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Asia Bibi : Les Evêques du Pakistan adresse un appel au Pape Benoît XVI

publié dans flash infos le 15 novembre 2010


Asia Bibi : Les Evêques du Pakistan adresse un appel au Pape Benoît XVI

 

Asia Bibi

« Nous adressons un appel éploré au Saint-Père Benoît XVI afin qu’il puisse prier, intercéder et se prodiguer en faveur d’Asia Bibi, la chrétienne condamnée à mort injustement pour blasphème. Nous demandons que lui soit garanti le pardon et qu’elle soit libérée. Nous invitons la communauté internationale à hausser le ton, à faire des pressions et à œuvrer à tous les niveaux en faveur du salut de cette femme qui est innocente. Nous disons à toutes les mères pakistanaises : Asia est une maman comme vous, défendez-la, ne permettez pas que ses enfants deviennent orphelins » : c’est ce que déclare à l’Agence Fides S.Exc. Mgr Bernard Shaw OFM, Evêque auxiliaire de Lahore, le diocèse où s’est vérifié le cas d’Asia Bibi, la première femme pakistanaise chrétienne condamnée à mort pour blasphème.

L’Evêque déclare à Fides espérer en l’action et en la mobilisation de l’opinion publique de la société civile pakistanaise « au sein de laquelle existent des organisations chrétiennes et musulmanes qui travaillent pour la paix et l’harmonie, pour lutter contre le fanatisme religieux et affaiblir la polarisation entre les différentes communautés ». Le cas d’Asia Bibi est « un authentique outrage à la dignité humaine et à la vérité. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour que la sentence soit modifiée en appel près la Haute Cour de Lahore » a déclaré à Fides Peter Jacob, Secrétaire exécutif de la Commission « Justice et Paix », signalant au moins cinq autres cas de fausses accusations de blasphèmes et de violations des droits de l’homme au cours des deux derniers mois seulement.

S.Exc. Mgr Joseph Coutts, Vice-Président de la Conférence épiscopale et héraut de la campagne en faveur de l’abolition de la loi en question s’arrête lui aussi sur les problèmes créés au sein de la société pakistanaise par la loi sur le blasphème, annonçant l’engagement de l’Eglise du Pakistan « pour soutenir la famille d’Asia Bibi et toutes les familles injustement frappées par cette loi ».

« Le danger – explique l’Evêque à Fides – vient de l’abus de cette loi. En demandant son abrogation, nous ne voulons pas encourager ceux qui désacralisent le nom du Prophète. Nous déplorons ce qui se passe en ce qui concerne l’application de la loi : toutes les excuses sont bonnes : si l’on veut frapper un adversaire ou un ennemi, on l’accuse de blasphème ». La loi se prête à de tels abus parce qu’elle ne prévoit pas la charge de la preuve pour l’accusateur : il suffit d’un témoignage ou d’une déclaration. « Et souvent, on a pu vérifier que les accusations sont totalement fausses » remarque-t-il. « L’Eglise – conclut l’Evêque – en demande l’abolition mais il est difficile que cela arrive au Parlement en ce qui l’on touche là un sujet qui suscite de fortes émotions. Les leaders religieux musulmans disent que la loi sert à protéger l’honneur du Prophète. Le gouvernement devrait au moins accomplir une démarche sérieuse afin de prévenir et de contrôler la prolifération de fausses accusations, qui frappent souvent les chrétiens mais également les citoyens musulmans. Les hommes politiques subissent cependant des pressions de la part des groupes islamiques radicaux et ceci au niveau des autorités locales et de la police. La situation se trouve donc dans une impasse ». (PA)

Mobilisation des avocats musulmans et des militants des droits de l’homme en faveur d’Asia Bibi

La société civile au Pakistan – et non seulement les communautés chrétiennes – se mobilise actuellement en faveur d’Asia Bibi, la première femme chrétienne condamnée à mort pour blasphème. « Nous soutenons Asia Bibi et nous organiserons une vaste campagne de protestation en sa faveur. Nous ferons tout ce qui est nécessaire au niveau légal pour que le jugement soit complètement réformé en appel par la Haute Cour de Lahore. Son cas est emblématique de l’abus de la loi sur le blasphème aux dépens des minorités religieuses. Il s’agit de violations flagrantes des droits de l’homme », déclare à l’Agence Fides Mehdi Hasan, journaliste et universitaire, Président de la « Human Rights Commission of Pakistan » (HRCP), l’une des ONG les plus importantes et les plus répandues au sein de la société pakistanaise. « En tant que Commission pour les Droits de l’homme, nous mènerons des enquêtes soigneuses et crédibles sur ce cas. Je peux déjà dire que tous les cas enregistrés pour blasphème sont basés sur de fausses accusations, et sont le fruit de la haine interreligieuse ou du sectarisme. Nous n’avons aucune confiance dans l’enquête annoncée par le gouvernement par le biais du Ministre chargé des Minorités religieuses », remarque Hasan. « Depuis des années – conclut-il – nous demandons l’abolition de cette loi qui est un mauvais héritage du passé : elle fut voulue par le Général Zia afin de faire taire l’extrémisme religieux. Des cas comme celui d’Asia Bibi imposent de poursuivre notre engagement ».

Aslam Khaki, avocat connu et chercheur musulman, se déclare lui aussi favorable à l’abrogation de la loi, racontant devoir souvent défendre des citoyens faussement accusés de blasphème « seulement pour des motifs d’hostilité religieuse ou de sectarisme ». Dans le cas d’Asia Bibi, Aslam Khaki se déclare prêt à assurer gratuitement sa défense et suggère un double appel : l’un devant la Haute Cour de Lahore, dans le cadre duquel pourra être demandé à l’accusation de présenter des preuves concrètes et l’autre devant la « Federal Sharia Court » attendu que « la loi islamique elle-même interdit la peine de mort à l’encontre des femmes et des non musulmans ». « La loi sur le blasphème devrait être abolie – remarque-t-il dans un entretien avec Fides – mais le gouvernement est faible et s’il essayait de le faire, les groupes radicaux islamiques descendraient dans la rue. Ce qui peut se faire pour l’instant est de modifier au moins les procédures légales : pour enregistrer officiellement une plainte pour blasphème, un témoignage ne devrait pas suffire mais des preuves concrètes devraient être présentées. Cela constituerait déjà un progrès et éviterait beaucoup de souffrance ». L’avocat explique à Fides : « Au niveau juridique, il faut remarquer que la Cour d’appel renverse 95% des condamnations pour blasphème infligées en premier degré. Le système juridique national reconnaît donc le manque de fondement des accusations. Mais entre temps, nombre de personnes souffrent, victimes de discriminations, de menaces de mort et d’années de prison ». (PA)

Sources : Agence Fides

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