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Hellfest

publié dans regards sur le monde le 14 septembre 2017


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(Source: Civitas)

Le collectif « Provocs Hellfest ça suffit » vient de déposer une plainte contre le festival de musique extrême, sur quoi est motivée cette plainte ? Cette plainte au pénal est motivée sur la base d’une analyse des interprétations d’un certain nombre de groupess’étant produits aux éditions 2014 à 2016 du Hellfest. Cette analyse, complétée par une biblio des groupes en question, a mis en évidence des paroles incitant ouvertement à la haine et à la violence et à la promotion du suicide, le tout en présence de mineurs et avec l’appui des pouvoirs publics ( Mairie de Clisson, Etat, Conseil dé- partemental du 44, Conseil régional des Pays de la Loire jusqu’en 2015 ).

La plainte repose sur :

-1. L’article 227-24 du Code pénal qui dit : « Le fait soit de fabriquer, de transporter, de diffuser par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support un message à caractère violent, incitant au terrorisme, pornographique ou de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine ou à inciter des mineurs à se livrer à  des jeux les mettant physiquement en danger, soit de faire commerce d’un tel message, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 75 000€ d’amende lorsque ce message est susceptible d’être vu ou perçu par un mineur. »

-2. Les termes de l’article 121-3 alinéa 1er du Code pénal qui disent qu’il n’y a point de crime ou de délit sans intention de le commettre. La jurisprudence précise que l’élément intentionnel de l’infraction ne correspond pas aux motifs pour lesquels la diffusion répréhensible a eu lieu mais est caractérisé par la seule conscience de diffuser un message à caractère violent,susceptible d’être vu ou perçu par un mineur (Cour d’appel de Paris, 14 décembre 1994).

 

Pourquoi faire intervenir la justice ?

Jusqu’en juillet 2015, le collectif « Provocs Hellfest Ça Suffit » était informel et son action se limitait à de l’information et des protestations. Face à l’autisme, à la fois du Hellfest et des pouvoirs publics financeurs, le collectif a donc constitué une association « Amis du Collectif pour un Festival Hellfest Respectueux de Tous » avec, entre autres objectifs, celui d’ester en justice. C’est ce qui a été fait début juin auprès du Procureur de la République de Nantes, après un gros travail précis et rigoureux d’analyse des « prestations » d’une trentaine de groupes s’étant produit entre 2014 et 2016.

Vous engagez des actions depuis plusieurs années contre le Hellfest, pourquoi ne pas avoir déposé plainte plus tôt ?

L’association s’étant constituée en juillet 2015, nous ne pouvions aller plus vite que la musique et par ailleurs il était indispensable d’être conseillé quant à la motivation de la plainte et des preuves à fournir pour avoir non seulement la possibilité de « bousculer » la communication du Hellfest mais aussi une chance d’aboutir. «On ne demande pas l’arrêt du festival, nous ne sommes pas des opposants au Hellfest. On s’oppose juste à des groupes de malfaisants contre l’organisateur . qui diffusent des messages de haine et de violence anti-chrétiens »

vous pouvez donner des exemples de ces textes ?

Il est important en effet de bien présenter notre action : au Hellfest ne se produisent pas que des groupes satanistes et/ou antichrétiens et/ou incitant à la haine, à la violence ou au suicide. Par ailleurs, bien des festivaliers ne viennent au Hellfest que pour la « musique » qu’ils aiment. Enfin, nous savons que toute action réclamant l’annulation du Hellfest est destinée à l’échec. Ceci dit, nous vous livrons quelques-unes de ces paroles parmi des dizaines : Le groupe Impiéty, invité en 2014, a interprété Christfuckingchrist de l’album Tromentors of Kota Bharu, incitant ouvertement au meurtre : « killing, destroying » (tuer, détruire), « Unveil the kommand to slay and kill » (dévoiler le commandant pour assassiner et tuer), « Kill for kommand » (tuer pour commander), « Every creation and man must die » (toute création et l’homme doivent mourir), « eternal war and hate » (guerre éternelle et haine). Le groupe Venom, invité en 2015, a interprété la chanson BloodLust, comportant des paroles telles que « Drinking and sucking The blood rushing sweet » (boire et sucer le sang se précipitant doucement), « Blood lust Tearing the flesh Of the weak and the child Sparing no one » (soif de sang, déchirement de la chair, parmi les plus faibles et l’enfant, n’épargnant personne), « Blood lust upon me I’m biting the flesh » (la soif de sang pour moi je mords la chair), « Leave you die » (laissez-vous mourir). Le groupe Inquisition, en 2016, a interprété Ancient Monumental War Hymn invitant au meurtre des chrétiens : « Flesh of Christians rip » (la chair des chrétiens rip), « Blood of feeble rip » (sang du faible au goutte à goutte rip », « Bones are burnt to ash » (les os sont brûlés en cendres), « All in name of Satan » (tout au nom de Satan).

Ce ne sont que les paroles de chansons, en quoi ces messages sont dangereux ?

Sur le blog, nous avons mis en ligne quelques illustrations de passages à l’acte directement liés à « l’esprit sataniste black metal » : profanations de lieux de culte,suicide, meurtres ou assassinats. Nous précisons que bien évidemment la fréquence d’écoute, en solo ou en concert, et la nature et les thématiques des groupes écoutés jouent un rôle très important. Behemoth n’est pas Deep Purple, pas plus que Ghost n’est Megadeth. Nous signalons aussi que le groupe Deicide dont le leader s’est fait graver une croix renversée sur le front, a été annulé en 2006 suite à des profanations de lieux de culte catholiques en Bretagne. La même année, comme nous le rapportons sur le blog, des habits sacerdotaux ont été volés à Clisson et c’est encore une fois des  adeptes du black metal qui en étaient à l’origine. Au-delà de ces illustrations, et c’est cela qui est fondamental, il y a objectivement une responsabilité du Hellfest et de ses sponsors, publics ou privés, dans la banalisation du satanisme et de l’antichristianisme ainsi que dans la dénaturation du droit à la liberté d’expression qui n’est pas le droit à l’insulte ou à l’incitation à la haine.

Comment a été reçue votre plainte?

D’abord, cette plainte a validé auprès du Hellfest, des pouvoirs publics et des médias l’inscription de notre combat dans la durée et notre détermination à faire valoir le droit. A lire les médias, selon leur sensibilité et/ou leur parti-pris, l’accueil a été plutôt neutre ou bon, mis à part Les Inrocks.

Le Hellfest s’adresse surtout aux jeunes (moyenne 26 ans) hommes (81%), comment faites-vous connaitre votre démarche et engagez-vous des actions spécifiques auprès des jeunes de la région ?

Vous avez raison de souligner que le public est très majoritairement jeune et masculin. Nous rajoutons qu’il est également très majoritairement CSP++ (catégorie sociau-profesionnelle supérieure) et que concernant les groupes, les femmes sont quasi inexistantes. Nous avons procédé cette année à deux envois aux lycées et collèges du 44, l’un pour informer du contenu « litigieux » du Hellfest, l’autre pour informer de la plainte, et à chaque fois en nous tenant à la disposition des éducateurs pour échanger, sans succès à ce jour.

Aujourd’hui, comment envisagezvous la suite ?

La programmation du Hellfest 2017 étant comparable aux précédentes éditions, nous continuerons d’informer, d’alerter, de résister. Concernant l’action juridique, nous attendons la décision du Procureur mais vu l’encombrement de la justice, nous ne l’attendons pas avant début septembre mais nous envisageons très sérieusement une seconde plainte concernant l’attaché de presse du Hellfest qui a déclaré dans l’article des Inrocks évoqué plus haut : « On sait que ces gens sont puants… Ils sont racistes, ils sont capables tout autant de s’en prendre aux homosexuels et aux noirs qu’à nous ».

De quel soutien avez-vous besoin ?

Les actions juridiques demandent du temps et de l’énergie mais nous faisons ce qu’il faut de ce côté. Elles demandent aussi de l’argent et aujourd’hui nous recherchons 3000 €. C’est pourquoi nous sollicitons de l’aide : tout don sera le bienvenu et un reçu fiscal peut être délivré, chèques à adresser à : A C F H R T – B.P. 69603 44196 Mouzillon centre courrier Et n’oublions surtout pas la prière comme si tout ne dépendait que de Dieu

 

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR THIERRY BOUZARD civitaS # 65

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