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Pie IX, le Syllabus et l’Indifférentisme religieux

publié dans regards sur le monde le 4 mai 2013


Le Syllabus et l’indifférentisme religieux, sa condamnation

L’indifférentisme religieux, le latitudinarisme fait l’objet du chapitre 3 du Syllabus. Il comprend quatre propositions fausses, les propositions 15 à 18 :

XV. Il est libre à chaque homme d’embrasser et de professer la religion qu’il aura réputée vraie d’après la lumière de la raison (8, 26). XVI. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir ce salut éternel dans le culte de n’importe quelle religion (1, 3, 17). XVII. Tout au moins doit-on avoir bonne confiance dans le salut éternel de tous ceux qui ne vivent pas dans le sein de la véritable Église du Christ (13, 28). XVIII. Le protestantisme n’est pas autre chose qu’une forme diverse de la même vraie religion chrétienne, forme dans laquelle on peut être agréable à Dieu aussi bien que dans l’Église catholique (5).

Analyse.

Parce que toutes les religions se valent et qu’en toutes, on peut trou ver le bien et faire son salut éternel, il est possible et même raisonnable de réaliser des réunions de toutes les religions, chrétiennes ou non. C’est ce qui s’appelle aujourd’hui, « le Parlement des religions » ou « Congrès des religions ». Cette idée, malgré sa condamnation par Pie IX, a été particulièrement réalisé à Assise en 1986 sous le motif, entre autres, de favoriser la paix. (Ce qui permettait à Mgr Lefebvre d’affirmer lors de cette manifestation, que le Vatican n’était pas fidèle à la Tradition catholique et que c’était par fidélité à l’enseignement constant des pontifes romains et particulièrement à Pie IX condamnant dans le Syllabus l’indifférentisme religieux, mais on peut ajouter… à Léon XIII, à Pie XI , dans son document « mortalium animos » qu’il s’opposait à Assise).

Dans cette réalisation  des « Congrès des religions », l’indifférentisme des religions bat son plein, si l’on peut dire.  Les choses vont bon train dans l’instauration de cette religion universelle. Depuis les années 2000, il s’est mis en place au Kazakhstan, pays de Mgr Schneider, un « Congrès des religions mondiales et traditionnelles », réunissant toutes les religions dans un bâtiment pyramidal, appelé « Pyramide de la paix », à Astana. (Comme la pyramide du Louvres, bâtiment Franc Maçon). Le président Kazakh s’est plu à offrir une maquette très représentative de cet état d’esprit à Benoît XVI au cours de son passage au Vatican le 6 novembre 2009.

L’idée est très actuelle dans la pensée des prélats romains, en particulier du cardinal Tauran. En effet, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, il a évoqué « le rôle des religions pour l’unité de la famille humaine » lors du congrès d’Astana en juillet 2009. (1)

Voici un résumé de son discours selon Zenit: « ROME, Mardi 7 Juillet 2009 (ZENIT.org) – « L’unité de la famille humaine est le fondement ultime d’une solidarité mondiale et la base de la recherche de valeurs éthiques communes, qui, heureusement, suscitent de nos jours un intérêt croissant ».

C’est ce qu’a souligné le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, intervenant à la 3e édition du Congrès rassemblé à Astana à l’initiative du président du Kazakhstan Nursultan A. Nazarbayev, des représentants des plus grandes confessions religieuses du monde et de personnalités d’importance internationale de la politique et de la culture. La rencontre a été consacrée à la réflexion sur le rôle des religions dans la construction d’un monde de tolérance, de respect mutuel et de collaboration. Trois tables rondes ont permis d’approfondir des thématiques telles que la reconnaissance de valeurs éthiques et spirituelles pour une éthique universelle, les domaines possibles de dialogue et de coopération, les perspectives de solidarité, spécialement en temps de crise, rapporte L’Osservatore Romano, le 7 juillet. « Les croyants retiennent que l’éthique peut non seulement produire des normes de comportement, mais doit aussi modeler la conscience humaine et contribuer à découvrir les exigences de la loi naturelle : nous devons faire le bien et éviter le mal », a expliqué le cardinal Tauran. « C’est un principe fondamental qui s’impose à tous et qui permet le dialogue entre les personnes de différentes cultures et religions ». « En tant que croyants, donc, nous devons réussir à indiquer à nos frères, hommes et femmes, que nos valeurs sont fondamentales pour eux, afin d’encourager la compréhension et la reconnaissance réciproques et la coopération entre tous les membres de la famille humaine ». Le cardinal Tauran a aussi cité la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, comme « une des expressions la plus haute de la conscience de l’histoire moderne » qui, sans aucun doute, a contribué à rendre les hommes et les femmes de notre temps « conscients du patrimoine de valeurs inhérentes à la famille humaine et à sa dignité ». Il est toujours urgent « de vérifier que dans notre vie, la vérité l’emporte sur l’ambiguïté, a ajouté le haut prélat pour qui, « il faudrait contester la tendance à séparer les droits de l’homme des dimensions éthique et rationnelle ». Selon le cardinal Tauran, le législateur devrait agir « de manière éthiquement responsable pour que la politique ne puisse pas faire abstraction de l’éthique et que le droit civil et l’ordre juridique ne puissent pas faire abstraction de la supériorité de la loi morale ». « Les grandes sagesses et philosophies religieuses doivent témoigner de l’existence d’un patrimoine moral amplement partagé, qui forme la base de tout dialogue sur des questions morales », a-t-il poursuivi. « Un tel patrimoine exprime un message éthique universel que l’homme peut déchiffrer ». « La forme et l’ampleur de ces traditions peuvent différer de manière considérable selon les cultures et les situations, mais malgré cela, ils nous rappellent l’existence d’un patrimoine de valeurs morales communes à tous les êtres humains », a conclu le cardinal français. Tous ces actes et tous ces propos participent à la tentative de restauration de la tour de Babel. Pareille au premier essai, la punition sera la même, l’effondrement !.

Mais bien avant Assise et aujourd’hui, bien avant Astana, à Chicago au USA en 1893, à l’initiative d’un certain Mgr Keane, l’idée d’un Congrès fut soutenu et réussi. Mais aussi à Paris, lors de l’exposition universelle en 1900, l’idée fut lancée aussi, par un certain abbé Chardonnet. Là, à cette occasion le catholique fervent, M Arthur Loth, avec son journal « La Vérité » et ses amis, se levèrent contre et furent si influents qu’ils empêchèrent la chose. Les arguments de ce M Loth dans la « Vérité » sont très intéressants à connaître. Je vais vous les donner. Ils défendaient les propositions du Syllabus, les justifiaient. Ils s’appuyaient aussi sur la pensée de Léon XIII et sa lettre « Testes benevolentiae ». Mais le combat fut difficile.

Assise 1986 n’’est pas une nouveauté.

A Bruxelles, en septembre 1894, Mgr Keane, recteur de l’université catholique de Washington, surprit les auditeurs du « Troisième Congrès Scientifique international des Catholiques » par un ample rapport sur un événement dont l’Europe avait peu entendu parler jusqu’alors. A Chicago s’était tenu du 11 au 28 septembre 1893 à l’occasion du IVème centenaire de la découverte de l’Amérique, « un parlement des religions » réunissant des « représentants des religions de tout l’univers, « venus de l’Inde, de Chine, du Japon, de Perse, de Palestine, du monde entier ». Ce « parlement des religions » avait été voulu et organisé par l’aile libérale du catholicisme américain, qui avait pour chef Mgr Ireland, et ce même Mgr Keane. A Bruxelles, Mgr Keane tint un langage très irénique : « Nous avons pensée avoir l’occasion de donner au monde entier une grande leçon…La Providence a permis que de toutes les nations, on émigrât vers nous. Toutes les nations se trouvent représentées parmi nous, elles vivent fraternellement mélangées sans aucune hostilité. C’est le privilège que Dieu a donné à l’Amérique, de détruire les traditions de jalousies nationales que vous perpétuez en Europe, pour les fondre toutes dans l’unité américaine. Il fallait donner la même leçon sur le plan religieux. Chaque fois que je me sens tenté de pessimisme pour y remédier, je regarde autour de moi et je vois que le genre humain se met de plus en plus à détester la haine et l’hostilité ». « Il y a un indéniable effort de l’humanité vers des mœurs plus douces, une plus grande floraison de charité » « Mais n’est-ce pas le but de la religion que d’unir l’homme à Dieu et à ses frères ? La religion, c’est la charité. Même si nous ne pouvions nous entendre sur les croyances, ne serait-il pas possible de s’entendre sur la charité ? » « Ce serait déjà faire beaucoup que de donner aux chrétiens eux-mêmes cette leçon que, pour aimer Dieu, il n’est pas nécessaire de haïr nos propres frères qui ne L’aiment pas comme nous ; et que pour être fidèles à notre foi, il ne nous est pas nécessaire de rester en guerre avec ceux qui conçoivent la foi autrement que nous » A Chicago, au parlement des religions, Mgr Keane avait donné une conférence portant un titre significatif : « La religion finale ». Dans son exorde il avait dit : « Ces journées sont toujours pour nous un souvenir de douceur. Car il est doux, en vérité, pour les enfants de Dieu depuis longtemps séparés, de pouvoir enfin se revoir ; il est doux pour ceux que les événements et les mésaventures de la vie humaine ont ainsi tenus à distance et que la folie du cœur humain a si souvent enrôlé s dans des bataillons ennemis, de pouvoir ici se serrer la main en amis et en frères en présence du père qui nous aime tous et que tous nous bénissons » « Il a été doux de voir et de ressentir que ce fut un terrible tort de la part de la religion qui émane du Dieu d’amour, que d’inspirer l’animosité et la haine(sic) qui sont l’œuvre principal du mal ; ce fut doux de renouer les liens d’affection brisés à l’époque de Babel et « de goûter comme il est bon et doux que les frères habitent ensemble ». « Et nous avons senti, en nous regardant les yeux dans les yeux, que jamais nous ne pourrons retrouver l’unité dans la vérité sinon à une seule condition : de chasser tout esprit d’hostilité et de suspicion pour nous rencontrer sur le terrain d’une franchise et d’une charité mutuelles ». « Ces journées ont aussi été des journée d’instruction. Elles nous ont donné des leçons pratiques sur d’anciennes vérités qui sont devenues plus claires parce qu’elles sont devenues concrètes et vivantes à nos yeux. Malgré tout, à écouter des déclarations que nous ne pouvons qu’approuver et applaudir bien qu’elles viennent de sources différentes, nous avons eu l’expérience concrète et expérimentale du vieux dicton : il y a du vrai dans toutes les religions… »

A Bruxelles, il réhabilite les fausses religions :

« On a parfois prétendu que les fondateurs des religions païennes avaient été des envoyés du démon, chargés de faire abandonner la vérité et embrasser l’erreur. C’est un point de vue historiquement faux. Dieu a donné la vérité à tous. Quand la pauvre famille humaine s’est dispersée, elle a oublié les principes religieux et moraux. Alors Dieu a suscité, même parmi les païens, des hommes pour rappeler aux autres, la vérité. Ce furent les sages de l’antiquité ; Bouddha, Confucius, Zoroastre, Socrate n’étaient pas précisément serviteurs du démon. Ils étaient instruments de la Divine Providence » « Ils voyaient la vérité, mais en partie seulement, mêlée d’erreurs ; ils ont fait du mieux qu’ils pouvaient. Pourquoi ne pas rendre hommage à leur bonne volonté et à tout ce qu’il y a de bon et de beau dans leur enseignement ? »

L’exposition universelle de Paris en 1900

Forts de cet appui de cette initiative américaine, les catholiques libéraux français se mirent à projeter une initiative semblable pour l’exposition universelle de Paris en 1900 Le Cardinal Richard, Archevêque de Paris, prit résolument position contre cette initiative. Dans le monde catholique, il fut soutenu par le journal « La vérité » et par Arthur Loth. J’ai eu en mains des coupures du journal de l’époque. Il me plait de vous donner la pensée de cet Arthur Loth.

Nous allons analyser la doctrine de ce catholique face à cette propositions de réaliser un Congrès des religions à l’ occasion, de l’exposition universelle de Paris en 1900. Pie IX l’aurait condamné.

L’idée fut lancée en France par un abbé, l’abbé Chardonnel

« Les journaux en quête de nouvelles à sensation s’occupent, écrit-il, d’un projet de parlement des religions à Paris pour 1900. « Ce serait une des attractions de la future exposition » L’idée de cet étrange congrès a été émise par M l’abbé Charbonnel, dans un article de la « Revue de Paris ». « Jusqu’ici le projet en question n’existe que dans l’esprit de son auteur. Nous doutons qu’il devienne jamais une réalité ». Il fallut toutefois à ces catholiques, guerroyer sérieusement et argumenter.

Dans « la Vérité », ils expriment leur étonnement d’être obligés en milieu catholique d’argumenter : « Quant à la convenance de cette confrontation, écrit Loth, de la religion catholique avec les autres religions et cultes quelconques, il faut en être arrivé au désarroi intellectuel de cette fin de siècle pour qu’il puisse y avoir, même parmi les catholiques et jusque dans le clergé, des sentiments divergents à ce sujet » (A Loth)

Avant d’étudier cette doctrine catholique exposée par A Loth, il faut savoir cependant que le Parlement des religions ne s’est pas répété à l’exposition universelle de Paris en 1900, ni depuis, sinon jusqu’à Assise et depuis…

En effet Léon XIII, suite à Pie IX était intervenu par une lette datée du 8 septembre 1895 et adressée au Cardinal Satolli, délégué apostolique aux Etats-Unis. Puis le 22 janvier 1899, Léon XIII s’attaqua aux racines du phénomène en condamnant dans la lettre « Testem benevolentiae » adressée au cardinal Gibbons, ces « opinions dont l’ensemble est désigné par plusieurs sous le nom d’américanisme »

« Le principe de ces opinions nouvelles peut se formuler, écrit le pape à peu près en ces termes : pour ramener plus facilement les dissidents à la vérité catholique, il faut que l’Eglise s’adapte davantage à la civilisation d’un monde parvenu à l’âge d’homme et que, se relâchant de son ancienne rigueur, elle se montre favorable aux aspirations et aux théories des peuples modernes ». Léon XIII intervient: « pour sauvegarder l’intégrité de la foi et garantir la sécurité des fidèles selon le devoir de notre apostolat » Il énonce ainsi le principe d’un œcuménisme dévoyé : « Il serait opportun, pour gagner les cœurs des égarés, de taire certains points de doctrine comme étant de moindre importance ou de les atténuer au point de même plus leur laisser le sens auquel l’Eglise s’est toujours tenu » Léon XIII condamne ce principe. Pour ce faire, il rappelle quel est le fondement et l’origine de la doctrine qu’enseigne l’Eglise. Comment taire en effet « le dépôt divin confié à l’Epouse du Christ. Elle a pour mission, elle a reçu pour ordre de garder ce dépôt et de l’interpréter infailliblement. Elle doit donc le conserver jalousement et ne s’en écarter jamais ». En un mot : C’est la parole de Dieu. C’est le dépôt divin. On ne peut non plus et pour la même raison garder un pieux silence sur ce dépôt : la parole de Dieu, la Vérité. Léon XIII insiste en effet lourdement : « Car toutes les vérités qui forment l’ensemble de la doctrine chrétienne n’ont qu’un seul auteur et docteur : le Fils unique qui est dans le sein du Père » Dès lors, elles conviennent aussi à toutes les époques et à toutes les nations. C’est ce qui résulte des paroles de Jésus Christ lui-même : « allez, enseignez toutes les nations, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai commandé et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des siècles »

La conséquence est claire : on ne peut ni taire ni passer sous silence ni changer la doctrine de l’Eglise catholique pour quelque motif que ce soit. « Qu’on se garde donc de rien retrancher de la doctrine reçue de Dieu ou d’en rien omettre pour quelque motif que ce soit ; car celui qui le ferait tendrait plutôt à séparer les catholiques de l’Eglise qu’à ramener à l’Eglise ceux qui en sont séparés ». La seule voie possible pour l’œcuménisme c’est le retour des égarés loin du bercail du Christ par la seule voie du Christ, mais non par une autre voie que celle que le Christ a lui-même montrée »

Le projet de Paris est ainsi présenté par Arthur Loth :

« Certaines gens d’esprit inventif veulent absolument que la religion tienne « baraque à la grande foire des nations de cette fin de siècle » La raison : « puisque toutes les manifestations de la pensée y seront représentées, pourquoi (la religion) ne figurerait-elle pas à sa place. Y seront la philosophie, les arts, l’histoire, la science, pourquoi la religion s’abstiendrait-elle de s’y manifester aussi ? » C’est alors que le projet se précisa dans certains esprits brillants. 1- Les « uns rêvent d’une exhibition religieuse internationale à laquelle seraient conviés tous les cultes de la terre. On y aurait le spectacle de tous les sacerdoces, de tous les rites, de tous les mobiliers liturgiques » 2- D’autres demandent une « Congrès universel des religions pour la discussion des croyances respectives des diverses sectes ou écoles religieuses » 3- «Un dernier inviteur a eu l’idée d’une célébration collective de l’anniversaire du Christianisme »

Les approbations :

Les protestants approuvent bien évidemment de tels projets, « du reste les approbations sont en proportion de la religiosité des uns et des autres ». « Les moins religieux seront naturellement les plus partisans de ces pseudo-manifestations religieuses ». « Ce qui est le plus étrange, c’est que de telles idées trouvent crédit auprès des catholiques eux-mêmes » Ces idées œcuméniques, ces projets, sont dans la ligne même du protestantisme, du libre examen. « Qu’un pasteur protestant trouve très édifiant un congrès ou théâtre des religions où chacun venant s’offrir soit en discussion soit en spectacle, reconnaîtra par la même qu’elle n’est pas plus que les autres, cela est dans le génie du protestantisme ».

NB Admettre pour un catholique ces Congrès des religions, ce serait reconnaître que la religion catholique n’est pas plus que les autres. Cela est contraire à la foi catholique. « Il est loisible au prostatisme ou à tout autre religion d’organiser avec les Rabbins, les Muphtis, les Derviches, les Fakirs et autres hiérophantes des faux dieux, tous les Congrès et théâtres des religions qu’ils voudront imaginer pour l’amusement de l’exposition de 1900, mais l’Eglise catholique doit rester en dehors de toutes les exhibitions de ce genre »

Pourquoi ? Parce qu’elle est l’Eglise de Jésus-Christ . Elle est ce qu’elle est par son divin fondateur. Seule elle est le dépositaire de la vérité religieuse. Non seulement elle n’a rien à prendre où à recevoir des autres religions, mais elle a tout à leur donner. Elle n’admet ni tolérance ni compromission en matière de dogmes et sa morale est la morale de l’Evangile. « L’Eglise catholique ne peut paraître au milieu des autres religions qu’avec la supériorité que lui donne sa divine institution. Elle n’est rien ou elle est tout. Son caractère essentiel est d’être exclusive des autres religions, comme seule et véritable religion ». « Toutes les sectes religieuses, toutes les croyances rituelle peuvent accepter de se réunir, de se confronter, de s’emprunter l’une à l’autre, de comparer leur enseignement, leur culte dans le but de se mieux connaître et de se rapprocher. Mais l’Eglise de Jésus-Christ n’admet point de partage. Elle ne peut pas accepter cette promiscuité de religions dans laquelle on voudrait la faire entrer parce qu’elle est la vraie mère, la vraie religion. Aux autres religions de la reconnaître pour ce qu’elle est. On la voit assez par toute la terre. Ce petit coin de l’exposition de Paris de 1900 ne montrerait rien de plus d’elle ».

Sur l’intolérance obligée

« Il est vrai notre Credo nous rend intolérants, oui, intolérants sur la doctrine. Quant à nous nous garderons toujours dans l’âme la haine vigoureuse contre l’erreur. C’est là le privilège de la vérité possédée et la pitié pour tout homme que cette même erreur aura déçue et que nous pouvons remettre dans le bon chemin ». « Nous proclamons cette vérité qu’une seule religion est la religion » La presse, en 1900, qui soutenait le Congrès des religions à l’exposition universelle de 1900, considérait les opposants à cette idée comme « obscurantistes et réfractaires »

Le but des promoteurs de l’idée du Congrès des religions.

Ils pensent que son but était apparemment louable. Ils pensent que « cette assemblée des représentants de divers cultes serait comme à Chicago une protestation de toutes les formes de croyances religieuses contre le matérialisme et l’agnosticisme, contre toutes les formes d’irréligion et d’incrédulité et qu’on y démontrerait unanimement combien l’irréligion et l’incrédulité sont contraire aux idées fondamentales du genre humain et à son bonheur ». Certains insistent et s’expriment clairement : « De ce Congrès, il ne peut jaillir que bien et bénédiction sur l’humanité toute entière. On y affirmera Dieu ; on y proclamera solennellement la persistance de l’être ; en un mot, on y consacrera une fois de plus les immortelles vérités qui sont à la base de toute religion et qui sont l’essence même de cette foi universelle dont les temples ne sont ni à Jérusalem ni à Rome mais partout où l’âme humaine souffre et adore ». Donc on dit et croit que ce Congrès servira à relever dans les esprits le prestige de la religion, à replacer dans les consciences l’idée de Dieu

C’est nier le bon sens que de croire cela.

Ce Congrès « exotique » des religions qu’on rêve de donner en spectacle au monde ne peut être qu’une leçon de scepticisme. En effet « la vue de la diversité des religions est ce qu’il y a de moins propre à faire naître dans les esprits incrédules la croyance en Dieu et de plus capables de faire perdre la foi aux autres ».

Il y en a toujours été ainsi.

Les romains commencèrent à perdre la foi en leurs dieux à mesure qu’ils connurent les divinités des peuples étrangers. C’est le mélange des dieux qui fait l’incrédulité. Ainsi à Paris, à Assise, à Bruxelles « Le spectacle de cette multitude de religions associées dans un même but, confondues dans une même représentations, ne fera que fortifier le doute. En présence de toutes les religions, on croira (on croit) plus facilement ou qu’elles sont toutes bonnes ou qu’elles sont toutes indifférentes. En voyant tant de dieux, on se demande si tous ne se valent point ou s’il y en a un seul de vrai. Ce qui engendre l’indifférentisme religieux. Le français gouailleur refera le mot de ce collectionneur sceptique, dont un ami maladroit venait de faire tomber une idole de l’étagère : Ah malheureux, c’était peut-être le vrai dieu » C’est la conclusion de beaucoup : en présence de cette collection de religions, ils se diront : « il y a peut-être la dedans le vrai dieu » et d’autres ajouteront « s’il y a tant de dieux, c’est qu’il n’y an a pas un »

On insiste ;

« On assure cependant que le Congrès des religions profitera, tout de même à l’idée religieuse ». Il y a danger « Nous disons nous que sous l’empire du Christianisme, l’idée religieuse distincte de la foi en la vraie religion est vaine. Il ne s’agit pas seulement de croire en Dieu d’une manière quelconque mais de croire en Dieu tel qu’il est. Saint Paul condamne les Gentils qui ont connu Dieu mais sans l’honorer comme tel. L’idée de Dieu n’est rien si elle n’est pas celle du vrai Dieu ». Or qui peut affirmer que cet incohérent Congrès des religions profitera à la connaissance du vrai Dieu, du Dieu de Chrétiens, du Dieu de l’Evangile ? Il est impossible que d’une pareille confusion de croyances et de cultes résulte la conviction que la religion catholique est la seule vraie religion. S’assimilant elle-même aux autres religions, elle s’amoindrirait aux yeux même des incrédules. Dès qu’elle n’affirme pas incompatibilité avec l’erreur, elle n’est plus qu’une des mille formes de la religion dans le monde. Ce Congrès universel des religions, ce sera, en surface, la foire de folies irréligieuses et au fond, le rendez-vous universel de l’occultisme » Autre réflexion : « Cette mise du Christianisme et du catholicisme en particulier en parallèle avec les autres religions, fruits de l’erreur ou tout au moins simples inventions de l’esprit humain et de l’activité naturelle de l’homme ne parait pas bien respectueuse ». « On accepte dans ces comparaisons une sorte d’égalité et de promiscuité qui n’est pas tout à fait dans l’ordre de notre éducation religieuse et l’on s’expose à entendre dire contre les dogmes et la morale évangélique bien des choses étranges ».

Ce Congrès des religions est chose peu conforme à la Tradition, contraire à l’enseignement de Pie IX et du Syllabus (et de Léon XIII, de Pie XI) et contraire au caractère de l’Eglise catholique.

L’attitude Mgr Lefebvre condamnant le Congrès d’Assise de 1986 est bien conforme à toute la Tradition de l’Eglise. Et Mgr Tauran a bien tort de poursuivre « sa » politique…

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