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Un jugement sur la politique de Jacques Chirac

publié dans regards sur le monde le 9 octobre 2019


Faut-il canoniser Jacques Chirac ?

« Dieu seul est grand mes frères et dans ces derniers moments surtout où il préside à la mort des rois de la terre ». Il ne s’agit pas là des premiers mots de l’homélie prononcée par Mgr Aupetit, archevêque de Paris, à l’occasion de la messe « présidée », selon les services de l’Élysée, par Emmanuel Macron, le 30 septembre dernier, à l’occasion de l’enterrement de Jacques Chirac mais du début de l’oraison funèbre de Louis XIV par Massillon en 1715. Peut-être le président Macron eut-il dû méditer un peu plus cette précieuse sentence. En effet, il est désormais public que l’archevêque de Paris a eu le courage de résister aux ukases élyséens sur la durée de la cérémonie, la célébration au maître-autel et la présence d’un crucifix sur l’autel. On n’a pas souvenir que les rois de France soient jamais intervenus dans le déroulement d’un office liturgique. Aujourd’hui, c’est la République laïque qui prétend décider du rituel d’une messe catholique. On croit rêver.

Tous les médias ont unanimement chanté les louanges du défunt président de la République.

Chacun a loué les qualités humaines du défunt, son sens du contact, son humanité, sa délicatesse, etc. Tout cela est bel et bon mais est-ce l’essentiel ? Chacun sera jugé, sur son comportement privé, certes, mais aussi sur la manière dont il aura été fidèle à son devoir d’état. Or le devoir d’état d’un homme politique s’incarne dans la politique qu’il mène.

Si l’on doit mettre au crédit du président Chirac le refus de participer à la ratonnade électronique organisée par les États-Unis contre l’Irak en 2003, le passif est cependant lourd.

En dépénalisant l’avortement, en 1975, le trio Giscard/Chirac/Veil, ne faisant plus du respect inconditionnel de la vie humaine innocente un des piliers essentiels de notre société, a ouvert la boîte de Pandore menant au massacre des innocents dont les conséquences actuelles sont l’euthanasie, la manipulation de l’embryon, la PMA, la GPA, etc. Chirac est l’homme qui a inscrit dans la loi la négation d’un principe social essentiel : Tu ne tueras pas, même si, en 1979, il refusa de voter la pérennisation de la loi Veil qui n’avait été votée, à l’origine, que pour cinq ans. Insondable mystère de l’âme humaine ou manœuvre politicienne contre le gouvernement de Raymond Barre. Dieu seul le sait ! Mgr Aupetit a, discrètement, rappelé le caractère sacré de toute vie humaine depuis la conception. Même les plus étourdis ont certainement compris de quoi il était question.

Jacques Chirac est également l’homme qui a exigé qu’il ne soit pas fait mention des racines chrétiennes de l’Europe dans la Constitution européenne de 2004. Il refusait ainsi de faire de l’Europe un espace de civilisation la réduisant à une simple entité économique.

Ces deux décisions d’une gravité exceptionnelle obèrent très lourdement notre avenir. « Les parents ont mangé des raisins verts et les enfants ont les dents agacées » (Jer XXXI, 29).

Dans son homélie, Mgr Aupetit, citant saint Paul, a rappelé les demandes instantes de l’Apôtre des Gentils de prier pour les responsables politiques, afin que leur autorité s’exerce au service du bien commun. Certes, cependant si ce propos est parfaitement fondé, il ne s’applique pas aux circonstances de cette messe d’enterrement. À l’occasion de funérailles, l’Église fait célébrer des messes pour le repos de l’âme du défunt, comme le fit dans l’Ancien Testament, Judas Macchabée offrant « un sacrifice pour les péchés des morts ». Prier pour ceux qui nous gouvernent est certes un devoir impérieux mais qui s’applique aujourd’hui plus à Emmanuel Macron qu’à Jacques Chirac.

Enfin, Mgr Aupetit nous avoue confier l’ancien président à Dieu avec confiance. Chacun aimerait bien partager cette confiance mais « On ne se moque pas de Dieu ! » (Gal, VI, 7). Si la miséricorde de Dieu est sans limites elle n’est pas sans condition. Dieu seul, bien sûr, connaît le secret des âmes et des cœurs. Néanmoins, les faits publics précédemment rappelés inclineraient plutôt à confier l’âme de Jacques Chirac à Dieu avec craintes et tremblements.

(Source: Renaissance Catholique)

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