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Les mythes nés du covid

publié dans regards sur le monde le 20 juin 2020


Stefano Fontana passe en revue les « mythes » créés par la politique pour faire passer le confinement: cela va du mythe du covid lui-même à l’instrumentalisation de la peur dans le but de restreindre les libertés et à la « remise des clés » aux experts en passant par la fortune du slogan trompeur « ensemble nous pouvons ». Et, en point d’orgue, la reddition inouïe de l’Eglise au pouvoir temporel, pour laquelle « un bon chrétien est avant tout un bon citoyen ».


Peur et liberté limitée: ce que nous laisse le mythe du covid

Stefano Fontana
La NBQ
18 juin 2020
Ma traduction

Pendant la pandémie de Covid-19, la politique s’est inventée de nombreux mythes dans le but de s’auto-consoler et de servir au pouvoir à limiter les libertés. Le premier est le mythe de la pandémie elle-même, avec des données qui ne tournent toujours pas rond; puis le mythe de l’urgence pour renforcer le pouvoir ; le mythe de la science, des experts et des virologues ; le mythe de la peur alimentée par les médias H 24 ; le mythe du « ensemble on peut » et dans l’Église, le mythe selon lequel avant d’être de bons chrétiens nous devons être de bons citoyens.

Quand la raison se détache de la foi, elle tombe dans le mythe. C’est l’un des grands enseignements de Benoît XVI. Pour lui, la réciproque valait aussi: quand la foi se détache de la raison, elle tombe dans le mythe. La chute dans le mythe de la part de la religion s’appelle le fidéisme, la chute dans le mythe de la part de la raison s’appelle le rationalisme: ce sont deux religions mythiques. Dans le célèbre discours de Ratisbonne de 2006, il l’a très bien expliqué. De nos jours, nous constatons que, d’une part, une religiosité mythique est exaltée, comme celle, panthéiste, idolâtre et animiste, des primitifs (pensons au synode sur l’Amazonie), et que, d’autre part, la raison politique se nourrit de mythes politiques. Dans les deux cas, il y a un défaut de rationalité.

Pendant la pandémie de Covid-19, la politique s’est inventée de nombreux mythes pour se consoler ou pour servir le pouvoir politique.

Sur le mythe de l’urgence on peut renforcer le pouvoir ou le rendre plus omniprésent, précisément pour contrer l’urgence. Le pouvoir peut accroître le contrôle, les libertés peuvent être réduites avec le consentement de tous, les dispositions autoritaires sont même les bienvenues et le pouvoir en profite.

Sur le mythe de l’urgence se construit alors une mythologie: les conférences de presse de Conte, le moralisme de Mattarella [président de la République], les grands reportages des chaînes de la RAI, la rhétorique sentimentale de la publicité des grandes marques « qui attendent de nous embrasser à nouveau », les « nouveaux héros », les parades liturgiques des task forces, la collecte de fonds à la télévision pour la protection civile, toujours en cours même si les garnisons ont été fermées.

Le premier grand mythe a sans doute été celui de la pandémie elle-même. Son taux de mortalité était inférieur à 4 %. Les nombreux décès sont dus à un manque d’infrastructures sanitaires. Les victimes qui sont décédées avec le Covid ne sont pas mortes du Covid, mais d’autres maladies ou parce qu’il n’y avait pas de services de soins intensifs. Le Covid lui-même a donc été transformé en mythe.

Un deuxième mythe était sans doute celui de la science et en particulier des virologues. Aucun d’entre eux ne nous a donné de certitudes, leurs opinions étaient toujours discordantes, beaucoup d’entre eux en ont profité pour passer à la télévision et vendre des livres … mais néanmoins le gouvernement s’est toujours caché derrière l’opinion des « scientifiques ». Les gens sont convaincus qu’ »un vaccin est nécessaire », les médecins qui s’y opposent sont réduits au silence, arrive le financement de Bill Gates, et le processus des traitements sanitaires obligatoires (TSO) avance parce que « la science le dit ».

C’est ce qui s’est passé avec le mythe de la peur. L’alarmisme excessif peut s’expliquer par les carences sanitaires mentionnées plus haut, mais pas si on le compare à l’ampleur réelle de l’épidémie dans notre pays. Les nombreuses mesures insensées (vous vous souvenez des 200 mètres de la maison?) ont contribué à l’alimenter. Les télévisions d’État, occupées 24 heures sur 24 à parler du Covid, ont été la force motrice d’un sentiment généralisé de crainte qui, même si le problème est aujourd’hui fortement revu à la baisse, peine à se dissoudre. De nombreuses personnes âgées ne vont même pas à la messe à cause de cette peur artificielle persistante. Les régimes ont toujours utilisé les mythes et la peur induite.

Et puis on a créé le mythe selon lequel « ensemble, nous pouvons », et donc les opinions divergentes, les manifestations publiques, même conformes aux règles, ont été stigmatisées, le Parlement a été congelé et les oppositions critiques ont été accusées de ne pas coopérer parce qu’en cas d’urgence, nous devrions tous être solidaires. On mythifie un ennemi hypothétique pour condamner les fronts internes et les accuser de défaitisme. Les voix dissidentes ont été réduites au silence et ceux qui ont déclaré que certaines mesures étaient irrationnelles et nuisibles ont été frappés par la suspicion du public.

Un autre mythe qui a été créé est celui des experts. Le gouvernement s’est entouré d’une pléthore de groupes d’experts non seulement pour traiter le virus d’un point de vue sanitaire mais aussi pour décider de ce qu’il faut faire après le virus. Les États généraux ont même été convoqués et la situation est devenue ridicule. Ainsi, les retards et l’incompétence évidente ont été dissimulés sous le mythe des super-héros super-compétents super-payés.

Tous ces mythes ont également été repris par l’Église catholique, qui n’a pas été capable de dire des mots de vérité et s’est même montrée encore plus rigide dans l’application des comportements requis par les nouveaux mythes. L’Église experte en mythologie qui empêche les gens de s’agenouiller à l’église même si le gouvernement ne le demande pas. Les incohérences, les dispositions absurdes et contradictoires des fonctionnaires du ministère ont été acceptées (pourquoi 70 personnes peuvent-elles être dans une église, mais seulement 15 à un enterrement?), les restrictions absurdes (pourquoi pas plus de 200 personnes à la messe à l’intérieur s’il y en a beaucoup plus dans de nombreuses cathédrales?) La raison politique devenue un mythe a produit une mythologie religieuse dure à mourir: les terrains de jeux sont maintenant pleins de gens et d’enfants sans protection, mais dans l’église, on assiste à des mesures de la fièvre, de la distance, des chaises fixées au sol avec du scotch pour qu’elles ne puissent pas être déplacées, et après le ite missa est, les « préposés au service d’ordre » viennent vous chercher pour vous faire sortir.

Dans l’Église, on a vu se répandre le mythe selon lequel la première façon d’être un bon chrétien est d’être un bon citoyen et qu’être un bon citoyen signifie exécuter sans discussion les décisions – souvent absurdes en plus d’être inconstitutionnelles – du gouvernement en place.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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