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Les confidences du pape se multiplient

publié dans magistère du pape François le 22 juin 2013


Les confidences du pape se multiplient

Source : Dici n° 21-06-2013

Depuis le début de son pontificat, de nombreux écrits et propos privés du pape François ont filtré ; des fuites ont été ainsi publiées dans la presse sur sa décision de vouloir demeurer à la Maison Sainte-Marthe, sur ses sentiments après son élection… Comme le note Jean-Marie Guénois dans Le Figarodu 18 juin 2013 : « Ce pape parle beaucoup. Chaque matin, une homélie, des lettres à des amis, des confidences ici et là, qui finissent par être publiées. Souvent des discours de sa propre plume, les discours écrits par ses services étant laissés de côté. Au total beaucoup d’improvisations et une abondance de petites phrases ciblées et cinglantes. (…) Un problème, toutefois : actuellement, le Vatican lui-même sait rarement avec certitude si le pape s’est exprimé à titre personnel ou si ses propos sont revêtus de l’autorité magistérielle. »

Le 6 juin 2013, le souverain pontife recevait les responsables de la Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses (CLAR). Et le 11 juin, paraissait une synthèse de cette entrevue de près d’une heure, sur le site catholique progressiste chilien ‘Reflexión y Liberación’.

Selon cette synthèse, le pape a dénoncé les intérêts financiers derrière les lois pro-avortement. Il a aussi reconnu la difficulté de changer les choses au sein de la curie, avant de reconnaître l’existence d’un groupe de pression homosexuel au sein du Vatican.

Dans la soirée du 11 juin, un communiqué de la présidence de la CLAR confirmait la teneur des propos tenus par le pape, et publiés par ‘Reflexión y Liberación’. Elle déplorait cette publication, mais en confirmait bien le contenu : les paroles du pape François tenues le 6 juin n’ont pas été enregistrées, mais restituées à partir du témoignage de divers participants, précisait le communiqué. On ne peut donc pas attribuer au pape avec certitude les expressions spécifiques de la synthèse, mais uniquement son sens général. C’est cette synthèse, rédigée peu après, qui est parvenue à la rédaction du site ‘Reflexión y Liberación’. Elle « était destinée à la mémoire personnelle des participants et d’aucune façon à la publication pour laquelle, de fait, aucune autorisation n’avait été demandée », ajoutait le communiqué.

Interrogé par l’agence romaine I.Media, le Bureau de presse du Saint-Siège n’a pas souhaité faire de commentaire, précisant qu’il s’agissait d’un entretien privé du pape avec ses interlocuteurs. Au Vatican, on reconnaît toutefois un problème de « communication interne » lié à la parole parfois très libre du nouveau souverain pontife.

Les confidences faites aux membres de la CLAR sont abondantes et touchent à des questions délicates sur le gouvernement de l’Eglise. Certains considèrent que le pape a été trop prolixe avec des personnes qui n’étaient pas directement concernées par le sujet, ou déplorent le peu de discernement de ceux qui ont permis la publication de ce résumé. D’autres au contraire se réjouissent de la franchise du nouveau pape sur des sujets réservés.

En détail, la synthèse rédigée par la CLAR relevait que le souverain pontife avait déclaré : « Il faut aller aux causes, aux racines ». « L’avortement est une mauvaise chose, c’est évident », et il demandait de s’interroger sur ce qui se trouve derrière l’approbation d’une telle loi et sur les intérêts des grands groupes qui imposent leurs conditions en échange d’argent. Et d’encourager les responsables de la CLAR : « On ne peut pas en rester aux symptômes. N’ayez pas peur de dénoncer ! Vous souffrirez, vous aurez des problèmes, mais c’est la prophétie de la vie religieuse ».

Le pape indiquait également qu’il ne fallait pas craindre de se tromper. « Peut-être que vous recevrez même une lettre de la Congrégation pour la doctrine de la foi, mais ne vous inquiétez pas, expliquez ce qu’il y a à expliquer et allez de l’avant ! », en insistant : « Je préfère une Eglise qui se trompe, car elle agit, qu’une Eglise qui tombe malade de rester enfermée ».

Toujours selon cette synthèse, le pape dénonçait aussi les vieilles congrégations religieuses, sans vocations, « peut-être parce que leur mission dans l’Eglise est terminée », qui restent accrochées à leurs bâtiments et à leur argent. « Je ne sais pas comment lire cela », avouait-il.

« Je vous fais part de deux inquiétudes », a-t-il encore confié, évoquant d’une part les dérives traditionalistes de certains, et de l’autre les dérives dans la ligne du ‘new age’.

Au sujet de certains groupes prônant la restauration, le souverain pontife regrettait qu’ils semblent se situer avant le concile Vatican II. « On dirait qu’on fait un bond de 60 ans en arrière ! » Qualifiant cette dérive de « courant pélagien », prônant l’effort formel pour atteindre le salut. L’autre courant qui inquiète le pape est la tendance « gnostique », qui appartient à une élite plus formée encore que la précédente. Au lieu de prier, certains veulent entrer en lien avec « le cosmos », dénonce-t-il, alors que le christianisme est « incarnation », comme il est possible de le voir dans les pauvres.

Enfin, sur la réforme de la curie, voulue par une grande partie des cardinaux lors des réunions préparatoires du dernier conclave, le pape François a reconnu que c’est une entreprise difficile. « Dans la curie, il y a des gens saints, vraiment, mais il y a aussi un courant de corruption ». « On parle de ‘lobby gay’, et c’est vrai, il existe », a-t-il déclaré. « Je ne peux pas mener, moi, la réforme », a-t-il poursuivi en reconnaissant qu’il était personnellement très « désorganisé ». Ce sera le travail de la Commission cardinalice qui doit se réunir pour la première fois de façon officielle à Rome au mois d’octobre. Les cardinaux Rodriguez Maradiaga (Honduras), Francisco Javier Errazuriz (Chili) ou encore Reinhard Marx (Allemagne) « mèneront à bien » la réforme, a-t-il assuré. (voir DICI n°275 du 17/05/13)

Commentaire sur le « pélagianisme »

Le pape avait déjà critiqué ceux qui « voudraient revenir en arrière », le 16 avril 2013, au cours de la messe qu’il célébrait à l’intention de son prédécesseur (voir DICI n°275 du 17/05/13). Aux responsables de la CLAR, selon la synthèse publiée par ‘Reflexión y Liberación’, il dénonce le « pélagianisme » de « restaurationnistes » qui « vivent sous des règles anciennes » : « J’en connais certains, il m’est arrivé de les recevoir à Buenos Aires. Et on se sent comme si on remonte 60 années avant le Concile… On se croirait en 1940. (…) Et ces groupes reviennent à des pratiques et à des disciplines que j’ai vécues – pas vous, parce que vous n’êtes pas assez vieux – à des disciplines, des choses qui existaient à cette époque, mais qui ne devraient plus avoir cours aujourd’hui… » Le pape a alors rapporté le fait d’un groupe de fidèles traditionnels qui lui a offert « 3.525 chapelets », à l’occasion de son élection. « Pourquoi ne disent-ils pas simplement qu’ils prient pour moi ? », s’est-il demandé, au lieu de « faire des comptes », en vivant les choses comme des pratiques et disciplines.

Avec cet exemple de « pélagianisme », le pape vise – semble-t-il, mais peut-être pas exclusivement – un certain naturalisme qui se contenterait d’une prière récitée de façon extérieure et machinale. Le 5 mai, à l’occasion de la Journée des Confraternités et de la piété populaire, il déclarait : « Chères Confraternités, la piété populaire, dont vous êtes une importante manifestation, est un trésor de l’Eglise. (…) Au fil des siècles, les Confraternités ont été des foyers de sainteté pour beaucoup de personnes qui ont vécu avec simplicité une relation intense avec le Seigneur. Marchez avec résolution vers la sainteté ; ne vous contentez pas d’une vie chrétienne médiocre, mais que votre appartenance soit un stimulant, surtout pour vous, à aimer davantage Jésus Christ. »

Tous les prêtres et fidèles qui ont participé à la croisade des 12 millions de chapelets de la Fraternité Saint-Pie X ne sauraient se sentir visés. En la lançant en 2011, Mgr Bernard Fellay rappelait : « Lorsqu’on récite le Rosaire, le plus important n’est pas le nombre d’Ave Maria, mais bien la manière dont on les prie. Le risque de monotonie ou de distraction peut être combattu efficacement en priant le Rosaire selon les indications de Marie elle-même : en égrenant le chapelet, il s’agit de méditer sur les scènes de la vie et les mystères de Notre Seigneur et de sa sainte Mère. Le plus important est ce contact avec la vie du Sauveur qui s’établit lorsqu’on pense amoureusement aux événements énoncés à chaque dizaine, les mystères du Rosaire. Les dizaines d’Ave deviennent comme une mélodie de fond qui accompagne et soutient ce puissant et doux contact avec Dieu, avec Notre Seigneur et Notre Dame ». (Lettre aux Amis et Bienfaiteurs n°78 – avril 2011)

Mais il est possible que la critique du pape ne porte pas uniquement sur un certain formalisme, surtout lorsqu’il parle de pratiques « qui existaient à cette époque, mais qui ne devraient plus avoir cours aujourd’hui ». Nul doute que d’autres fuites, d’autres indiscrétions nous l’apprendront.  (Sources : Apic/Imedia/Figaro/FSSPX – DICI n°277 du 21/06/13)

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