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L’Annonciation de la BVM

L’Annonciation de la BVM

publié dans paroisse saint michel le 25 mars 2010


Prédication pour l’Annonciation

 

J’établis un principe certain : l’estime que l’on porte pour une chose ou pour une personne est en proportion de la qualité de la chose ou de la personne.

 

J’appliquerai ce principe à Notre Dame. Ainsi je nourrirai notre dévotion. Ainsi j’en trouverai le fondement sûr.

 

L’estime que l’on porte pour une chose est en proportion de la qualité de la chose.

 

C’est parce que la chose est belle, c’est parce qu’elle est de qualité qu’elle est estimée.
C’est parce que la Joconde de Léonard de Vinci est merveilleuse de beauté que j’aime la contempler, la regarder. J’en apprécie la beauté, la noblesse, l’aspect agréable ; plaisant. Son visage est heureux. Il exprime une certaine sérénité. Son sourire est merveilleux. Son maintien est noble. Ses mains très fines sont élégantes.
Cet ensemble de qualités, sans oublier les couleurs, m’oblige à l’admirer, à l’estimer.

 

Oui ! L’estime que l’on porte à une chose est proportionnée à la qualité de la chose.

 

J’admire la « pietas » de Michel Ange parce je vois dans cette œuvre un chef d’œuvre. J’admire la jeunesse de la Vierge, symbole ou expression de sa Virginité ou de sa pureté. Je remarque le visage de NSJC, il  n’exprime aucune souffrance. Le visage de Marie n’exprime également aucune tristesse. Elle est simplement recueillie et semble accepter la sainte volonté divine. Cette œuvre de Michel Ange est simplement admirable. Elle a été reconnue par tous comme le chef-d’œuvre de Michel Ange, taillé dans un seul bloc.
Je l’admire parce que c’est une œuvre de qualité.
Là aussi je peux conclure que l’estime que l’on porte à une chose est en proportion de la qualité de la chose.

 

L’objet doit être de qualité pour être admiré.

 

Mais j’ajouterai une autre considération sur l’estime d’une chose. L’estime d’une chose suppose également une certaine connaissance, une certaine sensibilité. Il faut que celui qui estime la chose, qui la contemple, soit sensible à la beauté. La beauté se cultive. Son sens se développe. Ce développement du sens et du goût du beau fait appel à l’intelligence, à la connaissance, à la culture. On estimera d’autant plus l’objet regardé que l’on aura un certain goût du beau, du noble. On aura d’autant plus de plaisir d’écouter un chant, une musique, le « boléro » de Ravel, que l’on aura une certaine sensibilité musicale, une certaine « esthétique ». Cette sensibilité se cultive. C’est là une activité intellectuelle. Je veux dire, ici, que si l’estime d’une chose dépend de la qualité de la chose contemplée ou écoutée, il faut aussi, du côté du sujet qui contemple, une certaine « adaequatio » à la chose. Toute œuvre d’art est une œuvre de l’intelligence et de l’artiste et du contemplant. Vous ne ferez pas goûter la musique « classique » à un « cerveau » qui du matin au soir n’entend que du « rock hard ». Sa sensibilité est déformée. Il ne comprendra pas la beauté de la chose. Une civilisation qui ne cultive que le laid, que le bruit se ferme définitivement à l’estime d’une chose , à la beauté de la chose…Vous en faites un « destructeur » né , un « révolutionnaire ». C’est gravissime. Un siècle de barbares que nos politiques nous préparent avec cette immigration non contrôlée et refusant par principe toute véritable assimilation à la culture de l’Occident chrétien est incapable d’estimer les choses belles. Ils les détruiront, comme les « révolutionnaires de 89 » ont détruit mille chefs-d’oeuvre

 

Ainsi l’estime d’une chose requiert deux principes : la beauté de la chose et le goût intellectuel qu’une éducation peut développer. Heureusement.

 

Il en est de même pour les personnes.

 

Les personnes sont estimées en proportion de leurs amabilités, de leurs beautés morales. Plus une personne est digne, plus elle est estimée. Plus elle est estimable. Certes, il peut se trouver des situations où la personne digne ne soit pas estimée. Il s’est trouvé dans l’histoire de nombreux héros dont l’héroïcité des vertus ne fut pas reconnue. Je pense à Sainte Jeanne d’Arc. Il fallut attendre cinq siècles, je crois, pour que Saint Pie X la mette sur les autels de la Chrétienté. A notre époque, il en est de même pour Mgr Lefebvre dont nous commémorons aujourd’hui même la mort. Mgr Lefebvre, ce défenseur de la messe et de la cité catholique fut méprisé, alors qu’il était hautement estimable et donc digne d’estime. Mais s’il ne fut pas estimé par ceux qui auraient du l’estimer, par ses pairs, ce fut là une injustice. Car, de soi, toute personne estimable doit être estimée. C’est une question de justice. La justice est de rendre à chacun son dû « ad aequalitatem ». Si donc la personne est noble, digne, forte, restauratrice du sacerdoce catholique, de la messe catholique, comme le fut Mgr Lefebvre, il aurait du être estimé, estimé en proportion de ses qualités et du rôle éminent dans le sein de l’Eglise, pour le bien de l’Eglise.

 

Mais là aussi, il faut une certaine intelligence de la personne, de son œuvre. Il ne faut pas être touché par ce miroir déformant du modernisme qui, malheureusement, a touché certaines autorités ecclésiales. Comme le disait un jour Paul VI, les fumées de Satan sont entrées dans l’Eglise. Par quelles fissures ? Par les doctrines modernistes. Pour comprendre une personne estimable, il faut nécessairement rompre avec toutes idéologies, avec tout sectarisme qui est une sclérose de l’intelligence. L’estime d’une personne, comme d’une chose, est affaire d’intelligence et d’honnêteté morale. Rendre à chacun son du « ad aequalitatem », « Adaequalitatem » : c’est-à-dire que plus une personne est digne, aimable plus elle doit être estimée.

 

Fort de ces principes vrais, nous nous tournons vers Notre Dame.
Nous lui devons un culte d’hyperdulie en raison de sa dignité.

 

Sa dignité en elle-même ! Elle fut seule jugée digne d’être la Mère de Dieu en raison de son « Immaculée Conception », immaculée, sans la moindre tache du péché originel. Sa dignité de « Mère de Dieu », cette qualité, suffit à elle seule pour que nous l’admirions, l’estimions. Cette qualité à elle seule suffit pour que l’Eglise nous dise qu’elle est digne d’un culte spécial, un culte dit « dyperdulie », un culte qui lui est du à elle seule. C’est une question de justice. Nourrir piété et honneur à l’égard de ND est une affaire de cœur et d’intelligence. Mais parce que c’est une affaire de justice, et donc de connaissance, je veux dire : la connaissance y a sa part. A notre Dame est du l’estime et l’amour parce qu’elle est estimable, et digne d’être aimée. Elle est unique dans cette estime parce qu’elle est unique dans sa relation avec Dieu : elle est l’unique Mère de Dieu.

 

Sa dignité, non seulement dans son être, mais aussi dans son rôle. Par son Fiat elle a permis l’Incarnation, la Rédemption. Elle a permis le salut du genre humain. Elle est la nouvelle Eve. « Salut étoile de la mer, Mère nourricière de Dieu « Dei mater alma…Felix coeli porta ». « Heureuse porte du ciel ». Elle l’est, elle qui nous donna Celui qui, par sa Passion, ouvrit les portes du Ciel . « Mutans Hevae nomen » : Vous avez changé le nom d’Eve. Eve, la première, fut pour la perte du genre humain. Vous êtes pour le salut du genre humain nous donnant par votre « oui » le Sauveur, Celui qui est le seul Sauveur. De qui nous devons tout, de qui nous recevons tout : et la parole de vie, et le pain eucharistique. Et l’Eglise qui nous garde jalousement tous les bienfaits de l’Evangile dont nous nous souviendrons tout particulièrement et le Jeudi Saint et le Vendredi saint et lors de la Veillée pascale. La grâce sanctifiante que recevrons nos baptisés de Pâques vient du Christ, de sa Passion ,de sa Résurrection…mais par la médiation de Marie et de son Fiat que nous voulons faire sonner dans notre cœur aujourd’hui. Souvenez-vous des merveilleuses paroles de saint Bernard…S’il faut les citer un jour, c’est bien aujourd’hui :

 

« O vierge, vous avez entendu l’annonce de ce qui va se faire et l’Ange vous a dit comment cela se doit faire ; des deux côtés il y a de quoi vous étonner et vous réjouir. Réjouissez-vous donc, fille de Sion, fille de Jérusalem, livrez-vous à toute votre allégresse. Mais puisque vous avez entendu une nouvelle qui vous comble de joie et bonheur, dites donc à votre tour les paroles que nous appelons de tous nos voeux, afin que nos os humiliés tressaillent d’allégresse. Oui, vous avez entendu la merveille annoncée et vous y avez cru, croyez aussi à la manière dont elle doit s’accomplir. On vous a dit que vous allez concevoir et que vous enfanterez un fils; on vous a dit aussi que ce ne serait point par l’opération d’un homme mais par celle du Saint-Esprit; l’Ange maintenant n’attend plus que votre réponse, il faut qu’Il retourne à Dieu. O Notre Dame, nous attendons aussi cette réponse de miséricorde, nous pauvres malheureux qui gémissons sous le coup d’une parole de damnation. Le prix de notre salut est entre vos mains, nous sommes sauvés si vous daignez consentir. Créatures du Verbe éternel de Dieu, nous périssons tous, une parole de votre bouche nous rend à la vie et nous sauve. Adam et sa triste postérité condamnés à l’exil, Abraham, David, les autres Pères, je veux dire vos propres aïeux, qui sont aussi plongés eux-mêmes, dans les ombres de la mort, vous supplient de consentir. Le monde entier à vos genoux, attend votre consentement. De vous, en effet, dépend la consolation des affligés, la rédemption des captifs, la délivrance des coupables, le salut des enfants d’Adam, de votre race toute entière. Dites, ô Vierge dites cette parole si désirée, si attendue par la terre et par les Cieux, par les enfers eux-mêmes. Le Roi des rois que vous avez charmé par votre beauté, n’attend aussi lui-même qu’un mot de réponse de vos lèvres pour sauver le monde. Celui à qui vous avez plû par votre silence sera bien plus touché d’un mot tombé de vos lèvres; l’entendez-vous, en effet, vous crier du haut du Ciel:  » O vous, ma belle entre toutes les femmes, faites-moi entendre votre voix (Cant., II, 14).  » Si vous la lui faites entendre, il y répondra en vous faisant voir notre salut. N’est-ce point ce que vous vouliez, ce que vous appeliez avec des gémissements et des larmes, ce qui vous faisait soupirer le jour et la nuit ? Eh quoi? êtes-vous celle à qui la promesse en a été faite ou faut-il que nous attendions une autre ? Non, non, c’est bien à vous, et ce n’est point une autre qui doit venir. Oui, c’est vous qui êtes la femme promise, la femme attendue, la femme désirée, celle en qui un de vous ancêtres, le saint homme Jacob, à son lit de mort, mettait toutes ses espérances de salut quand il s’écriait:  » Seigneur, j’attendrai votre Sauveur (Gen. XLIX, 18);  » Oui, vous êtes la femme en qui et par qui Dieu même, notre Roi a résolu, avant tous les siècles, d’opérer notre salut sur la terre. Pourquoi attendriez-vous d’une autre femme ce qui vous est offert à vous-même ? Pourquoi, dis-je, attendriez-vous par une autre ce qui va se faire par vous, si vous y consentez, si vous dites un mot. Répondez donc bien vite à l’Ange et par l’Ange au Seigneur. Dites une parole et recevez son Verbe ; que votre parole qui ne subsiste qu’un instant se fasse entendre et vous concevrez la Parole de Dieu, son Verbe éternel. Qui vous retient? Que craignez-vous ? Croyez, consentez et concevez. Que votre humilité se rassure, que votre timidité ait confiance. Il ne faut pas que la simplicité de la vierge oublie la prudence. En cette circonstance, ô Vierge prudente, vous ne devez pas craindre de trop présumer de vous, si votre réserve a plu par son silence, maintenant ii est nécessaire que votre charité parle. Ouvrez donc, ô Vierge bénie, votre cœur à la confiance, vos lèvres au consentement, et votre sein à son Créateur. Le Désiré des nations est là à votre porte, il frappe. S’il passe outre parce que vous le ferez attendre, vous gémirez de nouveau après Celui que votre cœur aime! Levez-vous donc, courrez au devant de lui, hâtez-vous de lui ouvrir. Levez-vous dis-je, par la foi, courrez par la prière, ouvrez par le consentement ».

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