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L’Avent est le temps de l’attente

publié dans paroisse saint michel le 27 novembre 2011


Premier dimanche de l’Avent

 L’Avent est le temps de l’attente

 L’Avent est le temps du désir, MBCF. Il est le temps de l’attente, de l’attente de la venue du Fils de Dieu, l’attente du mystère de l’Incarnation. L’Avent un temps d’attente !

Et s’il en est ainsi, c’est parce que Dieu dans sa Sagesse et sa grande Bonté – car le propre de la bonté, c’est de se donner et l’Incarnation promise est le don même que Dieu fait de lui-même à l’humanité pécheresse – oui Dieu dans sa bonté a formé ce grand projet, merveilleux projet, « d’envoyer son propre Fils en ce monde pour racheter la race humaine » (Gal 4 4) perdue par le péché d’Adam et d’Eve et pour lui redonner tous ses droits à l’héritage céleste. En effet, vous vous souvenez que seul un acte théandrique, divin et humain tout à la fois, peut réparer, en toute justice, si toutefois la justice le requiert,  l’infinie malice du péché originel. L’Incarnation, un Dieu-Homme, était donc requise pour le salut du genre humain. C’est ce qu’on appelle  l’économie du salut. Or cette économie de salut, pensée en Dieu,  est restée « cachée pendant des siècles dans les profondeurs des secrets divins », ainsi que s’exprime saint Paul : « Sacramentum absconditum a saeculis in Deo » (Ephes 39) ;

Ce salut ne pouvait se réaliser dès le péché originel commis, car il était convenable, nous dit saint Thomas, dans la Somme(III I 5),  que les hommes, qui avaient péché par orgueil  – vous serez comme des dieux – fassent l’expérience un peu prolongée de leur faiblesse et de l’étendue de leur misère et soient ainsi mis dans l’obligation de reconnaître le besoin impérieux d’un Sauveur, d’un Rédempteur et puissent ainsi aspirer de toutes leurs fibres à cette venue précieuse.

Et c’est pourquoi toute la religion de l’Ancien Testament se résume dans ce cri des Patriarches, des prophètes et des justes : « Que les cieux envoient leur rosée » ! « Rorate caeli desuper et nubes pluant justum » ! « Que la terre s’entr’ouve et nous donne le Sauveur » « Aperiatur terra et germinet salvatorem ». (Is 45 8)  Voilà le désir du temps de l’Avent. Il le fut d’abord du temps de l’Ancien Testament.

Tous les rites, tous les symboles, tous les sacrifices de l’Ancien Testament figurent et annoncent ce Sauveur. Il est figuré dans le sacrifice d’Isaac, Il est signifié dans la noble personne de Joseph. Il est le Moïse, des temps modernes, Moïse fut le libérateur  de son peuple de l’esclavage du Pharaon, Lui, le nouveau Moïse, le Messie, le sera, de l’esclavage du péché. Il sera « l’Agneau pascal ». Le « sacrifice du bouc émissaire » le symbolise. Il sera « l’homme des douleurs » annoncé par le prophète Isaïe. Tous cela, nous dit Saint Paul, ne sont que figures et symboles qui nous décrivent le Messie, le Sauveur. Comme le dit saint Augustin, je crois, tout l’Ancien Testament portait « le Christ dans ses flancs ». Oui l’Ancien Testament est la religion de l’attente du Messie libérateur.

Aussi, MBCF, nous nous plongerons dans l’enseignement divin. Nous nous plongerons dans l’Ancien Testament pour découvrir les grands personnages de l’Avent, certains, du moins. Ce sera l’objet de la prédication de ces deux prochains dimanches. Nous réserverons les autres dimanches à Jean-Baptiste, le Précurseur. Puis à la Vierge Marie, celle qui a attendu Jésus et l’a donné au monde et enfin à  Jésus lui-même.

Vous savez que c’est dès le lendemain du péché de nos premiers parents, que Dieu a commencé à révéler le mystère de l’Incarnation.

Le péché vient d’être  commis par Adam et Eve. Ils ont entendu  et suivi la parole fatale du démon: « Vous serez comme des dieux ». Ils sont dans la honte et le désespoir de leur chute. Ils n’osent plus regarder vers le ciel. Et voici qu’avant même de prononcer la sentence de l’expulsion du parais terrestre, Dieu leur fait entendre les premières paroles de pardon qui nourrira leur espérance. Au lieu d’être chassés et maudits pour toujours de la présence de Dieu, comme les anges rebelles, ils auront un Rédempteur. C’est lui qui brisera la puissance que le démon vient d’acquérir sur eux. Et puisque leur chute a commencé par la prévarication d’une femme, ce sera également par une femme que le Rédempteur sera donné. « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme et ta race et la sienne, elle t’écrasera la tête » (Gen 13 15). C’est ce qu’on appelle le protévangile, le premier mot du salut. C’est la première promesse de la rédemption. Après l’œuvre de la création, c’est la première révélation de l’amour de Dieu, de sa miséricorde. Dieu veut le salut de tous. C’est la première annonce de la venue de la Lumière, le premier rayon de Lumière, celle qui doit illuminer tout homme venant en ce monde. L’Incarnation est déjà mise en relation avec le péché. C’est ce que nous confessons dans notre Credo : « Et incanatus est propter nostram salutem »

Depuis cette promesse, toute la religion de la race humaine, toute la religion du peuple élu se concentrera autour de « ce rejeton de la femme », de ce « semen mulieris ». Et c’est pour cela que cette femme,la Nouvelle Eve, sera tant aimée parce qu’elle sut donner la vie àla Vie, à l’auteur dela Vie.

Le temps passa…Et c’est alors que Dieu précise sa promesse. Il assure  aux Patriarches, Abraham, Isaac et Jacob que c’est de leur race que sortira le rejeton béni : « Et benedicentur in semine tuo omnes gentes terrae ». Abraham le crut, et cela lui fut compter en justice.  A Jacob mourant, il montre que c’est dans la tribu de Juda que surgira « celui qui doit venir, l’objet de tous les soupirs des peuples ». A son peuple, choisi en Abraham, il rappellera les promesses, les renouvellera, les rendra plus claires et plus abondantes. Ce sera l’œuvre des prophètes.

Et si vous parcourez les œuvres des Prophètes, vous serez frappés des contrastes avec lesquels ils décrivent la personne du  Messie. C’est saisissant. Parfois ils attribuent au Rédempteur des prérogatives qui ne peuvent convenir qu’à une Dieu, tantôt ils prédisent à ce Messie, une somme d’humiliation, de contradictions, d’infirmités, de souffrances.  C’est à peine croyable. 

Vous relèverez constamment ce frappant contraste.

Par exemple, voici David, le roi cher au cœur de Dieu, avec son beau psautier. Le Messie sera de la famille royale de David. Dieu le fait voir à David comme « son fils et son Seigneur » (Ps 109 1), son fils par l’humanité, qu’il empruntera un jour d’une vierge de sa famille, son Seigneur par la divinité. David le « contemple « dans les splendeurs saintes, engendré éternellement avant que se lève l’aurore ; pontife suprême à l’exemple de Melchisédech, sacré pour régner sur nous par sa douceur, sa vérité et sa justice » ; en un mot, « Fils de Dieu lui-même, auquel toutes les nations seront données en héritage » : « Dominus dixit ad me : Filius meus es tu, ego hodie genui te ; postula a me et dabo tibi gentes hereditatem tuam »(Ps 109 2 7-8) Saint Paul fait remarquer aux hébreux que ce sont là des prérogatives dont un Dieu seul peut se prévaloir (Hb 1 13)

Mais David contemple aussi « ses mains et ses pieds percés, ses habits partagés, sa robe jeté au sort ; il le voit abreuvé de fiel et de vinaigre » (Ps 68 22). Puis voici de nouveau les attributs divins : « Il ne sera pas atteint par la corruption du tombeau ; mais vainqueur de la mort, il s’assoira à la droite de Dieu » (Ps 15 10)

Nous verrons la même chose dans les prophéties d’Isaïe. Il proclame « inénarrable » la génération de ce Messie : « la génération de ce Messie qui la racontera ». Il lui donne des noms tous divins : « On l’appellera l’Admirable, le Dieu fort, le Père du siècle avenir, le Prince de la paix. Il sera nomme Emmanuel, Dieu avec nous ». Il le voit rendre la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds. Il entend Dieu promettre par serment que « devant ce Sauveur tout genou fléchira et que toute langue confessera sa Puissance ». Et cependant ce Rédempteur, dont le prophète exalte ainsi sa gloire, des souffrances l’accableront, des humiliations l’anéantiront, il sera regardé comme un lépreux, abîmé sous les opprobres, mis au rang des scélérats, enfin mené à la mort comme une brebis à la boucherie, parce que le Seigneur a voulu l’écraser dans l’infirmité.

Contrastes saisissants…Grandeur ! Souffrances ! Anéantissement ! Vous pourrez le voir cher tous les prophètes.

Voilà donc comment Dieu, en ces Prophètes, nous décrit le Messie qu’on attend ardemment et qu’on aime. Voilà comment Dieu préparait les esprits  à la révélation et à la réception du mystère ineffable du Messie, de l’Homme-Dieu. C’est ainsi qu’il s’est révélé à Saint Jean Baptiste. Et il eut foi en Lui, C’est ainsi qu’il fut présenté par l’ange Gabriel à Notre Dame. Elle eut foi en Lui. « Voici que vous enfanterez un fils. Il sera grand ; on l’appellera le Fils du Très haut : le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son Père ; il règnera éternellement sur la maison de Jacob et son règne n’aura pas de fin ». C’était les paroles mêmes du Roi David. Marie eut foi en la parole de l’ange. Elle dit alors : « Voici la servante du Seigneur ». C’est ainsi que nous l’ont reçu les Apôtres. Ils ont eu foi en Lui. C’est ainsi qu’il s’est présenté à nous. C’est ainsi que nous le recevrons, nous aussi, dans la foi.

 

 

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