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La France française

publié dans flash infos le 30 janvier 2010


Dans Présent du samedi 30 janvier, sous la plume de Jean Madiran on lit ce bel et important article à lire et faire lire : « La France française
Ni libérale, ni socialiste »

 

Quand Présent a été fondé, il s’est annoncé comme le seul quotidien de la France française (et il l’est resté). Mais nous avons souvent rencontré l’objection : ce n’est qu’un pléonasme, cela ne veut rien dire.

 

Tant que le souvenir du drame gaulliste de notre Algérie ne s’était pas encore trop éloigné, il nous suffisait de répondre :

— Pléonasme ? Pas plus que « l’Algérie algérienne », qui a signifié clairement autre chose que « l’Algérie française ». Donc…

 

Un usage courant de l’Eglise en ses conciles doctrinaux a longtemps été d’ajouter à l’affirmation d’une vérité l’anathème clarificateur (c’est-à-dire la négation) de l’erreur contraire. C’est une bonne précaution, qui précise ce que l’on veut dire et qui écarte d’avance les fausses interprétations.

 

Pour compléter l’affirmation d’une France française, ajoutons-y donc la négation de ce que la France n’est pas. Elle n’est ni libérale ni socialiste, malgré la tendance anglo-saxonne qui voudrait que l’identité politique française se résume en une alternance entre une gauche (socialiste) et une droite (libérale).

 

Il nous est d’ailleurs arrivé souvent de définir Présent comme le seul quotidien français qui ne soit « ni libéral ni socialiste », et nous étions ainsi parfaitement identifiés.

 

Au demeurant, c’est le b.a.-ba de la doctrine sociale catholique telle qu’elle s’est définie de Léon XIII à Pie XII : le libéralisme, disait-elle, avait engendré le socialisme, et elle assumait avec fierté d’être à la fois anti-socialiste et anti-libérale.

 

Un mois ne s’est pas écoulé, que l’on est déjà en train d’oublier la déclaration de principe, le 5 janvier, du ministre Eric Besson au nom du gouvernement de la République. Il faut au contraire la relire, la garder sous les yeux, la conserver présente à l’esprit, point par point :

« La France n’est ni un peuple,

ni une langue,

ni un territoire,

ni une religion,

c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble.

Il n’y a pas de Français de souche,

il n’y a qu’une France de métissage. »

 

Ce n’est pas la foucade passagère d’un irresponsable. C’est officiellement le haut idéal politique de l’équipe sarkozienne, énoncé par son ministre de l’identité française. C’était déjà l’idéal du président Chirac qui promulguait en 2004 deux lois faisant entrer le métissage et la mixité dans la « laïcité à la française ». L’actuel « débat sur l’identité » est chargé d’installer ce nouvel idéal républicain. Il se résume lui aussi en une affirmation accompagnée de la négation de son contraire. Voici le dogme : La France est un métissage, et voici l’anathème complémentaire : Il n’y a pas de Français de souche.

 

Depuis le 5 janvier, l’anathème a été repris partout, jusque dans les « Décryptages Débats » du journal Le Monde. C’est comme si l’on nous répétait indéfiniment : deux et deux font cinq. Car l’existence, d’ailleurs majoritaire, de « Français de souche » est aussi évidente que deux et deux font quatre.

 

Encore faut-il savoir ce que disent les mots que l’on emploie. Selon le Robert historique, « de souche est opposé à naturalisé, à immigré » ; selon le Petit Larousse, « faire souche » c’est « donner naissance à une suite de descendants ». Le « Français de souche » est un Français fils et petit-fils de Français. Ceux qui sont devenus français par le sang versé ou par les services rendus vont ensuite « faire souche » : leurs descendants seront « de souche ». – Au bout de combien de générations ? – Plusieurs, certes, mais l’admirable, c’est que d’avance on ne sait pas combien. Cela se sent, se voit, se constate. Et l’admirable, oui, est que cela échappe à une réglementation artificielle et uniforme, cela épouse le réel, qui en l’occurrence est variable. Certaines familles étrangères s’assimilent très vite ; d’autres gardent plus longtemps leur langue et leurs mœurs d’origine. Et c’est bien ainsi. C’est « la vie en vrai », comme aime à dire Jacques Trémolet. J’ignore si, par une permanente répétition mécanique, la sidération télévisée et l’éducation scolaire étatisée arriveront à faire croire aux Français que deux et deux font cinq, et qu’il n’y a pas de Français de souche. Il est clair que nous subissons là une tentative idéologique de décérébration. C’est un génocide mental. Une telle situation devrait nous inciter à une systématique insurrection intellectuelle et morale, derrière nos chefs temporels et nos guides spirituels, s’ils existent.

JEAN MADIRAN

Article extrait du n° 7021
du Samedi 30 janvier 2010

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