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« Dialogues du pavillon bleu »

publié dans nouvelles de chrétienté le 6 février 2012


Réflexions
sur les « dialogues du pavillon bleu »

de Jean Madiran

Je termine la lecture du nouveau livre de Jean Madiran : « Les dialogues du pavillon bleu » qui vient de paraître aux éditions « Via Romana », livre, comme on peut l’imaginer, tout simplement remarquable. C’est une suite de réflexions tant politiques que religieuses sur le cours du temps. Il aborde beaucoup de problèmes, ceux qui sont débattus aujourd’hui et nous donne sa pensée. Il aborde les sujets liturgiques, la réforme liturgique de Paul VI, « sa messe ». Il est loin de dire qu’elle est une forme du rite romain… Il nous parle du Motu Proprio de Benoît XVI, il nous parle de la béatification de Jean-Paul II. Il nous parle du socialisme libéral, de la domination marxiste sur la pensée moderne, de l’Empire français et de la colonisation, de l’Algérie française, d’Auschwitz et d’Hirochima. Il exprime sa pensée dans un chapitre remarquable : « le japonais anonyme ». Il y a des passages sur bien des sujets qu’il faudrait vraiment apprendre par cœur. Il aborde le problème de la pensée contre-révolutionnaire, de son influence actuelle. Il nous parle du FN, de l’élection de Jean Marie Le Pen en 2002, à la Présidence de la République, de Marine Le Pen. Il juge gentiment les ecclésiastiques et ne craint pas de parler de leur « cléricalisme ». Il va même jusqu’à parler du renvoi de l’abbé Aulagnier de la FSSPX, en 2003-2004.

Ce livre de réflexions est vraiment intéressant. Il faut le lire.

Mais j’ai surtout été frappé par la dernière page, la dernière page de son épilogue. Je la cite intégralement :

« Ce que Solange (c’est le personnage principal du roman) pense – c’est Madiran qui parle – c’est que nous vivons quelque chose de beaucoup plus profond qu’une crise politique, intellectuelle ou morale ; de plus profond qu’une crise de civilisation. Nous vivons ce que Péguy voyait naître et qu’il nommait une « décréation ». Dans l’évolution actuelle du monde, on aperçoit la domination à demi-souterraine d’une haine atroce et générale, une haine de la nation, une haine de la famille, une haine du mariage, une haine de l’homme racheté, une haine de la nature créée. La signature devient plus lisible que jamais. Il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de la dénoncer. Leur carence empêche les peuples de la voir ». (p 149)

« Il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de la dénoncer », nous dit Jean Madiran.

Que faut-il donc que ces deux pouvoirs, le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, dénoncent ?

Deux choses.

La première chose : il faut que soit dénoncé, par le pouvoir temporel et spirituel, la haine qui se dresse plus que jamais contre la nation, contre la famille, contre le mariage, contre l’homme racheté, c’est-à-dire, contre l’Eglise, contre la nature créée. Notez bien que tout cela est l’œuvre de Dieu, l’homme étant créature de Dieu, et racheté par Dieu. Dieu est Créateur, Créateur de l’homme, et donc de la nation, et donc de la famille, et du mariage, et de la nature créée et Rédempteur de « l’homme racheté ». Voilà ce contre quoi s’acharnent des hommes politiques sous l’influence des puissances maçonniques. Ces puissances maçonniques circulent à demi cachées aujourd’hui dans les couloirs du pouvoir politique – tant exécutif que législatif – et exercent sur lui et sa législation, une influence nocive. Jean Madiran ne craint pas de parler d’ « une haine atroce et générale », une haine contre tout ce qui est de Dieu.

Le cardinal Pie, comme puissance spirituelle, l’avait déjà dénoncé dans ses Synodales. Il disait dans l’une d’elles : « L’erreur dominante, le crime capital de ce siècle, c’est la prétention de soustraire la société publique au gouvernement et à la loi de Dieu » (T 7, 3). C’est ce qu’il appelait « l’apostasie des nations ». Elle n’est pas « silencieuse ». Elle est active et agressive. Il ne faut plus que Dieu possède une seule parcelle de ce qu’il a créée. Et le Cardinal précisait même les éléments constitutifs de cette « apostasie sociale » : Dieu est chassé de la constitution politique des Etats et est livré par le fait même au blasphème, ce qui est une manifestation de « haine » contre Dieu et sa création. L’homme, usurpant les droits de Dieu, s’attribue les droits divins. D’où la prétendue déification de l’homme sous la forme surtout de la déification du pouvoir politique et de l’Etat. L’Etat alors s’identifie avec la vérité et la science. Il est la vérité. Il est la science, surtout la science historique. C’est lui qui fait la vérité. D’où il peut dire sans vergogne : « la loi civile est supérieure à la loi naturelle » et développer ainsi dans ses écoles, la haine de Dieu. Alors quand Dieu s’en va, c’est le Démon qui entre. Ainsi l’Etat sans Dieu, c’est l’Etat dirigé et conduit par le Démon. L’ « apostasie sociale », c’est le règne de Satan sur le monde. C’est la haine contre Dieu et sa créature.

Voilà « la signature de cette haine », le « signataire » ultime de cette haine. Ce n’est rien d’autre que Satan. Jean Madiran dit : « La signature devient plus lisible que jamais ». Oui ! C’est Satan. Aussi doit-il être dénoncé : « il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de dénoncer cette signature », « ce signataire ». Jean Madiran semble dire que ces autorités aujourd’hui manifestent une carence terrible, gardent un silence fautif. Et pourtant il y va du bien du peuple qui a besoin d’être éclairé pour bien juger : « Leur carence empêche les peuples de la voir », cette signature du Démon, ce signataire.

Et pourtant il suffirait pour «la » voir, « cette signature de plus en plus lisible », de se référer à l’Apocalypse de saint Jean, en son chapitre XVII et XVIII qui nous décrit ce Démon, cette bête entrainant dans le mal la Babylone de la terre : « Puis l’un des sept anges qui portaient les sept coupes vint me parler en ces termes :  » Viens, je te montrerai le logement de la grande prostituée qui est assise sur les grandes eaux, avec laquelle les rois de la terre se sont souillés, et qui a enivré les habitants de la terre du vin de son impudicité.  » Et il me transporta en esprit dans un désert. Et je vis une femme assise sur une bête écarlate, pleine de noms de blasphème, et ayant sept têtes et dix cornes. Cette femme était vêtue de pourpre et d’écarlate; et richement parée d’or, de pierres précieuses et de perles ; elle tenait à la main une coupe d’or, remplie d’abominations et des souillures de sa prostitution. Sur son front était un nom, nom mystérieux :  » Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre.  » Je vis cette femme ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus; – mais voyez donc là une claire allusion à tous les martyrs chrétiens d’hier et d’aujourd’hui – et, en la voyant, je fus saisi d’un grand étonnement. Et l’ange me dit :  » Pourquoi t’étonner? Moi je vais te dire le mystère de la femme et de la bête qui la porte, et qui a les sept têtes et les dix cornes. La bête que tu as vue était et n’est plus; elle doit remonter de l’abîme, puis s’en aller à la perdition. Et les habitants de la terre, dont le nom n’est pas écrit dès la fondation du monde dans le livre de la vie, seront étonnés en voyant la bête, parce qu’elle était, qu’elle n’est plus, et qu’elle reparaîtra. C’est ici qu’il faut un esprit doué de sagesse. – Les sept têtes sont sept montagnes, sur lesquelles la femme est assise. Ce sont aussi sept rois : Les cinq premiers sont tombés, l’un subsiste, l’autre n’est pas encore venu, et quand il sera venu, il doit demeurer peu de temps. Et la bête qui était et qui n’est plus, en est elle même un huitième et elle est des sept, et elle s’en va à la perdition. Et les dix cornes que tu as vues sont dix rois qui n’ont pas encore reçu la royauté, mais qui recevront un pouvoir de roi pour une heure avec la bête. Ceux-ci ont un seul et même dessein, et ils mettent au service de la bête leur puissance et leur autorité. Ils feront la guerre à l’Agneau, mais l’Agneau les vaincra, parce qu’il est Seigneur des seigneurs et Roi des rois, et ceux qui l’accompagnent sont les appelés, les élus et les fidèles.  » Et il me dit :  » Les eaux que tu as vues, au lieu où la prostituée est assise, ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues. Et les dix cornes que tu as vues sur la bête haïront elles mêmes la prostituée; elles la rendront désolée et nue; elles mangeront ses chairs et la consumeront par le feu. Car Dieu leur a mis au cœur d’exécuter son dessein, et de donner leur royauté à la bête, jusqu’à ce que les paroles de Dieu soient accomplies. Et la femme que tu as vue, c’est la grande cité qui a la royauté sur les rois de la terre. (Apoc Ch XVII)
Après cela, je vis descendre du ciel un autre ange, qui avait une grande puissance; et la terre fut illuminée de sa gloire. Il cria d’une voix forte, disant :  » Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande! Elle est devenue une habitation de démons, un séjour de tout esprit impur, un repaire de tout oiseau immonde et odieux, parce que toutes les nations ont bu du vin de la fureur de son impudicité, que les rois de la terre se sont souillés avec elle, et que les marchands de la terre se sont enrichis par l’excès de son luxe.  » Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait :  » Sortez du milieu d’elle, ô mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés, et de n’avoir point part à ses calamités; car ses péchés se sont accumulés jusqu’au ciel, et Dieu s’est souvenu de ses iniquités ». (Apoc Ch XVIII)
Voilà qui est clairement dénoncé.
Mais comprenez donc !

« Dans l’évolution actuelle du monde, on aperçoit la domination à demi-souterraine d’une haine atroce et générale, une haine de la nation, une haine de la famille, une haine du mariage, une haine de l’homme racheté, une haine de la nature créée. La signature devient plus lisible que jamais. Il appartient aux autorités temporelles et aux autorités spirituelles de la dénoncer. Leur carence empêche les peuples de la voir ».

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