle, qui porte à l’opposition et donc à la division, revient toujours.

Concernant les orthodoxes, on cite souvent la « formule Ratzinger », énoncée par le théologien qui devint ensuite pape : celle selon laquelle « concernant le primat du Pape, Rome ne doit exiger des Églises orthodoxes rien de plus que ce qui fut établi et vécu durant le premier millénaire. » Mais la perspective de l’Église du début et des premiers siècles que peut-elle suggérer d’essentiel, dans le temps présent ?

Nous devons regarder le premier millénaire, puis ensuite s’en inspirer. Il ne s’agit pas de revenir en arrière de manière mécanique, ce n’est pas seulement faire « marche-arrière » : on y trouve des trésors valables encore aujourd’hui. Avant j’évoquais l’autoréférentialité, l’habitude peccamineuse de l’Église de  trop se regarder, comme si elle croyait briller d’elle-même. Le patriarche Bartolomé a dit la même chose en parlant « d’introversion » ecclésiale. Les Pères de l’Église des premiers siècles savaient que l’Église vit instant par instant de la Grâce de Dieu. Pour cela, et je l’ai déjà dit, ils disaient que l’Église n’a pas de lumière personnelle, et ils l’appelaient mysterium lunae, le mystère de la lune. Parce que l’Église donne la lumière, mais ne brille pas d’elle-même. Et quand l’Église, au lieu de regarder le Christ, se regarde elle-même arrivent alors les divisions. C’est ce qui est arrivé après le premier millénaire. Regarder le Christ nous libère de cette habitude, et aussi de la tentation du triomphalisme et du rigorisme. Et nous fait cheminer ensemble sur la voie de la docilité à l’Esprit-Saint, qui nous porte à l’unité.

Dans diverses Églises orthodoxes il existe des résistances au chemin vers l’unité, comme celles de ceux que le métropolite Ioannis Zizioulas définit « les talibans orthodoxes ». Certaines résistances peuvent encore exister aussi du côté catholique. Que faut-il faire ?

L’Esprit-Saint mène à bien toutes choses, dans les temps que Lui décide. Pour cela il ne faut pas être impatients, défiants, anxieux. Le chemin demande patience pour conserver et améliorer ce qui existe déjà, qui est beaucoup plus que ce qui nous divise. Et témoigner son amour pour tous les hommes, afin que le monde croit. » (Traduction de Francesca de Villasmundo)

Francesca de Villasmundo

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