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On célébre « Summorum Pontificum »

publié dans magistère du pape François, regards sur le monde le 17 juillet 2017


Il y a dix ans, Summorum pontificum

 

Il y a dix ans, Benoît XVI publiait un motu proprio libérateur, « Summorum pontificum », permettant à tous les prêtres de célébrer librement sans en référer à quiconque la messe selon le rituel de S. Pie V, tel qu’il était dans les années soixante et qualifié maintenant de rite « extraordinaire. »

Auparavant, Jean-Paul II, en autorisant de nouveau ce missel, avait subordonné la permission à celle de l’évêque du lieu. C’était un premier pas qui se heurtait, en France, à l’obstruction de l’épiscopat. Son successeur avait donc libéralisé totalement la faculté de dire la messe selon le rite tridentin. Et ce au grand dam, toujours, des évêques de France qui voulaient garder la haute main sur ces célébrations. Ils publièrent même un communiqué « frondeur » dans lequel on pouvait lire : « Les évêques redoutent que la généralisation de l’usage du missel romain de 1962 ne relativise les orientations du Concile Vatican II. Une telle décision risquerait aussi de mettre à mal l’unité entre les prêtres, autant qu’entre les fidèles. »

Dix ans plus tard, on constate que ces craintes étaient vaines ! Selon la très officielle Commission épiscopale pour la liturgie, depuis la décision de Benoît XVI, le nombre de lieux de culte proposant la forme extraordinaire est passé de 124 à 230, ce qui est une augmentation importante mais pas un raz-de-marée mettant en péril l’unité entre prêtres et fidèles et entre les fidèles eux-mêmes ; on ne se bat pas dans les églises autour de la messe !

Quant aux « orientations de Vatican II », la réforme liturgique n’impliquait pas l’abandon du rite tridentin, pas plus que celle du latin. Non seulement l’abolition du latin n’y était pas, mais, au contraire, il est affirmé, dans la Constitution sur la liturgie : « L’usage de la langue latine, sauf droit particulier, sera conservée dans les rites latins. » Qui donc est le plus fidèle aux « orientations de Vatican II » sur la liturgie ? A ce sujet, celui qui était alors le cardinal Ratzinger écrivait dans la préface du livre Se tourner vers le Seigneur : « Pour le catholique pratiquant ordinaire, les changements les plus patents de la réforme liturgique du second concile du Vatican semblent tenir en deux points : la disparition du latin, et le fait d’avoir tourné les autels vers le peuple. Ceux qui liront les documents de référence seront surpris de constater qu’en vérité ni l’un ni l’autre ne se trouvent dans les décrets du concile. » Devenu pape, il allait s’efforcer de promouvoir ce que le cardinal Sarah, préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, appelait « la réforme de la réforme ». Dans son motu proprio, les mots les plus importants sont sans doute « jamais abrogé » en parlant du missel de S. Pie V, il ne l’a donc pas « autorisé » stricto sensu mais en a restauré l’usage, banni au mépris du droit. Or, des prêtres ont été persécutés, des curés déposés de leur charge, pour avoir « désobéi » en refusant de renier la messe de leur ordination au profit de celle dite « de Paul VI », déclaré bienheureux en dépit de cette injustice.

 

A propos de la « réforme de la réforme », le pape François a mis en garde contre l’utilisation d’une telle expression – la qualifiant d’ « erreur » – au vu des « récupérations » dont elle fait régulièrement l’objet par « des personnes rigides. »

 

Néanmoins, pour l’instant, le cardinal Sarah conserve ses fonctions, il est toujours en charge de la liturgie. Il souhaite cependant que l’on revienne sur des pratiques qui ont été instaurées dans les paroisses ayant toutes pour caractéristique de désacraliser le « mystère de la foi » qu’est la sainte Eucharistie. Dans une interview à notre confrère La Nef, il note « Ceux qui prétendent que l’usage de la forme extraordinaire du rite romain remettrait en cause l’autorité du concile Vatican II se trompent gravement. » Et d’ajouter : « L’usage de la forme extraordinaire fait partie intégrante du patrimoine vivant de l’Église catholique, elle n’est pas un objet de musée. » Peut-être faut-il voir dans cette dernière phrase une réponse indirecte au Pape François qui, évoquant l’autorisation de Benoît XVI, disait qu’il « a fait un geste juste et magnanime pour aller à la rencontre d’une certaine mentalité de quelques groupes et personnes nostalgiques qui s’étaient éloignées. » Non pas des catholiques attachés à la messe de toujours mais une poignée de « nostalgiques » appelés à disparaître au fil du temps… A défaut de réformer la réforme, ce qui ne plaît pas à François, le cardinal préconise donc de revenir à ce qui n’aurait jamais dût être abandonné afin de restaurer le caractère sacré de la célébration : « Quand nous célébrons la messe, propose le cardinal, mettons toujours sur l’autel une grande croix, une croix bien en vue, comme point de référence pour tous, pour le prêtre et pour les fidèles. » Autres recommandations : « Garder les doigts joints après la consécration, faire la génuflexion avant l’élévation, communier à genoux, recevoir la communion sur les lèvres. » C’était la pratique de Benoît XVI dont on peut déplorer qu’elle n’ait pas été suivie. Il propose aussi la célébration « vers l’Orient » et l’ouverture « d’espaces de silence » dans la liturgie, laquelle, dans les paroisses ordinaires, est trop bavarde. Le cardinal Sarah affirme enfin qu’il souhaiterait, « Dans une prochaine édition du missel romain réformé, insérer en annexe les prières au bas de l’autel de la forme extraordinaire, peut-être dans une version simplifiée et adaptée, et les prières de l’offertoire » pour compléter le Ier canon de la liturgie nouvelle qui est le vénérable canon romain. Le cardinal sera-t-il plus suivi que Benoît XVI dans ses recommandations et, surtout, son autorité sera-t-elle confortée par le souverain pontife ? Ou bien le cardinal Sarah, comme son confrère Müller, sera-t-il contraint à une retraite anticipée (voir le précédent Bulletin) ? P.R.

 

(Source Bulletin d’André Noël)

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