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La fin de la diplomatie française

La fin de la diplomatie française

publié dans doctrine politique le 5 janvier 2010


Dans COURRIER N° 125 (4 janvier 2010) de A.F Picardie on peut lire cet intéressant artcile du professeur Georges Rousseau sur la politique de la diplomatie française

« Petit à petit, sans faire de bruit, Monsieur Nicolas Sarkozy a liquidé la fameuse « exception française » : la France est définitivement rentrée dans le rang. En ce qui concerne sa politique étrangère, et par suite sa politique de défense, elle suit désormais aveuglément le leader américain !

Notre politique en Afghanistan

L’exemple le plus récent de cette politique – ou plutôt de cette absence de politique – vient d’être donné à propos de l’Afghanistan. Premier acte : Monsieur Sarkozy déclare haut et fort qu’il refuse d’envoyer des renforts français dans ce pays. Il sait bien, en ces temps électoraux, que la population française est profondément hostile à cette guerre lointaine et qui ne la concerne nullement. Deuxième acte: le Président Obama prend une nouvelle position sur l’Afghanistan. Alors que jusqu’ici, le Président américain avait plutôt montré une volonté de trouver une porte de sortie de ce conflit mal engagé et mal pensé, il vient de déclarer « qu’il fait sienne cette guerre » et de décider l’envoi massif de renforts militaires, d’un nombre égal à peu près au tiers des troupes déjà sur place. Du coup les pressions se font fortes sur les alliés des EtatsUnis, à qui il est demandé de faire un effort du même ordre, soit , pour la France, un envoi de 1.500 soldats supplémentaires. « Rien n’est exclu », déclare-t-on maintenant dans l’entourage de Monsieur Sarkozy… Comme quoi, le chien sait d’où vient le bruit lorsque son maître le siffle!

La position française sur l’Iran

De même, la position française sur l‘Iran devient de plus en plus belliqueuse. Bernard Kouchner, qui est, semble-t-il, le spécialiste de ce dossier, a utilisé pendant des mois, les formules les plus fortes, c’est-à-dire celles qui préconisent des sanctions militaires à l’encontre de l’Iran. S’il s’est un peu calmé en paroles depuis quelque temps, c’est qu’il est à peu près sûr que c’est l’armée israélienne qui se chargera d’appliquer ces sanctions, sans doute sous forme de frappes aériennes sur les sites où les Iraniens enrichissent l’uranium. Mais qui sait si de telles actions se limiteront à cela ? On sait comment commence une guerre, on ignore comment elle se termine… Dans cet ordre d’idée, une autre décision prise par Monsieur Sarkozy nous paraît extrêmement risquée : c’est la décision de créer une base navale et aérienne française dans l’émirat d’Abu Dhabi. C’est-à-dire qu’en cas de guerre avec lIran, les forces françaises se-trouveront au premier rang, à courte distance du territoire iranien, et la France se trouvera donc entraînée presque automatiquement, dans cette guerre qui n’est pas la sienne. Que l’on me comprenne bien : je n’ai aucune sympathie pour les dirigeants de la République islamique d’Iran et je comprends très bien que lEtat d’Israël n’accepte pas de les voir se doter d’armes atomiques, même en petit nombre. Mais chaque nation défend ses propres intérêts et agit en fonction de ses traditions et des faits qui la concernent.

La politique arabe de la France

De par son histoire et sa position géographique, la France a, pendant des siècles, mené au Moyen-Orient une politique étrangère qui lui est propre. Pensons aux Capitulations, chartes datant de Saint-Louis, selon lesquelles les autorités turques admettaient que la France représentait les intérêts des chrétiens du Moyen – Orient et les défendait. Pensons à l’alliance entre François ler et le Grand Turc. Pensons à la guerre de Crimée en 1854-55, conflit qui opposa la France et la Grande-Bretagne à la Russie tsariste pour défendre l’intégrité territoriale de la Turquie. Pensons que deux pays de cette région (la Syrie et le Liban) ont été, de 1918 à 1942, placés sous administration française et que la langue française y est encore parlée par beaucoup. C’est pourquoi la France a toujours eu, en ce qui concerne les problèmes de cette région, une vision et une politique distinctes de celles des autres pays occidentaux. Avec le retrait des organes de commandement militaires de l’OTAN et la politique d’armement nucléaire de la France, c’est un des rares chapitres de l’action du général de Gaulle, dans le domaine diplomatique et de la défense nationale, que nous avons toujours approuvé. On peut penser ce qu’on veut de Monsieur Jacques Chirac, mais sa décision courageuse de ne pas participer à la guerre contre l’Irak, provenait de la même ligne.

La réintégration de l’OTAN

En acceptant il y a deux ans de participer à nouveau aux organes de commandement militaires de l’OTAN, Monsieur Sarkozy a bien montré que, pour lui, cette politique d’indépendance était finie. Il acceptait, à partir de ce moment, que la France ne soit plus qu’un allié parmi d’ autres, à la fois un  » client  » et, en cas de besoin, un fournisseur docile de  » chair à canon « , mais qu’elle ne pouvait en aucun cas, mener une politique différente de celle décidée par le leader de 1 ‘Alliance, les Etats-Unis. En somme, avec Monsieur Sarkozy, la France a régressé jusqu’au niveau où elle se trouvait, pour son malheur, avant 1958. Nous nous retrouvons dans la même situation qui prévalait sous la IVème République, lorsque les dirigeants français, en général des démocratechrétiens ou des socialistes qui exécraient la nation française, prenaient leurs ordres à Washington. Un fait, pourtant évident, semble être ignoré par tous : l’OTAN a été créé exclusivement pour la défense des pays de l’Alliance contre les menées agressives de l’Union soviétique. Or l’Union soviétique a disparu depuis plus de vingt ans. L’OTAN aurait donc dû disparaître à la même époque. Par ailleurs, l’OTAN était de nature essentiellement défensive. Or, que voyons – nous ? L’OTAN, qu’aucun besoin d’équilibre international ne justifie plus, n’est plus qu’un outil des Etats-Unis pour atteindre, éventuellement par agression, les buts stratégiques définis par eux seuls et convenant à leurs seuls intérêts.

La diplomatie se mérite

Mais on doit se souvenir qu’on a la diplomatie que l’on mérite. Comme l’écrivait Gilles Varange dans son livre Entre empires et nations, un chemin français: « Aucune diplomatie n’ajamais assuré la grandeur ni même la simple survie d’un peuple aux institutions déficientes et à la cohésion défaillante ». Sur le premier point, nous savons tous que la démocratie n’est pas le régime qui convient le mieux à la France : Monsieur Sarkozy peut bien s’agiter dans tous les sens et essayer de trouver chaque semaine ou chaque mois un sujet qui le mettrait en valeur, il séduit de moins en moins de monde. Quant à la cohésion, pour reprendre une phrase de Gilles Varange :  » Tout se passe comme si la majeure Partie de notre classe politique, de droite comme de gauche, avait fini par se convaincre que le fait national appartenait au passé, qu’il était condamné par une évolution historique inéluctable ». Et Monsieur Sarkozy, nous venons de le montrer par des exemples précis, fait bien partie de ces  » élites républicaines « , qui ont renoncé à toute véritable ambition nationale. Le débat sur l’identité nationale que son ministre Eric Besson vient de lancer imprudemment, va d’ailleurs montrer qu’une grande partie de ces prétendues  » élites  » préfèrent, à la véritable identité historique et culturelle de notre pays, une simili – identité inventée de toutes pièces, à base de droits de l’hommisme et de principes égalitaires.

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