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Ecce Dominus veniet

publié dans paroisse saint michel le 26 novembre 2010


Prédication pour le premier dimanche de l’Avent

Ecce Dominus veniet
Voici que viendra le Seigneur

Il me plait, en ce premier dimanche de l’Avent, qui ordonne tous nos regards vers le Christ Seigneur, de confesser notre foi en Lui. Opposant, comme il sied, la lumière aux ténèbres, la vérité au mensonge, la foi à la perfidie, l’amour à la haine, l’adoration à l’impiété, devant Dieu, ensemble, en cette belle petite église de Rolleboise, qui chaque dimanche entend nos acclamations joyeuses, théologales, nous confessons mille et mille fois notre foi et déclarons :

Que Jésus-Christ, vrai homme et réellement l’un des nôtres, notre parent et notre frère, semblable à nous en toutes choses hormis le péché, issu d’Adam par Abraham et par le roi David, conçu de la toute pure Marie toujours vierge, non par le concours de l’homme, mais par l’ineffable opération du Saint Esprit survenu en elle, le jour de l’Annonciation où l’Ange Gabriel se fit entendre et lui dit : « Je vous salue Marie, pleine de Grâce, le Seigneur est avec vous »…

Nous confessons qu’Il est né d’elle ensuite, selon que la prophétie l’annonçait et que la très véridique histoire le raconte en nos saints évangiles, au temps – en la « pax romana » – et à l’heure et en la manière qu’il avait plu à Dieu de fixer, à savoir, à Bethléem de Juda, en une crèche dans d’humbles conditions, n’ayant pu trouver ni parenté ni amis à la ville, dans une nuit étoilée, à minuit. C’est alors que le chant des anges entonnait pour la première fois, mais ensuite pour toujours, et avec quel ravissement, le merveilleux « Gloria in Excelsis Deo » attirant, là, les bergers alors à la garde de leur troupeau, tout proche.

C’est à bon droit que ce chant fut chanté sur cet enfant, au dessus de son berceau, car nous confessons que Jésus Christ est le vrai, le propre, l’unique Fils de Dieu, non son fils adoptif, comme nous le sommes par grâce suite à son œuvre rédemptrice, non son fils putatif comme on dit qu’il l’était de Joseph, non un fils accidentel et survenu, mais son propre Fils engendré nécessairement et de toute éternité, consubstantiel au Père qui l’engendre, son égal en toutes choses et son semblable en toute manière, étant l’éclat de sa lumière, « la splendeur de sa gloire », comme le dit saint Paul aux Hébreux (Hb 1 3), ou encore le « caractère de sa substance », l’image de sa bonté, partant « vie de vie, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu », comme nous le fait dire le Symbole de Nicée.

Nous confessons aussi que par miséricorde et une grâce ineffable, le Père plein d’amour et de clémence, comme nous le disons dans les trois premiers mots du canon romain « Te igitur clementissime Pater…, a daigné envoyé son Fils unique dans le monde. « Dieu a tellement aimé le monde qu’il envoya son Fils unique » (Jn 3 16) Alors celui-ci s’étant fait chair, restant ce qu’il était, Dieu, s’unissant à ce qu’il avait fait, l’humaine nature, , ce Fils de toutes les complaisances du Père, a bénignement paru parmi nous comme vrai Dieu en un homme véritable, qui porta devant les hommes et devant les anges, par volonté expresse du ciel, le nom de Jésus : « Tu lui donneras le nom de Jésus » qui veut dire Sauveur. Et c’est ce mystère de l’Incarnation que nous adorerons le saint jour de Noël. Par cette profession de foi nous voulons déjà y préparer nos cœurs… Par là, Il est devenu le commencement des voies de sainteté, le premier-né de toutes les créatures et le chef non seulement des hommes mais des anges (Col 1 15 18). « En Lui, la plénitude de la divinité habite corporellement » comme le dit saint Paul aux Colossiens (Col 2 9). C’est par Lui et pour Lui que toutes choses existent. C’est en Lui qu’avant la fondation du monde et quand les siècles n’étaient pas encore, Dieu nous a prédestinés, élus, gratifiés et bénis de toute bénédiction spirituelle (Eph 1 3). C’est en Lui qu’il a plu au Père de restaurer, de résumer et de couronner toutes choses. C’est en Lui par conséquent que tout a sa consistance (Col 1 17), soit les réalités invisibles du ciel, soit les réalités visibles de la terre. Et Dieu l’a institué héritier de toutes choses (Hb 1 2), prince des siècles, Roi des rois, Seigneur des seigneurs (Apo 19 16). Il lui a tout remis dans les mains (Jn 13 3). « Tout remis entre ses mains » : c’est Notre Seigneur, lui-même, qui le dit dans l’Evangile de saint Jean : « Avant la fête de Pâque, Jésus, sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, après avoir aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’à la fin.
Pendant le souper, lorsque déjà le diable avait mis dans le cœur de Judas, fils de Simon Iscariote, le dessein de le livrer, Jésus, qui savait que son Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu’il était sorti de Dieu et s’en allait à Dieu,
Se leva de table, posa son manteau, et ayant pris un linge, il s’en ceignit… ». «Le Père lui ayant tout remis entre ses mains », il lui donnait ainsi toute puissance au ciel et sur la terre. (Math 28 18) Cela, nous le confessons et voulons en vivre refusant par le fait même tout libéralisme, tout naturalisme, tout laïcisme, nous opposant ici à tout ralliement doctrinal avec l’esprit démocratique historiquement conçu et connu en France puisque celui-ci refuse absolument, ontologiquement, historiquement, ce royaume de Dieu, cette Seigneurie du Christ qui est pour nous, certainement, la réalité sublime voulue par Dieu pour son Christ. Nous confessons ainsi que notre foi a ainsi une connotation politique…C’est certain. Cela n’est pas étonnant puisque la doctrine sociale de l’Eglise fait parti intégrante de la foi, nous disait Pie XII. Et cette connotation politique de notre foi n’est en rien ni moderniste ni socialiste. Vous m’étonnez ! Le clergé aujourd’hui est tout autre… Si le clergé, aujourd’hui, est tout autre, c’est qu’il manque de cohérence avec sa théologie.

Toute puissance lui est donnée au ciel et sur la terre : si bien que tout ce qu’il voit faire au Père, le Fils le fait pareillement (Jn 5 19), et que comme le Père vivifie qui il veut, de même le Fils vivifie qui bon lui semble (Jn 5 21), ayant les clefs de la mort et de l’enfer (Apo 1 18). Du reste se rendant ouvertement témoignage à Lui-même, il déclare qu’il est le principe et la fin, l’alpha et l’oméga, la vérité, la lumière, la résurrection et la vie donnant la vie éternelle à tous ceux qui croient en Lui et qui lui obéissent.

Nous confessons en effet que le but de sa mission a été de sauver le monde, c’est-à-dire de le purifier de ses péchés, de le délivrer de la servitude du démon, de le guérir de ses langueurs et de toutes sortes d’aveuglement, de l’établir dans la justice dont la foi est le principe, et après l’avoir enrichi des dons les plus divins, de le consommer par lui et avec lui et pour l’éternité dans la gloire et la félicité personnelle de Dieu. « Afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas mais ait la vie éternelle ».

Cette mission divine étant si importante, – finalement rien d’autre que notre béatitude -, nous confessons que Jésus-Christ ne s’est pas présenté à nous « sans biscuits », je veux dire « sans lettre d’accréditation », je veux dire « sans témoignages, sans preuves concernant et sa divinité et son humanité et sa mission.

Les prophètes, tous ont parlé de Lui. Ils l’ont prévu et annoncé longtemps à l’avance. Ils le dépeignent vraiment trait pour trait. Pensez au prophète IsaÏe, au « serviteur souffrant ». Il a eu le témoignage de Jean Baptiste qui nous parle et de sa divinité et de sa mission. « Voici l’Agneau de Dieu, celui qui ôte les péchés du monde ». Il a eu le témoignage merveilleux de Dieu le Père lors de son Baptême…et cela devant une foule nombreuse de juifs venant à l’appel de Jean se faire baptiser : « Voici mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances. Ecoutez le ». Mais nous confessons que Lui-même a dit de telles choses qu’aucun homme n’avait dites et n’en dira jamais de semblables : racontant, par exemple, ce qu’il y a en Dieu de plus impénétrable ; prédisant l’avenir, révélant le secret des cœurs. En plus il a fait un grand nombres d’œuvres dont lui-même a pu dire : « Si vous ne voulez pas me croire, croyez du moins mes œuvres : ce sont elles qui rendent témoignage de moi (Jn 10 38)

Fort de tout cela, grâce à tout cela, fort de cet univers de preuves, grâce surtout à la révélation du Père – « ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela…mais mon Père qui est dans le cieux… » nous confessons notre foi en la divinité de Notre Seigneur et à sa mission rédemptrice.

Nous confessons que le mystère de la rédemption est essentiel au Christ, nous confessons que l’Incarnation a pour raison la rédemption, « Et incarnatus est… propter nostram salutem ». Nous confessons que Notre Seigneur Jésus-Christ n’a pas voulu que ce grand ouvrage – l’incarnation rédemptrice – entrepris par Lui se consommât sans sacrifice. Aussi pour réparer la gloire de Dieu outragé par le péché, pour détruire, en les expiant, les péchés d’un grand nombre, pour renverser le prince de la mort et absorber la mort elle-même, pour montrer en même temps son amour pour nous et nous pousser à l’aimer en retour, Il s’offrit spontanément Lui-même à Dieu, son Père, sur l’autel de la Croix comme victime pour nous. Après quoi, trois jours écoulés, selon que l’avaient depuis des siècles annoncés les prophètes, et comme Lui-même l’avait prédit à tous ses disciples en termes formels et bien des fois, Il ressuscita d’entre les morts. Il apparut souvent et plein de vie à ses apôtres et à beaucoup d’autres, leur parlant, se faisant toucher par eux, mangeant même en leur compagnie ; et enfin après quarante jours, en présence de tous les Apôtres émerveillés, en plein midi, sur la Montagne des Oliviers, Il s’éleva visiblement dans le ciel où il siège dans les hauteurs à la droite de la Majesté jusqu’à ce que le Père ait réduit ses ennemis à lui servir de marchepieds.

C’est ainsi que Jésus est ce Pontife suprême qui est entré par son propre sang dans le Saint des saints éternel, toujours vivant, toujours priant et défendant auprès du Père notre cause, c’est-à-dire s’exposant lui-même devant la face de Dieu, gardant ainsi toujours son titre de médiateur et de rédempteur et en remplissant la charge. Et c’est pourquoi, sans cesse et partout, de l’aurore au couchant, Il offre, par le ministère des prêtres et de son Eglise, son sacrifice unique, parfait, saint et perpétuel pour la gloire de son Père, notre sanctification et l’unité de son Eglise. Et c’est pourquoi, si le monde le voulait, il trouverait en la messe, en l’Eglise, la « lumière, la vérité, la loi, toute vertu et la vie et la liberté et la paix et l’honneur, vraiment toutes choses.

C’est là, MBCF, notre foi, notre espérance, notre religion, hors de laquelle il n’y a pas de salut ni pour nous, ni pour personne. C’est là Notre Jésus-Christ, le vrai et unique Jésus, le maître que nous croyons, le chef que nous suivons, le roi que nous acclamons, le Pontife que nous vénérons, le Seigneur que nous confessons, le Dieu que nous louons que nous adorons et que nous attendons finalement comme juge. Juge de tous, bons et méchants. C’est Lui qui récompensera les bons, i.e. les fidèles, les humbles, les véridiques, ceux qui ont le cœur pur et qui auront persévéré dans sa sainte grâce et dans son souverain amour. C’est Lui qui réprouvera au contraire et perdra les méchants, i.e. les infidèles, les apostats, les menteurs, les orgueilleux, les impurs, les scandaleux, les blasphémateurs et les impies de toutes espèce.
Nous avons choisi notre parti, c’est celui de Dieu
Nous avons choisi notre patrie, c’est celle de Dieu, c’est le ciel, obtenu par la confession de la vraie foi, celle que nous venons de confesser ensemble. Amen.

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