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Le pèlerinage à Rome de Summorum Pontificum

publié dans nouvelles de chrétienté le 10 novembre 2016


 À ROME, LA FORCE SURNATURELLE DE LA LITURGIE TRADITIONNELLE
La Lettre de Paix liturgique

lettre 568 du 9 Novembre 2016

À ROME, LA FORCE SURNATURELLE DE LA LITURGIE TRADITIONNELLE
Dimanche 30 octobre 2016 a pris fin à Rome, en la paroisse personnelle de la Trinité des Pèlerins, le cinquième pèlerinage international Populus Summorum Pontificum. Un pèlerinage mémorable, tant par la personnalité du pasteur admirable qui en a guidé les pas et la prière, Mgr Alexander Sample, archevêque de Portland, que par le nombre de nationalités représentées – du Costa Rica au Danemark – et par les conditions dans lesquelles il s’est tenu.

Précédé d’un double tremblement de terre qui obligea les organisateurs à annuler la journée d’ouverture prévue à Nursie, ville natale de saint Benoît (1), il se conclut dramatiquement par une autre secousse suffisamment violente pour être ressentie par tous les pèlerins présents à Rome pour la fête du Christ-Roi et pour provoquer l’effondrement complet de la basilique Saint-Benoît de Nursie.

Nous sommes heureux de proposer cette semaine à votre méditation les mots d’ouverture et de clôture prononcés par l’aumônier du pèlerinage, l’abbé Claude Barthe, ainsi que le message adressé au nom du Pape François aux fidèles rassemblés en la basilique Saint-Pierre le samedi 29 octobre 2016 pour la messe pontificale célébrée par Mgr Sample, prêchée par le cardinal Levada, Préfet émérite de la Congrégation pour la doctrine de la Foi, et chantée par le chœur de l’Institut du Bon Pasteur.


La montée des pèlerins vers Saint-Pierre (photo Le Baptistère

I – HOMÉLIE D’OUVERTURE
Abbé Claude Barthe, Trinité des Pèlerins, jeudi 27 octobre 2016

Chers Confrères dans le sacerdoce, Chers Pèlerins,

Nous devions commencer ce soir à Nursie, la terre natale de saint Benoît, le cinquième pèlerinage Summorum Pontificum, qui s’achèvera près du Tombeau de Pierre. La providence en a voulu autrement.

Nous nous retrouvons donc dans l’église de Trinité des Pèlerins, pleins de reconnaissance pour son curé, l’abbé Kramer, et pour tous ses assistants, clercs et laïcs, qui dispensent une fois encore la généreuse hospitalité de cette paroisse vouée à l’accueil des pèlerins et consacrée à la célébration de la liturgie romaine traditionnelle.

Nous sommes, nous aussi, pour notre part, voués totalement ou partiellement – dans nos paroisses, nos congrégations, nos communautés, nos séminaires – à la liturgie antique. Nous la célébrons et nous en vivons, spécialement dans la foi immaculée de l’Église de Rome qu’elle exprime si merveilleusement et si clairement par le véritable Credo cultuel qu’elle représente. C’est assurément pour cela, pour son expression très pure de la foi catholique spécialement dans le sacrifice eucharistique, cœur de notre sainte religion, que cet usus antiquior est aussi juvenior, toujours aussi jeune et toujours aussi fécond du point de vue de l’apostolat, des vocations, du développement de la vie spirituelle.

C’est d’ailleurs pourquoi nous sommes particulièrement reconnaissants vis-à-vis de SER Mgr Alexander King Sample, archevêque de Portland, qui va nous rejoindre de Nursie où il se trouve, d’avoir bien voulu présider, cette année, l’ensemble de notre pèlerinage. Ce jeune successeur des Apôtres, qui réjouit l’Église par sa parole claire pour la garde du dépôt de la Foi, hors de tous discours creux, comme le recommande saint Paul à Timothée, va nous faire l’honneur, in corpore dès demain à Saint-Paul-hors-les-Murs et in spiritu dès ce soir, de guider nos pas jusqu’à dimanche dans notre pérégrination romaine.

Si nous avions choisi de commencer le pèlerinage à Nursie, c’était d’abord par amitié et reconnaissance vis-à-vis du RP Cassian et de sa communauté bénédictine qui célèbre la messe conventuelle selon la forme extraordinaire et qui s’est consacrée, avec la bénédiction particulière de Benoît XVI, à un apostolat liturgique offrant les deux formes du rite romain. Depuis l’origine de notre pèlerinage Summorum Pontificum, cette pieuse et régulière communauté l’a soutenu par sa prière monastique.

Nous y sommes d’autant plus sensibles que nous savons que l’Europe chrétienne s’est en quelque sorte consolidée autour de la liturgie romaine et de la vie bénédictine. Lors de la renaissance carolingienne, le Palais impérial, aidé tout spécialement de saint Benoît d’Aniane, le second Benoît, a voulu diffuser comme ciment d’unité spirituelle pour les territoires d’Occident, tant la liturgie qualifiée de « grégorienne » d’une part – mais intrinsèquement romaine –, que la règle bénédictine, elle aussi « grégorienne » du fait du patronage de saint Grégoire, lui-même disciple de saint Benoît, elle aussi profondément romaine. La forme religieuse de l’Europe a été modelée par cette liturgie que nous célébrons ce soir et par cette règle que suivent les bénédictins de Nursie.

Avec la messe romaine antique, nous avons le sensus très sûr de toucher un canal de transmission du Bon Dépôt, sans aucun mélange d’erreur, comme par une longue chaîne, de main en main. Chaîne liturgique, qui depuis un demi-siècle, a été bien malmenée. C’est pourquoi il importe de témoigner de sa surnaturelle solidité. Et c’est pourquoi les pèlerins que vous représentez ce soir, prêtres et fidèles, sont venus apporter du monde entier ad Petri Sedem, non seulement le tribut de leurs propres efforts liturgiques mais aussi celui des efforts de tous ceux qui nous ont précédés, de leur constance, de leurs sacrifices et des persécutions qu’ils ont parfois endurées. Nous sommes venus pour rendre grâce auprès de Pierre, qui en est le garant, de ce que cette chaîne, liturgie célébrée iuxta formam numquam abrogatam, n’a jamais été brisée, n’a jamais été abrogée.

II – MESSAGE DU PAPE FRANÇOIS
Message adressé par le Secrétaire d’État de Sa Sainteté, le cardinal Parolin, à Mgr Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei

À l’occasion du pèlerinage à Rome du Cœtus Internationalis Summorum Pontificum, qui garde vivante dans l’Église l’antique liturgie romaine, dans le cadre du jubilé extraordinaire de la Miséricorde où tous sont invités au généreux exercice des œuvres de miséricorde, corporelles et spirituelles, le Saint-Père François adresse son salut cordial aux pèlerins et forme pour eux les meilleurs vœux. Il souhaite que leur venue auprès de la tombe des apôtres, sur le lieu où coula le sang des martyrs, suscite une fervente adhésion au Christ, célébré dans la beauté de la liturgie, et donne un nouvel élan à leur profession de foi catholique et au témoignage de leur charité.

Sa Sainteté invoque les dons abondants de l’Esprit divin pour un fécond chemin ecclésial et, en leur demandant de persévérer dans la prière en faveur de son ministère de successeur de l’apôtre Pierre, il accorde tout cœur la bénédiction apostolique propitiatoire, par l’intercession de la Mère de Dieu, à votre Excellence, aux évêques présents, aux prêtres et à tous les fidèles qui participent à cette célébration sacrée, implorant sur chacun la miséricorde et la paix du Seigneur.

III – SALUT FINAL
Abbé Claude Barthe, Trinité des Pèlerins, dimanche 30 octobre 2016

Chers pèlerins,

Avec vous, je rends grâces à Dieu pour tout ce qu’il nous a accordé dans ce pèlerinage. L’affliction qui s’abat sur le centre de l’Italie nous a empêchés de nous rendre à Nursie, mais nous sommes tout proches dans la prière, aujourd’hui, du RP Cassian et de sa communauté, dont la basilique est détruite.

Merci tout particulièrement à SER Mgr Sample, venu de l’extrême ouest pour nous guider vers l’Orient liturgique. Nous voudrions lui dire que nous sommes de tout cœur à ses côtés, lui qui prêche inlassablement la parole, reprend et exhorte, en ces jours où les hommes ne supportent plus la saine doctrine : nous sommes tous, moralement et spirituellement, du diocèse de Portland.

Merci à tous ceux qui ont contribué au bon et noble déroulement du pèlerinage : le curé de cette paroisse et ses assistants ; les valeureux laïcs et les généreux bienfaiteurs ; l’Institut du Bon Pasteur, jubilaire et jubilant, avec sa schola de première classe ; la schola de Fribourg qui vient de chanter cette messe ; les Révérendissimes Prélats et Supérieurs  ; et les ceremoniarii magnifici qui ont fait vivre à la perfection le Cérémonial des Évêques, le livre des livres de la liturgie romaine.

Contribuer à montrer que vit pleinement et publiquement la liturgie traditionnelle dans le peuple chrétien, tel est le charisme que nous ont en quelque sorte reconnu le message du Pape et l’adresse de Mgr Pozzo lors du buffet des prêtres à l’issue de la messe à Saint-Pierre.

Ce cinquième pèlerinage a été faste. Le suivant, celui de 2017, dixième anniversaire de Summorum Pontificum, le sera plus encore : il se déroulera du 14 au 17 septembre 2017 pour coïncider avec la date anniversaire de la mise en application du motu proprio. Nos cérémonies et nos pieux exercices s’ouvriront une fois encore aux représentants de tout ce peuple des prêtres, fidèles, religieux et séminaristes de toutes communautés, paroisses et diocèses, dont la foi est arrimée à l’antique liturgie de Rome, plus jeune que jamais.

——-
(1) La première secousse du mercredi 26 octobre survint alors que Mgr Sample, qui venait d’arriver à Nursie, après plus de 24 heures de voyage depuis l’Oregon, se préparait à célébrer la Sainte Messe. Un de ses prêtres de Portland, venu avec une vingtaine de fidèles, était lui en train de célébrer dans la crypte de la basilique : une fois la poussière retombée et les pèlerins rassemblés, il termina la célébration à l’extérieur, sous la pluie battante.

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