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L’affaire Finkielkraut

publié dans regards sur le monde le 26 février 2019


Affaire Finkielkraut et le refus du pouvoir de dénoncer l’islam

C’est une regrettable agression verbale dont a été victime Alain Finkielkraut l’autre samedi, insulté par un « gilet jaune » un peu spécial comme nous allons le voir : « Barre-toi, sale sioniste de m… », « grosse m… sioniste », « nous sommes le peu-ple », « la France est à nous ». C’est ce qu’ont crié aussi d’autres individus en apercevant l’académicien. C’est évidemment scandaleux et condamnable mais la victime n’en a pas fait un drame, refusant de porter plainte. « Il ne faut pas trop en faire non plus, a-t-il déclaré, j’ai l’impression que beaucoup de gens ont été plus traumatisés que moi et que les images leur ont fait plus peur qu’à moi. » Et pourtant, plus royalistes que le roi, le gouvernement, la classe politique, les media en ont fait trop. Procession de tous les leaders politiques – sauf Marine Le Pen interdite de manifester contre l’antisémitisme – avec le premier ministre en tê-te, alors qu’il n’y a pas eu mort d’homme, comme récemment à Strasbourg. D’ailleurs, y aurait-il eu mort d’homme que l’on n’aurait pas fait mieux. Mais dès qu’il s’agit de montrer que l’on est résolument contre l’antisémitisme – comme s’il s’agissait d’un acte de résistance d’un héroïsme inouï dans notre société !– on se bouscule pour être sur la photo. Il y avait tout le monde sauf… Alain Finkielkraut lui-même sans lequel il n’y aurait rien eu. Serait-il donc un « mauvais » juif à l’instar d’Eric Zemmour ?

Et, comme à chaque fois, quel que soit le gouvernement, pour répondre à l’émotion artificiellement excitée, on propose dans la foulée une loi ou l’aggravation de celle existante. La France est l’un des pays où les lois contre le racisme et l’antisémitisme sont les plus sévères, mais on trouve toujours le moyen d’en ra-jouter une couche. Cette fois il s’agissait, à la demande d’un député LREM, d’inscrire dans le code pénal que l’antisionisme et l’antisémitisme sont une seule et même chose et qu’ils doivent être réprimés de la même manière.

Rappelons qu’il y a des juifs antisionistes, pour des raisons poli-tiques ou religieuses, mais aussi des antisémites sionistes, ceux qui disent : « Puisqu’ils ont un Etat, qu’ils y aillent et nous dé-barrassent ! » Emmanuel Macron n’a pas voulu modifier la loi mais il a annoncé qu’il durcirait l’actuelle en demandant que la justice considère de façon extensive la notion d’antisémitisme en y intégrant l’antisionisme. Il est vrai que quelques jours plus tard il devait discourir devant le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives), pure coïncidence…

Celui qui a insulté Finkielkraut a été interpellé, c’est un salafiste connu des services de police. C’est pourquoi il faut comprendre, « Nous sommes le peuple », « la France est à nous » comme la pro-clamation d’un homme qui considère que la France est terre d’islam, qu’elle sera bientôt totalement à eux, les salafistes ; après avoir conquis les quartiers de banlieue, ils entendent bien achever la conquête du reste du territoire.

C’est cela qui est le plus inquiétant et dont le pouvoir ne veut pas tenir compte, trop occupé à sa croisade contre « l’extrême droite. » Car, pour répliquer à l’agression verbale contre le phi-losophe, Macron a annoncé la dissolution de… trois mouve-ments « identitaires » « d’ultra-droite » qui ne sont évidemment pour rien dans l’affaire Finkielkraut ! Et contre les salafistes ? Rien. Or les services de renseignements ont recensé par moins de cent mosquées ou lieux de prière salafistes et, à ce jour, sept seulement d’entre eux ont été dissous !

Mais s’en prendre ainsi à « l’extrême droite » permet à Macron de se présenter comme le champion de la lutte contre l’antisémitisme au moment des prochaines élections sans encourir l’accusation d’islamophobie, s’il dénonçait l’islam … qui est pourtant, à l’évidence, le principal propagateur de la haine antisémite il perdrait certainement beaucoup de voix dans les quartiers.

(Source: le buelletin d’André Noël)

 

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On peut compléter ces réflexions par cet article suivant:

 

Opinion : antisémitisme et christianophobie

 

Le site catholique de langue française Aleteia a publié le 21 février une tribune de Xavier Patier, haut fonctionnaire et écrivain aussi prolixe que talentueux, sous le titre « Antisémitisme et christianophobie : la vraie convergence ». Je l’ai trouvée de grand intérêt et je crois particulièrement utile de vous la faire découvrir.

Au moment où un membre du gouvernement [il s’agit de Marlene Schiappa, secrétaire d’État] ose affirmer qu’il existe une « convergence idéologique » entre La Manif pour tous et les terroristes qui en appellent à la haine des juifs, il est plus nécessaire que jamais de regarder les choses calmement. D’abord, observons les chiffres officiels. Ont été recensés en 2018, 541 actes antisémites en France contre 311 en 2017, et 1 063 actes antichrétiens en 2018 contre 1 038 en 2017. Les deux violences progressent. Même en France. Depuis le début de l’année deux cimetières juifs ont été profanés, et neuf églises catholiques. Les deux haines semblent jumelles. En tout cas elles progressent ensemble.

Ensuite, examinons l’air du temps. Alors que le vieil antisémitisme catholique de droite a disparu depuis de nombreuses années des statistiques mesurables, les données officielles montrent que le nouvel antisémitisme est de culture musulmane. Ce n’est pas une opinion, c’est un fait. La haine du juif et la haine du chrétien vont très bien ensemble, ces temps-ci. Leurs relais privilégiés se trouvent désormais plutôt dans les mouvements d’extrême gauche. Ils se parent aujourd’hui du très commode alibi de l’idéologie « antiraciste ». En réalité ils installent dans la société une nouvelle forme de racisme qui est l’antiracisme. Le catholique blanc et le juif sont devenus une seule cible.

Certes, les actes antisémites font beaucoup plus de bruit dans notre pays que les actes antichrétiens. Nul doute que si au lieu de neuf églises, c’étaient neuf synagogues qui avaient été profanées depuis le début de l’année, nous aurions entendu une réaction du ministre de l’Intérieur et du président de la République, et même nous aurions pu lire dans la presse de gauche les éditoriaux indignés que nous n’avons pas lu, car personne n’a jugé utile de les écrire. Mais il y a une explication à cette apparente discrimination : l’Église de France a gardé sa culture de religion majoritaire et donc elle ne sait pas réagir en communauté marginale et persécutée. Les chrétiens n’ont pas subi la Shoah, même si l’antichristianisme était au cœur du nazisme, et même si de nombreux prêtres catholiques ont connu la déportation et les camps 1. Et enfin, l’opinion intellectuelle française continue à croire, dans sa majorité, que la lutte contre le pouvoir catholique est un combat inachevé. C’est pourquoi le mépris anticatholique d’aujourd’hui cousine si souvent, dans la forme qu’il prend, et dans son impunité, avec l’antisémitisme réactionnaire de l’entre-deux guerres.

S’il existe bien une convergence idéologique en Europe, c’est celle qui unit désormais l’antisémitisme et la christianophobie. Il faut de ce point de vue écouter ce que nous dit le philosophe Alain Finkielkraut. Quelques jours après avoir subi les vociférations antisémites d’un groupe qui côtoyait, sans en être, une manifestation de Gilets jaunes, le philosophe a déclaré sur Europe 1 : « C’est ignoble, […] ils auraient voulu que mes agresseurs, ce soit La Manif pour tous, qu’ils soient à la fois contre l’avortement et contre moi. Mais c’est complètement dingue. Je voudrais signaler pour enfoncer le clou qu’aujourd’hui en France, des églises sont profanées, les agressions antichrétiennes augmentent. On n’en parle pas. […] Cette idée est complètement folle. […] Le grand rêve de toute [une gauche] bienpensante est de faire face à un seul et même ennemi, qui serait contre Parent 1 et Parent 2 et ceux qui sont contre les juifs. »

Source : Aleteia, 21 février 2019.

1. Et tués. De 1938 à 1945, 2 579 prêtres, séminaristes et moines catholiques furent déportés par les nazis, selon Guillaume Zeller. Au moins 150 n’en reviendront pas.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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