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Entraide et Tradition

Le Concile Vatican II, le seul texte du Magistère intouchable!

publié dans nouvelles de chrétienté le 23 septembre 2020


Mgr Carlo Maria Viganò évoque le tabou qui empêche toute critique théologique, sociologique et historique du Concile Vatican II


Mgr Carlo Maria Viganò poursuit sa série de réflexions sur le concile Vatican II. Plusieurs ont manqué à l’appel sur ce blog pour des raisons de temps : j’espère pouvoir y remédier. Dans l’immédiat, voici ma traduction (de travail) intégrale de son dernier texte paru ici ce jour sur One Peter Five, sur le thème de l’« intangibilité » de Vatican II qui commence à être remise en question, et sur ce que Mgr Viganò entend par « l’annulation » de ce concile. – J.S.

 
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 Vatican II serait-il intangible ?

 
Les commentaires publiés par Peter Kwasniewski sous le titre Pourquoi les critiques de Viganò à propos du Concile devraient être prises au sérieux m’ont fait forte impression. Cet article paru sur One Peter Five le 29 juin dernier (ici) est resté parmi les articles que j’aurais aimé commenter : je m’apprête à le faire maintenant, en remerciant l’auteur et la rédaction pour la place qu’ils voudront bien me laisser.

Il me semble tout d’abord que je peux partager pratiquement toute la teneur des propos de Kwasniewski : l’analyse des faits est extrêmement claire et lucide, et elle reflète exactement mes pensées. Et ce qui me fait particulièrement plaisir, c’est de constater qu’« à la suite à la publication de la lettre de Mgr Viganò du 9 juin et de ses interventions écrites ultérieures sur le même sujet, on a commencé à se demander ce qu’“annuler” le Concile Vatican II pourrait vouloir dire ».
Je trouve intéressant que l’on commence à remettre en question un tabou qui empêche toute critique théologique, sociologique et historique du Concile depuis près de soixante ans, d’autant que cette intangibilité réservée à Vatican II ne s’applique – selon ses partisans – à aucun autre document magistériel, ni même à la Sainte Écriture. Nous avons lu des discours interminables dans lesquels les défenseurs du Concile ont déclaré « dépassés » les canons du concile de Trente, le Syllabus du bienheureux Pie IX, l’encyclique Pascendi de saint Pie X, Humanae Vitae et Ordinatio Sacerdotalis de Paul VI. Même la modification du Catéchisme de l’Église catholique, par laquelle la doctrine sur la légitimité de la peine de mort a été revue au nom d’une « compréhension modifiée » de l’Évangile, montre que pour les Novateurs il n’y a pas de dogme, de principe immuable qui puisse être à l’abri de la révision ou de l’annulation : la seule exception est Vatican II, qui par sa nature – ex se, diraient les théologiens – jouit de ce charisme d’infaillibilité et d’inerrance qu’ils dénient à l’ensemble du depositum fidei.
J’ai déjà exprimé mon opinion sur l’herméneutique de la continuité théorisée par Benoît XVI et constamment reprise par les défenseurs de Vatican II qui – certainement de bonne foi – tentent de donner du Concile une lecture en harmonie avec la Tradition. Il me semble que les arguments en faveur du critère herméneutique proposé pour la première fois en 2005 (1) se limitent à une analyse purement théorique du problème, ignorant obstinément la réalité de ce qui se passe sous nos yeux depuis des décennies. Cette analyse part d’un postulat valide et recevable, mais dans ce cas concret, elle présuppose une prémisse qui n’est pas nécessairement vraie.
Le postulat est que tous les actes du Magistère doivent être lus et interprétés à la lumière de l’ensemble du corpus magistériel, en raison de l’analogia fidei (2) qui d’une certaine manière s’exprime également dans l’herméneutique de la continuité. Ce postulat suppose toutefois que le texte que nous nous apprêtons à analyser est un acte spécifique du Magistère, dont le degré d’autorité est clairement exprimé dans les formes canoniques envisagées. Et c’est là que réside la tromperie, c’est là qu’est tendu le piège. Car les Novateurs ont réussi à faire figurer trompeusement l’étiquette « sacrosaint concile œcuménique » sur leur manifeste idéologique, tout comme au niveau local les jansénistes qui ont manipulé le synode de Pistoie avaient réussi à camoufler avec autorité leurs thèses hérétiques, condamnées plus tard par Pie VI (3).
D’un côté, le catholique regarde la forme du Concile en considérant ses actes comme une expression du Magistère, et tente par conséquent d’en lire la substance, clairement équivoque quand elle n’est pas carrément erronée, conformément à l’analogie de la foi, en raison de cet amour et de cette vénération que nourrissent tous les catholiques envers la Mère Eglise. Ils ne peuvent pas comprendre que les Pasteurs aient pu être si négligents qu’ils leur aient imposé une adultération de la Foi, mais en même temps ils saisissent la rupture avec la Tradition, et cherchent comment faire pour justifier cette contradiction.
De l’autre côté, le moderniste s’intéresse à la substance du message révolutionnaire qu’il entend transmettre, et pour lui donner une autorité que celui-ci n’a pas et ne devrait pas avoir, il le « magistérialise » à travers la forme du Concile, en le faisant publier sous forme d’actes officiels. Il est bien conscient de passer en force, mais il se sert de l’autorité de l’Église – que de manière habituelle il méprise et rejette – pour rendre pratiquement impossible la condamnation de ces erreurs, dès lors qu’elles ont été ratifiées par la majorité des Pères synodaux, rien de moins. L’instrumentalisation de l’autorité à des fins contraires à celles dont elle tire sa légitimité est un stratagème astucieux : d’une part, cette autorité garantit une sorte d’immunité, un « bouclier canonique » aux doctrines hétérodoxes ou proches de l’hérésie ; d’autre part, elle permet de sanctionner ceux qui dénoncent ces déviations, en vertu d’un respect formel des normes canoniques. Dans le domaine civil, cette façon de procéder est typique des dictatures ; si cela s’est également produit au sein de l’Église, c’est parce que les complices de ce coup d’État n’ont aucun sens surnaturel, ne craignent ni Dieu ni la damnation éternelle et se considèrent comme des partisans du progrès investis d’un rôle prophétique qui les légitime dans toute leur méchanceté, tout comme les massacres de masse du communisme sont perpétrés par des responsables du parti convaincus de promouvoir la cause du prolétariat.
Dans le premier cas, l’analyse des documents conciliaires à la lumière de la Tradition se heurte au constat qu’ils ont été formulés de manière à faire apparaître clairement l’intention subversive de leurs rédacteurs, et conduit inévitablement à l’impossibilité de les interpréter dans le sens catholique, à moins d’affaiblir l’ensemble du corpus doctrinal. Dans le second cas, la conscience de la nouveauté des doctrines instillées dans les actes du Concile a nécessairement exigé le recours à  une formulation délibérément équivoque, précisément parce que c’est seulement en faisant croire qu’elles étaient cohérentes avec le magistère pérenne de l’Église qu’elles ont pu être faites siennes par l’assemblée ayant autorité qui devait les « dédouaner » et les diffuser.
Il convient de souligner que la seule nécessité de rechercher un critère herméneutique pour l’interprétation des actes du Concile met en évidence la différence de Vatican II par rapport à tout autre Concile œcuménique, dont les canons ne donnent lieu à aucun malentendu d’aucune sorte. L’objet de l’herméneutique peut être un passage peu clair de l’Écriture Sainte ou des Pères de l’Eglise, mais certainement pas un acte du Magistère, dont la tâche est précisément de dissiper ce manque de clarté. Pourtant, tant les conservateurs que les progressistes se retrouvent involontairement d’accord pour reconnaître qu’il existe une sorte de dichotomie entre ce qu’est un Concile et ce qu’est ce Concile – le concile Vatican II ; entre la doctrine de tous les Conciles et la doctrine exposée ou sous-entendue par ce Concile.
Mgr Pozzo, dans un texte récent où il cite également Benoît XVI, affirme à juste titre qu’« un Concile n’est tel que s’il demeure dans le sillage de la Tradition, et il doit être lu à la lumière de la Tradition tout entière » (4).  Mais cette affirmation, irréprochable du point de vue théologique, ne nous conduit pas nécessairement à considérer Vatican II comme catholique, mais plutôt – étant donné qu’il ne demeure pas dans le sillon de la Tradition et qu’il ne peut être lu à la lumière de l’ensemble de la Tradition sans dénaturer la mens qui l’a voulu – à nous demander s’il peut effectivement être défini comme tel. Cette question ne peut certainement pas trouver de réponse impartiale chez celui qui prétend orgueilleusement en être le partisan, le défenseur et le réalisateur. Et je ne parle évidemment pas d’une juste défense du Magistère catholique, mais seulement de Vatican II en tant que « premier concile » d’une « nouvelle église » qui prétend prendre la place de l’Église catholique, liquidée à la hâte en tant que préconciliaire.
Il y a aussi un autre aspect qui, à mon avis, ne doit pas être négligé : à savoir que le critère herméneutique – considéré dans le contexte d’une critique sérieuse et scientifique du texte – ne peut pas faire abstraction du concept que celui-ci veut exprimer : il n’est pas possible d’imposer une interprétation catholique à une proposition qui est en soi manifestement hérétique ou proche de l’hérésie, pour la seule raison qu’elle est incluse dans un texte déclaré magistériel. La proposition de Lumen Gentium : « Mais le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans qui, professant avoir la foi d’Abraham, adorent avec nous le Dieu unique, miséricordieux, futur juge des hommes au dernier jour » (LG, 16), ne peut avoir aucune interprétation catholique : avant tout parce que le dieu de Mahomet n’est pas un et trine, et en second lieu parce que l’islam condamne comme un blasphème l’Incarnation de la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité en Notre Seigneur Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme. Affirmer que « le dessein de salut enveloppe également ceux qui reconnaissent le Créateur, en tout premier lieu les musulmans » est en contradiction flagrante avec la doctrine catholique, qui professe de manière exclusive que l’Église catholique est la seule arche de salut. Le salut éventuellement obtenu par les hérétiques, et à plus forte raison par les païens, provient toujours et uniquement du trésor inépuisable de la Rédemption de Notre Seigneur dont l’Église est la gardienne, alors que l’appartenance à une autre religion est un obstacle à la quête de la béatitude éternelle. Celui qui se sauve, il se sauve à cause du désir au moins implicite d’appartenir à l’Église, et malgré son adhésion à une fausse religion : jamais en vertu de celle-ci. Car ce qui est bon en elle ne lui appartient pas, mais est usurpé ; et ce qui est mauvais en elle est ce qui la rend intrinsèquement fausse, puisque le mélange d’erreur et de vérité trompe plus facilement ses adeptes.
Il n’est pas possible de modifier la réalité pour la faire correspondre à un schéma idéal : si l’hétérodoxie de certaines propositions des documents du Concile (et de même, dans actes du magistère de Bergoglio) est mise en évidence par les faits, et que la doctrine nous enseigne que les actes du Magistère ne contiennent pas d’erreur, alors la conclusion n’est pas que ces propositions ne sont pas erronées, mais qu’elles ne peuvent pas faire partie du Magistère. Point.
L’herméneutique sert à clarifier le sens d’une phrase obscure ou apparemment en contradiction avec la doctrine, et non à en corriger la substance ex post. Une telle procédure ne donnerait pas une simple clef de lecture des textes magistériels, mais constituerait une intervention corrective, et donc l’aveu que dans cette proposition spécifique de ce document magistériel spécifique une erreur a été affirmée, qui doit être corrigée. Il faudrait alors expliquer non seulement pourquoi cette erreur n’a pas été évitée d’emblée, mais aussi si les Pères synodaux qui ont approuvé cette erreur et le Pape qui l’a promulguée avaient l’intention d’engager leur Autorité apostolique elle-même pour ratifier une hérésie, ou s’ils avaient plutôt voulu se prévaloir de l’autorité implicite découlant de leur propre rôle de Pasteurs pour l’avaliser sans appeler le Paraclet à la cause.
Mgr Pozzo admet : « La raison pour laquelle le Concile a été reçu difficilement réside dans le fait que deux herméneutiques ou interprétations du Conseil se sont trouvées confrontées, et qu’elles ont même coexisté de mode opposée. » Mais par ces mots, il confirme que le choix catholique d’adopter l’herméneutique de la continuité se conjugue avec le choix inédit de recourir à l’herméneutique de la rupture, dans un arbitraire qui témoigne de la confusion régnante, et – chose encore plus grave – du déséquilibre des forces en présence en faveur de l’une ou de l’autre thèse. « L’herméneutique de la discontinuité risque de déboucher sur une rupture entre l’Église pré-conciliaire et l’Église post-conciliaire et suppose que les textes du Concile en tant que tels ne seraient pas la véritable expression du Concile, mais le résultat d’un compromis », écrit Mgr Pozzo. Mais c’est là très exactement la réalité, et nier cela ne résout en rien le problème, mais l’exacerbe plutôt, en refusant de reconnaître l’existence du cancer alors même qu’il a désormais atteint sa métastase très évidente.
Les affirmations de Mgr Pozzo selon lesquelles le concept de liberté religieuse exprimé dans Dignitatis humanae ne contredit pas le Syllabus de Pie IX (5) montrent que le document du Conseil est en soi délibérément équivoque. Si ses rédacteurs avaient voulu éviter cette ambiguïté, il aurait suffi d’indiquer dans la note la référence aux propositions du Syllabus ; mais cela n’aurait jamais été accepté par les progressistes, qui précisément pouvaient s’appuyer sur l’absence de références au Magistère précédent pour insinuer une mutation de la doctrine. Et il ne semble pas que les interventions des Papes post-conciliaires – et leur propre participation, y compris in sacris, à des cérémonies non catholiques voire païennes – aient jamais corrigé l’erreur propagée à la suite de l’interprétation hétérodoxe de Dignitatis humanae. À y regarder de plus près, la même méthode a été adoptée dans la rédaction d’Amoris laetitia, dans laquelle la discipline de l’Église en matière d’adultère et de concubinage public était formulée de telle sorte qu’elle pouvait théoriquement être interprétée au sens catholique, alors que dans les faits elle a été précisément accueillie dans le seul et unique sens hérétique évident qu’on cherchait à répandre. C’est si vrai que la clef de l’interprétation souhaitée par Bergoglio et par ses exégètes au sujet de la communion pour les divorcés a été érigée ad interpretatio authentica dans les Acta Apostolicae Sedis (6).
L’objectif des défenseurs publics de Vatican II apparaît comme une épreuve de Sisyphe : à peine parviennent-ils, au prix de mille efforts et de mille distinctions, à formuler une solution apparemment raisonnable qui ne touche pas directement leur petite idole, voici qu’immédiatement leurs paroles sont désavouées par les déclarations en sens contraire d’un théologien progressiste, d’un prélat allemand, de François lui-même. Ainsi, le rocher conciliaire roule à nouveau vers la vallée, où la gravité l’attire, là où est sa place naturelle.
Il est évident que, pour le catholique, un Concile est ipso facto d’une telle autorité et importance qu’il accepte spontanément ses enseignements avec une dévotion filiale. Mais il est tout aussi évident que l’autorité d’un Concile, des Pères qui approuvent ses décrets et des Papes qui les promulguent, ne rend pas moins problématique l’acceptation de documents qui sont en contradiction flagrante avec le Magistère, ou du moins l’affaiblissent. Et si cette problématique persiste après soixante ans – en parfaite cohérence avec la volonté délibérée des Novateurs qui ont préparé les documents et influencé les protagonistes – nous devons nous demander quel est l’obex, l’obstacle insurmontable qui nous oblige, contre toute raison, à considérer par force comme catholique ce qui ne l’est pas, au nom d’un critère qui vaut uniquement et exclusivement pour ce qui est certainement catholique.
Il doit être clair que l’analogia fidei s’applique aux vérités de la Foi, précisément, et non à l’erreur, puisque l’unité harmonieuse de la Vérité dans toutes ses articulations ne peut pas chercher la cohérence avec ce qui lui est opposé. Si un texte conciliaire formule un concept hérétique ou proche de l’hérésie, il n’existe aucun critère herméneutique qui puisse le rendre orthodoxe, simplement parce que ce texte fait partie des actes d’un Concile. Nous savons très bien quelles tromperies et quelles manœuvres habiles ont été mises en place par des conseillers et des théologiens ultra-progressistes, avec la complicité de l’aile moderniste des Pères. Et nous savons bien avec quelle connivence Jean XXIII et Paul VI ont approuvé ces coups de main, en violation des normes qu’ils avaient eux-mêmes approuvées.
Le vice substantiel consiste donc à avoir frauduleusement conduit les Pères du Concile à approuver des textes équivoques – qu’ils considéraient suffisamment catholiques pour mériter leur placet – puis à utiliser cette même ambiguïté pour leur faire dire exactement ce que les Novateurs voulaient. Ces textes, aujourd’hui, ne peuvent être modifiés en substance pour les rendre orthodoxes ou plus clairs : ils doivent simplement être rejetés – sous les formes que l’autorité suprême de l’Église jugera opportunes en temps voulu – parce qu’ils sont entachés d’une intention malveillante. Et il faudra également établir si un événement anormal et désastreux comme Vatican II peut encore mériter le titre de Concile œcuménique, alors que son hétérogénéité par rapport aux précédents est universellement reconnue. Une hétérogénéité si évidente qu’elle exige précisément le recours à l’herméneutique, ce dont aucun autre Concile n’a jamais eu besoin.
Il faut noter que ce mécanisme inauguré par Vatican II a connu une recrudescence, une accélération, voire un essor sans précédent avec Bergoglio, qui a délibérément recours à des expressions imprécises, astucieusement formulées en dehors du langage théologique, précisément dans l’intention de démanteler morceau par morceau ce qui reste de la doctrine, au nom de l’application du Concile. Il est vrai que chez Bergoglio, l’hérésie et l’hétérogénéité par rapport au Magistère sont évidentes et presque éhontées ; mais il est tout aussi vrai que la Déclaration d’Abu Dhabi ne serait pas concevable sans la prémisse de Lumen gentium.
Peter Kwasniewski déclare à juste titre : « Ce qui fait que Vatican II mérite singulièrement d’être répudié, c’est le mélange, l’enchevêtrement d’éléments excellents, bons, indifférents, négatifs, génériques, ambigus, problématiques, erronés, le tout dans des textes d’une longueur démesurée. » La voix de l’Église, qui est la voix du Christ, est au contraire cristalline et sans équivoque, et ne peut pas tromper ceux qui font confiance à son autorité. « C’est pourquoi le dernier concile est absolument irrécupérable. Si le projet de modernisation a entraîné une perte massive de l’identité catholique, voire de la compétence doctrinale de base et de la morale idem, la meilleure façon de s’en sortir serait de rendre un dernier hommage au grand symbole de ce projet, et de le voir enterré. »
Je conclurai en rappelant un fait qui me semble très significatif : si les Pasteurs s’étaient engagés avec la même force que celle déployée depuis des décennies pour défendre Vatican II et « l’Eglise conciliaire », pour réaffirmer et défendre toute la doctrine catholique, ou ne serait-ce que pour promouvoir auprès des fidèles la connaissance du Catéchisme de Saint Pie X, la situation du corps ecclésial serait radicalement différente. Mais il est également vrai que les fidèles éduqués dans la fidélité à la doctrine se seraient armés de fourches pour accueillir les falsifications des Novateurs et de leurs protecteurs. Peut-être l’ignorance du peuple de Dieu était-elle voulue, précisément pour que les catholiques ne se rendent pas compte de la fraude et de la trahison dont ils ont été victimes, tout comme le préjugé idéologique qui pèse sur le rite tridentin ne sert qu’à empêcher que l’on puisse avoir un élément de comparaison avec les aberrations des cérémonies réformées.
L’effacement du passé et de la Tradition, le reniement des racines, la délégitimation de la dissidence, l’abus d’autorité et le respect apparent des règles, ne sont-ils pas l’élément récurrent de toutes les dictatures ?
+ Carlo Maria Viganò, archevêque
 
21 septembre 2020
Saint Matthieu, apôtre et évangéliste
Notes
(2) CEC, 114 : « Par “analogie de la foi” nous entendons la cohésion des vérités de la foi entre elles et dans le projet total de la Révélation. »
(3) Il est intéressant de noter que même dans ce cas, sur les 85 thèses synodales condamnées par la Bulle Auctorem fidei, celles qui étaient totalement hérétiques n’étaient qu’au nombre de sept, tandis que les autres ont été définies comme « schismatiques, erronées, subversives de l’ordre hiérarchique, fausses, téméraires, pernicieuses, injurieuses pour l’Eglise et son autorité, conduisant au mépris de la dignité des sacrements et des pratiques de la Sainte Eglise, injurieuses pour la piété des fidèles, de nature à troubler l’ordre des Eglises, le ministère ecclésiastique, le repos des esprits ; contraires aux décrets du concile de Trente, injurieuses pour la vénération due spécialement à la bienheureuse Vierge, et le droit des conciles généraux ».
(5) « Mais dans le même temps, Vatican II reconfirme dans Dignitatis humanae que l’unique vraie religion subsiste dans l’Eglise catholique et apostolique, à laquelle le Seigneur Jésus confie la mission de la communiquer à tous les hommes (DH, n° 1), et ce faisant il nie le relativisme et l’indifférentisme religieux, également condamné par le Syllabus de Pie IX. »
(6) https://lanuovabq.it/it/lettera-del-papa-ai-vescovi-argentini-pubblicata-sugli-acta.

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