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Et cela se passe en Europe…!

publié dans flash infos le 13 décembre 2011


Dans Correspondance Européenne, n°244, on peut lire:

Italie : quand l’intégration conduit à la mort

Hina Salem, Sanaa Dafani, Begum Shnez, et maintenant Rachida Radi : toutes ces femmes on été tuées parce qu’elles voulaient simplement être elles-mêmes. Coupables d’avoir voulu avoir un fiancé italien, coupables de vouloir vivre “à l’occidentale”, coupables de ne plus porter le voile, coupables de quitter leur mari. La dernière victime en date est Rachida Razi, 35 ans, Marocaine, qui le 19 novembre dernier, à Brescello dans la province de Reggio Emilia, a été prise à coups de marteau et tuée par son mari, Mohamed al-Aryani.

Rachida avait décidé de quitter son mari qu’elle avait déjà dénoncé dans le passé pour maltraitements. Rachida avait aussi commencé à fréquenter la paroisse, où, pour se faire un peu d’argent, elles faisait de petits travaux ; mais où surtout elle pouvait rencontrer des personnes, où elle avait un contact avec le monde extérieur. Rachida s’était enlevé le voile, elle voulait apprendre l’italien, et avec l’aide des volontaires qui travaillent à la paroisse, elle avait même commencé un « parcours vers une vie nouvelle », une nouvelle Foi. En résumé, la énième femme qui voulait s’intégrer en Italie, pays qui l’avait accueillie, a été tuée brutalement. Elle n’est pas la première personne marocaine à s’être approchée de notre Foi. L’islam populaire marocain, qui présente une forte dévotion pour les saints, est peut-être le plus proche de la spiritualité chrétienne. Malheureusement, le fait pour un Marocain de vouloir se rapprocher du Christianisme, sans parler de sa conversion, a toujours une issue tragique : la condamnation à mort.

Si le Coran n’est pas explicite concernant la peine, les recueils des dits de Mahommet sont clairs. Ainsi, dans le recueil de Bukhari (52, 260) qui est considéré comme un recueil de hadith purs, et donc comme l’une des sources du droit islamique. On lit, toujours dans Bukhari : «L’Envoyé de Dieu n’a jamais tué, si ce n’est face à l’une des trois situations suivantes : 1. Si une personne en avait tué une autre injustement ; 2. Si une personne mariée a commis un adultère ; 3. Si un homme a combattu contre Dieu et Son Envoyé et a renié l’islam pour devenir un apostat » (83,37); « Quiconque apostasie l’islam, tuez-le » (84, 57); « Un homme qui embrasse l’islam et qui ensuite retourne au judaïsme doit être tué selon le jugement de Dieu et de Son Envoyé » (89, 271); « L’Envoyé de Dieu a dit : “Dans les derniers jours, il y aura des jeunes stupides qui parleront bien, mais leur foi ne sortira pas du coeur et ils quitteront la religion comme une flèche qui se trompe de cible. Alors, où que vous vous trouviez, tuez-les, parce que quiconque les tue recevra la juste récompense le Jour du Jugement” » (84, 64-65).

Ce n’est pas un hasard si en 2007 déjà, à Vigevano, dans la province de Pavie, un marocain converti qui avait exposé la bannière du Vatican pour accueilllir le Souverain Pontife avait été pris à coup de pierres par un groupe d’Egyptiens. En 2009, Mohamed Echamali, 29 ans, racontait son angoisse quotidienne en prison car il était converti et demandait désespérément qu’on l’aide : « À présent je me trouve à la prison d’Aoste, mais dans quelques jours je serai transféré parce que je ne peux plus rester ici : mes compatriotes détenus m’ont frappé avec rage seulement parce que je vais à l’église et que je n’ai pas fait le Ramadan comme eux tous ». En 2009 toujours, Saïd Bouidra, un jeune garçon de 22 ans immigré du Maroc, qui voulait se convertir au Catholicisme s’est pendu à Civitavecchia. Le jeune homme vivait un drame personnel car il était en permanence rabroué par sa famille qui s’opposait à sa conversion, qui avait déjà proféré à son encontre des menaces et lui avait infligé des châtiments physiques.

Il y a aussi des cas de conversions, au début très contrariées, mais qui par la suite sont soutenues par le mari et le cercle d’amis italiens. C’est le cas de Rachida Kharraz, qui en 2009 a demandé à être baptisée en public, avec l’orgueil et la conviction de ceux qui sont fort de leur Foi, et comme elle a dit elle-même, avec la force de la protection de la Vierge Marie dont elle rêvait déjà quand elle était petite. Mais dans le cas de Rachida Radi, le fait qu’elle ait quitté son mari et qu’elle se soit rapprochée de la paroisse lui ont coûté la vie.

Il est inacceptable que ceci puisse se passer en Europe, et que nous tous nous réagissons que lorsqu’intervient un homicide atroce. À chaque fois l’on condamne, mais rien ne change. L’État devrait prendre des mesures sévères visant à éviter ces tragédies. Les femmes immigrées sont les principales victimes. Il faudrait gérer plus attentivement les plaintes qui sont déposées auprès de la police; il faudrait ne rien négliger, parce que les femmes immigrées ne sont pas des femmes de deuxième catégorie. Il faudrait les impliquer toujours plus dans la vie quotidienne avec des cours de langue italienne, et dans le parcours scolaire des enfants, en les obligeant à se rendre aux réunions parents-professeurs ; il faudrait aussi sensibiliser les enseignants, les médecins et les institutions, afin qu’ils dénoncent des cas suspects dans lesquels la femme n’a pas le courage de reconnaître qu’elle supporte une situation de violence. Rachida seule savait ce qui se passait dans son cœur : mais l’hypothèse d’une éventuelle conversion de sa part n’est pas à exclure, quand on se rend compte que personne de sa famille n’a encore réclamé sa dépouille ; et de plus en plus, tout porte à croire que cette femme était réellement en train de débuter un parcours nouveau de Foi.

Le délit d’honneur est inadmissible ; la condamnation à mort pour apostasie est inadmissible ; mais par-dessus tout ce qui est inadmissible, c’est que tout ceci se déroule en Italie. Il faudrait prévoir une modification du code pénal, à savoir introduire des circonstances aggravantes pour les délits commis pour des raisons ou des motifs mobiles ethniques, religieux ou culturels. Il faudrait faire en sorte que personne ne puisse être privé de la vie au nom de la liberté, et encore moins au nom de la religion. Il faudrait lancer un projet au niveau national qui protège ces femmes, qui leur procure une sécurité, afin qu’elles aient le courage de sortir au grand jour, de dénoncer, et de vivre. Il faudrait lancer des programmes de formation qui enseignent aux hommes immigrés que l’honneur ne se défend pas par l’homicide, qu’il n’y a pas de justification, ni religieuse, ni culturelle, pour la mort de quelqu’un. Il faudrait commencer à punir sévèrement, sans aucune circonstance culturelle atténuante, non pas seulement ceux qui tuent, mais quiconque menace, maltraite sa femme, sa fille, sa sœur. Il faudrait prévoir une peine de mort pour quiconque menace de mort un homme ou une femme, parce qu’elle a l’intention de changer de religion. Il est temps de démontrer que l’Italie ne veut plus voir le sang innocent répandu, ni de nouvelles catacombes pour ceux qui se convertissent et quittent l’islam. (Valentina Colombo)

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