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Le racisme des anti-racistes

publié dans regards sur le monde le 20 juin 2020


Le journaliste allemand Andreas Becker dresse un tableau très documenté de la situation aux Etats-Unis, où la mort d’un petit délinquant noir a servi de détonateur à des émeutes qui ont connu depuis des répliques plus ou moins violentes dans le monde entier (et en particulier en France). À qui cela profite-t-il? Donald Trump a-t-il la moindre responsabilité? Qui manipule les manifestants? Qui sont les « antifas » et qui les finance? Quel est le rôle de la presse? À ces questions, et à d’autres, l’auteur de l’article essaie d’apporter des réponses précises et documentées.

LE RACISME DES ANTI-RACISTES

La radicalisation de la gauche politique aux USA

Andreas Becker
Katholisches
9 juin 2020
Traduction par Isabelle

Aux USA, – et pas seulement au New York Times –, de plus en plus nombreux sont les journalistes écartés et mis à pied, contraints au silence parce qu’ils critiquent les émeutes violentes contre la police, l’ordre public, la propriété publique et privée. Une vague d’épuration est en cours. La gauche politique, évincée avec succès de la Maison Blanche fin 2016, a déclenché un processus de radicalisation, qui se manifeste de plus en plus ouvertement. Les développements aux Etats-Unis sont aussi, dans ce contexte, d’une importance capitale pour l’Europe dont, depuis la fin de la guerre, les régions occidentales et centrales font partie de la sphère d’influence des Etats-Unis et qui connaît, depuis la chute du Mur de Berlin, une américanisation sans précédent.

Disons-le tout net : les émeutes « anti-racistes » aux USA, qui ont également sévi en Europe et dans d’autres parties du monde, ont un but précis : réaliser ce que n’a pas pu réussir la crise du Covid, c’est-à-dire empêcher la réélection de Donald Trump comme président des Etats-Unis.

Semer la panique

Pour cela, certains cercles sont manifestement prêts à marcher sur des cadavres, à mettre leur propre pays à feu et à sang, à semer la peur et la panique. Cette stratégie qui consiste à faire peur et à provoquer la panique s’inscrit dans le prolongement de ce qui a déjà été pratiqué, au cours des mois précédents, à propos du coronavirus et, au cours des années précédentes, à propos de toutes sortes d’ennemis invisibles, du CO2 aux virus de toutes sortes et au trou dans la couche d’ozone, en passant par les particules fines.

Ces mêmes médias qui, voici quelques semaines, fonctionnaient comme des piliers du pouvoir en prêchant la distanciation sociale et qui applaudissaient quand des gardiens de l’ordre trop zélés infligeaient de fortes amendes à d’honnêtes citoyens pour quelque ridicule « infraction » aux mesures anti-covid, – quand ils ne les clouaient pas au piloris pour avoir mis en danger la santé publique –, rendent compte aujourd’hui, avec respect et grand sérieux, voire avec une bienveillance non dissimulée, des protestations « anti-racistes » de masse, au cours desquelles les manifestants se moquent comme d’une guigne des mesures anti-covid.

Et pourquoi ? Parce que les manifestants ainsi mobilisés proviennent de la nébuleuse d’extrême gauche des Antifa, dont on sait le caractère anarchiste. Ce qu’on sait moins, par contre, c’est que ce réseau à l’organisation assez lâche, apparu sous ce nom de code au cours des 30 dernières années, est fait essentiellement des anciens rejetons occidentaux des partis communistes d’obédience moscovite et qu’il a formé, dans les années 70, le milieu où s’est recruté le terrorisme de gauche auquel il offrait une couverture. La mouvance anarchiste et la jeunesse rebelle, qui n’auraient jamais été tolérées dans les pays vraiment socialistes, ont été recrutées et lancées à l’ouest comme les « troupes de choc et d’agitation » du mouvement communiste.

En un tour de main, et d’une manière impressionnante, ce réseau a été mobilisé dans le monde entier. Ses partisans descendent dans les rues pour des manifestations aux USA, en Amérique latine, à Londres, Paris, Berlin ou Vienne, à cause d’un incident, non encore élucidé, qui a eu lieu aux USA et au cours duquel le petit délinquant afro-américain George Floyd a perdu la vie. Parler de « manifestation » relève, dans ce cas, de l’euphémisme. A Paris, les barricades brûlent, à Londres on essaie d’entrer de force au siège du gouvernement dans Downing Street, à Vienne, on macule et dégrade l’Eglise Saint-Charles, objet de prédilection de la haine des extrémistes de gauche. Des incidents semblables ont déjà eu lieu dans le passé et cela souligne la haine de l’Eglise qui anime ce mouvement.

Ceux qui tirent les ficelles en coulisses, à qui tout soutien paraît bon pour chasser Trump de la Maison Blanche, devraient savoir quelles sont les marionnettes qu’ils activent. Ils risquent de ne plus pouvoir se débarrasser des esprits qu’ils ont évoqués.

La mort de George Floyd – un délinquant devenu « ange » ?

La mort d’un homme, fût-il un délinquant, est toujours à déplorer ; il faut en élucider la responsabilité et en punir les coupables. Un ordre juridique qui marche bien offre tous les instruments nécessaires pour ce faire. Ce qui se passe à propos de George Floyd, qui a trouvé la mort au cours de son arrestation à Minneapolis, défie la raison. Un homme au casier judiciaire chargé, arrêté pour avoir commis un délit présumé, devient un héros du droit et de la liberté, une icône de l’idéal social ? Quelle mauvaise blague ! A quoi donc se rapportent les droits civiques invoqués à grands cris sinon au droit et à l’ordre ?

Que Floyd ait été déposé dans un cercueil en or témoigne, dans tous les cas, de mauvais goût. Que des sénateurs et députés démocrates s’agenouillent « en signe de solidarité » pour attaquer en justice leur propre état est tout bonnement indigne. On ne s’agenouille que devant Dieu, devant personne d’autre. En plus, ils sont, en leur qualité de représentants du peuple, évidemment responsables de ce qui se passe dans le pays. Leur plainte tient son côté paradoxal du fait qu’ils ne voient pas qu’il s’agit d’une auto-accusation. Quant à « s’excuser » d’être blanc, c’est grotesque et trahit un terrible racisme inversé, indigne d’une nation civilisée.

Quels modèles construit-on ici ? Quels idéaux apporte-t-on, – aux noirs des USA, à la jeunesse et à tous les autres ?

Diversion et instrumentalisation

Le grand accusé, le président américain Donald Trump n’a, en réalité, rien à voir avec les agissements de quelques policiers dans une quelconque ville des USA. La police, aux USA, relève des différents états, de leurs villes et de leurs districts. Sur le plan fédéral, il existe bien des unités de police spéciales comme le FBI, mais qui ne punissent que certains délits fédéraux. Elles n’ont rien à voir dans ce cas concret.

Tant la ville de Minneapolis que l’état du Minnesota sont gouvernés par des adversaires de Trump, membres du parti démocrate, ce qui signifie, selon les standards européens, qu’ils sont gouvernés par la gauche, – voire par l’extrême gauche dans le cas du Minnesota. Ce sont eux, et eux seuls, qui sont responsables au premier chef de la police locale.

L’esprit à l’oeuvre dans les révoltes actuelles se révèle dans deux exemples tirés de Minneapolis, le théâtre des événements : le déclencheur des émeutes, de la violence, des incendies et des pillages ne fut pas le tweet, alors largement diffusé, de Donald Trump. Ce qu’il a tweeté était déjà une réaction aux actes de violence. Le déclencheur fut la déclaration du maire de Minneapolis, Jacob Frey, qualifiant de « meurtre » la mort de George Floyd, sur laquelle la justice doit faire la lumière. Frey n’est pas afro-américan; il appartient au Minnesota Democratic– Farmer-Labor Party (DFL), le parti démocrate des fermiers et ouvriers du Minnesota, une singularité de cet état. Le gouverneur de l’Etat en est membre lui aussi. Au niveau fédéral, ce parti est intégré dans le parti démocrate. Le DFL est né en 1944, de la fusion du Parti Démocrate du Minnesota avec le Parti des fermiers et ouvriers, encore plus à gauche. Il défend un agenda agressif, favorable à l’avortement et à la cause homosexuelle. Les démocrates gouvernent Minneapolis depuis 1945 (avec une courte interruption entre 1957 et 1961). Lors des élections de 2017, ils ont obtenu plus de 82% des voix et emporté 12 des 13 sièges. Le 13ème siège est allé aux Verts. Qui donc, sinon eux, est responsable de l’état du Minneapolis Police Department dont le commandant est un afroaméricain ?

Au lieu de cela, Frey a pointé du doigt sa propre police, implicitement « les blancs » en général – et le président Donald Trump en particulier. A la suite de quoi, celui-ci a été représenté, lors des manifestations, avec une petite moustache à la Hitler. D’autres photomontages encore ont été diffusés sur les réseaux sociaux pour établir un rapprochement de Trump avec le Führer. Bien plus grave est le fait que Twitter censure le président des Etats-Unis. Cette censure a moins à voir avec ce qu’il écrit, qu’avec la signification qu’ont, aux yeux de Trump, ses messages quotidiens sur Twitter. Les médias établis le traitent avec une hostilité manifeste. Une étude de Harvard sur la campagne électorale de 2016 a montré qu’il n’était soutenu que par seulement 1,5% des médias d’influence aux USA. Par ses messages sur Twitter Trump s’est trouvé une voie de communication directe pour atteindre ses électeurs en contournant les médias. 60 millions d’Américains y lisent ses paroles non passées au filtre des médias. En novembre prochain aura lieu à nouveau une élection présidentielle. La censure de Twitter a cet objectif en vue ; c’est une tentative directe pour empêcher la réélection de Trump.

Mais revenons à Minneapolis: une majorité de 9 conseillers municipaux sur 13 a annoncé dimanche dernier, le 7 juin, vouloir supprimer dans son intégralité la police de la ville. Ce groupe est assez puissant pour rejeter un éventuel veto du maire. Quand ce dernier, au cours d’une manifestation, s’est dit plus tôt sceptique par rapport à cette suppression de la police, il a été hué et ses paroles accueillies aux cris de « Scandale ! Scandale! ». Si l’on s’en tient à la première annonce de cet hallucinant « nouveau-concept de sécurité »,  il faudrait à l’avenir, au lieu de policiers, engager des travailleurs sociaux et des pompiers contre les délinquants. Les 400000 habitants de la ville ne sont pas à envier,  – même s’ils ont eux-mêmes élu leurs représentants. Encore un élément à ce propos : jusqu’en 1959, les blancs représentaient à peu près 100% des habitants de Minneapolis; depuis ils sont moins de 55%. Le morcellement ethnique de la population va de pair avec un processus de désagrégation de la société que les récents événements ont dramatiquement illustré.

Les antifa

Contrairement a de nombreux groupes de droite qui, bien que pacifiques et démocratiques, sont fustigés comme « d’extrême droite » par les medias, le qualificatif « extrême » s’applique parfaitement aux antifa (abréviation de « Activistes antifascistes »). Ils sont essentiellement violents et leurs partisans, de manière latente, prêts à la violence. Mais c’est là un fait sur lequel les « medias dominants » en ces jours sont muets et qu’ils banalisent.

Les émeutes autour de George Floyd, qui ont lieu au cri de guerre « Black Lives Matter » sont devenues le racisme des « anti-racistes ». Il y aurait une sorte de soi-disant « bon » racisme, tentent de nous faire croire les médias. Qu’il vise violence, destruction et pillage est tout bonnement ignoré. Bien naïf celui qui pense qu’il n’y aurait derrière tout cela qu’une « indignation » spontanée. Le prétexte, pour les antifa, ne joue aucun rôle, car toutes les occasions sont bonnes pour étendre l’agitation et l’anarchie. Le problème réside moins dans les figures d’agitateurs aux marges de la société que dans ceux qui tirent les ficelles et les manœuvrent.

Les événements actuels dans des dizaines de villes des USA, mais aussi dans des villes européennes, confirment cette triste règle. Dans ce contexte surgissent, comme bailleurs de fonds, les noms habituels : George Soros et son Open Society Foundation ainsi que la Ford Foundation. On pourrait dire aussi que Wall Street a libéré les fonds qui ont permis la naissance de Black Live Matter (depuis le mot d’ordre jusqu’à l’organisation). Pour ces mêmes cercles, les autres grosses sommes (jusqu’à 100 millions de dollars pour la seule Fondation Ford) consacrées à ce projet politique qui a leur faveur sont un investissement plutôt qu’une dépense : il s’agit finalement de leur fondement. Elles dotent l’organisation de structures et de nombreux collaborateurs rémunérés pour en faire un outil de lobbying politique. Par là est aussi assurée, aux Etats-Unis, la rétro-action sur le parti démocrate et les médias de masse.

En d’autres termes, Black Lives Matter n’est qu’une organisation de plus parmi les innombrables autres de la soi-disant « société civile », que contrôlent en réalité une poignée de fondations de milliardaires. Des entreprises de conseil professionnel, comme par exemple Borealis Philanthropy, sont mises à la disposition de ces projets ; financées par les mêmes fondations, elles permettent une action internationale, bien organisée grâce à la mobilisation d’organisations satellites et grâce à leurs excellents relais dans les médias. Et cela, s’il le faut, en très peu de temps. C’est ainsi que des mouvements peuvent pour ainsi dire surgir du néant, même sur le plan international.

Toutes les villes où les émeutes ont été particulièrement violentes sont dirigées par la gauche, et cela également en Europe. Au premier regard, cela semble contradictoire. Mais il ne faut chercher ni raison ni objectivité. Les Antifa sont un mouvement extrémiste, aux motivations idéologiques. Les partis de gauche les voient comme leur clientèle et n’ont pas voulu rompre le fil qui les rattache à eux. De plus, les enfants de bon nombre de politiciens de gauche font partie des Antifa. Ce sont les gouvernements de gauche des villes qui tolèrent, depuis des dizaines d’années, les occupations illégales de bâtiments, quand ils ne les ont pas mis pas eux-mêmes à disposition, permettant ainsi la création de centres Antifa et de zones de non-droit. Ces points d’appui forment l’épine dorsale d’un réseau qui s’étend à tout le monde occidental et à l’Amérique Latine. Sous l’égide de ces administrations de gauche, l’Antifa reçoit la marge de manoeuvre dont elle a besoin pour son action.

En retour, les Antifa se font manoeuvrer comme la « troupe d’agitation » de la gauche Mainstream et activer en cas de besoin. La ville de Vienne a donné de cela un exemple significatif. Le très fastueux bal de l’opéra a été pendant des années l’ennemi archétypique de la gauche extrémiste et radicale. Chaque année, il y a eu, contre lui, des protestations violentes et bruyantes, relayées avec complaisance par la chaîne publique (rouge !) autrichienne. Mais depuis que de hauts dignitaires des verts fréquentent ce bal, que des figures de proue du SPÖ font de bonnes affaires avec le grand capital jadis honni, le scénario a changé du jour au lendemain. Les émeutes devant le bâtiment n’étaient plus souhaitables. Depuis 2008, le bal de l’opéra se déroule sans la moindre perturbation. La montée des verts était alors déjà bien en route. Depuis 2010, ils siègent dans le conseil municipal de Vienne ; depuis 2016 un Vert occupe la fonction de chef de l’Etat et, depuis 2019, un Vert est aussi vice-chancelier Il fallait alors offrir aux Antifa un substitut au siège annuel du bal de l’opéra pour les garder dans le coup et continuer à les contrôler. Ainsi, ceux qui tirent les ficelles, les ont-ils détournées sur le Ball des Wiener Korporationskrings, en abrégé Burschenschafterball qui a lieu depuis sous le nom Wiener Akademikerbal. Ce bal a pu pendant des dizaines d’années se dérouler sans encombres dans les salons du Hofburg de Vienne. Mais il est, depuis 2008, la cible de manifestations violentes. Cet exemple montre bien comment l’Antifa est pilotée, –  jusqu’en 1989 principalement par la Stasi depuis Berlin-Est.

La censure des médias

Dans le sillage de la prochaine campagne électorale de l’élection présidentielle aux USA, Twitter n’est pas seul à censurer Trump. Marc Zuckerberg, le patron de Facebook, autre important réseau social, est cloué au piloris, – par des intellectuels de gauche, par la quasi-totalité des medias hostiles à Trump et même, chose tout à fait notable, par certains de ses employés –  qui lui reprochent d’accorder à Trump une trop grande liberté de parole. Car, finalement, qui est  Marc Zuckerberg pour ne pas censurer Trump ? Déjà au lendemain du triomphe de Trump en novembre 2016, le New York Times avait rendu Facebook responsable de sa victoire.

Le New York Times prend aujourd’hui la tête du mouvement pour la réduction de la liberté d’opinion. Voici peu, James Bennet, chef de la section « Opinions » dans le media leader de la gauche libérale en a fait les frais : on lui a reproché d’avoir publié un billet du sénateur républicain de l’Arizona, Tom Cotton, qui, – quel scandale ! – avait critiqué les violences et les pillages lors des manifestations de soutien à George Floyd et recommandé, en cas de nécessité, l’engagement de l’armée pour venir à bout des insurgés. Le risque de laisser s’exprimer des opinions différentes a coûté son poste à Bennet. Les temps sont bien révolus, où le journal, au nom de son orientation à gauche, se faisait une gloire de promouvoir une large culture du débat.

D’autres medias suivent l’exemple de Twitter et du New York Times. La tolérance d’opinions divergentes devient de plus insupportable à la gauche mainstream. La réduction de l’ethos journalistique de l’information à la propagande est perceptible jusque parmi les publications de province. Une unique opinion des faiseurs d’opinion pèse de plus en plus sur les medias et le pays.

Au nom de la lutte contre le corona et de l’antiracisme, qui semble tout justifier, l’ambiance dans les rédactions les plus importantes s’oriente de plus en plus à gauche et prend à certains égards des caractères sectaires. Au début des restrictions imposées à cause du Covid, les gouvernements ont déclaré : « Que cela coûte ce que cela doit coûter ! » bien qu’ils n’eussent aucune idée de l’endroit où ils prendraient l’argent pour tenir des promesses aussi ronflantes. Il en va de même pour les médias et le contrôle de l’opinon « à tout prix ». Les conséquences négatives pour le système juridique et la liberté démocratique sautent aux yeux. On ne peut plus se contenter de les observer avec des sentiments mitigés : alors que les manifestations contre des mesures anti-covid disproportionnées étaient surtout le fait des plus de quarante ans de 40 ans, la jeunesse se laisse embarquer sur le char des Fridays for future ou des Antifa. S’il devait se cacher là, en fait, une question de générations, cela voudrait dire que l’avenir appartient au « prêt à penser », avec un succès qu’il faut regretter.

Le journal américain The Spectator demandait à ce propos ironiquement ce qui arrivait aux medias new-yorkais. Tandis que le chef de la section „Opinion“ du New York Times, malgré sa comptétence, était envoyé en „Mongolie intérieure“, les „Maoïstes“ de l’hebdomadaire New York interdisaient à leur meilleur auteur, Andrew Sullivan, d’écrire sur les émeutes. Manifestement, écrit le Spectator, la direction de la rédaction du magazine a peur que Sullivan „puisse évoquer le fait que pillages et violence sont mauvais“.

Sullivan lui-même a annoncé sur Twitter que son article ne paraîtrait pas parce que la rédaction lui avait interdit d’écrire sur les manifestations „anti-racistes“.

« Qui le First Amendment intéresse-t-il? Pas les maoïstes », écrit le Spectator. Une allusion au premier amendement à la constitution des USA qui protège la liberté d’opinion. De plus, Andrew Sullivan ne passe pas pour un « petit conservateur », lui qui est au contraire « un homme vraiment engagé à gauche – un homo favorable à Obama, convaincu que les « dangereuses fantaisies » de Trump menacent l’ Amérique. »

Sullivan qui est, depuis le début des années 90, un des éditorialistes les plus en vue aux USA et un des premiers bloggers, doit aujourd’hui soumettre ses contributions à l’approbation de journalistes de la nouvelle génération, beaucoup plus jeunes que lui mais « sensibles », – comprenez idéologisés–. Elles ne seront publiées qu’avec leur accord.

Il y a encore le cas de Stan Wischnowski, rédacteur en chef du Philadelphia Inquirer, un des plus célèbres journaux des USA, 191 ans au compteur et beaucoup de combats pour la liberté d’opinion. Son article du 2 juin « Buildings Matter too » (les bâtiments comptent eux, aussi), dans lequel il s’interrogeait la prétention à l’absolu du slogan « Black lives matter », lui fut fatal.

L’article a été supprimé et Wishnowki chassé. Sur le site du journal on trouve, au lieu de cet article, de grands salamalecs qui expliquent à quel point cet article était « insultant et inapproprié », si bien que « nous n’aurions pas dû le le publier ». Wischnowki, malgré un deuxième article dans lequel il s’excusait platement pour tout ce qu’il avait écrit dans le premier, n’a pas pu sauver son poste. 44 collaborateurs afroaméricains du journal avaient menacé de se faire porter malades et de de rester chez eux. Ainsi le sort de Wishnowski était-il scellé.

Une contribution de David Boardman, président de l’institution qui édite le Philadelphia Inquirer, dans le New York Times, a atteint au grotesque. Il y couvre d’éloges l’ex-rédacteur en chef qui vient d’être licencié, évoquant des décennies d’engagement pour « l’égalité des droits, la diversité et l’inclusion ». Tout cela ne compte manifestement plus dès lors qu’on se rend coupable de « succomber à un péché » contre le politiquement correct. Boardman a eu la sagesse d’éviter de mentionner la liberté d’opinion.

La jubilation du New York Times

Dans les « grandes rédactions des USA », -avec des effets visibles en Europe -la « révolte anti-racistes » est encore plus permanente que dans la rue, comme le New York Times le constate avec ravissement et enthousiasme. Avec plus de parti pris idéologique que jamais, le navire amiral de la gauche libérale mainstream prétend que l’enjeu est une « information neutre «  et que tout ce qui est diffusé par les medias dominants „qu’il s’agisse des races ou de Donald Trump »est porté par une plus grande morale.

Le Washington Post lui aussi vient à la rescousse : lorsqu’il s’agit de race et de racisme, « la valeur fondamentale doit être la vérité et pas la simple observation de l’objectivité ». Voilà la prétention affichée. Assez curieusement, cet appel solennel des médias dominants « sérieux » à la « vérité » débouche sur le fait fait que la violence n’est plus appelée « violence ». La revendication est inversée: on ne décrit plus la réalité mais plutôt une observation partisane et subjective de celle-ci. Là-derrière se cache la tentative perfide de dénoncer, comme partisan des « policiers blancs » de Minneapolis tous ceux qui persistent à appeler les choses par leurs noms et se risquent à la critique et que l’on tient pour responsable de la mort de George Floyd. Blanc et policier : il n’y a manifestement rien de pire .

Le 7 juin, Maurizio Molinari, depuis quelques semaines nouveau rédacteur en chef de la Repubblica, l’unique journal que le pape François a dit lire tous les jours, écrivait, avec prudence, quelques considérations importantes sur les événements :

« La majorité des Américains, – qu’ils soient démocrates ou républicains, de gauche ou de l’aile conservatrice – voient dans la mise à mort de Floyd (…) un danger que l’échec du rêve d’Obama prenne des dimensions telles qu’il menace l’héritage d’Abraham Lincoln et de Martin Luther King, dans la mesure où cet échec constitue une dérive vers le dégoût pour le prochain , ce qui signifie la négation des principes et de l’esprit de la constitution américaine ».

Il dit en fait, en employant le langage de la gauche libérale, que le « rêve » d’Obama –  vouloir réaliser un pays unifié au nom de l’idéologie de l’« anti-racisme » –  ne peut pas fonctionner, parce que le combat pour l’imposer en tant que doctrine d’état ferait forcément plonger les USA et leur sphère d’influence dans une intolérance de portée insoupçonnée. Que devrait être une « justice pour George Floyd », si une mobilisation sème le pillage dans les rues ou si on dissout le corps de police de Minneapolis. La direction politique de la ville soutient ainsi implicitement l’affrimation de l’extrême gauche selon laquelle la police serait fondamentalement « raciste » parce qu’elle est la police. Une telle attitude met en danger les structures de l’état et la justice. Qu’elle puisse trouver une majorité dans une ville de la taille de Minneapolis témoigne de manière effrayante à quel point la gauche politique se radicalise aux USA. Et, avec elle, des groupements dans tout le monde occidental.

Le New York Times applaudit à ce glissement à gauche et l’alimente aussi. Il applaudit la « fin de l’hypocrisie » dans le journalisme. Les journalistes de gauches ne devraient plus faire semblant et se cacher, mais au contraire exprimer tout à fait ouvertement leur opinion :

« Le changement des medias mainstream américains – porté par un jounalisme plus personnel et par des journalistes qui se sentent poussés à dire, sans crainte de s’aliéner les conservateurs, ce qu’ils tiennent pour vrai, semble à présent irréversible ».

Le combat pour la Maison Blanche et avec lui pour le monde occidental jette une ombre obscure, qui donne au jeu de couleurs « raciste » de cette phrase un tragique involontaire.

La page suivante (https://flinkfeed.com…) publie neuf vidéos avec des images des émeutes aux USA que les médias allemands n’ont pas montrées. Attention ! Personnes sensibles s’abstenir. Ceux, par contre, qui souhaitent une image plus complète de la réalité devraient les regarder.

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Entretien par Novopress le 17/07/2011

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