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Dimanche du Bon Pasteur.

publié dans paroisse saint michel le 22 avril 2012


Deuxième dimanche après Pâques.
Dimanche du Bon Pasteur.

Nous célébrons, MBCF, en ce dimanche, la fête du Bon Pasteur qui est aussi, en conséquence, la fête de notre institut puisqu’il a été mis, expressément, sous le patronage du Bon Pasteur. C’est en ce patronage, qu’il trouvera dans le temps, sa spécificité. Nous y reviendrons. Mais c’est aussi, depuis le Pontificat de Jean Paul II, le dimanche de la miséricorde. C’est tout un. En un mot, disons, que la miséricorde est l’expression la plus parfaite de l’amour et que l’amour est le cœur, le formel du Bon Pasteur. Il est l’amour. Il est la miséricorde en acte. « Je suis le Bon Pasteur », dit NSJC et « le Bon Pasteur donne sa vie pour ses brebis ». Se donner tout soi-même, se mettre totalement au service d’autrui comme le Bon Pasteur le fait pour ses brebis est le plus bel exemple de l’amour.

Mais en ce dimanche, je ne voudrais pas faire seulement quelques considérations abstraites sur le Bon Pasteur. Je voudrais être plus concret. Car je n’oublie pas que nous sommes tout proche du 17 avril 2012, date à laquelle Mgr Fellay a signé, enfin, le « protocole » romain. Et s’il y a porté quelques modifications, le Vatican a pris soin de préciser que ces quelques modifications n’ont rien de substantielles. C’est dire, qu’aux yeux de Rome, elles apparaissent comme minimes. En conséquence, elles devraient être acceptées par Rome. Elles ne devraient donc pas relancer la phase des négociations doctrinales. Cette phase doctrinale qu’a imposée la FSSPX et qu’a finalement acceptée Rome, est donc objectivement terminée. Elle devrait donc aboutir, s’il n’y a pas de coup de Trafalgar dans la FSSPX, à un accord pratique, i.e. à une « normalisation canonique » de la FSSPX dans la Sainte Eglise.

Cette normalisation canonique de la FSSPX, je l’attends personnellement depuis 1988, depuis l’échec des négociations entre le Cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre, parce que Mgr Lefebvre ne s’en serait pas satisfait lui, homme tellement pratique et romain. Cette normalisation canonique va donc être l’objet des prochains contacts avec Rome. Cette forme canonique sera-t-elle un ordinariat personnel ? Sera-t-elle une administration apostolique, comme celle obtenue par nos amis de Campos, disciples de Mgr de Castro Mayer, en 2001 ? Je ne sais. Quoi qu’il en soit, il faudra que nos « amis » soient attentifs en cette affaire. Il faut que leur juridiction soit bien établie. Mgr Lefebvre, en 1987, le 21 novembre 1987, demandait que cette forme canonique soit calquée sur la forme de l’ « ordinariat aux armées ». J’en ai beaucoup parlé dans mon livre : « Plaidoyer pour l’unité ».Vous pouvez vous y reporter.

Nous, nous devons nous réjouir de cette issue heureuse tant pour la FSSPX que pour l’Eglise.
Pour la FSSPX, parce qu’ainsi elle s’éloigne, grâce à ces chefs et à la volonté de Benoît XVI, du risque de la création d’une église autocéphale. Ce qui aurait été la ruine de tous les combats de Mgr Lefebvre. Il ne voulait surtout pas cela. Il connaissait mieux que quiconque le vœu exprimé par le Bon Pasteur lui-même : « Il n’y aura qu’une seule bergerie et qu’un seul pasteur ». « Je suis la porte des brebis. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ; il entrera, il sortira, il trouvera des pâturages…Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance. Je suis le Bon Pasteur ». Ailleurs, Jésus, le Bon Pasteur, alors que son agonie est proche, s’exprime encore disant : « Je leur ai donné la gloire que vous m’avez donnée afin qu’ils soient un, moi en eux, et vous en moi, afin qu’ils soient consommés en un et que le monde connaisse que vous m’avez envoyé et que vous les aimez comme vous m’avez aimé » (Jn 17 22) Par cette signature, Mgr Fellay remet ses brebis dans la bergerie romaine, plus exactement, il demande à tous et à chacun de sa « fratrie » la reconnaissance de l’autorité du Bon Pasteur, de son magistère. Il n’y a d’autre Bon Pasteur, que le Pasteur de Rome, le successeur de Pierre.

Je me réjouis de ce rapprochement canonique de la FSSPX avec Rome car il va permettre à ses prêtres, je le souhaite, alors qu’elle est déjà en pleine croissance, un apostolat plus facile, plus large, plus en plein cœur du monde et de ses réalités. On ne craindra plus de s’approcher d’elle. Ils sont au cœur de l’Eglise. Et là encore, cette nouvelle réalité correspond bien à la pensée du Bon Pasteur « J’ai encore d’autre brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut aussi que je les conduise : elles entendront ma voix et il y aura une seule bergerie, un seul pasteur ». En effet comment ces brebis qui sont encore loin, entendront-ils la voix du Bon Pasteur, si les « bergers » ne vont pas faire entendre sa voix, une voix d’amour et d’unité. Que cette mission d’aller chercher les brebis perdues est exaltante ! Oui ! Se consacrer à cette œuvre, quelle belle mission. Leur permettre d’entendre la voix du Bon Pasteur, de connaître son amour, de faire connaître son ciel, de faire connaître la vie éternelle. Quelle plus belle finalité ? Peut-on proposer mieux ? Défendre la patrie de nos pères, c’est bien. Gagner des diplômes les plus nobles pour exercer, heureusement, les plus belles fonctions, c’est très heureux, Mais qu’est-ce par rapport à l’éternité. Quid ad aeternitatem, disait saint Ignace à Saint François Borgias, jeune, très belle intelligence, promis au plus bel avenir. Qu’est-ce que cela par rapport à l’éternité ? Vous serez avocat, vous défendrez les plus belles causes, vous serez ingénieur, vous gagnerez beaucoup d’argent. Soit. Mais quid ad aeternitatem? Qu’est-ce que cela par rapport à l’éternité ? N’y tenant plus, François se fit jésuite Il devint le grand saint François Borgias et gagna au Seigneur de nombreuses âmes pour le ciel, pour le Bon Pasteur, pour l’Evangile, pour la joie éternelle. Jeunesse qui m’entendait, réfléchissez y. Posez vous vous aussi la question : « Quid ad aeternitatem » ? A cette question, j’en connais plusieurs qui ont pris le bâton du Bon Pasteur.
De cet accord, je m’en réjouis aussi pour l’Eglise. En les recevant dans son sein, en leur donnant une existence légale, canonique, l’Eglise retrouve concrètement sa Tradition. Elle redevient fidèle à son « être historique », à sa tradition liturgique. Certes, et très heureusement, l’Eglise, par le Motu Proprio du pape Benoît XVI, Summorum Pontificum, avait reconnu, le 7 juillet 2007, dans un texte juridique, législatif, disciplinaire, la non abrogation de la liturgie ancestrale, de la liturgie « de toujours » comme aimait à le dire Mgr Lefebvre. Nous nous en sommes profondément réjouis…et nous en profitons très heureusement ici. Mais aujourd’hui, c’est un pas de plus qu’accomplit Rome. Elle désire normaliser non seulement la liturgie dite de saint Pie V…Mais elle désire « réintroduire » dans son sein ceux qui l’ont défendue avec beaucoup d’abnégation, de force d’âme.

J’y vois là aussi, par ricochet, en quelque sorte, une grande force et une grande humilité de la par de Rome.

Une grande force, celle du Bon Pasteur qui sait lutter finalement contre les voleurs « qui ne viennent que pour dérober, égorger et détruire ». Ne disait-il pas alors qu’il montait sur le trône de Pierre, d’une manière mystérieuse, que l’on prie pour lui pour qu’il puisse lutter contre les loups qui pourraient empêcher toute restauration du culte divin. Contre ces loups mystérieux, Benoit XVI dit : « Moi je suis venu pour que les brebis aient la vie et qu’elles soient dans l’abondance ». Et quelle est pour nous cette « vie », cette abondance, sinon la messe tridentine. Elle n’est rien d’autre que le renouvellement du sacrifice du Seigneur, celui du Bon Pasteur. Ce n’est pas une table que nous édifions, la table du repas. C’est un autel, l’autel du Sacrifice du Seigneur. Tout est là. « Mon Père m’aime parce que je donne ma vie pour la reprendre. Personne ne me la ravit, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner et le pouvoir de la reprendre : telle est l’ordre que j’ai reçu de mon Père ». Voilà ce qu’est le sacrifice de la messe. C’est la vie donnée et reprise par la Bon Pasteur..

Une grande humilité, disons-nous, celle qui permet seule de reconnaître un tord, une injustice. L’injustice est réparée. Dieu soit loué ! Mais cette humilité est celle là même du Bon Pasteur, du Bon Pasteur qui est venu, dans l’humilité de son offrande, réparer l’injustice originelle, celle d’Adam et d’Eve refusant de se soumettre à la volonté de Dieu. Le Bon Pasteur a accompli humblement ce sacrifice, toute justice, en se soumettant, Lui, à la volonté de son Père.

Rendons grâce à Dieu pour tout !
Juste un dernière question : Mais que vont-ils faire de cet accord. Dom Guéranger se posait lui-même cette question après la définition du dogme de l’ineffabilité pontificale pour laquelle il avait tant œuvré : Mais que vont-ils en faire ? « Que vont-ils en faire » ? Les prochains jours nous le diront.

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