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Mgr Marcel Lefebvre: un homme de doctrine et un homme d’action

publié dans un disciple le 19 septembre 2017


Un disciple

En mémoire de Mgr Lefebvre

Sa pensée et son œuvre

Le groupe Montfort de Sao Paulo(Brésil)  a tenu son congrès annuel cette année fin août, les 25-27 août. C’était son 20ème congrès. Ils m’y ont invité. Ils avaient eu la gentillesse de traduire en portugais, mon livre sur Mgr Lefebvre : « l’héritage doctrinal de Mgr Lefebvre », livre publié aux  éditions Godefroy de Bouillon en 2011. Ce livre est aujourd’hui épuisé. Ils ont fait une très belle présentation. Le livre a belle allure.

Pour retenir l’attention de congressistes, le responsable de Montfort, M Zucci,  m’a demandé d’en faire une présentation.

Je me suis exécuté avec beaucoup de joie.

L’objet de cette conférence sera de  démontrer que Mgr Lefebvre fut essentiellement un homme de doctrine et un homme d’action.

I- Un homme de doctrine

Quelle serait l’unité de la pensée de notre « saint » évêque ? Il me semble l’avoir trouvée dans son amour de Notre Seigneur Jésus-Christ. C’est ce que je démontre dans ce livre d’une centaine de pages. Ce n’est pas pour rien qu’il prit comme devise épiscopale « Credidimus caritati ». « Nous avons cru à la Charité ».  Oui, je pense que c’est dans cet amour du Christ que se trouve le principe de toute la pensée de Mgr Lefebvre, son unité.

C’est parce qu’il aima NSJC

-qu’il lui voua toute sa vie :

-qu’il se dévoua totalement, au service du sacerdoce et fit tout pour en sauver la grandeur.

C’est parce qu’il aima NSJC

-qu’il aima la messe catholique, « la messe de toujours » comme il aimait l’appeler. Elle renouvelle, d’une manière sacramentelle,  le sacrifice du Golgotha. Comme saint Paul, Mgr Lefebvre ne voulut connaître que le Christ et « le Christ crucifié », notre Sauveur.

C’est parce qu’il aima NSJC

-qu’il aima la doctrine du Christ-Roi. C’est bien en effet lors de sa Passion qu’éclata la doctrine de la Royauté du Christ. « Es-tu Roi ?», lui demanda Pilate. Oui ! Tu le dis : « Je suis Roi ». Il est Roi parce que Seigneur et Maître de toutes choses, Créateur de tout. « Tout a été fait par Lui et rien de ce qui est, n’a été fait sans Lui » (Saint Jean).  Il est Roi aussi parce que Rédempteur. Il a acquis ce titre par son sang. Sur le bois de la Croix, il sera déclaré « le Roi des Juifs ». La Croix est son trône. Quel trône ! Et c’est parce que Mgr Lefebvre aima la Croix du Christ qu’il aima confesser cette royauté et la défendre envers et contre tous.

C’est parce qu’il aima NSJC :

-qu’il se dressa contre la fausse liberté religieuse. S’Il est Roi, toutes les nations lui doivent soumission, obéissance et doivent conformer leurs législations à sa Loi et rendre le culte public à la seule vraie religion, celle du Christ Jésus. Je « suis la Voie, la Vérité et la Vie ». En dehors de Lui et de la Religion Révélée, il n’y a qu’erreur. Or l’erreur peut être  seulement tolérée mais ne dispose d’aucun droit dans la cité. Mais pour confesser cela, il faut aimer NSJC et sa vérité.

C’est parce qu’il aima NSJC :

- qu’il se dressa contre tout libéralisme, contre tout laïcisme athée, contre tout naturalisme. Il crut vraiment à l’enseignement de NSJC sur la « Vigne » et sur « le Sarment ». Pour que le sarment porte du fruit, il faut qu’il soit uni à la vigne, autrement il est coupé, il sèche et on le brule. Le baptême d’eau, de sang ou de désir est au cœur de toute chrétienté, de toute politique.

C’est parce qu’il aima NSJC et qu’il comprit qu’en Lui seul était la  vie éternelle

-qu’il se dressa contre l’œcuménisme et le dialogue interreligieux. Il vit en ces pratiques nouvelles une attitude dangereuse pour la foi des fidèles. Il se fondait sur l’enseignement de nombreux papes, saint Pie X, Léon XIII, Benoît XV, Pie XI, Pie XII. Il l’écrivit, avec Mgr de Castro Mayer, dans une fameuse lettre que je publie dans ce livre.

C’est parce qu’il aima NSJC,

-qu’il aima Rome qui est « précisément « le Christ continué dans le temps » (Sainte Jeanne d’Arc). C’est à Rome où il fit ses études qu’il puisa la doctrine romaine, qui fut  toute sa sagesse. Sur Rome, il tint des propos particulièrement édifiants. « A nous aussi de garder cette Tradition romaine voulue par Notre-Seigneur Jésus-Christ comme il a voulu que nous ayons Marie pour Mère ». C’est la dernière phrase de son « Itinéraire spirituel » qu’il nous lassa comme son testament.

II- Un homme d’action.

Voilà ce que vous trouverez développé dans ce livre.

Mais Mgr Lefebvre ne fut pas seulement un homme de doctrine, une, il fut aussi, comme le demanda saint Pie X, dans son encyclique « E supremi apostolatus », un homme d’actions. Il  unira son action à sa pensée. Il réalisa, dans son action, sa pensée romaine. Il ne fut pas un homme libéral ni utopique, mais réaliste.

Réaliste, il le fut dans tous les domaines de sa pensée.

Sur le sacerdoce.

Aimant le sacerdoce, il fit tout ce qu’il fallait pour le défendre. Déjà en Afrique, au Gabon,  il fut supérieur du séminaire des Pères du Saint Esprit. Il fut directeur du séminaire de théologie de Mortain, en France, maison des Spiritains. Au séminaire français, dès  1994, lors de la dernière année du Concile Vatican II, il venait souvent nous soutenir, nous, séminaristes en difficultés avec la direction du séminaire parce que « traditionalistes ». Lorsqu’il nous adressait la parole, comme Père Conciliaire, le sujet de ses conférences n’était pas le Concile comme le faisait tous les autres évêques, mais bien uniquement le sacerdoce. C’est là que j’ai commencé à apprécier sa pensée sacerdotale. Lorsque mes confrères furent refusés à « la tonsure » parce que trop « conservateurs », il s’occupa d’eux, et en homme réaliste, les confia au RP Théodocios résidant au diocèse de Gênes, sous la protection du cardinal Siri. Lorsqu’il constata qu’il n’était plus possible, vraiment, de recevoir une bonne formation sacerdotale à Rome, et qu’il fut libre de la direction de sa Congrégation, ayant démissionné, il décida de faire une fondation en la ville de Fribourg en Suisse, près de l’université des dominicains, jouissant encore de la présence de quelques bons professeurs, le Père Spicq, en Ecriture Sainte, le Père Nicolas en dogme….

J’ai assisté moi-même à la réunion où il prit la décision de rencontrer l’évêque du lieu, Mgr Charrières, – il n’aurait rien fait sans son autorisation. Il respectait toujours le droit de l’Eglise et ne faisait jamais rien contre,  pour lui demander l’autorisation de créer un « convict sacerdotal ». J’étais en permission militaire, étant venu à Fribourg pour visiter le cardinal Journet et lui demander conseil. Ce devait être juste après les fêtes pascales.

Cette réunion eut lieu dans la bibliothèque privée de M le professeur Faÿ, rue du vieux Fribourg. Il y avait outre le professeur et Mgr Lefebvre, le RP Marie Dominique Philippe, le RP abbé d’Auterive, un représentant du ministère confédéral de l’éducation, M l’abbé Pierre Piquet, séminariste romain et votre serviteur. La conversation portait sur la situation du sacerdoce, l’absence de formation spirituelle, la trop grande liberté accordée dans les séminaires. Toutes les personnes présentes encourageaient Mgr Lefebvre à faire quelque chose pour le sacerdoce, pour sauver la formation sacerdotale. C’est  suite à cette longue réunion, qui s’est tenu dans cette belle pièce du Professeur Faÿ dominant la vallée de la Sarine, que Mgr Lefebvre décida d’aller visiter l’Evêque de Fribourg. Il le connaissait bien car il l’avait invité à Dakar pour visiter ses prêtres au Sénégal.

Cette rencontre eut lieu le lendemain de notre réunion. L’autorisation lui fut donnée. En homme réaliste, il loua deux étages d’une pension salésienne, au 106 route de Marly. Fort de cet accord, il  adressa à quelques séminaristes qui s’étaient fait connaître de lui, dont le jeune Tissier de Mallerais – qui lui fut présenté par le RP Luc Lefebvre, directeur de « la Pensée Catholique » -, et moi-même, une belle lettre où éclatait déjà tout son idéal sacerdotal. C’était  une lettre pleine d’amour de NSJC. « Il s’agit de faire de vous d’autre Christ ». Le prêtre n’est-il pas un « alter Christus ». C’était les premières paroles qu’il nous adressait sur le sacerdoce. Je n’ai pas mis longtemps à me décider…Les vacances arrivées et libéré de mes obligations militaires, en septembre 1969, je suis allé chercher mes affaires à Rome et revenais juste pour la rentrée des cours. Je fus accueilli par le jeune Bernard Tissier de Mallerais, ancien étudiant en sciences naturelles. Mgr Lefebvre était au milieu de nous…Quelle joie et quel honneur.

En cette année universitaire, 1969-1970, nous suivions les cours à l’université des Dominicains, soit en philosophie soit en théologie, selon nos niveaux respectifs. Nous étions neuf (9). Cette année fut difficile, Mgr Lefebvre était souvent malade, souvent absent. C’est le Père Guérard des Lauriers (OP) qui venait le remplacer ou le RP Rivière, père des Coopérateurs du Christ Roi. Quelques pères ont proposé leur service, au fil de l’année,  pour assurer la direction du séminaire : un ancien aumônier du collège de la Flèche, présenté, je crois, par le Colonel Pellaboeuf qui avait un fils au Convict. Il était bien « gentil » mais voulait nous faire quitter la soutane pour que nous nous adaptions mieux au milieu universitaire que nous fréquentions… Vous imaginez ! Les candidats séminaristes n’étaient pas non plus de niveau… Sur neuf, nous resterons à peine quatre à la fin de l’année…

Constatant la faiblesse des caractères, Mgr Lefebvre décida de créer une « année de spiritualité ». Il ne craignait pas les nouveautés…

Cette année de spiritualité se fit à Ecône, dans une maison des chanoines du Grand Saint Bernard qu’ils venaient de vendre et qui avaient été achetée par un groupe  de catholiques fervents, dont plusieurs étaient « chevaliers de Notre Dame ». C’est un dimanche soir, alors que nous étions  à la Chartreuses de la Valsainte, pour chanter les Vêpres avec les moines,  que Mgr Lefebvre rencontra Maître Lovey, avocat, membre du Conseil d’Etat du Valais. A la sortie des Vêpres, Il lui rappela que la propriété d’Ecône était  toujours à sa disposition. Quelques jours plus tard, Mgr Lefebvre me demanda de le conduire  en Valais, auprès du groupe de propriétaires, le Curé de Riddes, paroisse sur le territoire de laquelle  se trouvait la maison d’Ecône, était présent,  pour visiter la propriété. Nous avons eu un bon repas, joyeux, comme savent le faire les valaisans. Au cours de ce repas, le frère de M  Pédroni prophétisa : « d’Ecône, on en parlera dans le monde entier ». Il ne se trompait pas…

Dès la décision prise, avec, là encore, l’autorisation de Mgr Adam, évêque de Sion, Mgr Lefebvre se mit en quête du corps professoral. La rentrée était prévue pour octobre 1970. Il ne fallait pas perdre de temps. C’est M l’abbé Masson qui en fut le premier directeur. Il hésita entre M l’abbé Masson et M l’abbé Gottlieb, Monsieur l’abbé Michel en fut l’économe, les religieuses de Pontcallec assureront les services divers, cuisine, linges…. Il fallait réfléchir sur les  matières à enseigner. Il ne craignit pas de demander conseils. Le 16 août 1970, alors qu’il était venu aimablement visiter mes parents, je le conduisis, avec la voiture de mon père, à Fontgombault. Nous sommes arrivés à l’heure du repas et nous avons passé une bonne  partie de l’après-midi, j’y étais, avec le Père Maître des Novices du monastère,  il  réfléchissait sur les sujets à enseigner : un cours sur le Magistère de l’Eglise. Ce qu’il avait reçu du Père Le Floch au séminaire français, il voulait le donner à ses futurs prêtres, un cours de liturgie, un cours de doctrine, un cours de Patrologie, un cours sur la messe…Il n’était pas question d’étudier ni la philosophie ni expressément la théologie. Il  fallait donner une formation générale et étudier les caractères et la vocation des candidats. Et quand je pense que dans un séminaire le corps professoral voulut introduire «  un cours de logique ». C’était dénaturer l’esprit que Mgr Lefebvre voulait introduire dans cette année de spiritualité.

Réaliste,  Il aimait le sacerdoce, et fit tout pour le sauver. Je vous l’ai démontré.

Réaliste, il le fut dans tous les domaines de sa pensée.

Sur la sainte Messe.

Il fut au cœur de la rédaction de l’étude que l’on appela : « le Bref Examen Critique », un ensemble de critiques doctrinales et liturgiques du nouvel « Ordo Missae de Paul VI ». Mgr Tissier de Mallerais, dans son livre sur Mgr Lefebvre, a bien présenté son action en cette affaire. Il prit officiellement position pour la Fraternité Sacerdotale saint Pie X, en mai ou juin 1971 dans une conférence qu’il fit d’abord à Ecône, au corps professoral et aux séminaristes,  puis, le lendemain, à Fribourg, pour les « théologiens ». Il ne craignait pas de donner de sa personne. Le sujet était important. La messe est le bien le plus important de l’Eglise  parce que le Sacrifice est le bien central de NSJC. Ce fut son « heure ». Le mystère de l’Incarnation est pour la Rédemption, parce que la Croix est pour le salut des âmes. Le sacerdoce se définit dans sa relation à la sainte Eucharistie. Elle en est la raison. « Faites ceci en mémoire de moi ». Elle est son bien. Ainsi défendre la sainte Eucharistie, le Sacrifice eucharistique, c’est défendre le sacerdoce. « Toucher » à l’Eucharistie, c’est « toucher » au Sacerdoce. En modifier le sens, en faire plus un  repas qu’un sacrifice, le sacrifice du Christ, c’est modifier le sens du sacerdoce. Mgr Lefebvre se dressa de toutes ses forces , on le comprend,  contre cette réforme liturgique de Paul VI.

Il fut au cœur de la lettre que les Cardinaux Ottaviani et Bacci adressèrent au Souverain Pontife, Paul VI. Ils concluaient que « cette réforme liturgique s’éloignait dans l’ensemble comme dans le détail de la doctrine catholique sur le saint sacrifice de la Messe définie pour toujours par le Concile de Trente ». C’est lui qui alla la  présenter à plusieurs cardinaux pour en obtenir la signature… Réaliste dans son action, il ne craignit pas de s’opposer aux propos tenus par le Pape au Consistoire de juin 1974, où il voulait, rien moins, qu’interdire la célébration de « la messe de toujours » parce qu’abolie. Comment interdire une coutume immémoriale dans l’Eglise ? Il y avait manifestement « un abus de pouvoir », « un abus de droit ». Mgr Lefebvre le fit remarquer très fortement. Saint Pie V, lui, en son temps, respecta, lors de sa « réforme », les rites qui pouvaient jouir d’une ancienneté de 200 ans d’existence dans l’Eglise. C’est ainsi que nous avons encore dans l’Eglise, les rites ambrosien, lyonnais, dominicain, cartusien…Une coutume immémoriale ne peut être abolie que par un ordre expresse…ordre que l’on ne trouve nullement dans la constitution « Missale romanum » qui publia le nouvel Ordo Missae. M l’abbé Dulac le fit remarquer à l’époque. Ses études doctrinales et canoniques étaient publiées dans « Itinéraire » et « le Courrier de Rome » dans ce sens. Mgr Lefebvre en encourageait fortement la lecture.

Ainsi homme réaliste, fort de son bon droit il resta attaché, sans crainte et sans reproche, à la messe de toujours quoi qu’il lui en coûta….Et il lui en coûta beaucoup…Sans sa résistance opiniâtre, la messe « dite de Saint Pie V » n’existerait plus dans l’Eglise. Le Motu Proprio Summorum Pontificum n’aurait jamais vu le jour. Et lorsque je vois tant de belles personnalités, cardinaux, évêques, père abbé… s’exprimer sur ce Motu Proprio sans jamais prononcer, une seule fois, le nom de Mgr Marcel Lefebvre, j’en suis révulsé. (Cf le colloque du 10ème anniversaire de Summorum Pontificum. C’est une véritable malhonnêteté intellectuelle, une véritable injustice. Il faut réparer. Cela justifie amplement ma nouvelle chronique : « Un disciple ».

La pression se fit très forte alors  contre son œuvre sacerdotale, contre son séminaire. Il fallait fermer ce séminaire que l’on décréta de « sauvage ».(Mgr Etchegaray) L’épiscopat français s’y employa, aidé par le Secrétaire d’Etat, le cardinal Villot et le Cardinal Garonne.

Une visite canonique fut organisée. Elle a lieu le 11 novembre 1974. Elle est  assurée par Mgr Déclin et Mgr Onchan. En attendant leur visite, le 11 novembre au matin, Mgr Lefebvre me dit : « j’aurais préféré mourir plutôt que de me trouver en opposition avec Rome ». C’étaient des propos venant d’un vrai cœur romain.

Au cours de la visite, ces prélats tinrent des propos tellement scandaleux que Mgr Lefebvre, en conscience, écrivit une déclaration : la Déclaration du 21 novembre 1974 où il affirma, en homme réaliste, son attachement à la Rome éternelle et son refus de la Rome moderniste et de ses réformes « toutes » imprégnées de l’esprit protestant et moderniste. C’était très absolu. Il ne voulut jamais en changer les termes, malgré les pressions. Il reconnut seulement l’avoir écrite un peu dans «  l’émotion ». On le comprend. Les propos entendus étaient tellement scandaleux, rien moins que la négation de la virginité perpétuelle de Notre Dame…

Homme réaliste, parfaitement cohérent avec sa  pensée sur le sacerdoce et sur la messe, il conférera, malgré l’interdiction qui lui en fut faite, l’ordination sacerdotale en juin 1976 à de nombreux diacres, persuadé que cette interdiction n’avait pour raison que son attachement à la messe tridentine…il ira jusqu’au bout de cet amour et de son bon droit…N’eût-il pas raison ? Le pape Benoît XVI ne déclara-t-il pas le 7 juillet 2007, 31 ans après… que cette messe tridentine n’avait jamais été abolie et qu’il était donc bien légitime de la célébrer. L’interdire était, par conséquent, vraiment un abus de droit…Toutes les sanctions canoniques qui s’en suivirent, étaient donc bien illégales, nulle de plein droit. Ce fut la position irréfragable du prélat…La  Bulle Quo primum tempore n’a, de fait, jamais été aboli. Or elle reconnaissait un droit à tout prêtre de célébrer cette messe  dans toutes les églises catholiques sans risque d’encourir jamais la moindre sanction…

Homme réaliste, il refusa toujours d’être considéré comme le « leader des traditionalistes ». Il avait horreur de cette « expression». Il n’accomplissait  que « sa fonction d’évêque ».  Ne voulant pas nous laisser « orphelins » sachant très bien que ses séminaristes ne trouveraient aucun évêque de par le monde, qui accepterait de les ordonner, le cardinal Villot ayant bien précisé qu’il ne fallait donner des lettres dimissoriales à la FSSPX qui,  du reste, était censée ne plus exister… il décida de sacrer quatre des « nôtres ».  Et si les « autres », ceux qui l’ont quitté, trouvèrent à l’époque des évêques consécrateurs, ce n’était que dans un esprit d’opposition à son œuvre, pour les attirer plus facilement loin de lui. Il ne fallait entretenir aucune relation avec lui. « Nullam partem ». Ce « nullam partem », odieux, de la lettre « Quattuor abhic annos » (1974)  se retrouvait toujours dans les notes du Motu Proprio : Ecclesia Dei adflicta (1988) pris par Jean Paul II, à la suite des sacres (juillet 1988). Ces départs «ternirent» longtemps les communautés « Ecclesia Dei adflicta ». Je ne peux l’oublier.  Mais que fait-il du droit ? Mais le salut des âmes n’est-elle pas la première loi de l’Eglise ! Et la messe ancienne avait-elle été abolie ? Benoît XVI dit que « non ». Qui eut raison ? De plus, tous unis, comme en juin 1976, nous aurions été plus forts et nous aurions davantage obtenu de Rome. Mais on ne refait pas l’histoire…

Oui ! Dans certains milieux de la Tradition, on regretta beaucoup ces sacres. Dom Pateau, Père Abbé de Fontgombeault,  vient même de les déclarer « sacres malheureux». (Rome 14 septembre 2017). Non! C’est faux. Je reste convaincu que les Sacres de 1988 et l’excommunication – injuste – qui s’en suivit, sont à l’origine de la réaction de Rome en matière liturgique. C’est seulement après ces sacres que les cardinaux Ratzinger et Stikler tinrent, de fait, conférences, discours, homélies, livres, tous en faveur de la liturgie ancienne lançant l’idée de la « Réforme de la Réforme ». C’est le cardinal Ratzinger qui donna le ton dès sa conférence au Chili en juillet 1988, devant l’épiscopat chilien. Il reprit cette idée devant les moines de Fontgombault.

Par son action si ferme et si  cohérente avec sa doctrine, Mgr Lefebvre faisait « reconnaître » et « respecter » les droits de Dieu, sur la Messe. Il les mettait en œuvre. Il en assurait l’avenir… Il avait horreur du libéralisme.

 

L’œcuménisme, le dialogue interreligieux.

Il était réaliste. Lorsque le pape Jean Paul II convoqua la réunion d’Assise en 1986, il ne craignit  pas de s’élever contre cette décision. Il adressa, là encore, une très belle lettre, pour l’honneur de Notre Seigneur et pour l’honneur de la papauté. N’ayant pu obtenir une seule réaction cardinalise, avec Mgr de Castro Mayer, honneur à lui, il écrivit une magnifique protestation de foi, la cérémonie accomplie.

Voilà les idées essentielles que vous trouverez dans ce livre : « Héritage doctrinal de Mgr Lefebvre ». Je vous remercie de nouveau de l’avoir traduit en portugais pour vos membres.

                                                                              Abbé Paul Aulagnier. IBP

NB : Dans un nouvel article de cette chronique, vous trouverez le texte de ce livre.

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