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Benoît XVI à la Synagogue de Rome. Repentance: une nuance de taille

publié dans flash infos le 20 janvier 2010


Dans Osservatore Vaticano du Mardi 19 janvier 2010 , on peut lire ces quelques précisions sur un point du discours de Benoît XVI à la Synagogue de Rome le dimanche 17 janvier 2010, sur la repentance. L’auteur demande à la fin de son juste article, une aide ou des précisions. Je peux lui conseiller de lire le livre de Julio Meinvielle: « Les juifs dans  le mystère de l’Histoire ». Il trouvera de bonnes choses

Repentance: une nuance de taille

Lors de sa visite à la synagogue de Rome – la troisième où il se rend depuis le début de son pontificat ce qui le place en tête de tous les Souverains Pontifes en terme de fréquentation, excepté, bien sûr, saint Pierre… –, Benoît XVI est revenu sur la démarche de « repentance » qui a caractérisé le Jubilé de l’an 2000, en déclarant : « L’Église n’a pas oublié les erreurs de ses fils et filles, en demandant pardon en ce qu’elle a pu favoriser, de quelque façon que ce soit, la plaie de l’antisémitisme et de l’antijudaïsme. » On notera que l’Église demande pardon non pas pour ses fautes, comme certains voudraient l’y obliger – étant sainte et immaculée, Elle ne saurait avoir commis la moindre faute –, mais pour les erreurs de certains de ses enfants comme une mère qui s’excuserait du mauvais comportement d’un de ses rejetons auprès d’une autre personne qui en aurait été victime, car nous savons bien, par notre propre expérience, que les enfants de l’Église sont aussi des pécheurs. En ce sens, la repentance peut se comprendre. Mais on peut s’interroger sur l’assimilation en une même « plaie » de « l’antisémitisme et de l’antijudaïsme ».

Sur l’antisémitisme, un catholique n’a pas à s’interroger. On ne peut être catholique et antisémite puisque c’est dans le peuple juif que Notre Seigneur s’est incarné, que la Très Sainte Vierge Marie, les apôtres et tant de grands saints furent des sémites.

Mais l’antijudaïsme relève d’une autre catégorie, s’agissant de la religion des juifs. Ici, toute la question est toujours de savoir de quel judaïsme on parle, celui d’avant le Christ, qui l’annonçait et l’attendait – c’est toute la gloire du vrai judaïsme, magnifiquement exprimée, par exemple dans le Magnificat de la Sainte Vierge, qu’il serait impie de rejeter – et le judaïsme d’après le Christ, qui refuse expressément le Christ, et qui est, à cause de cela dénoncé par saint Paul. On ne peut se dire antijudaïque dans notre relation à la religion des juifs de la première Alliance laquelle prépare précisément l’Incarnation. La Bible catholique est un tout composé de l’ancien Testament et du nouveau Testament. Ceux qui rejettent l’ancien Testament au nom du nouveau sont dans l’hérésie (typiquement celle de Marcion). Mais ceux qui rejette le nouveau Testament au nom de l’Ancien – cas du judaïsme d’aujourd’hui – sont-ils dans la vérité ? Évidemment non, et le judaïsme talmudique post-christique est comme un arbre auquel les racines qui l’alimentaient et les feuilles par où il respirait, auraient été retranchées. L’aboutissement du judaïsme ancien c’est le Christ, et l’Église qu’Il a fondée accomplit ses promesses pour les juifs comme pour les païens. L’Église s’enracine dans le judaïsme. En ce sens, l’antijudaïsme est bien une « plaie ».
Toutefois, le Nouveau Testament et le Talmud ne sauraient être vrais en même temps et parallèlement. L’exemple le plus central c’est Jésus-Christ : soit le rabbi de Nazareth était un imposteur et il méritait la mort selon la loi juive – thèse soutenue par le judaïsme post-christique jusqu’à nos jours –, soit Il était le Messie et le Fils de Dieu. Les deux choses ne peuvent se soutenir en même temps : la première thèse est évidemment fausse et le judaïsme contemporain qui la soutient est tout aussi faux, même s’il a maintenu et maintient des aspects vrais du premier judaïsme et notamment une partie de ses Saintes Écritures. En ce sens, l’opposition au judaïsme contemporain envisagé comme une fausse continuation de l’ancien, aurait du mal à être considérée comme une « plaie » (si ce n’est naturellement en tant que cet « antijudaïsme » a parfois été utilisé pour justifier l’antisémitisme).

J’ajoute que le néo-judaïsme « ne commence, stricto sensu [comme l'a naguère fait remarquer pertinemment le cardinal Ratzinger dans son livre Ma vie, Fayard 1998], qu’à la fin de la constitution du Canon des Écritures, soit au Ier siècle après Jésus-Christ » et que, par conséquent, le judaïsme post-christique n’a historiquement pas davantage de titre à se réclamer du judaïsme pré-christique que le christianisme (et théologiquement bien moins de titre, mais ici, la foi est nécessaire pour lire dans l’Ancien Testament l’annonce du Christ et l’on ne saurait reprocher à ceux qui en sont privés d’errer – on peut, et on doit, seulement prier pour que le Saint-Esprit les éclaire comme Il a éclairé au cours des siècles tant de leurs pères).
Ce ne sont là que quelques réflexions jetées au fil du clavier, mais si un lecteur plus savant que moi acceptait de m’éclairer – et d’éclairer par la même occasion les lecteurs de ce blogue – sur le sens de cet « antijudaïsme » que vient d’évoquer Benoît XVI, je lui en serais reconnaissant.

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