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Quand les hommes politiques comprendront-ils le danger de l’Islam en France? Faudra-t-il une Révolution?

publié dans regards sur le monde le 17 juillet 2017


Le fiasco de la marche des musulmans « modérés »

 

En réponse aux instances gouvernementales et aux sommations de certains media exigeant des musulmans de France « modérés » de désavouer les tueurs qui se réclament de l’islam, une « marche des musulmans contre le terrorisme » s’est dé- roulée du 8 au 14 juillet dans les villes européennes touchées par des attentats.

Il s’agissait de démontrer que l’antienne gouvernementale « pas d’amalgame » entre islam et islamisme est fondée dans la réalité.

 

Outre les scouts musulmans, des responsables religieux ou associatifs étaient du voyage, avec entre autres Kamel Omrane, universitaire tunisien, ancien directeur de la radio Ezzitouna, ministre des affaires religieuses sous le dictateur tunisien Ben Ali ou encore Fatiha Boyer, membre de l’association « Ni putes ni soumises ». Pour cette dernière, on se demande quel est le rapport avec l’islam ; les musulmanes n’étant évidemment pas toutes ou « putes » ou « soumises », elles n’ont pas besoin de définir leur identité dans cette alternative réductrice et également péjorative !

 

Cette marche était organisée conjointement par l’écrivain juif Marek Halter et l’ex-imam tunisien de Drancy, Hassan Chalghoumi. Ils ont été tous ensemble en bus à Berlin où a eu lieu l’attentat du 19 décembre 2016 en plein marché de Noël. Le 10 juillet, ils étaient à Bruxelles, le lendemain, à Saint-Etienne du Rouvray, lieu du martyre du Père Jacques Hamel le 26 juillet 2016. Entre-temps, on les a vus à Londres sur le London Bridge, où une attaque à la voiture a fait huit morts. En France, il y eut aussi Montauban, où trois militaires ont été assassinés en mars 2012, et devant l’école juive Ozar Hatora à Toulouse et, bien sûr, Paris avec une prière devant l’Hyper Casher de la porte de Vincennes puis devant le Bataclan et enfin à Nice où le 14 juillet dernier, une tuerie a coûté la vie à 86 personnes. « France 2 va suivre toute la marche et j’espère tous les autres grands médias du monde. La planète verra ainsi les musulmans manifester contre Daech. Il était temps ! », affirmait Marek Halter en avril dans Paris Match en annonçant la manifestation. On se demande ce qu’un juif vient faire dans cette affaire puisque, à notre connaissance, aucun attentat n’est imputé à la communauté juive ; c’est pourquoi aussi il n’y a pas de chrétiens. Chrétiens et juifs sont les victimes des musulmans, ils n’ont donc pas de chemin expiatoire à effectuer.

 

Des musulmans « locaux » devaient rejoindre les « pèlerins » sur le lieu des attentats ; or, dans la plupart des cas, il n’y en eut point, et les organisateurs durent rester entre eux, les images en témoignent : de musulmans manifestant en masse contre Daech, point. D’écho dans les media, très peu ! Il faut dire que les responsables de la communauté musulmane française ont désavoué le projet et, non pas les « extrémistes » salafistes, mais les « modérés », ou qui passent comme tels, ainsi que les « officiels », interlocuteurs habituels des gouvernements successifs. Ainsi, Dalil Boubakeur et Abdallah Zekri de la grande mosquée de Paris, Amar Lasfar des Musulmans de France ont fermement condamné le projet en ces termes « Extrêmement préoccupés par le regard négatif que certains Français portent sur la religion musulmane », ils « demandent instamment à tous les musulmans de France de participer activement à des actions tendant à mieux faire connaître les valeurs fondamentales de l’islam qui ne sont en rien contraires aux lois de la République ». Ils « réfutent tout lien entre islam et terrorisme et affirment que la religion musulmane ne peut sécréter aucune forme de violence ». Autrement dit, ces manifestations vont à l’encontre du but officiellement poursuivi : en allant, au nom des musulmans sur les lieux où le terrorisme islamique a frappé, la délégation confirme le lien entre islam et terrorisme, ce que récuse, entre autres, Dalil Boubakeur.

 

La présence d’Hassan Chalghoumi à cette initiative est contestée à l’intérieur de sa propre communauté qui lui dénie sa légitimité : sa présence sur les chaînes de télévision, ses liens avec le Conseil représentatif des institutions juives de France sont régulièrement critiqués sur les réseaux sociaux. Mais, finalement, au-delà de ces polémiques entre notables musulmans, ce qui frappe et démontre l’échec de cette dé- marche, c’est l’indifférence des musulmans de base qui ne se sont déplacés nulle part pour rejoindre le squelettique cortège. Ou bien ils ne se sentent pas concernés par le terrorisme qui, au nom de leur religion, frappe des innocents, ou bien ils ne veulent pas vouer aux gémonies ceux qui, malgré tout, se réclamant du même Dieu, font partie de la même communauté.

 

(Source Bulletin d’André Noël)

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