La Revue Item - « La Tradition sans peur »
Abonnements
Newsletter

Entrez votre adresse email

Un temps de labeur. Pourquoi ?

publié dans paroisse saint michel le 30 janvier 2010


Prédication pour le dimanche de la Septuagésime

Un temps de labeur. Pourquoi ?

 

Le cycle de l’Incarnation s’achève ce dimanche. Commence le Cycle liturgique de Pâques avec ce dimanche de la Septuagésisme.

 

Et avec la Septuagésime, nous entrons déjà dans la contemplation du mystère de la Rédemption – la grande œuvre que le Père a donné à faire à son Fils (Jn 17 4) – Nous serons conduit, le long de ces neuf dimanches, jusqu’à la Résurrection, jusqu’à Pâques, en passant par le mystère extraordinaire de la Passion.

 

Si, après la Nativité, nous chantions, avec les anges, comme nous y invitait l’Eglise, le Gloria in Excelsis Deo, tant nous voulions exalter le Fils de Dieu qui se revêtait de notre pauvre humanité pour nous permettre, un jour, de connaître la gloire de la divinité et de la vie éternelle…

 

A partir d’aujourd’hui, nous n’entendrons plus ce merveilleux chant céleste, -sauf les jours où nous honorons les saints de Dieu – nous n’entendrons plus aussi ces beaux « alleluia » – que notre chorale grégorienne interprète avec tant d’amour et d’application, – car l’ « alleluia » est un chant céleste que saint Jean entendit au ciel et que nous ne pouvons entendre alors que nous commémorons notre exil en cette terre, comme jadis le peuple hébreu en esclave en terre de Babylone.

 

Il faudra que nous arrivions au jour pascal, jour de la Résurrection, pour que nous puissions retrouver cet « alleluia » si joyeux de Pâques qui représente si bien la vie future, pleine de joie et d’allégresse.

 

Mais avec la Septuagésime, avec le début du cycle liturgique de la Pâques, nous entrons dans un temps d’austérité, de pénitence. La liturgie de l’Eglise le signifie par la couleur violette dont elle revêt le prêtre en la sainte messe.

 

Et pourquoi ?

 

L’Eglise nous fait, au bréviaire, retrouver les textes de l’Ancien Testament et nous montre toutes les grandes figures qui ont annoncé l’oeuvre rédemptrice du Christ et dont l’histoire, figurative de celle de Jésus, sont bien de nature à nous préparer à la grande fête de Pâques où nous célébrerons enfin son triomphe sur le mal et Satan. « Interrogez les Ecritures, disait NSJC, elles vous parlent de moi ».

 

L’Ancien Testament est tout rempli de la préoccupation du Messie, car tout chez le peuple de Dieu prédisait et annonçait Jésus. L’Ancien Testament est comme un Evangile anticipé et qui éclaire d’une manière lumineuse, l’histoire du Sauveur. Aussi l’Eglise aime-t-elle, dans sa liturgie, établir un parallèle entre les premières et les dernières pages de la Bible. Ce parallélisme va se poursuivre pendant tout le Cycle de Pâques., de la Septuagésime aux dimanches de Carême, du temps de la Passion au temps pascal et jusqu’au temps après la Pentecôte.

 

Ainsi si les lectures du bréviaire de cette semaine de la Septuagésime, nous parlent de la création, d’Adam , de son pêché, elles nous présenteront, en parallèle, le Christ, le Nouvel Adam, venant réparer les torts occasionnés par Adam.

 

Et c’est dans cette perspective qu’il faut goûter les messes de ces prochains dimanches et comprendre le choix des lectures, de l’Epître à l’Evangile en passant par l’Introït….le Graduel, la Communion…car, pour l’Eglise, la messe et l’office du bréviaire ne font qu’un.

 

Alors quelles sont les lectures au Bréviaire de cette semaine ?

 

Les leçons du bréviaire de cette semaine sont tirées du livre de la Genèse et racontent la création du monde et celle de l’homme, la chute de nos premiers parents et la promesse d’un Rédempteur ; puis le meurtre d’Abel et les générations d’Adam jusqu’à Noë. « Au commencement, dit le livre de la Genèse, Dieu créa le ciel et la terre et il forma l’homme sur la terre et il le mit dans un jardin de délices pour qu’il le cultivât ».

 

Tout cela est en figure.

 

Alors, il est dit dans l’Evangile de ce dimanche que le royaume des cieux est semblable à un père de famille qui loue des ouvriers pour cultiver sa vigne. Qui peut être plus justement représenté par le père de famille que notre Créateur qui régit par sa Providence ceux qu’il a créés et qui possède ses élus dans ce monde depuis le juste Abel jusqu’au dernier élu devant naître à la fin du monde, comme un maître à ses serviteurs dans sa maison ?

Et la vigne qu’il possède, c’est son Eglise. Et tous ceux qui, avec une foi correcte, se sont appliqués et ont exhorté à faire le bien, sont les ouvriers de cette vigne, ceux de la première heure, ceux de la troisième heure, de la sixième, de la neuvième. Ils désignent l’ancien peuple hébreu qui, depuis Abraham, s’efforçant en la personne de ses Saints de servir Dieu avec une foi droite, n’a pour ainsi dire pas cessé de travailler à la culture de la vigne. Mais à la onzième heure, les Gentils sont appelés, et c’est à eux que s’adressent ces paroles : « Pourquoi êtes-vous ici tout le jour sans rien faire ». Tous les hommes sont donc appelés à travailler à la vigne du Seigneur, c’est-à-dire à se sanctifier et à sanctifier le prochain en glorifiant Dieu puisque la sanctification consiste à ne chercher qu’en Lui notre bonheur suprême. Le salut, nous l’avons dit dimanche dernier est, quoad Deum, universel.

 

Mais Adam faillit à sa tache : « Parce que tu as mangé du fruit dont je t’avais défendu de manger, lui dit Dieu, maudit sera la terre et c’est avec des labeurs que tu en tireras ta nourriture. Elle ne produira que des épines et des chardons. C’est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain jusqu’à ce que tu retournes à la terre d’où tu as été tiré ». Exilé de l’Eden après sa faute, le premier homme enchaîna à la peine de mort et à la réprobation tous ses descendants, « corrompus en sa personne comme dans leur source », dit Saint Augustin. Toute la masse du genre humain condamnée était donc plongée dans le malheur, ou plutôt se voyait entraînée et précipitée de maux en maux. Et l’Introït de ce dimanche nous le rappelle : « Les douleurs de la mort m’ont environné ». « C’est très justement, ajoute la Collecte, que nous sommes affligés pour nos péchés ».

 

Cet enseignement sera repris par le Concile de Tente dans son magnifique décret sur le péché originel…qu’il faut relire de temps en temps. Il nous fait comprendre notre « désordre ». (1)

 

Et c’est pourquoi saint Paul, dans sa première Epître aux Corinthiens, représente la vie chrétienne comme une arène où il faut se donner de la peine et lutter pour remporter la couronne. N’oubliez pas, MBCF, que « le denier de la vie éternelle » dont parle l’Evangile de ce dimanche, n’est donné qu’à ceux qui travaillent dans la vigne de Dieu et, ce travail, depuis le péché d’Adam, est pénible et ardu.

Ah ! Les conséquences du péché originel sont terribles.

Mais Dieu, dit Saint Augustin, – on trouve cela dans la 6ème lecture du bréviaire – et c’est merveilleux, « aima mieux tirer le bien du mal que de ne pas permettre qu’il arrivât aucun mal ». Il voulut faire éclater sa miséricorde. Sa miséricorde est vraiment la grandeur de Dieu. Nous prêchons un Dieu de miséricorde.

 

Et en effet Dieu eut pitié des hommes et leur promit un Rédempteur, un second Adam qui rétablirait l’ordre troublé par le premier. Grâce à ce second Adam, l’homme pourra reconquérir le ciel sur lequel Adam avait perdu tout droit, étant chassé de l’Eden « qui était l’ombre d’une vie meilleure ». Et c’est pourquoi l’Eglise chante dans son Graduel : « Seigneur, vous êtes notre secours au temps du besoin et de l’affliction », et dans le Trait : « Auprès de vous est la miséricorde » ou encore dans la Communion : « Faites luire votre visage sur votre serviteur et sauvez-moi par votre miséricorde ».

 

Et c’est là que déjà nous entendons, comme au loin, les beaux accents de l’Exultet, de la veillée pascale, le plus beau chant de l’Eglise et la plus belle doctrine exprimée qui exalte la miséricorde : « O combien est admirable votre bonté envers nous ! O incompréhensible dilection de votre charité, par laquelle vous avez livré votre Fils pour racheter l’esclave ! O nécessité du péché d’Adam qui a été effacé par la mort du Christ ! O heureuse faute qui nous a valu un tel et si grand rédempteur ! O nuit vraiment bienheureuse qui seule a connu le temps et l’heure auxquels le Christ est ressuscité de la terre…C’est pourquoi la sainteté de cette nuit efface les crimes, lave les fautes et rend l’innocence aux coupables, la joie aux affligés. Elle dissipe les haines, rétablit la concorde et assujettit les empires ».

 

(1) Concile de Trente
Sessions V – 17 juin 1546
Décret sur le péché originel

1510

Pour que notre foi catholique,  » sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu » He 11,6, une fois débarrassée des erreurs, demeure intègre et sans tache dans sa pureté, et pour que le peuple chrétien ne soit pas « emporté à tout vent de doctrine » Ep 4,14
- puisque l’antique serpent Ap 12,9 Ap 20,2, ennemi perpétuel du genre humain, parmi les nombreux
maux qui troublent de nos jours l’Eglise de Dieu, a suscité au sujet du péché originel et de son remède non seulement de nouvelles, mais même d’anciennes querelles -, le saint concile oecuménique et général de Trente… veut entreprendre de ramener ceux qui errent et d’affermir ceux qui vacillent.
Aussi, suivant le témoignage des saintes Ecritures, des saints Pères et des conciles les plus approuvés, ainsi que le jugement et l’accord de l’Eglise elle- même, il statue, confesse et déclare ce qui suit au sujet du péché originel.

1511
1. Si quelqu’un ne confesse pas que le premier homme, Adam, après avoir transgressé le commandement de Dieu dans le paradis, a immédiatement perdu la sainteté et la justice dans lesquelles il avait été établi et a encouru, par l’offense que constituait cette prévarication, la colère et l’indignation de Dieu et, par la suite, la mort dont il avait été auparavant menacé par Dieu, et avec la mort la captivité sous le pouvoir de celui qui ensuite « a eu l’empire de la mort, c’est-à-dire le diable » He 2,14 ; et que par l’offense que constituait cette prévarication Adam tout entier, dans son corps et dans son âme a été changé en un état pire 371 : qu’il soit anathème.

1512
2. « Si quelqu’un affirme que la prévarication d’Adam n’a nui qu’à lui seul et non à sa descendance », et qu’il a perdu la sainteté et la justice reçues de Dieu pour lui seul et non aussi pour nous, ou que, souillé par le péché de désobéissance, « il n’a transmis que la mort » et les punitions « du corps à tout le genre humain, mais non pas le péché, qui est la mort de l’âme »: qu’il soit anathème,  » puisqu’il est en contradiction avec l’Apôtre qui dit: « Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort et ainsi la mort a passé dans tous les hommes, tous ayant péché en lui » Rm 5,12 372 .

1513
3. Si quelqu’un affirme que ce péché d’Adam – qui est un par son origine et. transmis par propagation héréditaire et non par imitation, est propre à chacun – , est enlevé par les forces de la nature humaine ou par un autre remède que le mérite de l’unique médiateur notre Seigneur Jésus Christ 1347 qui nous a réconciliés avec Dieu dans son sang Rm 5,9 s, « devenu pour nous justice, sanctification et Rédemption » 1Co 1,30 ou s’il nie que ce mérite de Jésus Christ soit appliqué aussi bien aux adultes qu’aux enfants par le sacrement conféré selon la forme et l’usage de l’Eglise : qu’il soit anathème.
Car « il n’est pas d’autre nom sous le ciel qui ait été donné aux hommes par lequel nous devons être sauvés » Ac 4,12. D’où cette parole : « Voici l’Agneau de Dieu, voici celui qui ôte les péchés du monde » Jn 1,19, et celle-ci  » Vous tous qui avez été baptisés. vous avez revêtu le Christ » Ga 3,27

1514
4. « Si quelqu’un nie que les tout-petits, qui viennent de naître de leur mère, doivent être baptisés », même s’ils viennent de parents baptisés. « ou bien dit qu’ils sont certes baptisés pour la rémission des péchés, mais qu’ils ne portent rien du péché originel venant d’Adam qu’il est nécessaire d’expier par le bain de régénération » pour obtenir la vie éternelle,  » d’où il suit que pour eux la forme du baptême pour la rémission des péchés n’a pas un sens vrai, mais faux : qu’il soit anathème. Car on ne peut pas comprendre autrement ce que dit l’Apôtre : « Par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort, et ainsi la mort a passé dans tous les hommes, tous ayant péché en lui » Rm 5,12 si ce n’est comme l’a toujours compris l’Eglise catholique répandue en tous lieux. C’est en effet à cause de cette règle de foi venant de la tradition des apôtres  » que même les tout-petits, qui n ont pas encore pu commettre aucun péché par eux-mêmes, sont pourtant vraiment baptisés pour la rémission des péchés, afin que soit purifié en eux par la régénération ce qu’il ont contracté par la génération  » 223 . En effet « nul, s’il ne renaît de l’eau et de l’Esprit Saint, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » Jn 3,5.

1515
5. Si quelqu’un nie que, par la grâce de notre Seigneur Jésus Christ conférée au baptême, la culpabilité du péché originel soit remise, ou même s’il affirme que tout ce qui a vraiment et proprement caractère de péché n’est pas totalement enlevé, mais est seulement rasé ou non imputé :
qu’il soit anathème. En effet en ceux qui sont nés de nouveau rien n’est objet de la haine de Dieu, car « il n’y a pas de condamnation » Rm 8,1 pour ceux qui sont vraiment « ensevelis dans la mort avec le Christ par le baptême » Rm 6,4,  » qui ne marchent pas selon la chair » Rm 8,1. mais qui dépouillant le vieil homme et revêtant l’homme nouveau, qui a été créé selon Dieu Ep 4,22-24 Col 3,9 s, sont devenus innocents, sans souillure, purs, irréprochables et fils aimés de Dieu, « héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ Rm 8,17, en sorte que rien ne fasse obstacle à leur entrée au ciel.
Que la concupiscence ou le foyer du péché demeure chez les baptisés, ce saint concile le confesse et le pense ; cette concupiscence étant laissée pour être combattue, elle ne peut nuire à ceux qui n’y consentent pas et y résistent courageusement par la grâce du Christ. Bien plus, « celui qui aura lutté selon les règles sera couronné » 2Tm 2,5. Cette concupiscence, que l’Apôtre appelle parfois « péché  » Rm 6,12-15 Rm 7,7 Rm 7,14-20, le saint concile déclare que l’Eglise catholique n’a jamais compris qu’elle fût appelée péché parce qu’elle serait vraiment et proprement péché chez ceux qui sont nés de nouveau, mais parce qu’elle vient du péché et incline au péché. Si quelqu’un pense le contraire : qu’il soit anathème.

1516
6. Cependant ce même saint concile déclare qu’il n’est pas dans son intention de comprendre dans ce décret, où il est traité du péché originel, la bienheureuse et immaculée Vierge Marie, Mère de Dieu, mais que l’on doit observer les constitutions du pape Sixte IV, d’heureuse mémoire, sous la menace des peines qui y sont contenues et il les renouvelle 1400 ; 1425 ]

Revue-Item.com

article précédent

VINGT-TROIS V’LÀ LES FLICS !

article suivant

La France française

 

 

articles liés

Imprimer cet article Imprimer cet article

partager cette page

bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark

 

Videos
Entretien par Novopress le 17/07/2011

Entretien par Franck Abed le 01/02/2011
Rechercher

Actualités RSS